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L/\ VIE
DE
PYTHAGORE
<yjr
DIOGÈNE LAËRCE '^^/^
ÉDITION CRITIQUE AVEC INTRODUCTION & COMMENTAIRE
PAR
A, DELATTE
Mémoire couronné par la Classe des lettres et des sciences morales
et politiques (Prix Gantrelle, XIV» période, 1919-4920).
^ 1 1! <ç> e .
Tome XVII. — Lettres, etc.
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in 2014
https://archive.org/details/laviedepythagoreOOdiog
AVANT-PROPOS
En attendant l'édition complète de Y Histoire des Philosophes
de Diogène, qui nous est annoncée depuis longtemps, j'ai pensé
qu'il serait utile de donner une édition critique de la Vie de
Pythagore.
Dans une introduction, qui m'a paru nécessaire, je me suis
eftbrcé de tirer au clair — pour autant qu'on puisse arriver
sur ce sujet à des conclusions quelque peu vraisemblables —
une question qui a soulevé bien des débats, celle de la compo-
sition de l'œuvre de Diogène. En outre, comme les érudits qui
se sont occupés jusqu'ici de la tradition manuscrite de cet
ouvrage ne sont pas du tout d'accord sur l'importance qu'il
faut reconnaître à tout un groupe de codices, il m'a semblé
que le texte de la biographie de Pythagore se prêtait mieux
qu'aucun autre, grâce à l'appoint d'une foule de passages
parallèles, à un examen détaillé de la question et à une vérifi-
cation des diverses hypothèses émises jusqu'à ce jour. Aussi,
ai-je consacré à l'étude de la tradition manuscrite un long
chapitre de cette introduction.
J'ai recueilli, sous le texte et l'apparat critique, tous les
textes des auteurs anciens qui traitent le même sujet que
Diogène. Celte collection formera une sorte de répertoire
bibliographique qu'on chercherait vainement ailleurs et qui, je
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l'espère, ne sera pas sans utilité. Elle permettra, en outre,
d'embrasser d'un seul coup d'œil le développement de la
Tradition sur un point déterminé de la biographie ou de la
doxographie.
Parmi ces citations, j'ai mis en relief les textes qui présentent
une tradition particulièrement apparentée à celle de Diogène et
qui, par conséquent, peuvent fournir des éléments utiles à
l'établissement du texte édité. Les autres passages parallèles ont
été groupés d'après leurs affinités. L'abréviation cf, annonce
les témoignages anciens qui s'écartent sensiblement de celui de
Diogène.
L'édition est suivie d'un commentaire où je reprends, pour
expliquer les notices de Diogène et éclaircir leurs origines,
certains textes cités dans la collection des passages parallèles.
Dans la composition de cette partie, je me suis inspiré du
programme tracé par Sclmartz (Pauly-Wissowa, IX, col. 750) :
réunir, pour chaque point, les matériaux biographiques ou doxo-
graphiques et remonter à l'origine des traditions, pour suivre
ensuite leurs développements et leurs variations. Ce procédé
permet, mieux qu'aucun autre, d'étudier de près les méthodes
de travail de Diogène et de situer, dans l'ensemble de la litté-
rature biographique, la tradition qu'il a adoptée ou la variante
qu'il a créée.
Qu'il me soit permis, pour finir, de témoigner ma recon-
naissance à Messieurs les Commissaires, dont la critique sagace
m'a permis de redresser certaines erreurs et de corriger bien
des imperfections de mon mémoire.
Liège, le 1er janvier 1922.
INTRODUCTION
I. Nom, époque et œuvres de Diogène Laërce.
Nous ne savons rien de la vie el de la personnalité de cet
écrivain, qui a tant contribué à rendre les autres immortels : son
nom nous est seulement connu par le titre de son œuvre et
quelques citations. La vraie forme de son nom ne nous a même
pas été transmise avec exactitude (^). Les manuscrits de son
Histoire p/iilosop/iiqîie placent les deux noms dans l'ordre sui-
vant : Aa£pT!.oç AwysvYiç, de même que Sopatros le Sophiste
(Photius, Cod. IGi, p. 104, A, ^) et Suidas (s. v. ïeTpaAoy^a).
Au contraire, Stéphane de Byzance (s. v. Apjiôat.) et le lem-
matiste de V Anthologie Palatine (VII, 95) intervertissent l'ordre
de ces noms. Dans d'autres citations, l'écrivain n'est désigné
que par un nom: \ioyiv/]c, (Stéphane de Byzance, s. v. 'Ev£to(),
AaspTTjç (Eustathe, Comm. in Hom.,ip.S96, 63). Ailleurs encore,
il est appelé ^ioytrf\<; b AaepTLeùç (Steph. s. V. XoXXeroaO, ce qui
suppose qu'on le croit, déjà alors, originaire de Laërte, ville de
Carie. Cette opinion passa chez les érudits de la Renaissance et
(M Cf. sur cette question les conjectares de Stâhr, dans le Dictionary of Biogr.
and Myth. de Smith, s. v. Diogenes Laertiiis; de Wilamowitz, dans VHermes,
XXXIV (1899), p. 6-29 ; de Schwartz, dans la Real-Encyd. de Pauly-Wissowa, s. v.
D., IX, col. 738.
subsista jusqu'au XYIIP siècle (^) ; elle n'a pas encore disparu
complètement des manuels. Plus récemment, on a tenté d'expli-
quer le nom Aaip-r^oç par le surnom d'une famille romaine bien
connue à laquelle aurait appartenu le patron des ancêtres de
Diogène (^). Aujourd'hui, on croit en découvrir l'origine dans
l'expression homérique qui désigne Ulysse: Awyeve; Aaspri-aSyi.
On sait qu'à une certaine époque, la mode s'établit dans le monde
des lettres, et spécialement chez les philologues et les gram-
mairiens, d'ajouter un surnom, souvent d'origine mythologique
ou héroïque, au nom trop commun que l'on portait. C'est
Wilamowitz qui a émis l'hypothèse (^) que le o-TifjLeîTov de Diogène
était emprunté au Awyevkç AaspriaSv) homérique : comme, dans
Homère, les deux noms se suivent toujours dans le même ordre,
il en conclut qu'il faut admettre la même succession ici aussi :
At.oy£vr,ç AaépTioç.
L'époque à laquelle il a vécu n'est pas mieux fixée; si l'on
consulte les enquêtes des érudits modernes, on voit qu'ils
hésitent entre le P', le IP, le IIP et même le IV^ siècle de
notre ère (^). Nous manquons, en effet, de témoignages histo-
riques, et l'on doit se contenter de fixer des bornes chrono-
logiques entre lesquelles se place l'activité littéraire de Diogène.
Nous venons de voir que Sopatros déjà le cite : il a donc vécu
avant oOO. D'autre part, on peut remarquer que Diogène cite
avec complaisance, et d'après ses propres lectures (ce qui sera
expliqué plus loin), des auteurs assez récents; or, la période
d'activité des écrivains ou des philosophes les plus tardifs
qu'il cite, Théodose le Sceptique, Sextus Empiricus et Satur-
ninus, se place au commencement du IIP siècle; on en a
déduit qu'on pouvait situer son àxjjiTi entre 225 et 250. On a
(1) Fabkicius, Ihhl. gr., V^. pp. et siiiv.
(2) Staur, dans le Dirtionary de Smith.
(») Ernstula ad Mnssinm, PUL Unters., III, p. 163, et Hermès, XXXIV, p. 629.
(*) Voyez sur ce su jet : Stahh. loc. cit. ; Schwaijtz, loc. cit., col. 764, et M. Tre-
vissoi, Diogène Laerzio, l'efa in ciii visse. {Rivista di storia antica, XII [1908],
pp. 483-505.)
— 7 —
voulu aussi, (|uel(iucfois, tirer des conclusions de son silence
sur la renaissance plalonicienne el, |)ytlia^oricierni(î, niiisi (jue
de son ii»norance des travaux de Porphyre et de Jand)li([ue sur la
vie de Pvtl'îig^t'G ; mais on sait que les arcjummla ex sllentio
n'olïrent pas une base sure de discussion. Dio^ène peut avoir
eu ses raisons de ne point parler des néo-platoniciens ou des
néo-pytliagoriciens, s'il niait, par exemple, la légitimité de leur
succession. On peut encore considérer ces lacunes connue le
résultat d'un défaut d'information dont nous avons d'autres
preuves : ainsi, Diogène ne cite pas non plus les travaux de
Nicomaque et d'Apollonius sur Pythagore, bien supérieurs et
bien antérieurs à ceux de Porphyre et de Jamblique. Ajoutons
que le genre de composition de son ouvrage peut encore, comme
nous le verrons bientôt, fournir d'autres explications de ce fait.
Il n'est pas de tradition, directe ou indirecte, d'un ouvrage
de Diogène autre que ses Biographies des P/iilosop/ies. Mais il
cite lui-mêuie, au cours de cet ouvrage, un bon nombre
d'extraits empruntés à un Recueil d'épigrammes de sa com-
position. Le premier livre portait le titre nàjjLjjieTpoç , à cause
de la multitude des formes de versification que l'auteur y avait
employées, et il y était question, avant tout, de la mort des
philosophes (I, 63). Avait-il publié d'autres ouvrages encore?
Au livre II, 65, il rapporte que Platon détestait Aristippe et
qu'il combattit ses doctrines dans le Tiepl ^u/r^ç; et il ajoute :
(b; £v aAÀo!.; siprixauev. Est-ce une allusion à un ouvrage antérieu-
rement publié ou simplement un renvoi à un autre passage des
Biographies (III, 36), où il revient sur ce sujet? Dans la dernière
hypothèse, la référence est, en un point, inexacte : il eût fallu
un verbe au futur. D'ordinaire, les allusions de Diogène à
d'autres parties de son livre se vérifient avec exactitude; pour
les parties antérieures, on trouve habituellement xa^cxuep erpriTat.,
pour les livres suivants : ).£iotji£v. Cependant on peut croire
que nous avons affaire ici à une simple inadvertance de l'auteur.
L'œuvre de Diogène qui nous occupe est son Histoire des
Vies et des Doctrines des Philosophes. Le titre qu'elle porte
— 8 —
dans les plus anciens manuscrits n'est pas uniforme (^). Le
manuscrit F présente le titre suivant : Xaep-iou SwyévoL»; p-wv xal
yvcojjLWv Twv év cpiAoo-ocpta euBoxt.p.ri(TàvTO)v xal Ttov exàtTTï] oi.lpé>7H àpe-
ffâvTwv. P offre ces variantes : (3loi., yvio|j.a^ év exâo-Tri, âpeo-xovTo^v.
Dans [le manuscrit B, le titre initial est perdu, mais celui du
X® livre se formule ainsi : XaepTÎou Sioysvojç cpdoa-ocpwv (B{ojv xal
8oy[jLàT03v 0-uvaywyfic; twv i èizixoupoq (^). Les citations des auteurs
anciens ne nous présentent en général que des titres raccourcis
et déformés : cp'.Xoa-ocpwv plot, d'après Sopatros et Suidas (cf. le titre
du XMivre dans B) ; cpùocrocpoç Ic-Topla dans Stéphane de Byzance;
(7ocpi<7Twv [iioi dans Eustathe. C'est donc, d'après le titre, une
histoire des Vies et des sentences des philosophes célèbres.
En réalité, il y a plus que le livre ne promet : on y trouve les
rudiments d'une étude de l'évolution de la philosophie; les
systèmes philosophiques sont groupés et reliés entre eux par la
série des successions des [)hilosophes (oiaooyal).
Il appert d'un passage du IIP livre 47), où Diogène
s'adresse à une dame, qu'il suit, à l'occasion, les prélérences de
cette personne dans le choix ou le développement de ses
exposés. On peut en conclure que l'ouvrage lui avait été dédié.
Cette dédicace est perdue (^).
(*) Voyez la collection des liu^es de tous les manuscrits dans Mautini, Leipziger
Studien,l\\ (1899), pp. 73-176.
(2) Forme que Sghwartz, loc. cit., col. 739, préférerait h. la précédente.
(") 4>tXoTTXàTwvt §É aot ôtxaiwç uTcap^ouarj xal uap' ovtivoijv xà xou «ptXoao'cpou
8oY(j.aTa (ptXoTi'(j.'uç CTjxouari... On a cherché à mettre un nom sur celte figure
inconnue : certains se sont arrêtés au nom d'Arria, dont parle Galien {Ther. ad
Pison,, t. XIV, p. 218, Kiihn : ôtà xô <ptXoao(p£~tv àxpi[3c5c; xal zoiç nXdcxtovoç |ui.àXtaxa
^atpeiv XoyoK;); d'autres ont songé à Julia iJorana, femme de l'empereur Sévère.
(Stahr, loc. cit.)
— {) —
II. L'histoire philosophique de Diogène.
I, PllOBLÈME RELATIF A l.A (;O.MI»(>SITl(>-\ IH: CKT OLVKAGE.
La composition des biographies de Diogèiie a Courni aux
érudits modernes la matière d'une foule d'études et a suscité
de longues [)olémiques qui ne sont pas encore apaisées. De
semblables débats peuvent d'ailleurs être engagés à propos de
la plupart des œuvres que nous a laissées l'érudition gréco-
romaine, héritière des travaux de la période alexandrine; mais
la critique s'est attachée de préférence au livre de Diogène
comme au type le plus caractéristique de l'érudition de l'époque
impériale.
L'ouvrage se présente sous la forme d'une compilation,
c'est-à-dire d'une collection de notices empruntées à une foule
d'auteurs d'époques et de caractères différents. Elles sont
accompagnées souvent de citations qui en indiquent l'origine
exacte; d'autres fois, elles restent anonymes (w; (farri -rt-ve;) ; ail-
leurs encore, l'auteur a l'air de présenter la note comme un exposé
de son cru ou une réflexion personnelle, alors que l'examen des
passages parallèles nous révèle des emprunts déguisés à des
ouvrages antérieurs. Je vais tenter de donner, en choisissant
autant que possible des exemples dans le YIIP livre (Pythagore),
un aperçu des difficultés qui surgissent à chaque pas dans l'étude
de Diogène, afin de faire comprendre où est situé le problème
et quelles solutions en ont été présentéès.
Ce qui frappe tout d'abord dans cette œuvre, ce sont les
pitoyables négligences de la rédaction. Le style est souvent
informe, obscur, relâché, déparé par une foule de défauts qui
n'échappent pas, même à une lecture superficielle. Il en est
de même pour la composition. Il y a peu de développements
suivis; rarement, dans un même chapitre, on peut établir un
enchaîneuient logique entre les diverses parties. C'est, sous une
— 10 —
même rubrique, une accumulation de notices empruntées à une
foule d'auteurs qui se répètent en partie les uns les autres ou
qui se contredisent, souvent sans que l'auteur essaie d'expliquer
les divergences.
Les confusions et les erreurs sont assez nombreuses dans les
citations. En voici quelques exemples :
IV, 4 : la citation de Plutarque est inexacte, parce que mal
placée; Vit. Syl., 36, 5, se rapporte à Diogène, I, 118.
VIII, 2 : wç çp7i(7t,v 'HpôBoToç ne se rapporte pas, malgré les
apparences, à Kpovov voiJ.O:^oyTeç, mais uniquement à ce qui précède.
VIII, 14 : TipwTov T£ "Ea-TTspov xal <ï>(î)o-(pôpov Tov auTOV eiTzeiy,
or^7i Uapji.svioYiç. La comparaison avec IX, 23, montre que la
citation de Parménide provient d'une méprise : les sources pré-
sentaient probablement le texte : ol U cpatji. nap|ji£v{8Tiv, ou quelque
formule de ce genre. Casaubon, Hûbner et Cobet ont, à tort,
voulu rétablir cette leçon dans le texte de Diogène (^).
VIII, 90' : yeYÔvaa-t. 8'Euoo;ot. Tpeiç * auToç oDtoç, STepo; ToBio;...,
Tpiioç E'.xeXiWTTiç. . . ^^^^ cp'^a-t.v 'ATuoXXoBwpoç £V XpovuotT;. Eup{o"xo|i.ev
o£ xal aXXov, taTpov Kv^Slov, Tzepl ou cprio-LV E'j8oÇo; év yïi; 7i£p!,68(j)...
'G S'aÛToç cprio-!. tov KviSwv Euoo^ov (le personnage de la biographie)
àxuiàa-at. xaxà tt^v Tp^Triv xal èxaTOTTriv dX'j|jiTr!.àôa. — 'G B'auTOç désigne
évidemment ici le chronographe Apollodore : la notice sur le
médecin de Cnide, qui rompt si maladroitement la suite des
idées, est donc d'introduction tardive. L'auteur en est Diogène,
qui se met en scène par le mot £6p{c7xotj.£v. J'en vois une autre
preuve en ce que Diogène a conservé le nombre d'homonymes
de la première rédaction {Tpziç) ; il n'a pas songé à corriger
le premier exposé d'après sa propre découverte; il s'est contenté
d'y ajouter une note, à une mauvaise place d'ailleurs.
(1) Il est difficile d'adinellre que Diogène ait voulu dire parla que cette doctrine
astronomique élait-anssi celle de Parménide (Diels, Vors., P, p. 145). 11 se serait
exprimé tout autrement et, en tout cas, il aurait ajouté xat, qu'on pourrait peut-être,
selon Diels, intercaler dans le texte. Dans un tel contexte, coc; cpTjai ne peut qu'intro-
duire une citation, sans aucune ambiguïté.
— 11 —
1ioaii('()ii[) (le noies ne Irouvciit. pas à la place (jui leur
conviondiail , si réconoinie du livro (Hait bien réf^Iéc.
VIII, ^-^ri : la note xal to ixïv Asjxôv, etc., se i'a[)p()rle à la siijier-
stition relative an eocj hiane et devi'ail donc ètn^ reportée |)lns
liant.
VUl, ^1 : la [)hrase xal To^a no-z-ripia., etc., est étrangère an
contexte : il faut snpposeï* une Ibrnie plus complète el plus
ancienne d'une anecdole, dont il ne reste plus que ce débris.
Le texte est quelquefois obscur, parce qu'il est formé d'un
extrait mal résumé ou trop raccourci. Ainsi, A^Ill, (récit de
la mort de Pytliagore), dans la phrase avaipeGriva'. os xpeiTTov
T, XaXr.o-a'., à quoi fait allusion ce dernier mot? Un peu plus loin,
la notice T.œ/oaKjiœ/ s'jpôvTa KûXwvoç, etc., ne peut être expliquée
que grâce aux rapprochements avec des passages parallèles. Les
explications de l'abstinence des fèves et du symbole tôv ocpTov [xri
xaTavvjsLv (VIII, 34-35) sont des nids de dilïicultés qui seraient
insolubles, si nous ne disposions que du texte de Diogène.
L'éditeur des Epiciirea (^), Usener, prétend même, se basant
sur des exemples du livre, que des scholies ont été intro-
duites dans le texte.
En maint endroit, Diogène signale ses propres recherches et
trouvailles scientifiques ou les additions qu'il fait au reste de la
biographie, conmie s'il voulait opposer à un fonds préexistant
la contribution personnelle qu'il apporte à cette œuvre :
I, il '2 : £yw ô£ xal aXATjV eupov èizKj^oX'fiv ;
II, 59 : cupov S'à).Aa^68!. ;
II, 97 : xal auTG'j TC£pt.eTL)yo|j.ev (Si^X^w ;
VIII, 53 : syw o'eupov év zoïç, {jTzo^yr^^oL'jiy <ï>a[3(L)p{vou.
En général les Testaments des philosophes sont introduits par
une formule semblable (V, 11, V, 5i, V, 69, etc.). Ailleurs, ce
sont des exposés doxographiques ou des catalogues d'ouvrages,
que Diogène fait précéder d'une remarque personnelle : III, 47;
IV, 1; V, 21; V, 42; VII, 189, etc.
(*) Introduelion, pp. xxiii et suiv.
— 1-2 —
Défaut pins grave et plus fondamental : les grandes lignes du
plan tracé dans le prologue ne sont pas toujours suivies dans le
corps de l'ouvrage. Ainsi, Nausicydès, qui, dans le prologue,
a sa place dans une o-aBoy/i, a disparu des biographies. De
mèuie, Xénopliane n'y est plus rattaché à Télaugès, comme dans
l'introduction. Quelquefois, la distinction entre un Fonds primitif
et des additions postérieures, que les observations précédentes
nous laissent déjà entrevoir, est confirmée par l'existence, en
certaines parties, de plusieurs couches successives d'exposés,
dont Diogène n'a pu tirer une doctrine bien netle, faute d'un
travail suffisant d'assimilation et de critique. Ainsi, dans le
prologue, comme nous le verrons plus loin en détail, Texistence
de la philosophie chez les Barbares, admise comme un principe
et longuement développée dans le fonds primitif, est niée par
Diogène (éyw ok, ^ o) ; mais, soit faiblesse de critique, soit
inconséquence, il a laissé subsister tout le développement anté-
rieur et les conclusions qu'on avait tirées du principe admis.
Nous ferons, plus loin encore, une remarque semblable en ce
qui concerne le tableau des sectes piiilosophiques rapporté dans
le prologue.
D'autre part, le nombre des ouvrages compulsés et cités
attesterait une lecture formidable, portant sur huit siècles de
littérature, et une vaste érudition, puisant aux auteurs de tout
genre et de toute époque. Or, ces deux qualités ne sont guère
en rapport avec le manque d'esprit critique et le peu de culture
qu'il nous est permis de reprocher à Diogène, d'après certains
passages où sa personnalité se dégage mieux du fonds antérieur.
On peut donc croire que Diogène utilise ou cite peu d'auteurs
de première main. De là un problème : quels ont été les
intermédiaires entre l'érudition ancienne et Diogène? Et n'y
aurait-il pas eu, par hasard, un seul intermédiaire? Ainsi, c'est
le genre de travail de Diogène qui doit être soumis à un examen;
bien plus, le caractère personnel même de son œuvre tombe en
suspicion.
Nous arrivons à une conclusion identique par une autre
— —
voie : rcliide coinparalivc de la lilléraLure érudile (h; la iiiènie
époque ou des dépôts (pi'elle a laissés dans les conipilalioiis
byzantines nous présente un ^rand nombre de développements
analogues à ceux de Diogène et permet de rasseuil)ler une foule
de passages parallèles (pii constituent un fonds comuuni à tous ces
auteurs. En particulier, la comparaison de l'ouvrage de Diogène
avec les notices biographiques d'Uésychius est pleine d'intérêt.
Les concordances abondent et, bien que le texte d'Hésychius
ne nous soit parvenu qu'en raccourci et à travers plusieurs
remaniements, elles s'étendent souvent à la rédaction même,
aux constructions, voire au choix des mots (^).
On pourrait croire, de prime abord, que l'auteur le plus récent
et d'ailleurs le plus bref, Hésychius, a copié Diogène. Mais un
examen plus attentif des textes nous oblige à rejeter cette
hypothèse. Le texte d'Hésychius offre, comparé à celui de
Diogène, tantôt plus, tantôt moins que lui, tantôt des variantes
considérables; en sorte qu'on se voit forcé d'admettre l'utili-
sation, par les deux auteurs, d'une source commune plus
ancienne, qui leur aurait fourni le fonds de leur érudition (^).
La notice d'Hésychius sur la Vie de Pythagore, qui nous est
(1) On sait que le texte perdu d'Hésychius nous est plus ou moins connu par les
extraits biographiques de Suidas, qui n'en utilisait d'ailleurs qu'un résumé, composé
dans la première moitié du IX*^ siècle, et par les notices biographiques des Scholies
de Platon. C'est ce qui résulte des travaux de Th. Mettaueh, De PLatonis Schol.
font., i8S0, pp. 57 et ss. ; Krumbaghek, Gesch. der byz. Liler."^, 1897, p. 562;
G. Wentzel, Hesijchiana, dans VHermes, XXXIII (1898), p. 275; W. Volkmann,
De Diogène Laertio et Suida {Jahresber. des S^^-Maria-Magd.-gymnasiums in
Breslau, progr. 1890, pp. 1-13). Malgré tout, une reconstitution du texte d'Hésy-
chius, telle que l'a essayée Flach, par exemple, dans son édition d'Hésychius
(Teubner, 1882), est une chimère. A. Daub, Stuilien zu den Biogr. des Suidas
(Fribourg-en-B., 1882), a essayé de faire la part d'Hésychius dans Suidas, les Scholies
et quelques autres compilations, pour ce qui concerne les Vies des Historiens,
Rhéteurs, Sophistes et Grarnmairiens. D. Volkmann, DeSuidae biograph. quaestiones
selectae{àhs. Bonn, 1861), avait déjà entrepris un travail de ce genre sur les poètes
et les musiciens ; nous ne possédons pas de recherches semblables pour les parties
qui concernent l'histoire philosophique.
(2) Fr. Nietzsche, De Laerlii Diogenis fontibus. {Rhein, Mus., XXIV [1869],
pp. 210 et suiv.)
— 14 —
connue par une scholie à la République de Platon (1. X, p. 600 B)
et par Suidas (s. v. HjBaydpaç) (^), qui présente d'ailleurs quelques
variantes, se borne à traiter fort succinctement les points
siiivants : origines (= Diogène, § 1), voyages D. 2 et 3),
départ pour Crotone et fondation de l'École (= D. 3), famille
(= D. 2 et 42), ouvrages (= D. 6 et 7), note doxographique
(= D. 13 et -20 ou 24), mort (= D. 39, 40 et 44). Voici quelles
sont les divergences essentielles qui séparent le texte d'Hésychius
de celui de Diogène :
1 . Dans sa jeunesse, Pytliagore quitte le pays des Étrusques
et arrive à Samos (cf. Porphyre, F. P., 2) : manque dans
Diogène.
2. Il reçoit les leçons de Phérécyde à Samos : au contraire,
Diogène, § 2.
3. Il fut aussi l'élève d'Abaris et de Zaras (cf. variantes dans
Porphyre, V. P., 12 et 28) : manque dans Diogène.
4. Il eut deux fils, Télaugès et Damon (celui-ci s'appelait
Mnésarque, d'après certains auteurs); une fille, qui s'appelait
Muia ou, selon d'autres, Arignoté (cf. Porphyre, P. F., 4).
D'après Diogène (§§ 42-43), Pythagore n'eut qu'un fils,
Télaugès; sa fille s'appelait Damo.
5. Certains rapportent à Pythagore la composition des
Xpuo-â "Etcti : manque dans Diogène.
Les données du problème apparaissent plus nettes encore
quand on envisage à un autre point de vue la littérature
alexandrine d'érudition dont je viens de parler. On y trouve,
en effet, les mêmes défauts de composition et d'exposition qui
déparent l'œuvre de Diogène. C'est donc comme un vice inhérent
à l'érudition de l'époque. Non pas que ce soit un défaut géné-
rique de la science grecque : la vraie critique, méthodique,
créatrice, a disparu, ne nous laissant que ces grossières compi-
(1) Le texte emprunté à Hésychius s'arrête à xuà[j.cov; le reste est copié directe-
ment dans Diogène.
lalions, (l(''[)(Us hoiiciix du IUmivc (|ui a jiasst'. i]v nVsl pas non
plus un vice qui lui esl spécial. Hegardons autour de nous, nous
retrouverons, dans des ouvrages modernes, les mêmes caractères
du travail de compilation : je veux parler des dictionnaires
encyclopédiques. Si l'on examine (piehpies-uns de ces ouvrages,
dans leur succession chronologique, ceux de Ch. Estienne
(Genève, 15()()),de Juigné (Paris, 10^7), de Moreri (Lyon, 1G73),
de Chaufepié (Amsterdam, 17^)0), de Bonnegaide (Lyon,
1771), etc., on arrive à la conclusion que, généralement, ils se
pillent les uns les autres sans vergogne. On peut dire que, dès
le XVIP siècle, il existe pour les biographies ou les articles
historiques, une sorte de fonds commun, dont l'origine est assez
vague et qui semble devenir la propriété de tout le monde.
A part quelques remarquables exceptions, les dictionnaires plus
modernes du même genre ne peuvent se targuer d'une plus
noble origine. Les autorités sont rarement citées de première
main ; la copie s'y dissimule souvent sous des variations de rédac-
tion peu importantes; les données antérieures sont dépouillées
des citations de sources et combinées arbitrairement, de façon à
donner l'illusion d'une utilisation des documents. Bref, ce sont
de vraies compilations à la manière antique, où la part du
travail personnel et critique est pour ainsi dire nulle; elles ne
sont pas sensiblement différentes de l'œuvre de Diogène.
Telles sont les difficultés que l'on rencontre dans l'étude des
biographies. L'ensemble de ces constatations nous force à poser
divers problèmes qui constituent ce que j'appellerai la question
de Diogène. Existe-t-il, dans les biographies, un fonds primitif,
que Diogène n'aurait fait que grossir? Quel est le genre, quelle
est la part de travail personnel qui revient à l'auteur? Quels sont
les intermédiaires qui lui ont transmis le dépôt de l'érudition
ancienne?
Examinons d'abord comment les critiques modernes ont
répondu à ces questions et ce que valent les essais de solution
proposés jusqu'ici.
— 10 —
"2. L'ÉTAT DE LA QUESTION d'aPRÈS LES RECHERCHES ANTERIEURES.
En 1854, déjà, y. Rose (M reconnaissait que Diogène ne pouvait
avoir compulsé tous les ouvrages qu'il cite et il pensait qu'il en
avait trouvé les extraits dans des compilations du genre de la
sienne, comme les travaux de Myron, Favorinus, Pamphila, etc.
H convenait, selon lui, de faire une large part, parmi ces auteurs,
à Dioclès de Magnésie.
C'est à Fr. Nietzsche, au philosophe, que ne rebutaient pas
les travaux de la plus minutieuse philologie, que revient le
mérite d'avoir le premier envisagé le problème dans toute son
ampleur. En 1868 (^), il s'attacha d'abord à déterminer avec
précision les emprunts faits par Diogène à des auteurs assez
récents, comme Dioclès de Magnésie et Favoriniis, et il jugea très
considérable leur part d'influence. C'est ainsi qu'il attribuait à
Dioclès (P' s. av. J.-C.) les longs exposés des doctrines stoï-
ciennes et épicuriennes et une foule de notices biographiques
dispersées dans l'ouvrage. Dans une seconde étude, qui parut
l'année suivante (^), il s'ingénia à rechercher ce que Diogène
pouvait tenir du Catalogue cf Homonymes de Démétrius de
Magnésie (P' s. av. J.-C). Cette fois encore, il en grossit déme-
surément la contribution. A l'en croire, non seulement les listes
d'homonymes de Diogène proviendraient de cet ouvrage, mais
encore la plupart des catalogues des livres des philosophes et une
bonne partie des notices biographiques. Ayant observé que les
sources citées par Démétrius dans son Catalogue sont les mêmes
qui reparaissent dans les Biographies de Diogène, il en concluait
que la plus grande partie de l'ouvrage remontait indirectement
à Démétrius. D'autre part, comme, dans un certain nombre
(1) De Aristotelis libr. ord., pp. 40-43. Cf. Hennés, I (1865), pp. 307-397.
(«j De Laertii Diogenis [onlibiis. {Rhein. Mus., XXIII [1868], pp. 632-653.)
[^) Rhein. Mus., XXIV, pp. 181-^224.
17
de passades où Dioclôs cl Déniclrius sont cilés côte à côte,
Diogcne se plait à souligner l'accord ou les divergences de vues
de ces doux auteurs, Nietzsche exploitait cette coïncidence
comme une preuve ([ue Dioclès avait joué le rôle d'intermédiaire
entre Démétrius et Diogcne. Bref, d'après lui, Diogène parais-
sait avoir résumé l'exposé de Dioclès en y insérant, pour le
compléter, des notes empruntées à Favorinus. Parmi les sources
de Dioclès figuraient, à côté de Démétrius, Antisthène et Alexan-
dre Polyhistor, auxquels il faut ajouter, disait Nietzsche dans
une étude postérieure (1870) (^), Hippol)otos, dont les citations
apparaissent presque toujours sous l'aspect d'une addition à un
fonds antérieur. La même année, revenant sur ses conclusions,
Nietzsche constatait (^) que les exposés des doctrines sceptiques
(IX^ livre), pleins de citations d'auteurs du IIP siècle, ainsi que
la ^la^oyji sceptique, qui descend jusqu'à une époque très
récente, ne pouvaient provenir de Dioclès : il les attribuait à un
écrivain sceptique, que Diogène aurait utilisé seulement pour
cette partie de l'histoire philosophique.
Abordant aussi la question des rapports de Diogène avec
Hésychius (^), dont on peut reconstruire plus ou moins l'ouvrage
perdu d'après les notices de Suidas et les Scliolies de Platon, il
arrivait à des conclusions nouvelles. Avant lui, Rose et Flach (^),
après un examen trop superficiel, prétendaient qu'Hésychius
avait simplement utilisé Diogène. Ayant soumis les deux œuvres
à une comparaison méthodique, Nietzsche n'eut pas de peine à
prouver que les concordances étaient fort incomplètes. Tantôt
Hésychius offre un texte plus complet, tantôt un développe-
ment moins abondant; ailleurs encore, un exposé très différent;
il y â même, dans son ouvrage, des Vies dont on ne retrouve
0) Rhein. Mus., XXV. pp. 217-231.
(*) Programme de Bâle, 1870.
(») Rhein. Mus., XXIV, pp. 210 et suiv.
(*) Rose, Comm. de Aristot. libr. ord., p. 48. Flach, (Jnters. zu Suidas und
Eudocia, p. 50.
Tome XVII. — Lettres, etc.
2
— 18 —
pas trace dans Diogène et qui sont écrites sur le même modèle
que les autres. Ces remarques s'appliquent non seulement aux
notices biographiques, mais quelquefois aussi aux catalogues des
livres des philosophes que ces deux auteurs ont conservés. Bref,
les divergences sont de telle nature qu'on ne peut les expliquer
par des additions d'Hésychius à un texte résumé de Diogène. Il
paraît donc nécessaire d'admettre que tous deux ont puisé aux
mêmes sources, représentées surtout, dans l'hypotlièse de
Nietzsche, par Démétrius.
Tout différent par la méthode et complètement indépendant
de ces recherches est le travail contemporain de Bahnsch (^).
L'auteur se proposait moins de chercher l'origine des biogra-
phies que d'examiner les caractères du style et de la composition
de l'œuvre et d'y relever les traces de la personnalité de Diogène.
De ses nombreuses observations, il croyait pouvoir conclure que
l'auteur ne compulse pas directement la plupart des ouvrages
qu'il cite, pas plus les œuvres littéraires que les travaux d'érudi-
tion, mais qu'il en doit la connaissance à des intermédiaires.
On ne peut supposer que l'ensemble des biographies provient
de Favorinus ou de quelque autre compilateur ; elles sont bien
l'œuvre personnelle de Diogène, quoiqu'il en ait puisé les élé-
ments dans deux sortes d'ouvrages érudits : pour la plus grande
part, dans la littérature spéciale au sujet, les Recueils doxogra-
phiques et les A!.aôo^a{, et, en manière de supplément, dans des
encyclopédies du genre de celles de Favorinus, Pamphila, etc.
Les philologues qui s'occupèrent plus tard de la question de
Diogène durent songer d'abord à réfuter les hypothèses trop
aventureuses de Nietzsche. Les défauts de son argumentation
n'échappèrent pas à l'esprit critique de Freudenthal, qui ren-
contra le problème dans son étude de la biographie de Platon (^).
(*) Quaestionum de Laerlii Diogenis fontibus initia (diss. Koenigsberg-), Gum-
binnen, 1868.
(2j Hellemst. Stndien, III (4879>, pp. 305-315. Cf. encore quelques noies critiques
sur les études de Nietzsche dans Diels, Doxogr. gr., pp. 161 et suiv.
— 1<) —
11 signale, dans la rocoiisLiliil ion des sources de l)ioj»èiie lenlée
par Nietzselie, une conl'usion continuelle entre la possibilité, la
vraisend)lance et la réalité : reproche i;rave, adressé à un j)hilo-
sophe. A son avis, il résulte de Texauien de nombreux |)assages
que cette compilation ne peut provenir d'une seule même
source. L'attribution à Dioclès de longs exposés, comme la doxo-
graphie stoïcienne, ne re[)ose sur aucun aigument décisif; en
oulie, beaucoup de citations de Dioclès se piésentent comme de
simples variantes ou des additions à un fonds préexistant, en
sorte que celui-ci ne peut lui être imputé. En principe, d'ail-
leurs, l'auteur proteste contre une conception assez répandue
à cette époque, qui représentait Diogène comme un simple
copiste de médiocre intelligence, et ses Biogi^ap/iies comme une
œuvre impersonnelle. En maint endroit, la personnalité de
Diogène s'affirme nettement. Les négligences qu'on découvre
dans son livre sont les mêmes qui déparent aussi les autres
compilations contemporaines : elles sont, pour ainsi dire, inhé-
rentes à ce genre d'ouvrages et aux méthodes de l'érudition de
l'époque.
Ces sages avertissements eurent peu d'écho. En 1880, E. Maass
reprend l'enquête sur la question de Diogène, mais en procé-
dant selon la méthode de Nietzsche (^). Son point de départ,
c'est l'étude des listes d'homonymes que contiennent les bio-
graphies de Diogène. Après avoir réfuté aisément l'opinion
imprudente de Scheuerleer, qui avait cru pouvoir attribuer ces
catalogues à Démétrius de Magnésie (^), il rassemble tous les
indices qui peuvent fournir des renseignements sur la person-
nalité de leur auteur. Relevant ensuite l'éloge que fait Aulu-
Gelle (XIV, 6) — un auteur qui offre avec Diogène de nom-
breuses et importantes concordances — des listes d'homonymes
de YOmnigena historia de Favorinus, il y voit une indication
précieuse pour l'orientation de ses recherches. Tout, en effet.
i*) De biographicis graecis quaestiones seleclae. {Philol. Unlers., III, 1880.)
(2) De Demetrio Magnete, Leyde, 1858.
— 20 —
dans l'œuvre et la personnalité de Favorinus s'adapte parfaite-
ment aux renseignements qu'il a pu réunir sur l'auteur de nos
listes d'homonymes, en sorte que la 7zœnoooL7zr\ laxop^a serait la
source des Homonymes de Diogène. Mais Maass pousse plus
loin son enquête, échafaudant les hypothèses. D'un grand
nombre de concordances entre Diogène et Aulu-Gelle, Apulée,
Porphyre, Hésychius et d'autres auteurs, dont Favorinus est, à
son avis, la source ordinaire, il conclut que l'ensemble des
biographies de Platon, Aristote, Pythagore, etc., provient de
Favorinus. Selon lui, Diogène utilisait d'ordi naire la TravToBaTcr,
lo-ToprIa en intercalant, çà et là, des extraits pris aux 6î:o{jivTi{jLaTa
du même auteur.
Dans ces constructions hypothétiques, Maass n'observe pas
plus de mesure que son devancier : il passe et conclut avec la
même aisance de la possibilité à la vraisemblance, de celle-ci à
l'affirmation des rapports qu'il veut établir. En outre, des
résultats ainsi acquis, il tire les conséquences les plus considé-
rables. Un long exposé où apparaît une citation est souvent
rapporté, en bloc, à l'auteur cité pour confirmer un détail. Il
généralise, sans hésitation, des conclusions qui ne s'appliquent
qu'à de rares cas particuliers. Il déclare que toutes les concor-
dances de deux auteurs qui, en un passage donné, citent tous
deux la même autorité, doivent provenir de cette source.
Ces critiques, et d'autres, ne furent pas ménagées à ces témé-
raires méthodes, qui menaçaient d'être trop imitées à cette
époque. Dans une Lettre, publiée dans le même volume que
l'étude de Maass, Wilamowitz se chargea d'abattre tout cet
échafaudage de constructions hypothétiques. Pour prouver
l'absurdité du système, il tint à montrer que la conception
qu'on se ferait de l'œuvre de Favorinus et du caractère de son
érudition d'après les Biographies de Diogène, serait essentielle-
ment différente de la réalité, c'est-à-dire du Favorinus connu
par les fragments des citations certaines. Pour ce savant, la
composition de l'ouvrage ne s'accommode pas de l'hypothèse
d'une origine unique : le problème est bien plus complexe. Un
21 -
e\em|)l(\ piis dans la massif, va prouviM* Tahsiiidilc de la tlicsc
de Maass ; jo rempruiiLo au livre do iM. Bidez sur Empédocle (^).
Au iivie Vlll, J:^ TjI), Dio^ène insère dans son exposé une note
qui provient précisément de Favorinus et il l'introduit |)ar ces
mots : irù) ô's'jpov £v To\ç 'j7ro|jLVT,tjiaa-', <l>ap(.jpfivou. ilvAU' forrmile
indi(jue clairement que l'auteur entend l'aire une addition j)er-
sonnelle à un exposé qu'il avait sous les yeux et qui, à coup
sûr, n'est pas de Favorinus. VVilamowitz estime qu'il faut tacher
de distinguer, dans l'ouvrage de Diogène, un fonds provenant
de compilations antérieures, emprunté à peu près aux mêmes
sources que les Biograpliies d'Hésychius, des additions et rema-
niements de Diogène, dont l'importance ne peut être niée.
Il eut l'occasion de revenir ailleurs encore sur ce sujet, pour
préciser son point de vue, notamment dans son étude sur un
érudit alexandrin, Antigonos de Carystos (~). Ici, il croit pouvoir
reconnaître, dans les Biographies, plusieurs groupes, qui
diffèrent autant par l'origine que par le genre d'érudition. Le
fonds des livres V à X proviendrait d'un auteur à peu près
contemporain de Nerva : les ouvrages d'Hippobotos ont dû
fournir à cette section, spécialement pour les livres VI, VIII
et IX, une contribution importante. La source fondamentale du
livre VII serait Apollonius de Tyr. L'histoire de l'Académie, au
livre IV, formerait un groupe spécial, d'origine différente.
L'attribution des premiers livres au premier, au deuxième ou
même à un troisième auteur resterait indécise. Enfin, il faudrait
encore distinguer, du reste, plusieurs biographies dont le
développement littéraire est particulièrement important, comme
celles de Platon, d'Aristote et de Pythagore.
Un livre de V. Egger (^), paru à la même époque et dont le
titre semble promettre une contribution à l'étude de Diogène,
n'apporte aucun élément nouveau à la discussion qui nous
occupe. Il est consacré uniquement à l'étude des AiaBoyaL C'est
(^) Biographie d'Empédocle (Gand, 1894). Introduction, p. 3.
(*) Antigonos von Karystos. {Philol. Unters., IV [d881] pp. 3!20-336.)
(5) De fonlihus Diogenis Laertii. (Bordeaux, 1881 )
— 2-2 —
dans le but de reconstruire les divers systèmes de classification
des Ecoles philosophiques que l'auteur passe en revue tous les
biographes alexandrins cités par Diogène. Son étude s'arrête à
Sotion, qui représente, à ses yeux, la source principale de
notre auteur.
En préparant son édition des Epicurea (^), Usener eut aussi
à s'occuper du problème de Diogène. Pour lui, la solution doit
être cherchée dans l'examen des négligences de rédaction de
l'ouvrage. Dans le \^ livre en particulier, il relève un grand
nombre de confusions et d'erreurs; en outre, l'ordre du discours
lui paraît troublé en beaucoup d'endroits par l'introduction de
notes étrangères au sujet, voire de scholies. Ces défauts de
rédaction et de composition s'expliquent, à son avis, si l'on
admet que l'auteur a remis à l'éditeur, et celui-ci aux copistes,
un manuscrit où le texte était surchargé, entouré et débordé de
notes et de scholies marginales. De ces matériaux, les copistes
auraient tiré un texte suivi en insérant au petit bonheur dans la
rédaction primitive les additions des marges. Pour expliquer
une façon d'éditer aussi bizarre, Usener rappelle que les ouvrages
d'érudition de l'Antiquité étaient quelquefois réédités par des
lecteurs peu scrupuleux, après un remaniement quelconque.
Il arrivait même que ceux-ci poussaient l'impudence jusqu'à
y attacher leur nom; nous savons, par exemple, que Galien
et TertuUien eurent à se plaindre de tels procédés. Usener
suppose donc que ÏHistoire pliilosopliique de Diogène tire son
origine d'un remaniement peu soigné d'une œuvre antérieure.
Poursuivant ses recherches (^), il crut avoir retrouvé le nom
de l'écrivain dont Diogène s'était, avec si peu de scrupule,
approprié le bien. Une note du livre IX, 109, où un certain
ÀpoUonidès de Nicée est appelé par l'auteur b ^zap Yipiwv, ce
qu' Usener interprète dans le sens de « notre compatriote », lui
(1) Introduction aux Epicurea. (Leipzig, 1887.)
(2j Die Unterlage des Laerlius Diogenes. {Silzungsber. der Berlin. Akad., 189^2,
pp. 1023-1034.)
parut ivv('l(M' sa iialionalilc. lois, le choix se rcslrcù^nail
sin^ulièroineiU; bien [)liis, un iioui s'iin|)Osail, celui de iNicias^
de Nicée, (jui avait éciil an l" siècle de noire cie une llisloire
philosophique, donl nous avons conservé des frai'inents. Restait
àé[)rouver la valeur de riiy|)Othèse pai' la couipaiaison de l'cruvre
de Diogène avec ces fragments : il ne l'ut pas dilïicile de leur
trouver un certain air de parenté et plusieurs concordances.
Cette seconde partie des conclusions d'Usener fut la plus
attaquée, et, à vrai dire, elle ne résiste pas plus à l'examen que
les hypothèses de iNietzsche et de Maass. Comme l'a montré un
de ses critiques, Gercke (^), à l'expression 6 Tuap' T,piwv peuvent
s'appliquer plusieurs interprétations, dont celle d'Usener n'est
pas la plus vraisemblable. Elle peut provenir, d'ailleins, des
négligences de rédaction coutumières à Diogène et aux autres
compilateurs : on constate, en effet, qu'il leur arrive de retenir,
des textes qu'ils citent ou utilisent, des expressions qui ne
conviennent plus du tout à leur époque ou à leur personnalité.
Au surplus, à y regarder de près, on constate que les diver-
gences ne manquent pas entre nos Biographies et les notices
fragmentaires de Nicias. Gercke en a relevé quelques-unes.
Mais les recherches d'Usener sur la composition de l'œuvre
de Diogène sont beaucoup plus intéressantes et plus instructives.
La biographie de Pythagore nous fournit plusieurs exemples
des défauts de composition et de rédaction qu'il a relevés dans
le livre. Mais ces négligences peuvent-elles toujours s'expli-
quer par des additions marginales à un texte primitif? Plusieurs
cas ne me paraissent pas s'accommoder de cette interprétation.
Au livre VIII, § 35, la note xal tg [jikv Aeuxov ty.ç Taya^ou cpùa-ew;,
To ùï {jLsXav ToO xaxoù, égarée entre deux préceptes pythagoriciens,
avec lesquels elle n'a rien à voir, se rapporte évidemment
à un autre précepte, cité quatre lignes plus haut : ^aXexTpuovo; {jiti
a'n:T£a-5at. Xeuxotj, gt', Lepo; tou Mtivoç xai Ixéttiç. Ces deux dernières
qualités sont commentées immédiatement après; il n'y manque
(*) De quibusdam Diogems aitctor., |ip. 11 ei suiv. Cf. Schwartz, loc, cit., col. 761.
que l'explication du mol ÀsjxoO, qui nous est précisément donnée
dans cette phrase. Peut-on prétendre que c'est une note margi-
nale tardive, introduite à cette mauvaise place par inadvertance?
Nullement. Elle fait partie intégrale d'un ensemble de notices
3i-35) empruntées à Aristote par un seul et même auteur.
Ce désordre s'explique par la négligence avec laquelle le compi-
lateur a résumé le passage d' Aristote et dont on peut retrouver
d'autres indices encore dans ces paragraphes.
Examinons encore le ^ 39 du même livre, où est racontée
la mort de Pythagore. Le discours direct y prend la place du
discours indirect, brusquement, contrairement aux règles
élémentaires de la grammaire, et revient ensuite à sa première
forme. Ce changement coïncide avec une difficulté d'un autre
ordre : on ne peut deviner à quoi fait allusion le dernier mot de
la phrase àva',Gc5Tiva!. oï xpevrTov 7| ).a)vria-au Mais on en trouve
l'explication dans le récit d'une aventure du même genre, arrivée
à un autre Pythagoricien et dont l'auteur de la notice primitive
s'était probablement inspiré (^). Ici non plus l'obscurité ne
provient pas d'une note marginale insérée mal à propos : il faut
l'attribuer à la négligence du compilateur, qui résume mal et
trop succinctement ses sources. Comprenons-nous davantage le
banquet de Cylon (TuavBaicrLa KùXwvoç) dont il est question au
§ 40? Pour compléter et animer ce récit, il nous faut deviner,
en nous aidant de notices étrangères apparentées à celles-ci, que
Cylon a fait massacrer les Pythagoriciens en l'absence de leur
maître et que le banquet dont il s'agit ici fait partie des réjouis-
sances par lesquelles les Cyloniens saluèrent la disparition de
leurs ennemis.
Enfin, à supposer que Diogène ait travaillé sur un fonds
antérieur, — ce qui n'est pas douteux, comme le prouve la
comparaison avec Hésychius, — le problème n'est pas complè-
tement résolu par cette constatation. Il reste à déterminer quelle
(') Jambmque, V. P., 193 (Néanthe ot Hippi)botos); XaXrjaat signifie: révéler la
raison pour laquelle on ne peut toucher aux fèves.
l'ut la [)arl de Iravail de Dioi^viie, cl, viaiinciil , lîsciicr iiionlro
troj) coniplaisance à irduiiu' le plus possihlc la conliilMition
(|u il a appoi'lôo à l'otMiy rc couiuume. Nous rcviondioiis j)lus loin
sur 00 sujel; uiais disons-le^ iuiinédialoinent, c'esl à lorl, (ju'oii le
considère eoninie un simple aimolaleui'. i^es passades où apparaît
sa personiialilé, soit (pfil donne son avis sur une ([uestion
controversée, soit qu'il détermine le plan de l'ouvrage ou le
développement d'un sujet, sont nombreux : ils j)ermettent de
lui atti'ibuer des parties importantes de l'œuvre et laissent
deviner, en tout cas, la main d'un auteur qui sait où il va et qui
a conscience d'accomplir un travail personnel. Pourquoi veut-on
distinguer deux catégories parmi les phrases où Diogène se met
en scène : celles où l'on concède qu'il s'agit de Diogène, comme
lorsqu'il introduit ses épigrammes ou qu'il cite ses auteurs
favoris, et celles où le « moi représenterait sa source princi-
pale? Dans cette hypothèse, non seulement il faudrait considérer
notre auteur comme un inconscient, mais nous manquerions
de critérium pour distinguer le vrai Diogène. Rien ne nous
empêcherait de rapporter aussi à l'auteur qu'il copierait
avec tant de servilité, les épigrammes et les citations de
Favorinus.
Dans quelques courts articles (^), W. Volkmann s'est occupé
de Diogène; mais, comme il s'en tient au point de vue de ses
prédécesseurs, son étude n'a pas apporté de contribution impor-
tante à l'examen de la question. En ce qui concerne les rapports
des textes de Diogène et de Suidas, l'auteur s'en tient aux théories
de- Nietzsche, dont il veut prouver l'exactitude par l'étude de la
Vie de Thalès. Il montre que parmi les notices biographiques
de Suidas, apparentées à l'œuvre de Diogène, il faut soigneuse-
ment distinguer les emprunts presque textuels faits par le
lexicographe à Diogène, des extraits d'Hésychius, que l'on
(*) Qunestion. de Diogène Laertio. Cl: De Diogène Laertio et Suida. [Jahresber.
des S^^ Maria-Magd. gymnns. in Breslau, progr. 4890); Ci. 2 : Miscellanea. ilbid.,
1895.)
— -26 —
relrouve souvent dans les Scliolies de Platon et dont les concor-
dances sont beaucoup plus libres.
Sur la question de la composition de l'ouvrage de Diogène,
il se rallie à l'interprétation d'Usener. Se basant sur sa tbéorie
des notes marginales, il cherche à résoudre quelques difficultés
de la critique du texte; il prétend même rétablir l'ordre rationnel
de l'exposé. Mais ses essais sont plutôt malheureux, si j'en
juge par les deux exemples empruntés à la Vie de Pythagore
et que voici. Au § 3, Diogène, après avoir raconté le voyage de
Pythagore en Egypte, y revient une seconde fois, en rapportant
une visite à l'île de Crète. Pour remédier à cette apparente
négligence, Volkmann propose de modifier l'ordre des phrases
en transposant éyeveTO ouv év A'.yuTïTw ... TrpWTEÛcravTwv après £V"
aTTopp'/jTO'.c; £p.a5£v. Ce changement aurait pour effet de placer la
Crète entre la Chaldée et l'Egypte, ce qui n'est pas moins bizarre
que l'ordre du texte actuel de Diogène : les biographes anciens
placent les voyages que le philosophe fit à l'étranger avant ou
après les voyages en Grèce, mais ne les mêlent point. Mais, à y
regarder de près, l'ordre traditionnel s'explique parfaitement.
L'auteur parle une première fois du voyage en Egypte sans
njentionner les aojxa. Mais, en racontant plus loin une visite
à l'àouTov fameux de l'antre du mont Ida, il rappelle en passant
que les lieux sacrés impénétrables de l'Egypte ne restèrent pas
non plus inaccessibles au philosophe. Cette explication est déjà
satisfaisante. Mais on peut se demander pourquoi Diogène n'en
a pas parlé dans sa première notice : c'est, semble-t-il, parce
que ce détail est inconnu à l'auteur cité en cet endroit, Antiphon,
dont Porphyre (F. P., 7) nous a conservé le récit plus complet.
La phrase eiTy. ev Kpr{zr^ . . . fyoL.Hy forme une addition, d'origine
étrangère, au récit d'Antiphon, que Diogène continue d'utiliser
apparemment plus loin.
Le second exemple n'est pas mieux choisi. Au 46, après la
liste des Homonymes, Diogène rapporte : 'EpaToo-^évri; oé -f^^^
ToÙTov eiyy.i tov TcpwTov svTéyvwç TtuxTsûo-avTa ïni tt]; dyooTiÇ xat
TeTTapaxo7Tr;(; oXuijLTciàBoç , xojj.riTTiv ... xtX. Contrairement à Topi-^
- -27 —
nioii i'0(;iit', d a|)r('s i;ujucllo c(\ ToÙTry/ rej)i'csonlc PYlliii^ore
le j)hiloso|)lio [où-oç csl lTÔ(jueiniii(Mil (Miiployé dans nos bio^ra-
pliios pour désigner le personnai'i^ dont on éeril la vi(^), Volk-
niann voudrait raj)j)orLer celte phiase à l'un des llonionyines de
la liste qui j)réeède et la ti'ansj)0ser aj)rès àvop'.avTOTio'.ôv lâijL',ov.
Ce (jui prouve que Diogène a bien en vue ici le pliilosopbe,
c'est, outre l'indication fournie par l'emploi ordinaire de oOtoç,
l'existence de plusieurs notices chronologiques dérivées de celle
d'Ératosthène (^) et qui désignent clairement le philosophe;
c'est encore l'épilhète xo|j//iTt,<;, qui est appliquée au philosophe
par quelques-uns de ses biographes (^).
Avant qu'Usener émît son hypothèse sur les rapports de
Diogène avec Nicias de Nicée, Volkmann s'était essayé, lui aussi,
à retrouver la source générale d'une partie, au moins, de notre
ouvrage (•^). C'est au biographe Sosicrate qu'il restituait, pour
la majeure partie, l'Introduction avec le premier livre, ainsi que
les Biographies correspondantes d'Hésychius. Faut-il dire que
cet essai est aussi hypothétique et stérile que ceux qui l'ont
précédé?
L'étude de Gercke (^) sur Diogène réduit encore la part
de travail personnel, bien minime pourtant, que les critiques
antérieurs avaient reconnue à Diogène. Il passe d'abord en revue
les théories de ses prédécesseurs et cherche à déterminer la part
qui revient à chacun des biographes auxquels on avait jusqu'alors
attribué la réelle paternité de Toeuvre. 11 montre qu'aucun d'eux :
Nicias, Sosicrate, Dioclès, Apollonius, Hippobotos, ne peut avoir
fourni le fonds des Biographies. Postulant, lui aussi, que Diogène
n'a fait que s'approprier un ouvrage antérieur en y ajoutant peu
de chose, il recherche, non le nom de cet auteur ainsi dépouillé,
(^) Surtout Africanus, dans Eusèbe, Ckron.^ I, p. 200. Cf., pour le reste, les pas-
sages parallèles dans l'édilion.
(2) SY^CELLus, p. "293 B. Lucien, Vit. auct., 2, Jamblique, V. P., dl, 30, etc.
(5) Untersuchungen zu Diogenes Laerlius. {Festschrift des Gymnas. %u Jauer,
1890, pp. m-m.)
(*) De quibusdam Diogenis Laertii auctoribus (progr. Greifswald), 1899.
— 28 —
mais les marcjues qui ont subsisté de sa personnalité : les carac-
tères de la langue et du style, les qualités critiques, les tendances
philosophiques. Il en fait un platonicien, dont l'àx^ar, doit être
placée entre 125 et 145 après Jésus-Christ. Ses deux sources
principales seraient Antigonos et Dioclès. Parmi les auteurs que
Diogène lui-même aurait consultés pour compléter ce premier
fonds, Gercke distingue surtout Hippobotos, dont il fait un
sceptique : il suppose qu'il a vécu à la fm duIP siècle de notre ère
et qu'il a fourni à Diogène, qui partageait ses convictions phi-
losopliiques, l'exposé de la philosophie sceptique du .IX"" livre.
Wilamowitz s'est attaqué, dès leur naissance, à ces nouvelles
hypothèses (^). Ses critiques portent d'abord sur la date assignée
à Hippobotos : à en juger par le fait qu'il est déjà utilisé par
Nicomaque et cité de seconde main par Clément d'Alexandrie,
il doit être antérieur au 11^ siècle. En outre, on n'a aucune
preuve que les citations de cet auteur aient été ajoutées par
Diogène lui-même à un fonds préexistant des Biographies. Enfin,
Wilamowitz reste fidèle à son rôle de défenseur de Diogène et
à l'opinion qu'il avait autrefois professée sur la composition de
son ouvrage. C'est en vain, affîrme-t-il, que Gercke essaie de
ressusciter un sosié de Diogène, qui aurait usé des mêmes
procédés littéraires que lui et qui aurait vécu un siècle plus tôt.
L'état actuel des Biogj^aphies est bien l'œuvre personnelle
de Diogène; penser autrement, c'est partir d'une hypothèse
dénuée de tout fondement et, pour le surplus, stérile (^).
L'étude que Fr. Léo a consacrée à Diogène dans son essai
sur la Biographie ancienne (^) est très instructive. L'ouvrage de
Diogène, replacé dans son cadre naturel, la tradition littéraire
biographique, en reçoit une lumière nouvelle. Comme Wilamo-
witz, Léo distingue dans cette œuvre diverses parties assez
(1) Lesefrïichte. {Hermès, XXXIV, 1899, p. 63^2.)
(2j (iercke a ajouté à sa première étude quelques compléments et corrections
dans le Bursians Jahresber., CXXIV (1905), pp. 548 et suiv.
(3) Griechisch-Rômische Biographie (1901), pp. 35 et suiv.
(litï'éiMMitcs par le caraclri'e ci par rori^iiic. (îne des reniarcpKîs
les plus inléressanUvs, c'est (jue, dans certains livres (Platon,
Épicure, l^ytliagore), les ouvrages de poléini(iue et de propa-
gande spéciaux à chaque école ont eu beaucoup plus d'influence
(|u'aiIl(Mirs sur l'élaboration de la Biogra|)hie. Léo constate
cependant qu'en général, Uïèjne dans ces biographies, le point
de vue historique l'emporte, chez Diogène, sur l'intention a|)olo-
gétique. Parmi les sources principales de l'auteur, il retient et il
examine des Histoires de AiaSoya'!, comme celle de Dioclès,
et des Recueils d'Homonymes, tel le livre de Démétrius
de Magnésie. Diogène mentionne fréquemment des eupi^iiaTOL,
inventions industrielles ou découvertes scientifiques ; elles
rentrent aussi bien dans le cadre des Sôçat. que des oioLoo/aî.
Certaines biographies, comme celle de Diogène le Cynique, sont
composées surtout d'apophtegmes. Les Recueils de bons mots,
maximes, anecdotes, etc., ont fourni une énorme contribution
à la formation de toutes les biographies. C'est dans la Vie
d'Epicure et dans celles de quelques péripatéticiens que la litté-
rature apologétique des Écoles se dissimule le moins. Tous ces
matériaux, d'origines si diverses, ont été rassemblés et fondus
dans les Histoires philosophiques de l'époque alexandrine.
Pour étudier le mode de composition des Biographies de
Diogène, Léo choisit quelques exemples : la Vie d'Empédocle,
notamment, qu'il analyse en examinant les rapports des
citations. H conclut que le fonds en est formé par VEpitomé
d'Héraclide et qu'Hippobotos a servi d'intermédiaire entre cet
ouvrage et la compilation de Diogène (^). Léo s'arrête encore
à la Vie de Pythagore et, comme ceci nous intéresse directement,
nous discuterons son argumentation.
Il note d'abord que la partie principale de cette biographie
provient d'un auteur de ^laùoyai : or, Héraclide Lembos y est
cité trois fois. Trois remanieurs des anciens ouvrages sur
(1) Cette démonstration avait déjà été faite plusieurs années plus tôt par J. Bidez,
Biogr. d'Empédocle (1894), pp. 5 et suiv., en ce qui concerne Hippobotos.
— 80 -
les i^'.oLùoyai sont aussi utilisés : Hippobotos, Sosicrate et
Alexandre Polyhistor. C'est donc parmi eux qu'il faut chercher
l'intermédiaire entre Héraclide et la source immédiate de
Diogène. Le nom d'Hippobotos peut être écarté : Nicomaque
citait, en efFet, cet auteur dans sa Biographie de Pyt/iagore, et
son œuvre offre peu de points de contact avec la compilation de
Diogène. Par contre, celle-ci rappelle d'assez près, par ses
caractères généraux, une Biographie érudite utilisée par Por-
phyre dans sa Vie de Pythagore (^). Or, dans un long extrait
d'Alexandre Polyhistor rapporté par Diogène (§§ 24-36), cet
auteur cite des 'jTrojjLVTiiJLaTa dont on pourrait retrouver la mention
dans un passage de Porphyre 7), apparenté à d'autres textes
de Diogène. De ce rapprochement, Léo conclut qu'il ne serait
pas invraisemblable qu'Alexandre eût servi d'intermédiaire entre
VEpitomé d'Héraclide et la compilation remaniée par Diogène.
La fragilité de ces hypothèses saute aux yeux. Les uTiopivTifjLaTa
qu'invoque Porphyre sont des ouvrages biographiques, comme
l'indique le contexte; les 6uo|jivri|jLaTa 7rtj.5ayopLxà d'où Alexandre
tire ses ùô^oli sont, au contraire, des livres de doctrine pythago-
riciens (^). D'ailleurs, à supposer que le rapprochement n'eût
pas péché par inexactitude, la conclusion restreinte qu'on serait
en droit d'en tirer ne pourrait être étendue à toute la Biographie.
Enfin, nous connaissons, par la Chronique d'Eusèbe et par un
passage des Stromates de Clément, quelques notices empruntées
à la biographie de Pythagore d'Alexandre (^); aucune d'elles ne
se retrouve dans Diogène.
L'article Diogenes Laertius, dans V Encyclopédie de Pauly-
Wissowa, dû à la plume autorisée de Schwartz (^), ne se
contente pas de résumer ce qu'on savait en ce moment de
(1) RoHDE, KL Schr., II, p. 125, et der Griech. Roman (1876), p. 253, n. 2.
(2) Même s^ens dans Jamblique, V. P., 146 et 157.
(3) Pythagore contemporain de Sennachérib et de Nergil (Eusèbe, I, p. 29, 10, et
p. 35, 12); Pyllia£,^ore à l'école des Gaulois, des Brahmanes, de Zaratas (Clément,
Strom., I, 69).
(*) Pauly-Wissowa, ReaL-EncycL, IX (1903), col. 738 et suiv..
Dio^èiio : on y trouve encore une (|uaiililé de reniarcjues origi-
nales et d'études de détails d'un ^rand intérêt. L'auteur croit
que Diogène a tiré, [)ar masses, la plus grande |)artie des notices
biographiques non pas (Tun seul ouvrage, mais de plusieurs
manuels d'hisloiie pliilosopirnjue, (jui n'avaient d'ailleurs [)as
plus d'originalité que le sien. C'est ce (ju'on peut conclure,
d'abord, des nombreuses répétitions qu'on observe dans son
œuvre (^); ensuite, du t'ait qu'un certain nombre de détails
biographiques se présentent sous l'aspect d'additions faites à un
fonds préexistant. Ce sont des notes (|ue Diogène a recueillies au
cours de ses lectures et intercalées dans les chapitres que lui
fournissait la tradition biographique : de cet ordre sont les
citations de Plutarque, de Favorinus, de Pamphila et peut-être
de Dioclès. Enfin les matériaux biographiques de Diogène se
retrouvent, non isolés, mais groupés comme dans son œuvre,
chez d'autres compilateurs : Porphyre, Clément d'Alexandrie,
Hippolyte, Hésychius, etc.
On a perdu son temps en cherchant à mettre un nom sur le
ou les ouvrages qui servirent de source principale à Diogène. Il
est bien plus intéressant et plus utile de réunir les notices bio-
graphiques, de les grouper en chapitres, de remonter à l'origine
des traditions, pour suivre ensuite leurs développements et leurs
ramifications.
Dans la partie doxograpliique^ la contribution personnelle de
Diogène est beaucoup plus considérable. Non seulement il a
complété les maigres exposés de doctrines qui accompagnaient
la tradition biographique dans les ouvrages de ses devanciers,
par des emprunts à des traités spéciaux qui dérivent de ïhéo-
phraste, mais il a encore ajouté d'importants chapitres doxo-
graphiques aux Vies de Potamon, des Cyrénaïques, des Anni-
cériens, des Théodoriens, de Platon, d'Aristote, des Cyniques,
des Stoïciens, de Pythagore, des Sceptiques et d'Epicure.
(*) Exemples tirés de la Vie de Pythagore : VIII, 8 (Thémistoclie) = VIII, 21
((b; Ttpoei'pTjTat) ; 13 ([StufjLov xtX.) = li.
Schwartz estime qu'en général on a fait une part beaucoup
trop restreinte au travail personnel de Diogène. Le mélange
d'érudition et de fantaisie romanesque, les méthodes de compi-
lation, l'accumulation des citations et des variantes caractérisent
déjà l'érudition alexandrine. Diogène n'est ni plus ni moins
indépendant de ses devanciers que tout auteur de l'époque hel-
lénistique et impériale. Il savait, en écrivant, ce qu'il voulait et
où il allait; l'observation assez fidèle des grandes lignes du
plan tracé dans le Prologue, la substance des transitions et les
renvois nombreux d'une partie de l'ouvrage à une autre le
montrent bien. Par malheur, nous n'avons devant nous que le
Recueil de ses notes : pour quelque raison inconnue, la rédac-
tion de l'ouvrage n'a pu être terminée.
Dans ses Studia Laertiana, H. Schmidt (^) a réuni une série
d'études sur les polémiques entre sectes philosophiques, dont il
veut, d'après Diogène, reconstituer les éléments. Il semble avoir
fait sienne, en la modifiant légèrement, la théorie de Gercke
sur la composition de l'ouvrage. Le fonds proviendrait d'un écri-
vain platonicien ; son œuvre aurait été modifiée et complétée,
d'abord par un écrivain sceptique, puis par Diogène. C'est
l'étude du Prologue qui permet de distinguer ces diverses
couches de la composition. Ces remaniements expliqueraient les
divergences qu'on constate entre le Prologue et le corps de
l'ouvrage au point de vue du plan. Les différents rédacteurs ont
été influencés par les renaissances successives des diverses écoles
de l'ancienne philosophie, qui se produisirent à l'époque impé-
riale ; chacun d'eux penchait naturellement à faire la part plus
grande à l'École qui jouissait de la faveur du moment. Nous
reviendrons plus loin sur ces conclusions. On peut signaler, dès
maintenant, la nouveauté de ces aperçus et, en considérant la
portée" générale de ces recherches, reconnaître qu'elles aident
beaucoup à la reconstitution des Traditions des Écoles philoso-
phiques.
(1) Studia Laertiana, Bonn, 4906.
I)';uili(\s crilicjucs oncorc ont cnitMiir la (iiicslioii de Dio^èno,
sans (Ml faire rohjol d'un examen spécial. On ne jxMil, par
cxenij)le, passer sous silence les liavaiix de J. (lahriolsson sur
Favoriiuis et (élément. d'Alexandrie, |)arce (ju'ils louchent sou-
vent à nolie sujet. \in trois études successives ('), il a (enlé de
prouver que la source principale de la gi ande compilation de Clé-
ment est la -avToôa-T, l(yTop(a de Favorinus ; sa démonstration
prétend d'ailleurs eni^loher dans cette conclusion une Ibule de
compilateurs de l'époque impériale : Athénée, Elien, Aulu-
Gelle, Porphyre et, naturellement, Diogène Laërce. Je ne
reviens pas sur les critiques solidement documentées qui ont
été faites de ces travaux, en particulier par Stiihlin et par
Mûnscher (-). Elles en ont dénoncé la méthode défectueuse,
ainsi que le caractère purement hypothétique des conclusions f^).
Le dernier essai tenté; sans succès d'ailleurs, pour éclaircir la
question des sources de Diogène est, à ma connaissance, celui
d'E. Howald. Celui-ci, considérant comme vaines toutes les
recherches faites pour mettre un nom sur la source principale
de Diogène, s'est attaché à grouper en trois classes, d'après leur
caractère et leur origine, le plus grand nombre des notices bio-
graphiques de Diogène : il reconstitue ainsi trois manuels (A,
B, C) que notre auteur aurait utilisés (^).
Dans une seconde étude (•'), il a étendu ses recherches à
divers auteurs apparentés, pour l'information, à Diogène : Hip-
polyte. Clément, Eusèbe, le Pseudo-Galien, Simplicius, etc.,
(*) Ueber Favorinus und seine Travro^aTiT) latopt'a, Upsala, 1906. Ueber die Quellen
des Clemens Alexandrinus, I Theil, 4906; II Theil, 4909.
(2) Stahun, Berlin. Phil. Wochenschriff, 4908, pp. 387-399. — K. Mûnscher,
Bursians Jahresber. ilber die Fortscliritte der Alterthumswiss., 4940, pp. 23 et suiv.
p) Voyez encore dans un ouvrage de W. Guônert, liolotes und Menedemos
{Studien zur Palàogr. und Papyr., VI, 4906), quelques chapitres se rapportant à
notre sujet, p. 133 : Sâtze zur Quellenkundô des Diogenes; p. 440 : Zur Anfùhrungs-
weise des Diogenes.
(*) Handbiicher als Quellen des Diogenes Laertius, dans le PhiloL, 4917,
pp. 449-130.
(5) Das Philosophiegeschichtliche Compendium des Areios Didymos^ dans V Hermès,
LV (4920), pp. 68-98.
Tome XYII. — Lettres, etc. 3
— 34 —
et il s'est efforcé d'y retrouver les vestiges du manuel le plus
important, A. Cet ouvrage daterait du début de notre ère : il
aurait été bourré de citations, mais écrit sans prétention litté-
raire. L'auteur aurait pris les Vies d'Hermippe comme modèle
et comme source principale, mais il aurait considérablement
enrichi ce premier fonds par des emprunts aux Biographies
d'Hippobotos. Howald termine son étude en proposant, grâce
à une série de combinaisons fort hasardeuses, d'identifier ce
manuel avec VEpitomé d'Areios Didymos
3. Étude de la composition de l'ouvrage.
A. — La Personnalité de Diogène,
On a essayé à diverses reprises de rattacher Diogène à Tune
des Ecoles philosophiques dont il fait l'histoire. La plupart des
critiques modernes — ceux du moins qui veulent bien recon-
naître à Diogène quelque originalité — pensent qu'il traite dé
l'histoire des philosophes à un point de vue purement historique
et objectif, sans montrer de sympathie pour tel système ou tel
chef d'École. Quelques-uns cependant ont cherché à donner un
nom à ses préférences, une étiquette à ses convictions. Déjà
l'ancienne philologie s'était préoccupée de cette question :
Ménage et Casaubon le rattachaient à la secte épicurienne (^).
Tout récemment Gercke (^) et Schwartz (^) ont cru pouvoir
affirmer que c'était un sceptique; Wilamowitz, au contraire ('^),,
s'en tient à l'opinion des anciens philologues français. Considé-
rons donc le problème dans toute l'étendue, d'ailleurs assez
restreinte, qu'on peut lui donner.
(*) D'après Fabricius, Bibl. gr., V, p. 564.
(2) Bursians Jahresber., CXXIV (1905), p. 529.
(3) Pauly-Wissowa, ReaL-EncijcL, IX (1903), col. 761.
(*) Antigonos von Karystos, — Phil. Unters., IV, p. 321 ; Hermès, XXXIV, p. 634.
~- 35
Les éléments dont on (lisj)os(i pour juger des o[)inions philo-
sophiques de l'auteur sont en très petit noiuhre et peu clairs.
Diogène dispense également ses sympathies ou ses marcpies
d'intérêt à des systèmes philosophi(jues très difîérents. II est
vrai de dire (pie l'étude de la secte et des doctrines sceptiques a
reçu un développement considérahle. Déjà dans une polémique
du Prologue, l'auteur alïirme qu'on a tort de refuser le nom de
Secte aux Sceptiques et il s'attache à prouver qu'ils le méritent.
D'autre part, la 5t.a8oyTi sceptique est celle dont la tradition
est la plus longue : elle s'étend jusqu'à une époque presque
contemporaine de Diogène. Comme l'étude des autres sectes
s'arrête beaucoup plus tôt, ce traitement de faveur semble indi-
quer une marque spéciale d'intérêt, peut-être même des sympa-
thies philosophiques. De plus, la polémique entre les Sceptiques
et les Dogmatiques, que Diogène rapporte longuement au
livre IX (79 ss.), paraît être exposée du point de vue sceptique,
puisque les Sceptiques parlent à la première personne, comme
si l'auteur épousait leur cause (M, et que la réplique reste chaque
fois et définitivement aux Sceptiques. Or, à n'en pas douter,
cet exposé est bien l'œuvre de Diogène lui-même ; les citations
et extraits d'Enésidème, de Sextuset deFavorinus, qui en forment
le fond, proviennent à coup sûr de Diogène, comme on peut le
conclure de l'époque tardive de ces auteurs (^).
D'autre part, Diogène traite Platon, à qui d'ailleurs un livre
entier est consacré, avec infiniment de respect. Les épigrammes
qui le concernent manquent de ce gros sel qu'il a semé à pleines
mains dans les autres. Cela provient peut-être de ce que la
dame du monde à qui son œuvre est dédiée porte un vif intérêt
(*) Il est vrai que de simples guillemets ajoutés au début et à la fin de ces textes
sceptiques permettraient d'expliquer différemment cette particularité.
. (2) On a encore voulu exploiter (Schwartz, loc. cit., col. 761), comme un indice
des tendances sceptiques de Diogène, un passage où ApoUonidès de JNicée est appelé
6 irap' r)[jL(j5v (IX, 109). Mais pour cela, il faudrait prouver tout d'abord qu'ApoUo-
nidès fut un écrivain sceptique; ensuite que l'expression en question ne peut signi-
fier que : « écrivain de notre secte ». (Cf. ci-dessus, p. 22.)
— 36 —
à Platon (III, 47 : cpUo-XâTwvt. os a-ot. ôixaîwç uTcapyoua"/]) ; mais
le terme o',xa(w; indique que Diogène lui-même n'est pas indif-
férent à ces préférences, si, toutefois, on ne doit pas y voir un
compliment. Au reste, s'il fallait juger des opinions philoso-
phiques de Diogène par l'intérêt particulier qu'il porte à cer-
tains philosophes, on resterait dans des hésitations sans fin. A
ce compte, en effet, on pourrait aussi prétendre qu'il est épicu-
rien. Non seulement il a consacré un livre entier, le plus long
de tous peut-être, à Epicure, mais il le défend avec une sorte de
passion contre les furieuses calomnies (p.£|j.Y,va(7!. o' outol, X, 9) de
ceux qui ont noirci sa vie privée. Contre les attaques sournoises
des pieux et vertueux Stoïciens, il proclame la pureté de ses
mœurs, l'intégrité de son caractère, la correction de ses relations
et jusqu'aux qualités de son style, avec un enthousiasme qui
dénote plus que l'intérêt que tout honnête homme porte au
mérite méconnu : on dirait d'une sympathie basée sur une cer-
taine communauté de doctrines. Il veut expliquer ces éloges et
justifier sa propre attitude auprès de la noble dame à qui il pré-
sente son livre; dans ce but, il cite des extraits d'Epicure, wo-re
a-è 7:avTay6<S£v xaTa[JLa3£^v tov àvopa xà|jL£ xp{v£'.v eloévoLi (^ 29). Enfin,
au ^ 138, au moment d'exposer les xùpt.at. aô^ai d'Epicure, il
paraît prendre parti en déclarant qu'il ne croit mieux faire, pour
terminer son livre, que de rappeler les doctrines « qui sont le
commencement du bonheur ». Que voudrait-on de plus pour
faire de Diogène un épicurien, si l'on devait attacher tant
d'importance à l'intérêt ou à la sympathie qu'il montre pour
telle ou telle secte?
Les autres passages où l'on peut reconnaître l'expression
d'une opinion personnelle de Diogène, grâce au mot iyw ou à
des tournures de ce genre, sont peu nouibreux. Dans le Pro-
logue (g 3), il combat la xénophilie qui fut si longtemps à la
mode chez les historiens grecs et qui faisait dériver toute la civi-
lisation, et surtout la philosophie, des pays étrangers. Plus
loin 5), son opinion s'exprime sous une forme plus person-
nelle encore : Diogène prétend refuser le nom de philosophe à
Orpliôe. La raison (lu'il iiivoinic esl ce poc'Ui a allrihiié aux
(lieux (le iionleiix inétaits. (lelle altiLiide rappelle les j)oléini(iues
de Xénophane el de Pylliagore contre Homère et elle étonne par
le sentiment religieux (|u'elle permet de deviner chez un homme
(]ui aime ailleurs à railler l'idé'alisme des philosophes.
11 lui arrive de dc'clarer (ju'il s'int(3resse spcîcialement aux
œuvres de tel philosophe à cause de leur valeur morale (V, !21,
V, i^). Il lui est agréahie d'allirmer (jue les Cyniques eux-
mêmes, dont la rude simplicité et l'intransigeance lui plaisent
(voyez les épigrammes), représentent une doctrine philoso-
phique et non point seulement, couime (|uelques-uns l'estiment,
une tendance morale (VI, 103).
Mais où l'on peut le mieux juger des opinions de Diogène,
c'est dans ses petites pièces poétiques. C'est là qu'il se livre
mieux, parce qu'il est débarrassé des entraves que lui impose
toute la tradition antérieure dans l'exposé des biographies. Il
est vrai qu'il utilise toujours dans les épigrammes des notices
de la biographie, mais le choix qu'il en fait et la façon de traiter
le sujet sont des indices à examiner. 11 ne faudrait pas, d'ail-
leurs, s'en exagérer l'importance : les railleries qu'il veut et
qu'il croit plaisantes ne sont jamais méchantes et si l'on peut
les analyser pour déterminer la nature de ses croyances, il n'y
expose pas de doctrines philosophiques proprement dites.
L'une des idées qui y sont le plus fréquemment exprimées,
c'est que les tortures et la mort n'atteignent que le corps
(Zénon, IX, 28) ; l'âme imuiortelle s'en va dans l'Hadès (Cran-
tor, IV, 27) ou vers les Immortels (Anacharsis, I, 103). Ail-
leurs, la doctrine est plus précise encore : l'âme rentre au sein
de Zeus : Platon, III, 45 : 8a',crà|ji£V0c; Be yâ[JLOV, 7i6).î.v 7,X'j3^ev r\y 7:o5'
sauTw/sxTLo-e xal SaTceScp ZtiVOç eviSpuo-axo ; Thalès, I, 39 : yu{jiv!.xôv
aù tïot' avwva 5ew[JLevov, 'HleLe ZeC», /tov aocpov avopa Ba^y^v -/ip-rcacraç
éx (TTaSwu (suit une plaisanterie de mauvais goût) ; Xéno-
phon, II, 58 : ou [aovov elç Ilépa-aç oLvé^'f] Sevocpwv St-à Kûpov, / dW
oiyoàoy ÇrjTwv eç Aw; TjT'.; ayot.; Socrate, II, 46 : tzv/s vuv Iv Awç wv, w
SwxpaTeç' r\ o-e yàp ovToaç / xal crocpov sine Bebq xal 3'eoç 7\ o-ocptrj. ^upoç
— 38 —
yàp 'A^YjVa'iwv xwve'-ov aizXisx; aù éoé^W /aûxol B' £^£7it.ov toOto T6(j)
o-TOfjLaTu Dans l'épigramme d'Anaxarque (IX, 59), l'émotion
parait sincère; Diogène menace le bourreau de la vengeance
divine : TiTia-a-STe, Nuoxpewv, £Tt, xal {jiàXa* ^ùXaxoç éa-xt.* / TiT^do-eT' *
'Avâçap'/^oç û' £v Aw; è<JTi TràXat.. / xal a£ Sî.aŒTEiXaaa Yvàcpoiç dXiyov
Taoc XÉçE'./^iTijjLaTa <i>£po'£cp6vYi * "Epp£, jjLuX(i)5p£ xax£. D'autres fois,
apparaît une doctrine plus particulière, celle du retour de l'âme
vers les astres : Solon, I, 63 : ^^uy^r^y 8' aiov£ç eù^ùç èç oupavov
riyayov " eù yàp/59ix£ v6[jlouç ol(jtoÏç ay^BeoL xQUcpoTaxa (encore le calem -
bour!) ; Polémon, IV, 20 : où (jiàXXov HoXÉfjLWva, to a-w[JLa Sé ' toÛto
yàp a'JTo; [Baivwv £ç aa-Tpa oLàêopov 5tiX£V ya.[xal. Ici, à n'en pas dou-
ter, nous rencontrons une croyance pythagoricienne. La doc-
trine d'une sanction divine apparaît dans un grand nombre
d'épigrammes : on l'a déjà vue dans celles de Solon, Socrate,
Anaxarque, etc. Ajoutons celle de Crantor, IV, 27 : xjxl crû {Jikv
ixclBi yoiipsiç. La foi dans la divinité s'exprime dans d'autres
épigrammes encore. A ce point de vue, la petite pièce de vers
consacrée à Bion me paraît plus caractéristique qu'aucune autre :
le poète (!) y proclame sa foi en un idéal religieux très pur et
le vers s'élève presque au ton du sermon : (IV, 57) [jLwpoç o'oç
Ti^'clÉv TLvoç |jLt.a-5oL> TO ^'ELOv sivaijbii; Twv Bei^y ovtwy. oxav Biwv
Bélr^ vo{jiÇ£!.v. Ailleurs, Diogène prêche la résignation à la volonté
divine (I, 97, Périandre) : [jlti tïot£ XjTr/ia-ri <je to ix'r\ ce Tuyely
Tt.vo; • àAAà jiiaTzzo Tiao-Lv ojjlwç olat. Siowa-t. Btôq. Son attitude à
l'égard du suicide est aussi intéressante : II, 144 (sur Méné-
dème, qui s'est suicidé) : xoct' epyov è'peça; 'Ep£Tpt.x6v, àX)/ ôp-wç
avav6pov7à^^7'//i yàp riyEjjLwv £TU£!.y£ cj-£. Ce sont les mêmes croyances
qu'on rencontre dans les épigrammes consacrées à Platon. Il est
vrai que les idées en sont empruntées à la biographie, mais le
fait que Diogène les a choisies parmi tant d'autres indique assez
ses préférences et ses propres convictions : III, 45 : xal tîwç d
|jiY) ^^I^oLjjo; àv' 'EXXâoa cpu(T£ IlXaTcova, j '^uyccc, àv.^pwTrwv ypàp [Jiaa-'.v
7^x£G-aTo; Ajoutons que les épigrammes de Platon et de ses dis-
ciples ne contiennent pas les railleries ordinaires. Par contre,
Diogène paraît éprouver une certaine répulsion à l'égard des
propliètes et des eharlalans relii;ieiix, eoiiiine (mi léinoi^iKiiiL les
épigrainiiies consacrées à Einpédocle et à Pythagore.
Je le répète, on aurait tort d'exagérer la sigiiilication de ces
petites pièces de vers; niais, si l'on peut découvrir (piehpie part
le vrai Diogène, c'est bien là, et le lait (jue les niènuis docti'ines
y reparaissent constannnent ne [)eiit être attribué au hasard.
Diogène ne paraît pas être un sceptique : ses croyances reli-
gieuses et philosophiques ne s'accommoderaient pas d'une doc-
trine sceptique. Ses tendances idéalistes, sa foi en la divinité,
sa conception de l'autre vie, ses préférences pour Platon le rat-
tachent au mouvement de la renaissance des idées platoniciennes
et pythagoriciennes. De là à en faire l'adepte d'une secte plato-
nicienne, il y a loin. On ne peut le regarder comme un militant
ni même comme un partisan avoué de tel système philoso-
phique. Il décrit quelques sectes avec plus de sympathie, mais
toutes avec intérêt, nulle dans un esprit d'hostilité. C'est la
meilleure des preuves qu'il, ne se rattache à aucune d'elles par
des racines profondes.
Diogène pourrait bien n'avoir été qu'un homme du monde
que l'histoire des philosophes intéressait surtout pour le point
de vue anecdotique. Ainsi s'expliqueraient le mode de composi-
tion de l'ouvrage, qui n'a rien de la rigueur scientifique ; l'ardeur
qu'il apporte à défendre la philosophie la plus souriante, l'épi-
curisme; l'intérêt spécial qu'il porte à celle qui était revenue à
la mode, le platonisme ; enfin, cette curieuse tentative d'égayer
un sujet trop grave par des épigrammes où la mort des philo-
sophes sert souvent de thème à des calembours ou à des plai-
santeries de mauvais goût. C'est pour la même raison, à mon
avis, que l'exposé des doctrines sceptiques a reçu un développe-
ment particulier. Diogène semble avoir trouvé un plaisir d'ama-
teur à jongler avec les paradoxes des Sceptiques et n'avoir pu
résister au désir vaniteux de montrer que les négations les plus
inouïes lui étaient familières. Ainsi m'expliquerais-je aussi, par
son éducation et la modération naturelle à son état, son mépris
des prophètes et des réformateurs religieux (Pythagore et
— 40 —
Empédocle) et son aversion pour les cagots, hypocrites calom-
niateurs d'Epicure.
B. — Méthodes de travail,
a) Choix des sources.
Les sources de Diogène, directes ou indirectes, sont de nature
très diverse. D'une façon générale, on peut les classer en deux
grandes catégories : les sources d'origine savante ou érudite,
qui étudient et rapportent les faits à un point de vue purement
historique, et les sources qui s'inspirent d'un point de vue sub-
jectif, étranger à l'histoire, dépendant de la polémique ou de la
propagande de chaque Ecole. Naturellement, dans Texamen de
beaucoup de cas, cette distinction paraîtra trop radicale, parce
qu'il existe entre ces deux courants de littérature une sorte de
chassé-croisé d'influences qu'il est parfois assez difficile de déter-
miner. N'importe; en principe, pour qui remonte à l'origine de
la Biographie, cette distinction a une réelle valeur, parce qu'elle
fournit un critérium important pour établir la valeur des notices.
Les sources savantes de Diogène se répartissent en trois
classes : tout d'abord la littérature proprement dite, qui a été
souvent étudiée et paraît maintenant bien connue. On y distingue
les livres sur les At.aooya{ (Successions d'Ecole), de ceux
qui traitent des Alpiaet,? (Sectes) : leur tâche commune est de
reconstituer la tradition des Ecoles et de rattacher les systèmes
philosophiques les uns aux autres, soit en recherchant les
influences de doctrines, soit en établissant des rapports entre les
philosophes. La biographie et la doxographie, qui sont mêlées
dans ces livres, sont nettement distinguées dans d'autres traités,
spécialement consacrés soit à la vie des philosophes soit à l'étude
de leurs doctrines. Les études doxographiques les plus célèbres
sont celles de Théophraste. La partie chronologique avait été
traitée dans des ouvrages spéciaux, les Chroniques, dont les
manuels les plus célèbres, ceux d'Apollodore et d'Ératosthène,
— il —
lurent utilisés dans l'd'uvre dv, Diof^'cne. Une des luhricjues les
plus orilinaires dans les Biofjrapliics est i'oiinée j)ar les listes
d'Homonymes. Plusieurs [)hi!ologues avaient eonsaeré aux
Homonymes littéraires des études spéciales consignées dans des
Catalogues d'Homonymes, riches en renseignements hihliogra-
pliiques et biograpliiques. L'une des sources ()rérérées de
Diogène en cette matière est l'œuvre de Démétrins de Magnésie.
Des monographies traitaient des découvertes (sOpr^/aTa) de l'indus-
trie, de la science et, en général, de la civilisation (^) : notre
auteur y a Iréquemuient puisé. Les listes d'ouvrages de tel ou tel
philosophe, quelquefois très longues, qu'on trouve dans Diogène,
sont d'ordinaire eu)pruntées, en dernière analyse, à des travaux
bibliographiques spéciaux, tels les UivoLxeç de Callimaque. Citons,
pour finir, des traités généraux dans le genre des Encyclopédies
et des Mélanges littéraires et historiques, intitulés ^7U|j.7:ocr'.axà,
U7ro|JLVTi[jLOV8'jpLaTa, TravTOoaTïYi la-Topia, dont les histoires plliloso-
phiques n'ont pas dédaigné de tirer profit, à l'occasion.
Une autre source d'information de Diogène est constituée par
les documents originaux qu'il reproduit ou dont il cite des
extraits. Parmi eux, mentionnons la correspondance des philo-
sophes ou des hommes politiques, dont la plus grande partie
est apocryphe, les Lettres des Sept Sages, par exemple; les
Testaments des philosophes, particulièrement ceux des chefs de
TEcole péripatéticienne; les œuvres mêmes des philosophes,
dont un petit nombre sont compulsées par Diogène lui-même.
Ajoutons des documents historiques, des décrets publics (YII, 10,
etc.), des actes d'accusation (II, 40, etc.). Une autre série de
documents dont l'origine et la valeur n'ont jamais été étudiées,
est formée par les monuments figurés. Diogène aime, soit qu'il
tienne cette habitude de ses devanciers, soit qu'elle corresponde
à des goûts personnels, à s'en rapporter au témoignage des
monuments : statues, tombeaux, inscriptions, reliques, monu-
(1) Cf. Kremmer, De Catalogis Heurematum, et Oxyrh. Papyri, t. X, n» 1241, p 99.
— 4-2 —
ments publics auxquels s'est attaché le souvenir des philosophes,
imagerie populaire (I, G2; I, lOi; VIII, 72, etc.).
Les sources qui ne sont pas d'origine savante se subdivisent
à leur tour en plusieurs catégories. Quand on fait Thistoire
d'une École ou d'une Secte philosophiques, il est bon de recher-
cher les traces d'influence des ouvrages de propagande publiés
par l'Ecole elle-même. 11 en est, parmi eux, qui ne cachent pas
leur but et leur origine; d'autres, au contraire, furent publiés
sous le voile de l'anonymat et il n'est pas aisé de déterminer
leur influence plus secrète. Cette littérature, élaborée dans le
sein (les Ecoles, fut extrêmement florissante. On peut appeler
considérable son influence, directe et indirecte, sur l'ouvrage de
Diogène, non seulement au point de vue doxographique, mais
aussi dans la partie biographique. Dans beaucoup de Vies,
les traces de cette influence ne se démêlent plus nettement ; mais
elles sont très sensibles encore dans Vie de Pythagore et surtout
dans celle d'Epicure ; ici, parce que Diogène lui-même, pour
une bonne part, a utilisé ces sources et qu'il n'en a pas caché
la nature. On peut encore en reconnaître la présence là où
l'auteur détend, contre les attaques de ses ennemis, le caractère,
les mœurs, les idées d'un philosophe. La tradition sectaire nous
a apporté bien des notices biographiques, souvent légendaires,
un grand nombre d'anecdotes et la plupart des récits miracu-
leux et édifiants (Pythagore, Empédocle, Epiménide, Phérécyde,
Platon, etc.). Cette littérature peut revêtir une autre forme
encore, celle d'œuvres de polémique, et, alors, c'est dans les
biographies des philosophes de l'Ecole ennemie qu'on en
découvre les traces. Elle comprend des débats scholastiques,
des pamphlets contre la vie privée des adversaires et, en généial,
tous les écrits inspirés par une passion quelconque, philoso-
phique, religieuse ou politique. La littérature antipythagori-
cienne, par exemple, paraît tirer son origine de luttes politiques;
plus tard, elle se compliqua et s'amplifia, à la suite de querelles
religieuses. La haine pieuse et sournoise des Cyniques et des
Stoïciens à l'égard des Epicuriens et les répliques de ces der-
— 48 —
niers ont donné naissance à une iniporlanle lillératurc^ dont
Diogène s'est souvent inspiré. C'est à ces ai'dentes polémiques,
qui sévirent de tout teni|>s dans les Ecol(;s philosophiques,
qu'il faut rapporter la publication d'une foule de Taux littéraires,
destinés, les uns, à déshonorer un adversaiie en faisant courir
sous son nom des ouvrages scandaleux (lettres d'Kjiicure, X, 3,
le fjLU(7T!.xo<; Xôyoç d'Hippase, Vlll, 7), les autres, à riposter et à le
défendre contre ces attaques (les KoTULoeç pythagoriciens,
VIII, 8) (').
Enfin, dans la littérature qui ne s'inspire pas d'un point de
vue historique, il faut ranger encore les œuvres d'imagination.
Beaucoup de renseignements sont puisés dans les poètes, surtout
dans les Comiques et dans les Sillographes (Timon). Les
romans merveilleux d'Héraclide Pontique, les contes amusants
d'Hermippe sur la mort des philosophes, le livre aux révélations
scandaleuses ' ApUziTZT.oç, i] nepl TiaXaiaç xpucpTÎç, sorte d'histoire
du libertinage, et les Recueils innombrables d'apophtegmes,
bons mots, calembours, pointes d'humour, etc., prêtés aux
philosophes, rentrent dans cette catégorie de sources, auxquelles
Diogène et ses devanciers ont largement puisé.
b) L'esprit critique.
La critique de Diogène — si l'on peut employer ce mot à
propos d'un ouvrage dont la seule prétention est d'instruire, en
les amusant, les gens du monde — est entachée de défauts si
nombreux et si graves qu'on a pu croire, quelquefois, que son
œuvre était impersonnelle, c'est-à-dire que tout le travail de
l'auteur avait consisté à dépouiller des sources et à accoler des
notices. Cependant, ces défauts sont plus ou moins inhérents à
la critique alexandrine et surtout à l'érudition de l'époque
impériale, dont nous n'avons guère conservé que des compi-
(') DiELS, Ein gefàlschtes Pythagorasbuch, dans VArchiv fur Gesch. der PhiL, III,
p. 454 et suiv.
— u —
lations. Ainsi, les Stromates de Clément d'Alexandrie ne
diffèrent des Vies de Diogène qu'en ce que cette œuvre a été
écrite dans un but d'apologétique et qu'elle est comme animée
d'une passion religieuse. Ces défauts, communs à l'époque et à
la tradition, se trouvent aggravés chez Diogène du fait que,
homme du monde écrivant pour des gens du monde, il aimait
moins les arides discussions portant sur des points de chrono-
logie ou d'histoire, que les anecdotes amusantes ou les portraits
intéressants.
Il est difficile de porter un jugement général sur la valeur du
choix que Diogène a fait parmi les sources : c'est affaire d'exa-
men particulier pour chaque Biographie. Mais on peut étudier
ses procédés d'exposition. La plupart du temps il se contente
de citer, sous chaque rubrique biographique, les avis divergents
de ses devanciers. Très souvent les citations et les variantes
sont juxtaposées, sans que Diogène tâche de tirer, de leur
accord ou de leur contradiction, une conclusion quelconque.
Il discute rarement la valeur des témoignages, à moins que
cette discussion ne soit déjà contenue dans ses sources, comme
c'est le cas pour le long chapitre sur la mort d'Empédocle et le
développement qui concerne les maîtres de Démocrite. Diogène
copie fréquemment un auteur sans le citer; et, par une bizarre
inconséquence, il arrive que cet auteur soit cité, au cours de ce
développement, à propos d'un détail minime, alors que tout le
passage lui est emprunté, comme les passages parallèles per-
mettent d'en juger (YIII, 19, citation d'Aristote). Un défaut
plus grave, dans lequel Diogène tombe souvent, est de conta-
miner, sans avertir le lecteur, plusieurs sources différentes.
Ailleurs, le récit originel est tellement raccourci et si mal abrégé
que des points importants restent obscurs pour nous (YIII, 39,
et VI1[, 40) (^). Si l'on examine les citations elles-mêmes, on
s'aperçoit qu'un certain nombre sont erronées (Hérodote dans
0) Cf. supra, |). 11.
— .iri —
Vlll, ^; IMiilai'([iio dans IV, i), incoinijlôlos (Timéc, dans Vlll,
\\ = Jainl>li([ne, V. P., ainplilic'es, obscures.
La j)i'(Miv(' (jne, niali'i'é Ions ces dcl'anls, la vij'ilancc de
Dio^'one irslo toujours on éveil, c'est (ju'en clia(|uc section
de l'ouvrage, on trouve des références à d'autr(!s j)arties, (|ui se
vérilient la plupait du temps. Ainsi, l'autiîur reniar(jU(; iVé(jueni-
uient les variantes d'attribution d'une anecdote, d'un cliaj)itre à
l'autre (p. ex. I, 32 = I, Si; II, 103 = 11, 08; II, 05 = 111, 30).
On peut toujours retrouver les passages aux(p]els font allusion
les mots xa3à TrpoeîpT.Ta', OU Tiepi ou Xé^ofjisv (I, 30; I, 32; II, 57;
IV, 2i; V, 08; VII, 37; VIII, 21 = Vlll, 8; Vlll, 39
(7ipo£!.pYi{jLévo<;) = VIII, 7, etc.); en sorte qu'on peut dire que
l'attention d'un seul auteur a pénétré tout l'ouvrage.
Les passages où l'esprit critique de Diogène ose s'affirmer
sont assez rares. Nous avons signalé plus haut les discussions
sur l'attribution du nom de secte à la philosophie sceptique
(Prologue, 20) et à la philosophie cynique (VI, 103), ainsi que
la critique de ceux qui cherchaient une origine barbare à la
philosophie grecque (Prologue, 1-3). Les polémiques, assez
courtes d'ailleurs, engagées sur les questions des ouvrages de
Pythagore et des maîtres de Démocrite (VIII, 0 et IX, 34-35)
peuvent provenir des biographes antérieurs. Il est rare que
Diogène se permette de juger ses sources : il en est ainsi
pourtant au livre II, 13i (TïTaiojcrLvolXÉyovTsç), VIII, 8 (o'.aTreo-ovTs;),
V, 0 (o!.a7z![7iTwv), AiUcurs, après avoir exposé un débat, il
se contente de donner raison à l'un ou à l'autre des contradic-
teurs : 11, 3-) : xal EŒTLv ouTwç 'é'/o^r, VII, 47 : xal eUo; so-T!., formule
assez fréquente. 11 précise quelquefois son point de vue ou
justifie son choix : III, 49 : où Xav^avs-. o' r^^Làq on Tt.v£ç aXXwç
8i.acp£p£',v TO'jç û',a)v6yo'jç cpaa-'i . . . àAA' £X£rvo', t^.kv Tpay!.xwç fjiàXXov y\
c^Cko<j6^{£>c, TTîV û!,acpopàv Twv 0(.aAGy{î)V Tripoa-wvôiJiaa-av. En un seul
endroit il a vraiment pris position dans la discussion et avec une
ardeur dont on ne l'aurait pas cru capable : c'est quand il défend
Epicure contre les calomnies de ses ennemis (X, 3 et suiv.).
Bref, ces traces d'une critique méthodique, ces cas d'une
— m —
intervention personnelle dans le débat, timides apparitions
d'une conscience Sicientifique, sont rares dans l'ouvrage de
Diogène. Cependant, nous nous résignerions peut-être à ce que
ses Biographies n'aient ni l'attrait d'une passion directrice, ni
l'avantage d'une critique historique serrée, si l'exposé était du
moins clair et complet, les citations exactes et entières. Mais il
n'en est malheureusement pas ainsi.
c) Sources immédiates de Diogène.
Si l'on se reporte aux remarques que j'ai faites au début de
cette étude et à divers indices relevés dans la critique de mes
devanciers, il résulte qu'il faut distinguer, dans l'œuvre de
Diogène, un fonds préexistant, extrait par grandes masses de
compilations antérieures, et des additions dues à Diogène lui-
même. En examinant le mode de citation des auteurs les plus
récents et la place que ces autorités tiennent dans les Biogra-
phies, il sera possible de déterminer une première série de
notices qui formeront la contribution de Diogène, car ce sont
les auteurs les plus récents que, selon toute vraisemblance, il a
dû consulter lui-même.
Déjà on est généralement tombé d'accord pour reconnaître
que les citations de Favorinus, de la uavToSaTûYi lorTopia comme
des d7LO|jLVTip.ov£UfjiaTa, proviennent de Diogène. La preuve qu'il
compulsait l'œuvre de cet encyclopédiste, c'est la manière dont
il le cite, VÏII, 53 (éyw o' eupov év toÏc, U7ro[Jiv-ri{jLOV£!j[xaa-5. ^ol-
Pwpivoi»), passage où il oppose à l'œuvre préexistante une
addition personnelle.
Les citations de Favorinus sont très nombreuses. Elles ont ce
caractère commun, qu'elles apportent une contribution minime
à la biographie; en outre, elles font généralement l'impression
d'être des additions à un noyau primitif. On peut les classer en
diverses catégories.
1. Les courtes anecdotes : III, 37; IV, 63; VI, 89.
2. Les notes rapides qui, au cours d'un long récit, apportent
— 47 -
une variante de détail : 11, 38; V, 5; V, 77; Yl, ^2t> ; YI, 73;
IX, -23; IX, lli); 1\, 81).
3. Les additions qui eoniplètent un ex|)Osé piovenant de
sources plus anciennes : III, 11); lY, 54; Vlll, 15; Ylll, 53;
YllI, 73. Quehiuefbis, ces notes sont introduites à une place
qui ne leur convient guère, connue dans Ylll, 15; toujours la
formule qui les introduit et leur rapport avec le contexte
indiquent une addition.
4. Diogène cite encore cet auteur quand il n reuiarqué que
son témoignage corrobore celui de sources plus anciennes : 111,
48; Y, 41 ; Ylll, 47; Ylll, 63. Il semble qu'il ait institué une
sorte de collation du fonds préexistant sur les ouvrages de Favo-
ri nus.
5. Ailleurs on rencontre, à la suite Tune de Tautre, plusieurs
citations de cet auteur, quoiqu'elles ne se rapportent pas au
même sujet : Y, 76.
6. Diogène aime à invo({uer son témoignage à propos des
euprifjLaTa ; ces notices sont d'ordinaire tirées de V Encyclopédie
(uavTo8. i<7zopia) : II, 1 ; II, 11 ; II, 20; III, -24; Ylll, 12; YIII,
48; YIII, 83; IX, 23; IX, 29.
7. Certains extraits sont rejetés à la fin de la Biographie, à
l'endroit où Diogène, se libérant du plan primitif, ajoute, à côté
de ses épigrammes et des documents nouveaux qu'il apporte,
une foule de notices qui se rapportent aux sujets les plus divers :
III, 40; m, 63; lY, 5; YIII, 48; VIII, 90; IX, 20; IX, 23.
On peut s'inspirer des indices relevés dans le cas de Favo-
rinus pour rechercher la provenance des citations d'autres écri-
vains assez récents. La plupart des citations d'Alexandre Poly-
histor me paraissent devoir être considérées comme un apport
de Diogène. Elles se présentent, en effet, sous l'aspect :
a) d'additions : II, 10; II, 106; III, 4. Le cas le plus curieux
est l'extrait qui figure dans la Vie de Pythagore. Il s'étend du
§ 25 au § 33; il est suivi d'extraits d'Aristote 34-35) et ces
deux citations se terminent par une formule de clôture qui n'est
qu'un double de la phrase initiale. De cette particularité, on
— 48 —
peut déduire que les extraits doxograpliiques d'Alexandre sont
d'introduction tardive. Dans l'hypothèse contraire, d'ailleurs,
ils an l'aient trouvé place dans la section réservée aux Écrits de
Pythagore et aux fragments qui en sont extraits 6-10).
Quant à la citation d'Aristote, il est possible qu'elle ait appar-
tenu au premier fonds. Diogène remarque que le sujet en est
analogue à celui des extraits d'Alexandre (xal sxeivwv eyofjiEva ô
'Ap!.c7T0T£Ar.;) : c'est la raison pour laquelle il a inséré ces frag-
ments à côté de ceux d'Aristote (^). Une conclusion semblable
s'impose, avec plus de nécessité encore, pour la notice de III,
5, qui arrive avant son heure (^7).
b) De simples variantes : IV, 02; VU, 179.
Apollonidès de Nicée, ô Tiap' t,|jlwv (ïX, 109), formule qui
s'accommode de nombre d'interprétations, comme : notre con-
temporain; notre compatriote; partisan de notre secte, etc.
(cf. pp. 22 et 3o, n. 2).
Démétrius de Magnésie. Les formules d'introduction des cita-
tions, leur rapport avec le contexte et la place qui leur est
réservée semblent prouver que les Homonymes avaient déjà
été utilisés par les devanciers de Diogène.
Denys d'Halicarnasse : I, 38 (ev Rpt-Tixo^) et VIII, 47 : simples
additions aux listes des Homonymes ; X, 4, dans l'exposé des
polémiques des Epicuriens et des Stoïciens, lequel, nous l'avons
vu, provient de Diogène.
Dioscoride : I, 63. On ne peut dire quel est ce Dioscoride ni
à qui remonte cette citation.
Dioclès. D'après les citations suivantes : X, il (défense d'Epi-
cure), X, 12; YI, 12 (addition à des od^ai. de Diogène); IX, 61
(addition postérieure : xaOà xai) et surtout VII, 48 ; xal Cva xal xaTà
lJ.ipoq ei7Z(jV^j.sy xal Ta aTzsp aÙTwv elç tt,v el'77.y(x)yiy,'r\y T£LV£'. léyyriy, xal
auTa £7rl AicEwç -zi^r^^i ùnoxlriç xta., les ouvrages de Dioclès
paraissent avoir été compulsés par Diogène lui-même (^).
(1) Cf. ScHWARTZ, loc. cit., col. 747 et 760.
(2) Idem, loc. cit., col. 744 et 749.
— \{) —
Kiil)iili(i(\ l^jiiiiu'liis cl Jiisliis ( rilxM'iciisis) ii'oiil. îi|)|)orl(* aux
biographies, par riiiterinédiaire de Diogène, que des variantes
i\c (lélail (II, /r2 et VI, 20; V, 10; II, 41). La part de Myro-
nianus se ramène à des additions sans grande ini[)()rtanee (X, 3
[= de Diogène]; I, 115; III, 41 ; IV, 8; IV, 14; V, :](>) Il
en e^ de même des notes tiiées de Pamphila : ce sont de courts
récits anecdotiques et quelques variantes (^). Les notices emprun-
tées à Plutarque proviennent aussi de Diogène, d'après
Schwartz ('^) ; en effet, IV, 4 et IX, 60 portent le cachet des
additions postérieures : ce sont de simples variantes. Sabinus
(^III, 47) et Philodème (X, 3 et X, 24) figurent aussi parmi les
autorités de Diogène. Enfin, une note additionnelle d'Ist.ros
(II, 59), jointe d'ailleurs à une formule qui est un signe certain
d'addition de Diogène (eupov), doit avoir la même origine.
Il convient d'ajouter à cette liste les noms des écrivains scep-
tiques utilisés par Diogène lui-même au IX"" livre : leur époque
très récente met ce point hors de doute. Ce sont : Théodose,
Zeuxis, Antiochus, Ménodote, Sextus Empiricus, Agrippa et
Apelle. Il n'y a pas de raison de séparer de ces citations celles
d'Enésidème, qui sont intimement mêlées à l'exposé des doc-
trines sceptiques, tiré de Favorinus et de Sextus, au livre IX,'
^ 87 et suivants.
L'ensemble de ces extraits forme une première masse de
notices qu'on peut attribuer à Diogène. Les études qui vont
suivre permettront de l'amplifier encore et de représenter la
contribution qu'il a apportée à l'œuvre de la tradition alexan-
drine comme fort importante.
(1) Schwartz, Ibid., col. 742.
(2) Ibid., col. 743.
(•') Jbid., col. 742.
Tome XVII. — Lettres, etc.
4
— 50 —
4. Plan de l'œuvre.
a) Dans le Prologue.
On a souvent remarqué les différences qui séparent l'ordre
d'étude des philosophes établi dans le Prologue, de celui qui est
adopté dans le corps de l'ouvrage. On a voulu voir dans ce
remaniement du plan l'indice de l'utilisation de sources diffé-
rentes, ce qui paraît assez juste en principe. On relève d'ailleurs,
dans le Prologue lui-même, des traces de rédactions successives,
mais il est malaisé d'en délimiter les contours avec exactitude.
H. Schmidt, qui s'y est essayé (^), a cru y découvrir un fonds
primitif, provenant d'un écrivain de la secte académique, modifié
d'abord par un sceptique, ensuite par Diogène. Nous, qui
admettons que l'exposé des doctrines sceptiques du IX^ livre
provient de Diogène, nous pouvons faire bon marché de l'inter-
médiaire sceptique. Voyons donc en quoi consiste le remanie-
ment du Prologue et si on peut l'attribuer à Diogène.
Dans le chapitre des origines de la philosophie, qui se
termine au 11 par xal xà fjiev uspî. tt,? eupea-ew; (55e £^£t., l'auteur
commence par rencontrer la théorie de ceux qui attribuent aux
étrangers l'invention de la philosophie. Il leur oppose deux
objections : a) la civilisation, entendue d'une façon générale,
est d'origine grecque : les doctrines des anciens poètes. Musée
et Linus, le prouvent; le nom même de p/iilosop/ie est grec;
b) Orphée de Thrace, l'un de ces prétendus philosophes barbares,
est indigne du nom de philosophe, car il a attribué aux dieux
les pires turpitudes. Cependant, Diogène continue en exposant
longuement les doctrines philosophiques qu'on attribue aux
étrangers (6-11) et, cette fois, il n'objecte plus rien aux préten-
tions de ceux qui en font dériver, par évolution naturelle, la
(V) Stvdia Laertiana, pp. i;)-30.
|)liiloso[)lne f^reciiiio. Il scinhlc donc nous ayons allaire ici
à deux couches bien distinctes, dont la seconde n'a pu recouvrir
et masquer complètement la première. Le remaniement et la
criti(|ue sont de Diogène (êy^).
Deux couches semblables se retrouvent encore dans la descrip-
tion des Sectes. L'énumération des dix sectes de la philosophie
morale ne mentionne pas la secte sceptique. Ce n'est qu'après
avoir cité une classification difï'érente des dix sectes, extraite
d'Hippobotos, qui la laisse aussi de côté, que Diogène remarque
cette lacune. 11 estime que la philosophie sceptique constitue
une secte et il défend son point de vue. On peut croire, en
considérant la contribution considérable apportée par Diogène
au IX*" livre, sur les Sceptiques, que cette critique et cette addi-
tion proviennent d'un remaniement de Diogène. Il est visible
également que la mention de la secte éclectique et de Potamon,
qui suit immédiatement, est aussi une addition postérieure.
On se demande pourquoi H. Schmidt attribue à un écrivain
sceptique le § 12, qui traite de l'origine du mot p/iilosophie, et
les §§ 16-17, où l'auteur établit une classification des noms
divers qu'ont pris les Ecoles (^) ; pourquoi il reconnaît une
addition de Diogène dans le § 13, où l'auteur fait parmi les
noms des Sept Sages un choix qui est conservé dans le livre.
b) Dans le corps de l'ouvrage.
Les divergences entre le plan proposé dans les listes des
^icSojjxi et des Sectes du Prologue et le plan adopté dans
l'ouvrage sont assez importantes. Dans la « Succession » de la
philosophie ionienne, la tradition de l'Ecole péripatéticienne
s'arrête à ïhéophraste; au livre V, au contraire (58 et 65), elle
se continue par les noms et les biographies de Straton et
(*) Mêmes classifications dans Ps. Galien, Hist. phil., 3, et Ammonius, In Cnteg,
Aristot., p. 1, 12.
— 52 —
Lycon; on y a même ajouté, sans les rallacher d'ailleurs à
la 8ta8oy75, les Vies de deux autres péripatéticiens, Démétrius
et Héraclide.
En ce qui concerne la « Succession )> italique, l'écart est plus
considérable encore. D'abord, la construction étonnante par
laquelle on rattachait, dans le Prologue, Xénophane à Pythagore
par l'intermédiaire de Télaugès, ne reparaît plus dans les Vies.
Xénophane a repris son indépendance, comme dans toutes les
listes de 8La8o^a( des autres historiens de la philosophie (^). Par-
ménide, qui, dans l'Introduction, succède à Xénophane, fut,
d'après les Vies, son élève, mais non son successeur (IX, 21).
Empédocle, dont il n'était pas question dans l'Introduction, a
repris la place qui lui revient d'après d'autres auteurs (^) ; il est
rattaché à l'Ecole pythagoricienne par l'intermédiaire de Télaugès.
L'auteur du Prologue ignore la plupart des Pythagoriciens : les
Vies leur ont consacré quelques biographies, sans établir de
8(.aooy-/i, d'ailleurs. Le Prologue ignore la secte sceptique et Pro-
tagoras, Diogène d'Apollonie, Anaxarque, etc., qui la préparent.
Par contre, il rattache Epicure à Démocrite par l'intermédiaire de
Nausiphanès et Nausicydès. Dans les Biographies, il n'est plus
question de Nausicydès; quant à Nausiphanès, il passe seule-
ment pour le maître d'Epicnre (IX, 69 et X, 13) et on le
rattache, non à Démocrite, mais à Pyrrhon, que le Prologue ne
cite pas. Protagoras et Anaxarque, dont les Vies font des élèves
de Démocrite (^), ne paraissent pas dans le Prologue.
Les perturbations qu'on remarque dans l'étude des sectes dites
morales sont aussi importantes et l'origine m'en paraît assez
claire. Parmi les dix sectes que le Prologue fait dériver de
Socrate, il en est une, la secte dialectique, fondée par Clito-
(1) Cf. ce[)endant S* Augustin, Deciv. Dei, VIII, 2.
(2) KusÈBE, Praep. ev., X, 14, 14; Suidas, s. v. 'EixTzeooylric; et s. v. TfiXauyriç;
AiJSENius, Violet., p. 310 (lequel cite à tort Flavius Josèphe; le texte est emprunté
à Eusèbe).
(3) Comme dans Ci>ément, Strom., I. 14, 63. Cf. Ps. Galien, Uist. phiL, 2.
nuKjue, (jui a peidii dans les Vies sa valeur de secte : Clitoiiiacpie
y est traité eoiiiine le successeur de Cariiéade. Or, dans la liste
des sectes qui provient d'IIippobotos et que Diogène paraît avoir
utilisée pour remanier le tonds primitif du Prologue, il n'est
pas l'ait mention non plus de la secte dialecti(|ue. Par contre,
Hi[)pobotos avait formé deux sectes de l'Ecole d'Annicéris et de
celle de Théodore. Celles-ci ne figurent pas dans le premier plan
du Prologue ; mais dans les Vies, au livre II, non seulement
Diogène fait mention d'Annicéris et de son École (85-86), mais
il a consacré une biographie complète à Théodore; elle est
enchâssée, il est vrai, dans celle d'Aristippe, mais elle est fort
importante quand même (97-104), puisqu'elle comprend la vie,
les doctrines, des apophtegmes, la liste des Homonymes, etc.
Ces particularités indiquent que nous avons affaire à une addi-
tion de Diogène, addition dont Hippobotos a fourni la matière.
Reste enfin le développement sur la secte sceptique, qu'Hippo-
botos ignore comme le premier rédacteur du Prologue ; c'est
Diogène qui l'a ajouté au fonds préexistant. Bref, les modifica-
tions apportées par notre auteur au plan primitif sont assez
considérables pour qu'on doive reconnaître qu'il a fait œuvre
personnelle, bien qu'on ne puisse nier l'importance des pre-
mières couches. On ne peut donc réduire le travail de Diogène à
la besogne purement matérielle d'un diascévaste.
c) Étendue chronologique du sujet.
Rien n'atteste mieux l'antiquité du fonds alexandrin sur lequel
travaillait Diogène que l'étendue chronologique de l'ouvrage.
La secte dont l'étude est poussée le plus loin est celle des
Sceptiques. La « Succession )> de l'École stoïcienne s'arrête à
Chrysippe (VU' livre), mais la fin de ce livre est perdue; d'après
une liste des biographies placée en tête du manuscrit de Paris
1759 (= P), la hioLàojT] s'étendait originellement jusque Cornutus.
L'Académie s'arrête à Clitomaque, l'École d'Aristote à Lycon.
— 54 —
Ménippe est le dernier représentant de l'École cynique; les der-
niers Pythagoriciens sont Philolaos et Eudoxe et il n'est ques-
tion ni des néo-platoniciens, ni des néo-pythagoriciens. Une
note curieuse concerne les Epicuriens : (X, 9) : te Si.a8o;)(^T,
Tiao-wv (T^eSov lxXt.7rou(Twv twv àXXwv éa-ael ot.a{jLévoua-a xal vript^fi-ouç
ap'j^^àç dT.o\ùou<7<x àiXkr\y aXk'riç twv yvwpijjiwv. Cependant, la tradi-
tion de rÉcole s'arrête à Basilide (X, "25). Il semble donc que
Diogène se soit interdit, excepté pour la secte sceptique, dont
l'originalité l'intéressait sans doute particulièrement, de dépasser
le P"" siècle de notre ère.
On a beaucoup discuté pour savoir à qui rapporter, à la fin
du Prologue, la notice sur Potamon, qui est manifestement une
addition postérieure. Une note de Suidas place ce philosophe
Tupo Auyoùa-Tou xal fjLex' aÙTov. Cependant, le Prologue déclare :
ÎTi Se Tcpô dXiyou xal exXexTLxri Tt,; alpea-t; el<7r\j^^r\ utto IIoTà{x(i)vO(; toG
'AÀeÇavôpecix;. On a prétendu trouver dans cette remarque chro-
nologique la preuve que l'auteur de la notice est antérieur à
Diogène et qu'il aurait vécu au siècle, par exemple. C'est à
tort, je crois. Dans le prologue, il n'est question que de chefs
de secte fort antérieurs au siècle avant Jésus-Christ. A sup-
poser que Diogène ait ajouté lui-même la note sur la fondation
de la secte éclectique, ce qui est probable, il a pu en parler
comme d'un événement récent, en comparaison de l'époque
éloignée des autres fondateurs de secte.
5. Les Rubriques d'une Biographie.
Le plan des biographies est très variable, comme leur étendue,
d'ailleurs. Pour certains philosophes, Diogène se contente
d'indiquer leur origine et de citer quelques doctrines caractéristi-
ques ; d'autres biographies, au contraire, occupent des livresentiers.
Il est compréhensible que le plan, dans ces conditions, subisse,
d'une Vie à l'autre, des variations considérables. En général,
on peut y reconnaître les divisions suivantes : i. origine;
'2, é(iucatioii, lorinalioii phil()S()|)lii(jU(', voyn^tvs ; rapports
de hioL^ojr\ ou fondalioii d'une l^k'ole; 4. caractère, tempérament,
mœurs, chapitre illustré j)ar des anecdotes et des apoplitef^mes ;
5. événements im[)ortants de la vie; (î. récit anecdoticjue de
la mort et épigraunnes sur ce sujet; 7. âx{jLri et renseignements
chronoloi;iques ; 8. ouvrages; 9. doctrines; 10. documents
(testament, lettres, etc.); 11. homonymes; 12. notes addi-
tionnelles diverses. On trouve encore, mais à une place très
variable, une liste des disciples, un portrait-charge tiré des
suies de ïimon et des poètes comiques, des eupVifjiaTa et des
renseignements sur l'activité politique.
Il convient d'examiner la plupart de ces rubriques pour en *
développer le contenu, en scruter les origines et chercher quelle a
pu être, dans chacune d'elles, la contribution de Diogène.
Les notices sur l'origine proviennent naturellement des
auteurs du fonds ancien ; mais Diogène a enrichi celui-ci de
variantes et quelquefois même engagé sur ce sujet des polé-
miques. Assez souvent, on y trouve cités des auteurs qui
figurent parmi les sources directes de Diogène. On peut joindre
à ce chapitre les indications qui concernent la famille du philo-
sophe; dans les grandes biographies (Pythagore, Socrate,
Platon, Epicure, etc.), elles s'étendent au point de former
une rubrique spéciale.
Les notes chronologiques sont de nature assez diverse :
quelquefois, l'auteur rapporte, chiffrée en olympiades, la date
de la naissance ou de la mort du personnage, avec l'indication
de la durée de la vie; ou bien, il établit un synchronisme avec
tel événement fameux de l'histoire ou tel personnage célèbre
dont l'époque est connue. Plus souvent, d'après un procédé de
l'érudition alexandrine, il se contente d'indiquer 1' axpiri, date à
laquelle le philosophe est en pleine vigueur et en pleine activité,
d'ordinaire vers quarante ans. La plupart de ces notices pro-
viennent du premier fonds. On trouve, dans la biographie de
Xénophon (1. II), une distinction très nette entre la chronologie
des premières couches et une notice introduite par Diogène.
— 56 —
D'après le § 55, Xénophon TjXfjiaÇe xaxà to xéTapTov 'ézoc, Tïiç
TeTàpTT); xal evev'/^xoo-TT.ç oku^TziÔL^o^. Au ^ 59, par contre, Diogène
rapporte, parmi les notes additionnelles de la fin de la biogra-
phie : eijpov h' dWoLyô.^i àxp.âo'ai auTov Tzepl tt^v évàTTjV xal dyôOYixoc-Tr^v
oÂjfjLTrtâoa. On voit, par la place de cette notice et les termes qui
l'introduisent, que l'addition personnelle de Diogène s'oppose à
un fonds antérieur. La source ordinaire de ces extraits est
quelque Chronique, le plus souvent celle d'Apollodore. Quel-
quefois les renseignements puisés dans cet ouvrage se trouvent
corrigés d'après Eratosthène, dont les calculs sont souvent
différents. Il arrive que Diogène apporte à cette rubrique une
part d'information importante.
Les notices sur les découvertes proviennent d'un genre d'ou-
vrages dont la tradition est très ancienne dans l'érudition alexan-
drine : déjà Héraclide Pontique avait écrit, avant cette époque,
un TTspl eùpyijjLàTwv (V, 88). Ces notes sont d'ordinaire très courtes,
introduites par eupe ou uowtoç riyaye. Elles concernent aussi bien
les innovations dans les arts, les métiers, l'industrie, les usages
de la vie journalière, que les doctrines philosophiques et les
découvertes scientifiques. Une bonne quantité de ces notices ont
été ajoutées par Diogène et empruntées aux Encyclopédies de
Favorinus et de Pamphila (p. ex. VIII, 10-14 et 48).
L'auteur de nos Biographies s'intéresse particulièrement aux
rapports des philosophes avec la politique. Non seulement il
aime à signaler leurs relations avec les souverains, mais il étudie
leur action ou leur influence politiques, leurs efforts en matière
législative et signale les honneurs publics qui leur ont été
rendus. Voici la série de ces notes, dont le nombre indique assez
les préoccupations de l'auteur : Anaxagore (II, 14), Socrate
[passim], Stilpon (il, 115), Xénophon (II, 48 ss.), Ménédème
(II, 141), Platon (/?assim), Xénocrate(IV, 8), Arcésilas (IV, 39),
Carnéade (IV, 65), Aristote fV, 4 etc.), Théophraste (V, 37),
Lycon (V, 67), Démétrius de Phalère (V, 75 ss.), Héraclide
Pontique (V, 89), Zénon (VII, 7-12), Chrysippe (VII, 185),
Pythagore (VIII, 3 etc.), Empédocle (VIII, 72! etc.), Archytas
— ;)7 —
(Vlll, 8-2), l>lnloiaos (VIII, 84), Eudoxe (VIIJ, 88), Panriénide
(IX, -23), iMélissos (IX, 24), Zénon d'Élée (IX, 20), Pyrriion
(IX, ()5), Timon (IX, 110).
Une des nibriquevS les plus considéral)le§ — ceci donne
d'utiles indications sur les prétentions du livre, le goût du
public et la propre curiosité de Diogène — est constituée par
l'étude du caractère, des mœurs, des habitudes des philosoplies.
On peut répartir ces renseignements de la façon suivante :
(/) Costume. Cf. spécialement Aristote, Pythagore, les
Cyniques. Quelquefois ces renseignements sont empruntés à
rimagerie populaire : Empédocle, Solon, Anacharsis.
b) Caractères physiques : défauts et qualités, taille, voix, etc.
c) Tempérament, passions.
d) Caractère moral.
e) Notice sur les amours du personnage : genre de rensei-
gnements dont Diogène et le public auquel il s'adresse sont très
friands, surtout quand ils sont scandaleux; et ils manquent
rarement de l'être.
f) Régime alimentaire, habitudes de la vie journalière.
g) Appréciation du talent littéraire (Héraclide Pontique,
Démétrius, Lycon, etc.), des qualités ou des défauts du style,
des méthodes d'enseignement, etc.
C'est sous cette rubrique qu'il faut classer la plupart des
anecdotes qui émaillent le texte. Les sources de ces petits récits,
tour à tour édifiants, amusants ou simplement caractéristiques,
sont des plus variées. Une partie, destinée à tourner les philo-
sophes en ridicule, provient de la littérature scandaleuse, de
r'Apt^aTLTTTroç, par exemple, ou des romans d'Hermippe. La
littérature d'apologétique a fourni un bon nombre de contes
édifiants, par lesquels chaque Ecole auréole la figure de son
fondateur : on peut en relever beaucoup dans les Vies de Pytha-
gore, d'Epicure, de Zénon de Cittium, de certains Cyniques.
Naturellement la tendance contraire a créé aussi dans ce domaine.
Que d'anecdotes scandaleuses dans la Vie d'Epicure, inventées
par les Stoïciens ! C'est une des formes sous lesquelles la polé-
— 58 —
mique s'exerce de préférence, comme plus traîtresse et plus
meurtrière. Il y a une dernière source d'anecdotes : ce sont les
recueils d'apophtegmes, où les faiseurs de bons mots et les
moralistes modestes ont caché, sous des noms célèbres, leurs
propres trouvailles. Les anecdotes forment la partie la plus
vivante et la plus attrayante de l'ouvrage de Diogène. C'était à
elles, apparemment, que le public témoignait le plus d'intérêt :
certaines biographies, celle de Diogène le Cynique, par
exemple, sont composées presque uniquement de ces alertes
petits récits.
Dans un grand nombre de Vies, une section spéciale est
réservée aux citations des poètes comiques, où le philosophe se
trouve raillé, quelquefois bafoué, avec plus ou moins de verve
et d'esprit, toujours avec cette âpreté assez grossière commune
aux Anciens. Dans cette charge figure d'ordinaire une citation
de Timon le Sillographe. Comme, dans la plupart des cas, ces
citations se rattachent à un détail quelconque de la vie ou des
mœurs du personnage, il est vraisemblable qu'elles ne pro-
viennent pas directement du poème, mais d'un commentaire,
dont l'auteur de Diogène ou Diogène lui-même a tiré, non seu-
lement les vers de ïimon, mais aussi les notices biographiques
auxquelles ils se rapportent. Sotion, l'un des auteurs le plus
fréquemment cités par Diogène, avait composé un ouvrage de ce
genre (Athénée, VIII, p. 336 d), ainsi qu'Apollonidès de Nicée,
dont le commentaire est cité par Diogène, IX, 109. Je ne crois
pas qu'on puisse conclure, de la prédilection de notre auteur
pour ces extraits du sceptique Timon (IX, IH : £v oîç av
o-xETiTLxôç wv TiàvTaç \oioopei xal (jiXkaiyei touç ôoY[jiaTt.xoL»;) , qu'il
était lui-même un sceptique. L'âpreté de la satire de Timon, son
style fougueux, sa langue neuve et tapageuse suffisent à expli-
quer cet intérêt.
Diogène paraît s'arrêter volontiers aussi aux chapitres qui
se rapportent à la mort des philosophes. La plupart des
épigrammes empruntées au nà[x[X£Tpo; ont trait à ces événe-
ments. Cette rubrique figurait déjà dans l'ancien fonds, comme
le nionlroiit l'élmlt' des cilalioiis do ces cliapilres et la com-
paraison avec Ilésycliiiis ; mais Dio^ène y a maintes fois
ajouté du sien, le plus souvent sous forme de variantes. Ces
récits sont presque toujours anecdotiques et l'événement y est
rarement présenté autrement que sous une forme burlesque,
humoristique ou romanesque. C'est que la source oi'dinaire est
Hermippe, chez qui le persiflage sceptique s'allie à une lourde
gaieté de viveur, se gaudissant de la mort ridicule des marchands
d'idéal.
La section spéciale réservée aux Homonymes existait déjà
dans le premier fonds. La preuve en est dans une notice sur les
Homonymes d'Eudoxe (VIII, 90), qui a été analysée plus haut
(p. 10). Elle a été enrichie de notes par Diogène.
La liste des ouvrages des philosophes n'occupe par une place
fixe. L'étendue de cette rubrique varie aussi d'une biographie à
Tautre, mais non, comme on pourrait le croire, en raison de
l'importance de l'activité littéraire du personnage. Quelques-uns
de ces index tiennent à peu près toute la biographie (Théo-
phraste, Chrysippe). Souvent l'auteur se contente de citer les
ouvrages principaux. On trouve quelquefois des discussions sur
l'authenticité des ouvrages (Epiménide, Thalès, Pythagore,
Eschine, Diogène le Cynique, Ariston, Zenon de Cittium, etc.).
Il arrive même que le nombre d'eu-o ou de ^tLjoi soit indiqué (les
Sept Sages; Speusippe, IV, 5; cf. Xénocrate, IV, 14). Ces
listes proviennent de manuels d'histoire littéraire ou de Tïivaxe;.
En général, quand elles sont détaillées, elles ne paraissent pas
appartenir au premier fonds, qui avait surtout un caractère bio-
graphique. La part de Diogène s'y accuse d'ailleurs d'une façon
plus évidente et dans des proportions plus considérables que
dans toute autre section. On peut rapporter à Diogène les cata-
logues suivants : Aristote. V, 21 : auviypatj^e 8e 7T:à|ji7u).£La-Ta p^pX^a
âwep àx6\o\j^o^ riyiqa-àfATiv UTroypà^j^at. 8t.à uipl TiàvTa; Àoyouç TavBpo;
dpsTTiv ; Théophraste, V, 42, même formule : a xal aura a^iov
TiyTi(7à|jiYiv bizo-^^d^cLi ZCcL TO Tiàa-Tqç apET^ç 7r£7rXTipâ)a-5aL ; Cléanthe,
VII, 189
— 60 -
eioo^ âvavpatpTiV aÙTwv ivcauBa xaTa^wp^a-ai. ; Platon, III, 47 :
«5t.Ao7rXàTwv!. o£ 0-0'. etc. (texte connu); Epicure, X, 27, dont la liste
est suivie de ces mots (!28 ss.) : £7rt.T0[jiT|v o'aÛTwv, el SoxsîT, éx^éa-^at.
Tre'.pâfTOfxai . . . wo-ts (TS TtavTayoGev xaTa^uLaSeiv tov avBpa xà[jL£ xp{v£t.v
£?0£va(..
Telles sont les listes que les formules d'introduction per-
mettent de rapporter à Diogène; mais il doit y en avoir d'autres
encore, pour lesquelles cette preuve manque. On remarquera
les raisons par lesquelles il croit devoir justifier et comme
excuser ces additions.
Les grands extraits doxographiques (^) — je ne parle pas des
courtes notes dispersées çà et là — se rattachent étroitement aux
catalogues de livres. Il en est ainsi, en particulier, pour Platon,
Aristote, Epicure (cf. X, 27, 28 et 138). Rappelons que l'exposé
des doctrines sceptiques a été ajouté par Diogène. La doxogra-
plîie cynique est due aussi à sa plume, comme le prouve la for-
mule d'introduction (VI, 103 : Trpoo-UTioypàtj^oiJLEV Ke xal xà xot-v?!
âp£(7xovTa auToïc,, atp£<nv xa'l TauT-z^v elyaci éyxpivovTEç tt^v (^iXafro^^ioLV,
où, xa5à cpaa-{ TtvEç, Ivo-xac-v (^wu). L'étude des divergences de plan
entre le Prologue et le corps de l'ouvrage a montré aussi que
l'exposé des théories des Annicériens, des Théodoriens, etc., est
une addition postérieure. C'est ce qu'on peut déduire encore de
la phrase par laquelle est introduit l'extrait relatif à Théodore :
xal aÛTOÛ 7r£pt.£TLiy^0{i.£V pl^XlW £TCt,y£ypajJL{Jl£V(p 7r£pl 5£WV, oux
£uxaTacppov7]T(p xtX. (II, 97.) L'ensemble des doctrines stoïciennes,
un très long chapitre inséré dans la Vie de Zénon, provient
aussi de Diogène (VII, 38) : xolv^ ok 7i;£pl uàvTwv xwv (ttwïxwv
8oy[jt.àTti)v £8o^£ jjio!. £v T(j) Z'/jvwvo; el-Keïy ^ii^ hià zo toOtov xtlo-tyiv
yEvÉo-Gai Tri; alp£c7£a)ç; 160 (conclusion) : TaÛTa [Jikv xal Ta cpucruà
To OTOV yj,u.rv aTToypwvTO)!; ïyeiv oox£r, (TToyaÇo[i.£vo'.i; tt^ç GU^ixe'zpicf.ç, tou
(TL»yypà|jLjjLaToç. C'est encore Diogène, comme nous l'avons signalé
plus haut, qui paraît avoir introduit les extraits d'Alexandre
Polyhistor dans la biographie de Pythagore.
(*) Sur ce sujet, cf. Schvnartz, loc. cit., col. 758 ss.
— ()l —
Il esl (litlicile de pircisci* roi i^inc des aiilics cxjjosrs doxo-
^niplii(|ues. Dans les biographies des Sages, ils |)r()viennenl du
fonds primilit", et l'on peut en dire autant, sans don l e, des courtes
notices éparses dans les Vies, qui servent à caractériser briève-
ment les enseignements de eha([ue philosophe.
11 est une série de documents que Diogène reproduit in
extenso : ce sont les lettres et les testaments. Pour les lettres, si
l'on met à part celles d'Epicure, dont le sujet est philosophique,
la correspondance platonicienne et quelques lettres récentes,
comme celles d'Arcésilas et de Zénon (IV, 44 et YII, 7), qui peu-
vent être des documents authentiques, il reste uncor/^w^épistolaire
assez homogène par le sujet, le style et la langue et qui se rattache
à la légende des Sept Sages. On trouve ces lettres dans les Vies de
Thalès, Solon, Pittacus, Cléobule, Epiménide, Périandre, Ana-
charsis, Phérécyde, Pythagore et Héraclite. Elles sont adressées
soit à d'autres Sages, soit à des princes contemporains, comme
Darius et Crésus, dont on a aussi les réponses. Les règles du
dialecte propre à chaque auteur y sont scrupuleusement observées.
Elles sont placées d'ordinaire à la fin de chaque Vie, après la
partie biographique proprement dite, parmi les notes addition-
nelles de Diogène. La formule d'introduction de l'une d'elles nous
renseigne sur l'origine de cette collection : il s'agit de la lettre
d'Épiménide à Solon (ï, 112). Dans le paragraphe relatif aux
ouvrages d'Epiménide, l'auteur parle d'abord d'une autre lettre
du même au même, et il en discute l'authenticité. Il ajoute
ensuite : eyw Bk xal cCkkr\v eupov èTzi<7To'ki\v l^ouo-av outwç; suit la
lettre, qui fait partie de notre Corpus. On peut étendre cette
conclusion à la collection tout entière.
On peut en dire autant des Testaments de certains philosophes,
tels que Platon, Epicure et les Péripatéticiens : Aristote, Lycon,
Théophraste et Straton. Il est évident que ces documents sont
empruntés à une seule et même collection. Or, les formules
d'introduction de trois d'entre eux permettent d'en préciser
l'origine. Aristote, Y, 11 : xal outoç fjikv 6 toù cpt,Xoa-6cpo'j
(conclusion délimitant les additions postérieures du fonds pré-
— 62 —
existant) * -hj^e^ Sk xai ôia^rixai; auToO Ttep(.eTL»yo{ji£v outw ttco;
iyo\jfjœ.c,\ Théophraste, V, 51 : eupov 8' auroù xal Bia^rixa; toûtov
tj^Qxj'jcLC, TÔv TpOTTOv; LjCOn, V, 69 : toù 0£ cpLXofTocpou xat 8t.a>/;xat.ç
7r£pLeTÙ';(0(jL£v icàalz. Le testament d'Epicure est aussi précédé
d'une formule (X, 16) qui permet de le rapporter à Diogène,
comme tous les extraits des œuvres de ce philosophe.
Il reste un mot à dire des formules de clôture. J'appelle de
ce nom de courtes formules par lesquelles l'auteur annonce la
fin d'un chapitre, d'une citation ou d'un extrait. Elles sont fort
nombreuses et paraissent souvent inutiles : xal 8l£3^£to [xkv w8£
(III,_ 43 ; X, 2'2) ; TauTa |j.£v IleLcria-TpaToç (I, 54) ; xal oOto? |ji.£v
a)8£ (I, 114); xal To (j;-/i(p!.(7[jLa [jlsv (58e îjzi (Vil, 12); et même
xal Tâo£ |jL£v w8£ (VIII, 8). J'ai songé à les soumettre à un
examen général, pour chercher si elles ne peuvent rien nous
apprendre sur l'origine des extraits dont elles annoncent la fin.
Voici la classification que j'ai obtenue. Elles se présentent
donc :
1. Après les citations de documents : a) testaments (III, 43;
V, 16; V, 57; V, 64;X, 22);//) lettres (I, 54 et 114; VIII, 81;
IX, 14); c) extraits d'auteurs (I, 53; X, 83, 117 et 121);
d) archives (VII, 12). Il est utile de faire remarquer que la
plupart de ces documents ont été introduits dans l'ouvrage
par Diogène.
2. Après un développement : a) Pour séparer la biographie
(vraisemblablement la part du fonds primitif) des notes addi-
tionnelles (II, 55; V, 11; V, 83; IX, 43; X, 16); b) pour
annoncer la fin d'une section de la biographie : a) après le
récit de la mort (II, 14; II, 44; V, 91 ;'^ Vil, 31; VIII, 74);
(3) après les épigrammes de Diogène (III, 45) ; y) à la suite de
divers autres développements (Prologue, 11, 20, 23 — où nous
avons reconnu diverses couches successives; I, 33; V, 21;
VII, 189).
3. Pour clore la liste des ouvrages (V, 28; V, 50; VII, 4;
VII, 34; VII, 175 ; IX, 49 et IX, 55, — plusieurs de ces notices
ont été introduites à coup sûr par Diogène) ou après l'exposé des
doctrines (V, :}4 [= Diogène]; VJI, 160 I)ioj;ène|; IX, il;
IX, 45).
4. Après des citations, surtout quand elles sont introduites
à un endroit où elles heurtent le contexte, ce qui indi(jue la
main de Diogène (II, ^21; III, 17; VIII, 8; VllI, 86; VIII, 41).
5. Pour souligner les grandes divisions du plan, uiar(|uer la
fin des SiaSo^aî! ou des Sectes et annoncer un nouveau livre ou
un nouveau chapitre. Il est évident que dans ce cas, elles
peuvent appartenir au premier fonds. Ailleurs, elles constituent
un critérium qu'il serait imprudent de négliger dans la recherche
des additions faites par Diogène aux manuels antérieurs.
m. La tradition manuscrite.
Les manuscrits de Diogène Laërce sont fort nombreux. Les
plus anciens sont :
1. B : Codex Burbonicus graecus, III B, 29 (n*" 253). C'est
un membranaceus du XIP siècle, dont chaque page contient
vingt-six à vingt-sept lignes d'une écriture régulière et très
lisible. On y trouve peu d'abréviations et beaucoup d'iotacismes.
La ponctuation n'est pas toujours à la place convenable. La
virgule, très rare, sert à séparer les divers membres d'une
phrase; le point en haut termine les phrases et distingue les
propositions qui la composent. L't. muet est, la plupart du
temps, omis; il est quelquefois ascrit à l'intérieur des mots.
Le copiste n'a pas adopté un système uniforme à l'égard du v
éphelcystique. Le premier copiste avait laissé dans le texte
quelques courtes lacunes, qui ont été remplies par une seconde
main, B^ (XI V^ siècle?). Ce reviseur, qui usait d'une encre un
peu plus foncée, a corrigé aussi quelques fautes ou des leçons
qu'il estimait fautives, soit en surcharge, soit après rature.
C'est encore à lui qu'il faut rapporter une sorte de guillemets,
placés en marge en face des citations textuelles et des extraits
de documents, ainsi que les notes d'admiration (tj ((TrifjLsriaxTat.) ,
^ (wpaCov), auquel s'ajoute quelquefois oXov; enfin des notes
critiques comme leUei, indiquant une lacune. A une troisième
main, B^, dont l'écriture est plus grêle et l'encre moins noire,
on peut rapporter quelques notes marginales : ce sont souvent
des indications sur le contenu du passage.
La Vie de Pythagore s'étend du f. IT^'^ au f. 482^.
:2. F : Laurentiamis graecus, pl. 69, n" 13. C'est un mem-
branaceus écrit sur deux colonnes; chaque colonne comprend en
moyenne trente lignes d'une écriture serrée que j'attribue, avec
Martini, au XIII*" siècle (Cobet, Usener et Gercke, au XIP siècle).
Il présente la particularité d'être palimpseste : le premier texte,
peu apparent, semble remonter au ou au XP siècle (^). Les
abréviations sont nombreuses, W muet est toujours omis, les
iotacismes sont assez rares, les v épagogiques, employés sans
règle fixe. La ponctuation est soignée et fréquente (la virgule est
rare). On remarque dans le texte beaucoup d'omissions; dans les
citations, en particulier, l'indication de la source, de l'auteur
ou de l'ouvrage est souvent laissée de côté. Quelques-unes de
ces omissions ont été réparées en marge par une seconde
main, (XIV^ siècle?), dont la petite écriture est assez recon-
naissable; elle a encore ajouté en marge quelques rubriques
indiquant le contenu d'un passage. Un second correcteur, plus
récent, F^, a introduit dans le texte même quelques corrections
et additions, par surcharge ou après rature (^).
La Vie de Pythagore comprend les ff. 94'' à 100^.
3. P : Parisinus graecus 1759 (Bibliothèque Nationale),
(1) D'après Cohet, Introduction à l'édition de Diogène, p. II, h, c'était un manu-
scrit des œuvres morales de Flutarcjue.
(2) Je ne trouve pas trace, dans la Vie de Pythagore, de corrections d'une troisième
main (F*), que Gercke prétend avoirdisting-uées en certains endroits {llcrmes, XXXVII
['190'2J, p.407).
chartaceus, où jo recomiais, après Diels et Marlini, une écrilure
(lu Xlll'' siècle (Usener cl OmonI ratlribiienl au XIV" siècle) (•).
Pour I'l muet et le v épago^i(jue, on peut faire les mêmes
remarques (ju'à propos des manuscrits précédents. Le point en
haut y est em[)loyé pour séparer les phrases ou l(\s propositions
importantes; la virgule distingue les ()ropositi()ns d(î moindre
étendue. P a été corrigé, à diveises époques, pai' cinq ou six
mains différentes, qu'il est quelquefois assez dilïicile d'iden-
tifier Les corrections de P^ (encre brune et lettres semblables
à celles de P*) sont rares : sa tâche a consisté à compléter
quelques abréviations et à corriger, après rature, quelques fautes
d'orthographe ou même des erreurs grammaticales. La grosse
part des corrections revient à P'^ (encre plus brune et écriture
plus grande, XV*" siècle). Dans une foule de passages, ce reviseur
a corrigé le texte après l'avoir raturé, en sorte qu'on ne peut
plus deviner la leçon originelle que d'après l'accentuation anté-
rieure, qui a souvent subsisté entre les lignes. Heureusement,
on peut s'aider dans cette tâche par l'examen d'un autre manu-
scrit de Paris, n'' 1758 (XV' siècle), Q, qui a été copié sur P
après que celui-ci eut été relié et corrigé par P^ seulement (^).
P'* a complété ce travail de revision en ajoutant beaucoup
de corrections et en introduisant en marge de nombreuses
variantes (p). P^ et P'' sont reconnaissables à leur encre plus
claire et à leurs écritures plus petites encore; mais ils n'ont
apporté que des modifications de peu d'importance. Je n'ai pu
retrouver dans la Vie de Pythagore (ff. 116"^ à 185^^) des correc-
tions à attribuer à P~, que certains paléographes ont voulu
(1) Les éditeurs de la Vie de Platon dans la brochure de Bâle, Juvenes dum
sumus (1907), croient pouvoir en situer la composition entre 1296 et 1364, en com-
parant l'écriture à celle d'autres manuscrits de dates connues.
(2) Cf. sur ce sujet les variations de Wachsmuth, Sillogr. gr. rel.-, p. 52; Diels,
lenaer Literaturzeit., 1877, p. 394 b; Martini, Leipziger Studien, XIX (1899), p. 88;
Gercke, Hermès, XXXVII (1902), p. 408 ; Juvenes dum sumus, 1907, p. vi.
(5) Usener, Epicurea, p. vu. Cf. cependant Juvenes dum sumus, p. vu.
Tome XVII. — Lettres.
5
— 66 —
distinguer des mains précédentes; mais il est possible qu'il n'y
en ait pas dans ce livre.
A côté de ces manuscrits complets qui représentent la tra-
dition la plus ancienne, il faut faire une place à trois manuscrits
(VExcerpta (4>) du XIIP siècle. Ce sont : a) deux manuscrits
sur parchemin, l'un de Paris, B. N. suppl. gr. 134 (4>p), Tautre
du mont Athos, Dionys. 90 (<î>^) (^), dont l'aspect, le format
et l'écriture sont semblables et qui représentent une même
tradition d'Excerpta; b) un manuscrit du Vatican, gr. 96, bom-
bycin de la fin du XIIP siècle ou du début du XIV^ (<ï>^) (^).
Les extraits en sont beaucoup plus étendus que ceux de <i>^p.
Cependant, comme <ï>^p et <ï>^ offrent, dans leurs extraits com-
muns, la même recension avec quelques variantes insignifiantes,
on peut croire que ces deux rédactions dérivent d'un même
manuscrit d'Excerpta, dont *ï>^p présentent un texte raccourci.
L'indication des passages choisis par l'auteur des extraits
figurera dans l'apparat critique, au bas de chaque paragraphe.
Un second représentant de la tradition ancienne indirecte
est Suidas. Les notices biographiques de cet auteur qui con-
cernent Pythagore sont de deux sortes : les unes, qui sont
très courtes et dont on trouve un double dans les Scliolies
de Platon, sont empruntées à Hésychius; les autres, copiées
textuellement dans Diogène, commencent par le récit de la mort
de Pythagore (^). L'étendue des extraits du VlIP livre est con-
sidérable : l'indication exacte en est réservée pour Tapparat
critique, mais on peut dès maintenant s'en faire une idée, quand
j'aurai dit que le texte copié comprend les 17 à :27, le ^ 30,
les §^ 34 à 39. Ils nous reportent à un manuscrit de Diogène
*qui date au plus tard du X'' siècle [^),
(*) Les extraits ont été publiés par Lambros, Nioç 'EXXtivo|jlv7^[jlwv, III (1906),
p. 363.
(*j Ces extraits m'ont été libéralement communiqués par M. von der Muhll, l'un
des éditeurs de la Vie de Platon dans Juvenes dam sumus.
(3) Cf. supra, pp. 13 et suiv.
— (>7 —
Nous sommes encore privés (rime hoime édilioii erili(jiie de
Suidas (') ; j'ai dû me eonteiiler des noies de ra|)j)arat critique
de Heruhardv , mais j'ai eollaliouné h^s manuscrits de Paris : A,
le meilleur de tous (H. N. siècle) ; H (id. 2(>^22,
Xllh siècle); G (id. 2()28, XV siècle); II (id. XV« siècle).
Les manuscrits de Diogène de date |)lus récente sont nom-
breux. Nous avons déjà parlé de Q (Paris, gr. B. N. 1758), qui
n'est qu'une copie de P'"^. Parmi les autres, voici les princi-
paux, avec leur désignation traditionnelle : II (Laurentianus,
69, 35, XV« siècle); J (Barberinus, I, 21, XV^'-XVr .siècle);
D (Burbonicus, III, B 28 [n°252J, XV* siècle); G (Laurentianus,
69, 28, XV^ siècle); S (Palatinus, 26i, XVP siècle); V (Vati-
canus, 1302, XIV^ siècle), qui ne contient pas la Vie de Pytha-
gore; U (Urbinas, 108, XV« siècle); T (Urbinas, 109, XV« siècle);
A (Arundelianus, 531, XV^ siècle). Sur la valeur de ces codices
recentiores et sur l'utilité qu'ils peuvent présenter pour la
reconstitution de l'archétype, une longue polémique s'est
engagée entre Gercke et Martini.
Les premiers éditeurs de Diogène n'ont utilisé que des
manuscrits récents et plutôt mauvais. Le premier qui ait tenté
de jeter quelque lumière sur la tradition manuscrite est Wachs-
muth, dans son édition des Sillograplii graeci (^). A l'égard des
plus anciens manuscrits, B P F, il conclut, de ses comparaisons,
qu'ils dérivent tous trois de l'archétype d'une façon indépen-
dante. Selon Usener, au contraire, qui étudia le problème dans
l'Introduction de ses Epiciirea (^), B P ont eu un stade d'altéra-
tion commun [y). Il choisit, pour servir de base à son édition
critique du livre, les trois plus anciens manuscrits, estimant
que les autres, constituant la vulgate, n'offraient qu'un intérêt
secondaire. H. Diels, dans l'édition des Fragmente der Vor-
(1) Cf., sur la tradition manuscrite de Suidas, un article de J. Bidez, dans les
Sitzungsber. der Berlin. Akad. der Wissenscfi., 191'i, pp. 850 ss.
(2) Leipzig, -ie éd. 4885, pp. 51 ss.
(5) Leipzig, 1887.
— Ô8 —
sokratiker et dans celle des Fragmenta poetarum pkilosop/iorum
(jraecortim (^), s'est rallié à cette thèse.
Cependant, en 1899, Martini, qui entreprenait une étude
complète et systématique de la tradition manuscrite de Dio-
gène ('^), s'attacha à réhabiliter les manuscrits plus récents qui
offrent une tradition assez différente de B P F. D'après lui, ils
ne forment pas une classe de détériores, autrement dit la vulgate,
c'est-à-dire qu'ils ne dérivent pas d'une altération des anciens
manuscrits corrigés par des recenseurs érudits, mais ils consti-
tuent une classe spéciale de manuscrits (a), qu'on peut opposer
à celle de B P F (fi) et qui provient de l'archétype par une tra-
dition aussi naturelle et aussi légitime. En rendant compte de
ce travail, basé sur de nombreuses collations, Gercke (^) reprocha
à l'auteur une faute de méthode : selon lui, il aurait dû partir
de l'examen des plus anciens manuscrits et éviter de mettre sur
le même pied que des manuscrits du XIF et du XIIP siècle une
tradition beaucoup plus récente. Il nie l'existence d'une classe [3,
c'est-à-dire qu'il refuse de croire que les ancêtres des seuls
manuscrits B P F aient eu un stade commun d'altération qu'on
puisse comparer à celui de a. 11 pose en principe que le vrai pro-
blème consiste à examiner si B P ont entre eux plus de parenté
qu'ils n'en ont avec F (théorie d'Usener et de Diels), ou si BP F
dérivent de l'archétype par des voies indépendantes (Wachsmuth).
Reprenant l'examen de quelques collations des manuscrits
récents, il montre que le fonds en est constitué par les leçons de
B P F et que les variantes de lecture sont des altérations posté-
rieures dont l'origine doit être cherchée dans une recension
savante.
Martini défendit peu après ses positions contre les critiques
(1) Cf. encore, du même auteur, quelques remarques dans la ienaer Lileraturzeit.,
1877, I). 394 h.
(2; AnaLecta Laertiana, dans les Leipziger Studien zur Class. PhiloL, t. XIX
(d899), pp. 73-476.
|3 Deutsche Literaturzeit., 1910, p. 170.
— m —
(le (îeirke (')• H continue à s'en IcMiv à l'Iiypollièse de l'origine
ancienne des levons particulières des recentiores, cjui, à ses yeux,
forment une classe spéciale a. Mais il modifie légèrement le
stemma et les rap|)orts de ces codices et il expFupie de la ra(;on
suivante la parenté de B P F et leurs rap[)orts avec la classe a :
B P ont des tantes communes qui proviennent d'un stade d'alté-
ration commun (e) ; mais P contient des fautes étrangères à B,
dont quelques-unes reparaissent dans la classe a : c'est que, de e,
on a tiré deux apographes : B et P ; B a été exécuté avant que e
fut corrigé d'après a, tandis que P a été copié après cette
correction. F dérive d'un manuscrit très parent de e et qui aurait
été corrigé, lui aussi, d'après a.
Gercke reprit à son tour l'examen de la question (^), avec une
documentation plus étendue que dans sa première étude. Il passe
en revue tous les manuscrits pour déterminer leur origine, leurs
rapports, leur valeur. Il est d'avis, avec Diels et Usener, que les
fautes communes à B et P sont l'indice d'une origine com-
mune (y). Les leçons de F s'écartent beaucoup plus de l'arché-
type {x), bien qu'en certains endroits elles paraissent, à première
vue, meilleures, ce qui s'explique par le fait qu'il dérive d'une
amélioration du texte assez récente. Quant à la vulgate (v), on
ne peut en faire une classe spéciale du même ordre et de la
même valeur que B P F. Le caractère de ses leçons dénonce son
origine trouble et bâtarde : elle est, en effet, d'accord, tantôt
avec y, tantôt avec F, tantôt avec un correcteur de P. L'examen
des fautes certaines de v montre qu'elle se rattache au rameau y
et qu'elle est plus spécialement apparentée aux ancêtres immé-
diats de P (2) ; mais l'influence de F, ou de ses ancêtres, sur v
est aussi indéniable. User de la vulgate au même titre que des
(M Zur handschrifl lichen IJeberlieferung des Laertios Diogenes, — Rhein. Mus., LV
(1900), pp. 612-624. Cf. encore Analecta Laertiana, II, dans les Leipziger Studien,
XX (1902), pp. m-m.
(2) Die Ueberlieferung des Diogenes Laertios, dans VHerines, XXXVII (1902),
pp. 401434.
— 70 —
anciens manuscrits pour reconstituer l'archétype serait une
faute de méthode (Foii résulteraient de graves erreurs.
Telles sont les conclusions auxquelles s'est rallié Schwartz,
dans son article de V Enajclopédie Pauly-Wissowa (^). Il est
possible, dit-il, qu'il y ait, dans la masse des codices interpolés,
à côté de mauvaises corrections et de bonnes conjectures, quel-
ques leçons qu'ignorent B P F et qui dérivent pourtant de la
tradition ancienne; mais elles sont si rares qu'elles ne suffisent
pas à justifier la création d'une classe spéciale (^).
Voyons, pour notre part, et dans les proportions modestes
où cet examen nous est permis, quels sont les rapports des
anciens manuscrits, ainsi que la valeur des codices de la vulgate
que nous avons utilisés. '
L'existence, dans les origines de BP F, d'un ancêtre commun
déjà corrompu (z) est prouvée par des fautes communes, dont
voici les principales :
(7) (TÉjBea-Ba!.. (8) âvaa'ioeu. — o-wxpaTTiÇ. (10) !j.6vo)v. — oiol to t6]t6^
omis. (15) Ô£ omis avant p-ouo-erov. (19) x-ripw. (:26) àépa] ouMpa.
(30) s^va!.] ELoéva!,. (38) ecpTij -|- Tc. (39) y£v6[JL£vov. — Tva . . . auToôi
(lacune). — av omis après aXwvau (41) tzoiÎ]go(.i. (4^) tù]toi.
(44) Ï7uy\ (45) èhf/mç. — TiuGayopoLo. (46) ou cpaa-t.v oOtoç.
àTïAoÙv. XL»00)Va. aVTtioOXOV. (49) XpOTSW. £7ll hk XlVOUVOTEpa.
La parenté spéciale de B P (//) est attestée par la communauté
des fautes suivantes :
(1) àp!.a-Td;£V0(;J -|- 6. — cpaiouvToç . (^) sâXfjLoiiv. (10) veavîa-xoç^.
— £'.ç £v xaT£T!lG£VTO. (11) TOUTov ay£!.v. (13) à--riy6p£U£v] aTrayopeuELv.
(14) TiavToiaç. (16) o-ujxSouXwv. (17) djju.^£rv] oj^-iXelv. (^20) xaxà yé-
Xo^Toç. (28) ù'^LO-TaTau (32) ioÙtouçI loùç. (->3) wotoxwv] -(- .
(*) Tome IX (1903), col. 739 ss.
(2) Cf. encore l'étude et les conclusions de H. Breitenbach, Fi\. Buddenhagen,
A. Debkunnek, F. VON der Muhll, concernant le livi e, dans Juvenes dum sumus
(Introduction).
— 71 —
(85) p.£[.o'juLevov ^ 'jL'.fjLO'JiJievov. (87) Ti'jOaYop'.TTr,. (88) è; | ei;. —
ètOlo'Jo-l T£ omis. ( i!2) )vôywç | Xôyoç. — £7rt.a-Xc'J>{a;. (48) TriAaûyE». |
-■f\\a'jyr\. ( ii) 7r£7:a'.yu£va | -|- u£v. ( ià) oucpaAÔv. — iywv y,vJ Èyiov
Y.IJITIV. '^âo-XE'.V. O'JT'.; I OXT'.c;. (48) (J-ET ' aÙTa P jJLcTaUTa II.
(iO) OTOV Y,(TTO'i P OCOV Y,TTO!.l>. îÛpEX r^'7cTC^.'.. (50) "^KO^'O'J-. TTGoVrOU.
A supposer même ([iie dans un i;i'an(l nomhi'i; des j)assages
eorrespondants où F présente la bonne le(;on, celle-ci provienne
(oujours d'une correction, ce qui paraît invraisemblable, on
peut dire que cette hypothèse se révèle fausse en ce qui concerne
les fautes : oucAe-Tv, tjL',uio'j;jL£vov, c'jp£9Y,cr£Ta'.. Il est difficile d'admet-
tre (jue. dans ces passages, la bonne leçon, présentée par F, ait
pu être retrouvée par conjecture. Les ancêtres de BP ont donc
subi des altérations communes, à un stade de la tradition oii
ceux de F étaient déjà copiés.
Voici les leçons fautives communes à BF : (8) ty.ç ev AEAcpor;]
r?,; àSEXcpYj;. (1:2) TWV (avant TIOOTEûOv)] t6v. (18) ATiAw TOv] OYlAW
TOU. (17) OaÔ'^Ct)] fkoLO'.LO (Xaoiw P^Il). (28) TW (avant 0-Ûu.jJL£T£y_£!.v)] to.
(81) r^ptuBï: (sic), (86) uL'.v] fjLT.v. Aucune de ces fautes ne prouve
d'une façon décisive une parenté entre B et F. La faute aoEAcpôç, si
aisée à expliquer paléographiquement, peut s'être produite indé-
pendamment dans les deux manuscrits, car nous la retrouvons
dans des textes qui n'ont aucun rapport de tradition manuscrite
avec celui de Diogène : Suidas, s. v. raoE éx toû TpÎTiooo;, et
Apostolius (Paroem. gr., Il, p. 65:2). Elle se présente encore
dans les extraits empruntés par Suidas à Diogène au § 21, dans
un passage où les manuscrits de Diogène ont conservé la bonne
leçon. Il est encore possible que cette faute provienne de l'an-
cêtre commun deBPF,mais que P, dont certaines leçons attestent
une revision savante, l'ait corrigée d'après le § "21. En tout cas,
elle ne parait pas imputable à Diogène, qui, au § *21, renvoie le
lecteur à la note du § 8.
TOV pour Twv, t6 pour tw sont de simples fautes de quantité;
T,pe|jL£L (sic), jjiYiv proviennent d'un iotacisme. Toùen place deTGv(18)
est une confusion trop commune pour entrer en ligne décompte.
- r2 -
Reste èloLùUo (17) : sXao'^w (au lieu de oaSîw) est une correction
savante; dans l'archétype, on lisait AAAIQ, simple erreur de
majuscule, conservé par et S. Or, Xâô- est la forme romaïque
de £Aâo!,ov, en sorte que les correcteurs ont pu songer, indépen-
damment l'un de l'autre, à rétablii' le texte de la même manière.
D'après la Vie de Pythagore, tout au moins, on ne peut
reconstituer un degré d'altération commun à P et F. Voici leurs
fautes communes que j'ai relevées : (16) ysvvyi^sLTi. (36) ènû r\.
(49) xpoTeo) (xpoTSd) P). La première est due à une gémination
de consonnes; s-el tj est une simple faute d'accentuation. Kpoxew
parait avoir été la leçon de l'original commun à BPF; nous
n'avons plus, en ce passage, que la correction de : xpoTwvto;.
Les passages où nous pouvons utiliser et <î>^ ne sont pas
très nombreux et, cependant, on peut en tirer des conclusions
touchant les rapports du codex original des Excerpta avec les
autres manuscrits. Une parenté avec B paraît peu établie : elle
reposerait sur la leçon : (27) [3à3ri, qu'on ne peut, sans hésitation,
considérer comme une faute certaine. Avec E : au § :20, au lieu de
uLovov U, <1>^ et les meilleurs codices de S (V et A) lisent ^ôyou U;
mais il est évident qu'on ne peut tirer de cet accord partiel
aucune conclusion.
Avec F, au contraire, les concordances dans les fautes paraissent
plus probantes : (36) cpâcrSat. est une simple faute d'accentuation
et (il) v£(7oç, d'orthographe; mais (9) ore poûXst. (pour orav (3oL»Xrj)
peut entrer en ligne de compte, de même que (34) oixÉTriç (pour
IxETYi;), qui paraît provenir, non d'un iotacisme, comme on
pourrait le croire, mais d'une correction savante (le coq
(c domestique »). Au 18, <[> et F omettent tous deux le
second |jlyi uuepPaivstv. On peut donc conclure que quelque
ancêtre de F, non altéré encore par l'importante revision
savante dont ce manuscrit porte des traces, a eu quelque
influence sur les origines de ^; car je ne puis croire que <^
provienne directement et uniquement des ancêtres de F.
Voici quels sont les rapports de S avec le reste de la tradition :
Il est d'abord un certain nombre de fautes qui sont communes
— 7;{ —
à BPFï et (}ui |>erinellen( de coiijecliirer l'cxisteiia; d'un ancètic
coinnuin .r déjà altéré (19) xr,p{.); (39) yevdiJLevov; omission de
av a[)rès ylùyyai; (17) les deux leçons Xaotw P'i; et èXaoû.) BF sont
également corrompues (*).
Les fautes spéciales à ÏIF n'ont pas bcaucouj) d'importance,
parce qu'elles comprennent uniquement une vai iante de l'orme,
(:21) éajTwv, et des omissions de particules : (^2) te après
TO'j;; (30) o'jv après voùv (jlév; (34) xat après tlvoç. Or, Suidas,
dans ses extraits, traite d'ordinaire les particules avec beaucoup
de liberté et le texte de F est surtout remarquable par ses
lacunes; on ne peut tirer de ces coïncidences une conclusion
précise.
Les concordances fautives de BPS ne sont pas non plus fort
décisives : (:20) xaTàyéXwToc; mais xaTayéWo; S^-S^^);
(38) £'!; au lieu de sç; (38) omission de eo-Ôwu^i re : il est pos-
sible que le correcteur savant de F ait comblé la lacune par
conjecture (^). Concordance partielle avec P : (39) oé, au lieu
de or,, après outw.
Pour juger de la valeur respective de ces principaux manuscrits,
il est nécessaire de l'examiner dans le détail de l'apparat cri-
tique. Mais on peut dire, d'une façon générale, que BP repré-
sentent, malgré leurs fautes, qu'on peut d'ordinaire aisément
corriger par l'étude paléographique, une tradition meilleure et
plus pure que F. En beaucoup d'endroits où BP offrent une
leçon difficile à comprendre ou corrompue, F présente une
variante qui paraît meilleure à première vue, mais qu'un minu-
tieux examen permet de condamner. C'est que la faute conservée
par BP existait dans les origines z de BPF et que F a voulu
(*) Peut-être faudrait-il joindre à cette série : (20) TreXapyav; mais il est probable
que cette erreur doit être imputée à Diogène. Toutefois, dans cette voie, il ne fau-
drait pas aller trop loin : Diogène écrivait le grec (cf. Ycvd[j.£vov et l'omission de àv)
et il est peu vraiseml)lable qu'il ait cru que Pythagore mangeait delà cire (cf. xT)p(f)).
D'ailleurs, le grand nombre de fautes communes à BPF. là où S ne peut fournir
aucun secours, montre que l'archétype était sûrement altéré.
(2) C'est l'avis de Diels, Vors., P, p. 374.
— 74 —
la corriger, non par des recherches paléographiques, mais par
des conjectures philologiques, si hien qu'il n'est pas parvenu à
retrouver la bonne leçon. Ainsi, dans les passages suivants, les
leçons de F paraissent provenir d'un essai de correction d'un
texte obscur, par le sens ou par l'écriture, des origines de BPF :
(14) -avTO'oj; (7ravT0'!aç BP, mauvaise lecture d'un passage
peu lisible); (17) sXaoiw (AAAIQ hors de AAAfQ; mais B a
corrigé aussi en èaoZuù); (31) l^eX.Sroùa-av (P a pu lire èy^pioBslcoLv,
B xpj'j.S-c'rTav ; F, qui ne pouvait déchiffrer, sans doute, a impro-
visé d'après le sens) ; (36) yQ-r\zeioLç, dT.oxkeivby sttlôoçov (il ne
pouvait comprendre l'a-rroxALvov des origines) ; (38) leyeic, zl toî;]
Asye'.ç £v zo^ç F Àsyet. (jItoic, B Xé-veiç TOiq P Xérew a-!:TO!.ç
léysiç, e^TTuoîTç S^-^-"^; (45) oitic, [oxtiç BP, probablement de outiç).
Ailleurs, d'un passage peu lisible, F a tiré des mots, sinon
un sens : (9) sv âv.5' évôç] ev àv5e'. vodç. (9) oùx là euyz^.^ai 6-sp
auTwv] OUX sAeyyeo-Be Otto sajTwv. Cette dernière lecture est
typique. Elle dérive, à l'origine, d'une simple faute paléogra-
phique oYKEAErxECBAi ' compliquée d'une erreur due à la pro-
nonciation ; on en a tiré cependant un sens, auquel il a fallu
accommoder la préposition qui suit, par une correction savante.
(35) crooj;] yéyoïx; : cette variante ne peut s'expliquer que par
une sorte de glose (prise plus tard pour une graphie et adoptée
par F), destinée à indiquer quel sens, un peu particulier et
philosophique, il fallait attribuer ici à eiooç.
Cependant, en plusieurs endroits, F a seul conservé la leçon
correcte, soit ([u'il l'ait retrouvée par conjecture, soit qu'il la
tienne d'une tradition moins altérée. Exemples : (i) cpXwOvxoç;
(10) xaTETiQcVTo zoLç oùcrioLç £?ç £v 7ro!.oûpL£voi (ordre des mots); (16)
(7u|jI|j6awv ; (20) xaxayÉXwTo;; (32) toutou*;; (35) |j,£{.ou[i.£vov ; (37)
o' âXxjJiaîiwv!. • ; — TcuBayopwTL; (38) Êc-Ôdoua-'! t£?; (49) alp£8Tia-£Ta!. ;
(50) Aoyou; — TcpwTov. — Ce manuscrit est malheureusement
déparé par une foule d'omissions de peu d'étendue.
}l est précieux en plus d'un passage pour retrouver la leçon
originelle : (18) £v Ttc}) tc^. ( 19) £v{ot£ o'aÙTÔv; — o'\j(^; (23) cp9{vetv;
(4(>) àépa; (37) [xey£OeT[.v vo'j[iaa-TU(ô(;. VA'. (3î)) Cva rtir^çiy^zzo , aÙTÔOt.
(céleri : Tva ajToOi), |)rovenanl appareininenl d'un rva<(jL>, >
otép)(_0LTo, (|ui élail sans doiile [)eii lisible dans rarcliéty[)e.
De on ne peut guère tirer parti que pour a|)puyer çà et là
des leçons de manuscrits isolés. Ainsi : {H) ^âpioXçiv (avec K) ;
(13) TÔv, avant àTzôAXwvo; (avec P) ; (3o) yoùiv (=-- oyi de P^B-);
(41) aÙT(o (avec F); (ii) àX'.dQYi (avec B). Toutefois, il est seul
à présenter la leçon correcte oik to t6 | (t6^ omis BP^F), an 10.
De même, -au 8, cp^ôo-ocpo; est une meilleure leçon que cpiXo^ro-^ov.
J'établirais ainsi, à condition qu'on ne prête pas à ce schéma
grossier une exactitude mathématique et qu'on suppose plus
d'intermédiaires et plus d'influences, encore mal déterminées,
que je n'ai pu l'indiquer, le stemma des anciens codices.
X
* ♦
Parmi les manuscrits récents, j'ai choisi, avant tout, pour
représenter la vulgate et contrôler la valeur de la thèse de
Martini, les deux manuscrits D et G. C'étaient, d'après les notes
de Gercke et de Martini, ceux qui avaient le plus de chances de
représenter un type bien déterminé et original de la vulgate.
G est l'exemplaire des détériores qu'avait choisi Usener pour
l'édition des Epicurea : c'est un Laurentianus, 69, 28, chartaceus
du Xy^ siècle, dont la grosse écriture (28 lignes à la page)
contient peu d'abréviations. On rencontre quelquefois en marge,
à côté des citations, le signe semblable à des guillemets que
nous avons signalé dans B. Il n'y a pas de notes marginales,
mais en quelques endroits, le manuscrit a été corrigé par une
seconde main (G^) : ce sont des additions et, plus rarement, des
corrections faites après rature
D est un Burbonicus, III, B, 28, (252), chartaceus du
XY^ siècle (XYP, Gercke) (^). C'est surtout sur lui que Martini
s'appuie pour démontrer que dans la seconde partie des Bio-
graphies de Diogène (livres VIIl-X) (^), la vulgate provient
d'un manuscrit de la même classe que B et d'une tradition sou-
vent plus fidèle que la sienne. De cet ancêtre, D serait un rejeton
plus authentique que tous les autres cddices recentiores. Chaque
page compte environ 31 lignes; les abréviations y sont peu
nombreuses; on y retrouve le signe des guillemets. C'est au
premier copiste qu'il faut rapporter les notes marginales qui
annoncent le sujet d'un nouveau chapitre ou qui attirent l'atten-
tion du lecteur : opa, oiaTÎ ... (etc.), ize^i... (etc.), ainsi que les
additions marginales et les variantes introduites par p. Les
corrections après rature (par exemple [42] Trarépcov sur TiaTpiwv)
paraissent indiquer un procédé différent et une autre main, D^.
Le texte de G diffère très peu de celui de D. Se fiant aux
apparences, Martini a émis l'opinion que G aurait été copié sur
D. Gercke pense, au contraire, que G ne provient pas de D et
que dans les premiers livres il est fort apparenté à B. Il explique
D par un mélange d'influences de F, de P et de B (*). Voici la
(1) Vit. Pyth., ff. 179^ à 189^'.
(») Ibidem., flf. à iSO^.
(') Leipziger Studien, t. XIX, p. 116.
(*) Hermès, XXXVII (1902), pp. 431 ss.
— 77 —
liste (les divei'^eiices do nos doux iiiamisci iLs ; j'ai laissé de cùlé
les iotacismes, Tort nombreux, parliculièreinenl dans G :
G
D
(i)
Au
ootxTu Â!,oypoccpou
»
cpXaio'JVTOç
CpAWJVTOÇ
TT Ci k> ytnnT 'f\'\j
8k II'jppoç] ôé omis.
TC 0 Au X p OtT T( Ç
TCX'JTa
(0
C7£j3a!,a-5a!. (les deux ai rem-
a-£'j£7.ra'.
places par e] .
(1-2)
xp£ao-t.v — TTpwTov y£ (omis de
première main).
£'jpT,[JL£VY,
(14)
TcapayevYiîjGat.
-apaycy£V7,a-Ga'.
(19)
.-TaAaTTÎc!.; (o'.ç en marge).
(20)
£;w Ta!.!;
>/>-
£Ctj)
(-24)
à7:TiY6p£'J£V yjjT^dhoLi
p
à-r,y ôp£V£v è'y Eo-^a». . F y p r^cr^cf.i
(23)
(29)
i 4 '
.3'£p|j.T,v eivoLi
(31)
Xp'JCp.SLTav T£
0
£Ç£AcroL»a-av o£ . 1 xp'jcp<r£t,c7av xe
(35)
CD!.ÂÔa"OCSO!.
Twv cp'iAwv . rcpLAôa-ocpot.
(30)
01
£À£V£'i£!,;
£A£y£':o',ç
ir\q OLpy Ti omis.
2r.py;/,] AÉywv
(37)
où jQuCJTUXlOÇ
•J
OÙ jS'jo-TLxw;
— 78 —
Cr
D
(37)
aXex[JLa{(j)vt
(38)
d ToTç] bç ohoiç
(39)
TSTTapàxovTa;
TETTapàxovTa
(40)
Xevet, vàp
IM)
\ 1
r
Twv 7raT£p '(t)v (sur rature de
))
Tiarp^wv)
£v6|Jli(70£
(43)
evTieôoxXea
£ti.7r£00x)v£a
01 aj iô£(.v aTa ô
'/ a
'!o£rv Ta ùi à
(44)
£V£V7]X0VTa
dnéyeç
£7r£y£ç
(45)
Tipo ppoTo;
TcooêpoTo'ç .
))
))
ô£ xai] xai omis.
(46)
(49)
ava^t.JJL£V£!.
âvva$t.[jL£V£t.
Certaines comparaisons, comme (jeôe^r^oLi D, o-Épa^a.Sat. G;
eùpYl{ji£vri : £upup.£v-/i; fçw'^°'' : è'Çw Ta^ç (pour tti?) ; XéjEi : )iy£{.
yàp wç ; cp3^àvT(*)v : cpoév^wv, OÙ G a conservé la leçon originelle ou
présente un texte qui s'en rapproche davantage, prouvent que G
n'a pu être copié sur D. Un copiste, en effet, qui, partout
ailleurs, se montrerait si servile, n'aurait pu, dans ces passages,
corriger le texte et retrouver la leçon originelle. D'autres cas,
comme TroÀLXpàTriv G : TcoXuxpâTriç D ; raù-za Ta; o-uyypacpàç : TauTa;
T. 0-.; £'1*^^07 : 'i^yyyo^\ 6; olto',ç : gç a-{TOt.ç; T£TTapàxovTa; : T£TTa-
pàxovTa; xai omis dans G après T,x{jLaÇ£ oé, etc., montrent que
rhvpotlièse (M)iili airt' csl aussi peu adinissihlc ; dans ces endroits,
en elî'el, 1) a conservé la honne leçon ou une l(;clure (|ui se
rapproche de celle des bons manuscrits. (Cependant, on se voit
obligé de leur reconnaître une intime j)arenté, si l'on en jug(;
par leurs fautes communes et par le noujbre considérable de
variantes orii»inales (ju'ils présentent.
L'un des parallèles cités plus haut nous met sur le chefuin de
la découverte : (45) a|jL[jL!.ya lolç ToCo-tv ofxoO IZio'.ç G : ap.|jL'.Ya to^ç
tSîoi; D, leçon accompagnée des mots ^oïcriv ôfjLOj au-dessus de la
ligne. Jl est visible que les mots (jui figurent dans D comme
variante sont entrés dans le texte de G. Mais, comme G, pour les
raisons exposées plus haut, ne peut avoir été copié sur D, il
faut admettre qu'ils dérivent tous deux, indépendamment, d'un
codex plus ancien. Ce manuscrit contenait des graphies et des
variantes placées au-dessus ou à côté des mots. Le copiste de D
a transcrit fidèlement ce texte, dans l'état originel. Le copiste
de G a parfois laissé de côté ces variantes (par exemple
SaxTuXiovAûcpou); mais, le plus souvent, il a corrigé le texte pri-
mitif d'après ces notes (cpXawùvTo;, 5aXaTTÎo^, àTiriyopsusv ^pTiO-Ga»,,
xpucp^r^-av T£, (£)Ck6(70(ûoi, où pu(7Ti>xwç. Il lui cst aiTivô dc se
méprendre sur la portée ou le sens de ces variantes. Ainsi pour
cpXato'jvToç : il a cru que la graphie oli placée au-dessus de
(pXwjvToç, devait remplacer i et non \i. C'est par une erreur sem-
blable qu'il a introduit Toro-tv 6(xoùi dans son texte, ne compre-
nant pas que ces mots formaient une variante de a(x|jL(.ya -zoïç.
Il convient aussi d'examiner les rapports de D et de G avec les
manuscrits plus anciens et de déterminer quelle peut être leur
valeur pour la reconstitution de l'archétype. DG présentent un
certain nombre de fautes qu'on retrouve dans B. Les plus remar-
quables sont : (5) TrpocrGev] Tipoo-^e r.v (TupocrQriv B) ; (35) touto'j]
TOTiou; (38) Si toi;] oq crLzQiç (D), cf. (jLtoiç B; (41) auTcoJauTov;
(42) Tcaxpiiwv ; (49) riX5e ; supe^v^freTau Par contre, on ne peut
découvrir une faute bien caractéristique commune à DG et à
P ou S ; d'où l'on peut conclure que les concordances avec B ne
proviennent pas de y, mais de B lui-même ou de ses ancêtres
— 80 —
immédiats, postérieurs à y. Les concordances fautives avec F
paraissent être plus nombreuses encore qu'avec B. Je relève spé-
cialement : (20) oûSiva omis ; (21) elm; (30) cppéva; (31) è^eX^Boucray;
(35) àXwv] aXXwv; (37) nu^ayop'-Çouo-T)] toïT; nu-S-ayopixor; ; où ^uo'Tt.xw;;
(38) Te omis; (31)) zoùc, omis; (40) eÇeX^eîv; (49) xaT£pux6v;Tc6).£Lç.
Il semble donc que D et G dérivent, pour le fond, de B ou de
ses ancêtres immédiats, mais que le texte a été revu sur F ou
quelque manuscrit de sa parenté.
Cependant D et G présentent un grand nombre de leçons
originales qu'on ne trouve ni dans les anciens manuscrits ni
dans les autres codices recentiores. Gomme certains critiques
ont voulu leur reconnaître une valeur considérable, il est néces-
saire de passer en revue la plupart d'entre elles, pour contrôler
cette estimation.
(1) Twv [Ta>ax(ôv ... wv : le pluriel ne peut être préféré au sin-
gulier, car, dans l'autre membre de phrase, on lit [wvlx7]v. —
oaxTuX'.oypàîpo'j : ce mot n'existe pas. — ovtoç ajouté à Ttpsa-P'jTÉpou
est une addition inutile d'un grammairien qui a voulu éclaircir
la construction.
(4) MsvcXâou : correction évidente de Mevéasoj, forme homérique
qu'on a trouvée étrange ici, mais qui, dans cette histoire où il
est question de la guerre de Troie, est un souvenir naturel
d'Homère. Dans le texte d'une notice semblable à celle-ci,
l'auteur citait les vers homériques où est racontée l'histoire
d'Euphorbe (Jamblique, V. P., 63; Porphyre, V. P., 26).
(6) l^Topia; : lecture injustifiable; au plureil, ce mot doit être
compris dans le sens de livres (Chistoire. ok zlr.dv : l'indicatif
convient mieux que l'infinitif.
(7) Tzpoç 'HXo^aX-?! : ce serait une lettre ou un discours philo-
sophique adressé à Hélothalès. Rien ne justifie cette leçon, car
le titre d'un autre ouvrage de la même catégorie est KpoTwv.
(8) ^wcrwpâTT,; : les autres manuscrits présentent SwxpàTY];.
Ceci était une faute évidente, puisque l'ouvrage d'où est tiré cet
extrait est cité : £v Aiaooy^ar;; en outre, elle était facile à corriger
pour un lecteur de Diogène, car Sosicrate est fréquemment cité.
— 81 -
TÔv pîov, etc. C.etle le(;oii provieiil inanirestenicrit d'une mauvaise
correction. Les nombreux passages parallèles montrent que
Léon demande, non une définition du mot pliiloso|)lie, mais ce
qu'est Pythagore; à quoi il répond : « Je suis [)liilosoplie », etc.
La leçon de OG ne provient pas d'une simple erreur paléogra-
phique, mais d'un remaniement d'origine érudite.
(9) [JLTiTe Ttov Ttôvwv u.r\Te To)v a-'.T'iwv [i.T,0£va I {jirjTe to>v 7t:Ôv(»)v [7.T|T£
Twv (7mwv |jLTiT£ Twv ûtivcov [jLYioéva. Dans le texte correspondant de
BPF, les correcteurs de D(l ont remarqué que ttovwv et o-r.x'iwv
ne formaient pas l'antithèse qu'on attendait ici. Cherchant une
correction, ils ont cru contrebalancer xwv ttovwv en ajoutant
Twv uTTvwv. Peut-être se sont-ils inspirés ici de deux passages de
la Vie de Pytliagore de Jamblique (163 et 244) : xaTajjLav9âv£!.v
f7-r\ii.Ei(X c7up.iJL£Tp'!a; -ovwv (tcotwv !244) T£ xal o-LT'iwv xal àvauaÛT£w;.
Le caractère de correction savante s'accentue.
(10) ÈyivovTo : l'Aoriste, coordonné à un Imparfail, a toutes
les chances d'être une faute.
(12) T,vux£lTiv^><a- Tout le reste de la tradition de Diogène, y
compris un extrait de l'Anlhologie Palatine, offrent ici : r^vjxeU.
TÔ 7:£p!.xA££c;, que je comprends ainsi : Pythagore a réalisé ce qui
est très illustre (l'exploit fameux) : il a trouvé la figure géomé-
trique, etc.. Plutarque et Athénée, qui reproduisent cette
épigramme, écrivent V-^^a, lorsque...; mais avec cette lecture,
l'épigramme reste sans proposition principale. C'est dans ces
auteurs, sans doute, que DG ont puisé leur correction.
(13) ùia To Tï'jpou;] xal Tcupoûc;. Le verbe Tl8£a-8a!., dans DG, a
pour sujet ïl-jOayopav, coiiime Trpoo-xuvYicrar,, ce qui est ridicule.
Aià TO indique la raison pour laquelle il ne fit ses libations qu'à
cet autel. Dans le texte de DG, remarquons encore que l'Infinitif
présent rlGE^Saf. ne s'accorderait pas avec l'autre Infinitif auquel
il est coordonné, l'Aoriste Trpoa-xuvriaar..
(16) £uvo[jt.oujjL£VTi(;] £uvat.ojji.£vriç (= £Ù vaiouiévriç) : vatw est poétique;
d'ailleurs si l'on admet cette lecture, l'anecdote perdrait sa
signification.
Tome XVII. — Lettres, etc. 6
- 82 -
(17) xapôÎTiV : il n'y a pas trace de dialecte ionien dans les
symboles.
^opTÎov [jt-Yj (T'jyxaBatperv xai [jlti <TL<ve7it.TL8évat.. Cette leçon est un
compromis entre la leçon des anciens manuscrits de Diogène :
cpopTLov auyxaOa'.pErv xal fjiTi (Tuv67ri.Ti.9eva!., et la formule ordinaire des
passages parallèles, dont le sens est exactement contraire :
(^opTLov jjLT, (3-uyxa8at.p£rv, c7'jv£TnTt.G£vat. o£. Le correcteur a voulu
ménager les deux opinions et il a trouvé cette formule hybride
et absurde.
à7:o5r,|jLoûvTa iizi -zk Upà jj.t, àv£-iTTp£7rT£rv. Dans les autres manu-
scrits et dans les passages parallèles, ce précepte revêt la forme
à7roSYi[JLOUVTa èttI to^ç ôpot.; âv£7:{.<7Tp£7iT£rv (ave7Li.(7Tpacp£rv F), ce qui
signifie qu'il ne faut pas se retourner en passant les frontières.
On trouve une tradition semblable à celle de DG dans Olym-
piodore, In Plat Phaedon., page 8 : àTc'ov-rt. eU Upov où hei
£7ri.cr-:p£cp£o-9a'. Le correcteur de DG paraît avoir compris
àvETr'-a-TpETïTELv, nou dans le sens ordinaire iic pas se retourner,
mais dans un sens dérivé : négliger. Aussi a-t-il cru devoir
ajouter {jlyi pour que le précepte fût édifiant. Sur la forme de
la lecture originelle de Diogène, la comparaison avec le 18
(et; i-oof\ikia.v paBuovTa) ne laisse subsister aucun doute.
(19) xTipLG) : il semble que nous ayons ici une bonne leçon.
Tous les autres manuscrits, y compris Suidas, lisent xripô). Ce
mot avait choqué certains recenseurs : ainsi a corrigé en Tuptjî.
On peut conjecturer que v^r^^ii^ est aussi une correction savante,
imaginée d'après les passages parallèles : Jamblique, V. P., 97
et 150, Porphyre, F. P.,
(22) TtpocpÉpeiv est une faute qui provient de cette façon d'écrire
TipoTcpipE'.v : 7r^ôcp£p£f.v. — âva'.uaxTi : Fadverbe ne convient pas en
cet endroit; le sens réclame un adjectif, que nous donnent les
autres manuscrits.
(2i) àTTYiyopeuev ypf.frOa!. (GD^ ; au. l'/Eo-Gai D^) est une correc-
tion de l'expression àu7iyôpe'j£v aiTE/ea-Sa!, BP^ (cf. § 19 : duYiyopeue
\Krfô èp'jOrvov Eo-Gîe'v,.. xapo'!a; te àTiÉ^^EcrGai), qui très anciennement
avait été modifiée par S en â-É^^eaGa-., par F en à7nfiy6p£'j£v ï-yea^ai.
— S3 —
(4^)) a-T'ia oùcrri : le réviseur n'a pas vu dans atxLov (de olItu^) ô'vti)
un substanlif neutre, mais un adjectiCet il s'est étonné du ^enre :
de là sa correction.
0Ll<7.Sr\zà]f7Tepeâ. La honne leçon (atcrÔTiTci) est fournie par
BPn.(TTepeà (T(ô{jLaTa n'est pas, à vrai dire, une siin[)Ie répéti-
tion de (TTepeà a-^ri[i.aTa, uiaip le mot aKjH-r^TÔ. est l)ien plus clair.
(:28) DG ponctuent et lisent : tJ^u-^poO, T(j) (xup|jLeTé^etv ']>y'/poù
atGépo; . Stacpépe'.v xe ^u^V s^rj;. C'est une tautologie d'expliquer
otuôarTiaa-fJia aiGspoç ... (}>uypou par tÔ) (TUijLfjieTé'^et,v t{;u'/poiJ atOepo; :
« l'âme est un fragment d'éther chaud et d'éther froid, par le
fait qu'elle participe à l'éther froid ». Kn outre otacpépe'.v
ÇwTjç devient une affirmation gratuite. D'après la leçon des
anciens manuscrits, au contraire, la distinction entre la vie
(des plantes) et l'âme (des aniniaux) tient à ce que la seconde
seule est constituée, pour une part, par l'éther froid (grâce à
la respiration). Cf. le commentaire.
(!29) Après ôpaa-'.v : xauxTiV yàp àyav .SepixYjv eiyoLi (erlvat. ^epixT^v G)
est un arrangement du texte qui ne présente qu'un sens absurde.
En outre les mots ttiv te aLo-Grio-iv — ô'pao-iv restent en suspens :
le verbe nécessaire à la formation d'une proposition fait défaut.
['iï) £X7ï£[jiT:ei est une correction qui a pu paraître nécessaire,
à cause des prépositions qui suivent (àuo et ex); mais siaTrsfXTxsLv,
introduire, est mieux à sa place que èyinéixT.ei^ (faire partir,
envoyer), car Hermès conduit lui-même les âmes (aysTSa-. : cf.
son surnom n\Aaïo<;).
(3^) toutou; Saiaovaç] TaÛTaç oattjLova;. F présente la leçon
originelle : toutou;; le démonstratif est attiré au genre du com-
plément attributif. BP croient voir une faute de grammaire,
comme si oaîjjiova; était le sujet de voijitlÇea-Gat., et ils corrigent :
toutou; toù; 8a!l[jLova;. <ï>^ et DG,au contraire, ont compris le sens,
mais n'ont pas admis l'attraction dont je viens de parler; aussi
rétablissent-ils TaÛTa;.
v6c7ou T£ xal uyetia;. Il est visible que DG ont eu devant les
yeux la leçon fautive de B : vdfrou te fvoaou; te PF, xal y6:Touç <ï>,
Suidas, d'après une notice s. v. dvsLpÔTiVriXTov, lisait aussi vocrou;).
— 84 -
En effet, ce génitif, dépendant de (rr^iieia et accompagné de te,
attend un second membre accolé par xaî Le correcteur de DG
a voulu, selon un procédé que nous avons déjà signalé (à propos
de uTTvwv opposé à uovwv 9]), compléter le texte par une anti-
thèse : xal uyeîa;. La leçon de PF 4>S est bien claire et juste : les
démons envoient les présages et les maladies.
(33 ) Stà toùto aÙTov xaBapeueiv : la leçon Stà toGto est absurde,
car on ne voit pas à quelle raison on fait allusion.
(34) 'AptoTOTsXri;, en place de 'ApwTocpàvYi;, est une erreur
évidente, car le fragment est poétique. — 'Hpw.xorç, au lieu de
'Hpw(TL, est une variante contredite par les autres témoignages
sur le titre de la comédie. — sxtoç remplace evto; ; Ivto; est cepen-
dant correct : il signifie, à mon sens, entre la table et le
convive
Mïivoç] Aios. La suite du texte (Mriv() donne raison à la tradi-
tion ancienne. En outre, les passages parallèles des autres
auteurs qui expliquent ce précepte donnent tous M-^voc; (ex.
Jambl. F. P., 84), ou 'Kkiou (Jamblique, Proir., 21, 18 ; Suidas,
dans cet extrait de Diogène). ^lôç paraît être une glose de Zyivoç,
(|ui aurait été une mauvaise lecture de Myivô;.
(35) Twv cp^Xwv] cpiXotTocpo!. GD^. D'après le passage parallèle,
Jambl. V. P., 86, c'est une erreur.
ÏTij-Kokaii : correction destinée à former antithèse à vGv ou
faute machinale produite par l'attraction de l'autre nôikai, — 6ti
xa{]oTL av, destiné à régulariser la syntaxe; cf. cependant
Matthaei, Gr. Gram., n° 1259 (2^ éd.).
(36) Le texte du vers de Timon, dans DG : yoriraç àTioxXîvav
Te éul ôo^Yiç, ^TipYiv, n'offre aucun sens; en outre, cette leçon est
plus éloignée des origines que celle de BP, aisée à corriger.
£v èXeyewt.; est une première erreur qui a entraîné la chute de
Y,; âp^Ti, qui s'accordait avec sXeyeicf. D l'a remplacé par Xéywv,
variante complètement privée de tradition paléographique.
é-o'.xTerpa'.] sTT'.xTeLva'. est une méprise, amusante dans ce con-
texte.
(38) AéyeLç I 6; rsiioiq purcou tjLeo-Tor; 'rfizTai çuvcôv D (o-iroj.;] oÎTOtç
— 85 —
G) Aucun des uianuscrils u'ollrc ici la leçon convenable, mais
on peut aisément la rétablir, en prenant à l'un et à l'autre. La
leçon de l)(î est un essai intéressant tenté pour sortir de l'im-
hroglio de la tradition; mais il n'est pas satisfaisant. ;uvwv n'est
pas du tout le terme pro[)re qui convient à aÎTon; : on n'est pas
en compagnie de la nourriture. Les conditions de la métrique
ne sont d'ailleurs pas observées. I) dérive de B : léysKjizoï^ ^ùnou
fjL6(jTorç yiSeTai Çjvwv, OÙ Xeyetdt = Xéyetç, | ; comme il manquait
une syllabe au vers, DG a ajouté ô;.
(40) KûXwvo;| MfAwvoç. Le passage est certes obscur, car il n'a
pas été question de Cylon jusque-là. En outre, on se demande
quel est ce banquet organisé par Cylon et qui amène la retraite
de Pythagore. J'ai expliqué plus haut (p. 24) que l'obscurité de ce
passage provient d'un raccourci trop serré de l'exposé primitif.
Cylon nous est connu par une foule de passages parallèles :
c'est l'ennemi personnel de Pythagore, d'après la légende. Le
banquet qu'il préside faisait partie, sans doute, des réjouissances
instituées à l'occasion du massacre des Pythagoriciens.
La leçon de DG provient du désir du correcteur d'éclaircir ce
passage, en en retranchant un nom inconnu pour y faire entrer
celui de Milon, bien connu par le ^ 39. Le correcteur a cru que
le banquet en question était celui qui avait réuni les Pythago-
riciens dans la maison de Milon.
(41) évTeiXacjSai. Le bon texte présente deux Optatifs Aoristes
qui dépendent de wç; mais dans les manuscrits, TTOLT^aai est écrit
comme un Infinitif Aoriste : uoiri<70Li; aussi DG a-t-il cru bon de
corriger £VT£Ova!,To en un Infinitif Aoriste.
— aÙTov est une leçon fautive de B (aÙTw F<ï>, auTÔ P), en sorte
qu'ici encore B paraît être le point de départ de DG. aùxov ne
peut désigner UItov, qui est du féminin ; il doit donc se rapporter
à Pythagore et la phrase doit signifier : « ensuite Pythagore
descendit dans le souterrain ». Voilà le raisonnement qu'a
tenu le correcteur. Mais alors eo-x' av avéXÔri ne pouvait plus se
rapporter à l'action de passer régulièrement la tablette à Pytha-
86 -
gore (xa^LÉvat. aÙTw) jusqiià sa réapparition. D'où la nécessité de
rapporter cette proposition à ce qui suit (toùto uotTja-a'. [jiïiTépa)
et de la relier à la précédente par xa{. Ici, la correction est des
plus habile : si le texte de B ne nous en apprenait l'origine et
si nous n'étions instruits des méthodes du correcteur, nous
hésiterions peut-être.
(43) TaÛTa oi'a] ioely zol B'.'a D OU iSeCv clzol oi' ol G n'offre aucun
sens satisfaisant.
(44) i'\)ùyoi^ ETTsyst;]. Les deux variantes de nos manuscrits :
£{jitpij^o(.; sreyeç D (contresens), èii'\>ùyo:q dnéyeq G (faute gram-
maticale) sont inadmissibles.
ayaiJLa!. a-ocpov — stsu^' àStxerv] ou yàp uocpov ai>TÔv [j-év izou || oux
otSweLv, aXXouç 8'ajToc; ap ' t^v aSt,xwv. Cette rédaction doit être
rejetée pour plusieurs raisons La proposition àp ' ry âouwv ne
peut être mise sur le même pied que la proposition infmitive
auTÔv oux aoixeCv. Ensuite, la raillerie ayafjia!. «rocpov est perdue et
le yâp n'a plus de raison d'être; d'après la leçon des manuscrits
anciens, ce qui fait l'objet de l'admiralion ironique de Diogène,
c'est que Pythagore fasse pécher autrui, tout en se défendant
de pécher lui-même.
(45) djjLcpaÀova est un essai de correction de ôpicpaXov BP^ qui
ne remplit pas la mesure, et de d[/cpaX6ov F, forme inexistante.
Mais o'fjLcpaÀwv est tout aussi imaginaire.
Pour les deux derniers vers de la troisième épigramme, voici
la leçon de DG : 'fri^i yàp outoç ■ éyw yiv -rpo^pOTo; (upo ^poToç G).
o'oTs oux TiV cpàcrxev 6t' yiv OTiTiou oux àv 'ér\y ots riv. Ce texte pré-
sente trois hiatus (eyw r^v, ots oùx, Stittou oùx), auxquels on peut
d'ailleurs aisément remédier (sywv riv, ottot' oùx, SriTiouy' oùx), et
un ot' pour oTL. Mais surtout, il est complètement étranger à la
tradition de BP F, ce qui le rend suspect, car il faut le juger
d'après ce qu'on sait de la méthode de correction de DG. Il
faut avouer (jue la correction de ce passade, qui devait être com-
plètement inintelligible dans les origines et qui l'est resté dans
BP (F n'en a osé conserver qu'un fragment), est fort ingénieuse.
Mais je lui préfère le texte de BP, fort simplement, mais habile-
ment, restauré par Cobet.
— 87 —
au.jji'.va Tor^l l^a variante To-ra-.v ojxo'j (11)^ ne prcs^^nte pas
d'intérêt.
(4()) l.a manière dont le coircM'ttîur s'est tiré d'un mauvais
pas, ici, est assez eiirieuse. texte des anciens manuscrits :
où cpatT'.v o'JTOs e'IvaL TOÙTioppTiTov Tr,s cp'.Aoo-ocp'ia;, aÙTwv O'.oâaxaArx;, est
altéré, mais quelques légères corrections (ajouter r/^- |T£TapTo;|,
déplacer ojto; et rétablir TwiroppriTov) donnent un texte satisfai-
sant. Dans la le(;on de DG : 6 ol)v cp'.Aôa-ocpo; twv à7roppr,T(.)v ty,;
cp^Xocxocpia; oiôâ(TxaXo; 7)7, le remaniement savant est évident. Le
singulier àTroppriTov doit être conservé; Pytliagore est l'inventeur
du précepte du secret dans l'enseignement philosophique; aÛTwv
se rapporte aux Pythagoriciens dont les noms viennent d'être
cités.
(47) aXXov] oiWoi DG : à coup sûr fautif.
(48) 8T,Xor est une leçon excellente; mais AIIAOTN de BPF
est une faute qui provient évidemment de AHAOTN. StjXol n'est
donc qu'une conjecture : cette variante ne remonte pas à des
origines paléographiques.
L'épigramme de Théétète a été ramenée dans DG aux pro-
portions d'un simple distique : njBayopTiv, w ^eCve, xo{jiT,Triv, s^'t^v'
êpoLO 'H^eîwv, cprio-si; auTÔv aut-TTa léyeiv. Ce ne peut être là la
leçon originelle. Les mots : cp/idsi; aÙTov a7cicrTa|>iy£!.v s'expliquent
mieux après la phrase de BPF : tol 8'epya |j.oj ei' tiv ïpoio.
(49) La fin du second vers, qui devait être difficile à lire dans
l'archétype (B^ : xpo (^wvto^B^^^ p . y,pÔT£w (jàtjLw;. P : xporew
(Tà{jn.oç), a été corrigée par DG en xpoTwvLo; £L8oyâ(jioa (le Croto-
niate, fils d'Eidogamos) : xpoTwv.o; est aussi la leçon de B^. Il
est possible qu'E '.'Boyau ou provienne de ^ôlixioç. Peut-être aussi
doit-on en chercher l'origine dans les mots Ta o'Ipya piou de
l'épigramme précédente. De celle-ci, DG n'ont dii connaître
qu'un texte très corrompu, puisqu'ils l'ont complètement
remaniée. Le correcteur, voyant qu'elle se rapportait aussi à
l'athlète Pythagore, a pu en tirer le nom du père de l'athlète.
La mesure du vers est fausse d'ailleurs : il y a surabondance de
deux syllabes (6 Kpo...).
— 88 -
ol dvTit.(TTO'.J ol dvriioToi F; oiov TiO-TOL B; owv -r)(TToi P^. DG a
corrigé la lecture incompréhensible de B(P) en oioi (xcttoI (habi-
tants utiles?) î
£7:'.x'-vBuvÔT£pa 8s 0LÙTr^<ji Ta ex MriSwv] eTûuivBuvoTepov B'aÛT^at. ei Ta
£x My.owv ôp|jLTi(70L DG. Ccs Hianuscrits ont rattaché sTiuivSuvÔTepov
à à7:ô fjikv ajT£(ov 6 x6c7|jlg; £'jpeBri(TeTa'. {sic) et interprété ainsi le
texte : le monde se trouvera, à cause d'eux, dans une situation
plus dangereuse, si les affaires des Mèdes font des progrès.
La bonne leçon est conservée ici par ¥ : èr.i - (8e doit être
retranché) - xivouvoTspa o'aÙTr,o-!. Ta £x Mtiowv : les dangers qu'elles
courent du côté des Mèdes deviendront plus menaçants. BP lisent
eùpeGriO-eTat. (au lieu de alp£fiTiC7£Ta!. : leur ornement leur sera
enlevé) ' èrl ck x'.vouvoTEpa aù'Yiç, si (auTY;? tj P^) Ta ex Mt|Owv. Le
correcteur de DG, dont le point de départ est souvent dans les
origines de B, a vu une condition dans el : il lui a cherché un
verbe, opiir^^joi. En outre, pour trouver un sens à la leçon
eûpeÔriareTa!., il l'a rattachée à eTiixivouvoTepov, qu'il a débarrassé
du 8e intercalé.
Cependant, en quelques endroits, DG, d'accord avec Tun ou
l'autre manuscrit, soit ancien, soit récent, mais en opposition
avec tout le reste de la tradition, présentent une bonne leçon.
Ainsi : (18) ev lo-w tw avec S; (26) àépa, }CTP^ ; (8) o-wa-',xpâTTiç,
avec T (ceteri : (To^xpàTYi;; grâce à la citation ev ùi7.hoycà^, l'erreur
était facile à corriger); (19) xTip-lw (ceteri xYip(j), mais la version
latine donne aussi favo; Tupw) ; (30) oe eivai -avec T (ceteri 8e
etoévat : le oé qui est au milieu de eioevai est un double de celui
qui précède eivai, qui a d'abord été omis, puis ajouté au-dessus
de eivai : cf. le même processus dans la leçon : (49) èT:l 8è
xivouvÔTEpa ùé de F, èni {eizei B) 8e xivouvÔT£pa BP) ; (45) V éSÉXri;,
avec T (riv èUAon; BPF : faute d'iotacisme aisée à redresser);
IluOayopao, avec T.
On peut se demander si ces bonnes leçons proviennent de la
tradition, c'est-à-dire de manuscrits perdus moins altérés que
ceux que nous possédons, ou si elles ne sont pas plutôt, comme
tout le reste des variantes, le résultat d'un remaniement savant
- 89 —
qui aurait été, (;à et là, hivu inspiré dans ses conjectures (').
Aiiisi l'examen des manuscrits (jui, d'après Martini, sont les
meilleurs représentants de la vui^^Ue, montre que la grande
masse de leurs le(;ons originales provient de corrections savantes.
Nous avons supposé, à propos de l'un ou l'autre cas, que le
reviseur a dû s'inspirer, dans son reujaniement, des sources
parallèles. Une scholie de I), au ^41, uiontre bien (ju'il pro-
cédait ainsi : lluOayopou -Xâo-ijia * cpao-i toùto Tiepl IluOayôpou * 6 xai
SocpoxXr,; £v 'H/véxTpa cp-/)<T{v (^).
DG sont donc à peu près sans valeur pour la reconstitution
de l'archétype.
J'ai examiné encore un autre manuscrit parmi les codices
recentiores : c'est l'Urbinas gr. 109, ï (seconde moitié du
XV* siècle) (^). D'après Martini, ce manuscrit provient d'une
contamination des deux classes de manuscrits qu'il distingue
dans la tradition de Diogène : ses parents seraient un manuscrit
de la classe a, voisin de DGC, et un codex de la classe |3
apparenté à F. A ses yeux, ce manuscrit a donc peu de valeur.
Gercke, au contraire, est porté à lui reconnaître une cer-
taine importance, parce qu'il lui paraît représenter un autre
mélange de la vulgate que D et les manuscrits parents. Selon
lui, il n'est pas prouvé que T provienne d'un mélange secondaire
et il remarque qu'en quelques endroits il a conservé la bonne
leçon de BPF. Il conclut que T mériterait une nouvelle collation.
En ce qui concerne le livre VIII, au moins, T n'a pas justifié
cet espoir. Il présente la plupart des mauvaises leçons de F, ses
transpositions de mots, quelques-unes de ses lacunes. En voici
un choix : (1) xcltÉct/ok (2) os xai] xa{ omis. (3) âîcÉTiAeuaev.
(*) Cf. ScHWARTZ, loc.cit., col. 739; ci-dessus, p. 70.
(2) Cf. ie ScHOLiASTE DE SOPHOCLE, EUctre, V. 62 el Suidas, s. v. t)8t].
(5) Vit. Pyth., ff. 115^ à m^.
— 1)0 —
(8) TT.; àocÂcpT,; (avec B). T picL^iko^ç omis. (9) oùx sAsy^sT^e ûnb
éa-jTwv. £v avOsL vooç. eiirev oxe poûXeu (il) MoLpwo; irpwTov
(i2) Tw^ua^xe-Tv. (^9) aÛTÔv os âpxero-Ga'.. (20) âpoT'^po; podç r^.
Se aÙTÔv. (21) s'I-c. (22) sxàa-TOTs to^ {jLaOïiTaCç (24) uàXXov.
Ta; ya(TT£pa; jj^Y^ TrapaÀr.cpÔévTaq ^. (25) £x os — o-Tepeà o-yrijjLaTa
omiS'.- a omis.- [JLcTajBâÀXe'.v] -f"^^' (28) .S^epuLOV otTpiôv'^. 'j'>p{<TTaa-9at. ,
(31) eieXGo'JTav (avec D). (33) aév omis. (34) iyzoç zr^ç TpoLTzé^riç
xaTaTûea-Tj (35) I't'- omis. (36) yor.TS'iaç j-.oy.\eiv6v STiiôo^ov . ô
(xpLO-T'/îv . Trpoo-tjLapT'jp'/r,; ^pyji^ (cf. B) . (37) tolç nuGayop'-xor; . où
^uo-T'/xwc; . Aâ^wo-'i TToGsv (39) TrXew'jç. (40) 'HpaxXriÇ . s^eXOsCv
(avec DG). il) 6 omis. (44) a^TB-?^ . ti] ts . aXXo]àXX'. (45) ducpa-
Xoov . évvea 'J^ijr'i omis. (49) xaxépuxev.
Cependant T ne dérive pas uniquement de F, car celui-ci
présente un grand nombre de lacunes, pour ne pas parler des
fautes, qui ne déparent pas le texte de T. Un certain nombre de
fautes lui sont communes avec DG ou avec d'autres manuscrits
de la vulgate dont nous parlerons plus loin, A, G, la version
latine (/), le Codex Aurigalli (/r), ou les correcteurs de P. En
voici quelques exemples : (1) SaxTuXLoypàcpou (DG). (2) ^ap^a-
pLxà; [fr). (7) cpaa-t.v (/r). (17) xapouiv (DG /r). ('21) d[j.vÛ£a-9at.
(/rC). (22) TipocpÉpe^v (DG). (23) âXXà ixrpé (DG). (28) âcp ' oO
(DG AC fr). (29) toGto (DG fr). èTzQ dizô {fr AC). (33) xa(
omis (DG fr). to aûxov (CP^ fr). (36) ouv t' (/r). (39) Cva omis
[fr AP^J. oX'.yLffTOu; (DG, hors de B). (44) £|ji^J>uy^wv dTzéfjyBt;
(cf. AC /r). ezeui'] sV ei^' (AC /r). (46) Ta ctTuoppriTa (fr).
auTo ecpYi (/. : illud ait). (49) cpao-tv (DG /r). avT^Stxov (fr P'^).
dXu|ji.u{av (/r) . 6 xpaTsw (AC P^ fr) .
On peut constater que quelques fautes particulières à T repré-
sentent un rameau spécial de la vulgate : (il) iiapà tol? a8eXcpor<;
(cf. li). (22) £p£?av. cpayLa. (36) oei^w ùé] -f- xa'!. (37) 8aX{jia(wv!..
(48) £pyajjiov.
Enfin, il convient de signaler quelques bonnes leçons qui
s'expliquent sans doute, comme celles de DG, par une heureuse
correction : (8) crw(jupâTY)c; (avec DG). (26) âepa (avec H DG).
(30) £^vaL (avec DG). (38) X£y£^ £^ to^ (P^ fr, cf. B). (42) tw
- î)l —
TTpo; Tiarpo;] (cl*. V). (4^)) t,v sOéXtjs (avec -KuOayôpao (avec
DG). (49) ÊTiuivBuvÔTepa (/r, cf. D(i).
Le lexle de Veditio princcps de Diogène, |)ubliée à Bàle, en
1533, par Frohcn, fut élal)li d'après un manuscrit aujourd'hui
perdu, le Codex Aurigalli. II est d'ordinaire désigné par le
sigle /)". L'examen de fr est, malgré sa médiocrité, intéressant
à plus d'un point de vue. D'abord il représente un rameau de
la vulgate assez original. Ensuite, par l'intermédiaire de la
Frobeniana, ce manuscrit a exercé une influence prépondérante
sur toutes les éditions postérieures. Voici les leçons les plus inté-
ressantes : (3) a-uv£(TTT,x£. (4) eXsa-Bat.] èleûrrerjHaf.. (9) ypâfjLpiao"'..
(13) toOtov yâp omis. T:£pt.Yev-rja-e(T9ai.. (15) Ta ctioL^ô-f^za. oioL^or\iJ.aT(x
(doublet). (16) e^Treiv el] et omis. TzoWoùq omis. TzelHo'.zo.
(18) xapSt-^v. (19) o^oy. (32) av8pw7roi>;] avGpwTcov. (34) £v tw twv
xuâ{jL(i)v. Tcûv x'jâ[jLwv^ omis. (36) lyvw. (37) Toôév] ttoGeCv.
(38) et Tot; pu7rou|j-£vot.a-!.v, correction vraiment ingénieuse (j'aime-
rais mieux pu7ru)[A£vota-f.v, d'ailleurs). (42) Tcpo; "luTcap'/ov (F-
aussi) : correction faite d'après Jamblique, V. P., 75, et les
Epistolographi graeci, page 601. (44) 1"^ épigr. : éiJL'j^û'/wv â-rcr/e;,
ne serait pas mauvais, si nous ne l'avions plus loin, répété
sous une forme un peu différente : èii^ûy^v r^^a-zo. 2*^ épigr. : aÛToç
fjL£v yàp oux d8w£Lv, aXXoL»; 8'aÙTÔ; £t' £t^' à8!.x£rv, charabia aggravé
d'une faute de métrique. (45) éywv T,tjLY]v uptoriv ppoTo;, 6; 5k ôt£
oùx 7,v, cpàç7X£!.v Ttç £r,v oT£ Y.v. Lc scus cst absurdc, outre que le
dernier vers recèle deux hiatus et une faute de grammaire
(ôç ... cpàc7X£!.v). Cette leçon paraît dériver de BP. Le correcteur
a supprimé ôxt'.;, qu'il ne pouvait comprendre, et, pour le rem-
placer dans le dernier vers, il y a ramené ote oûx r.v. Il restait à
combler la lacune du premier vers, en l'allongeant par des arti-
fices. (46) fr a supprimé simplement le ojtoc; gênant, en sorte
que cette notice se trouve rattachée à ZaxuvGtoc;. (47) £xptcp6T,vai.
(49) dXu[JLT:{av.
Sur la constitution du texte de fr, BP ne paraissent pas avoir
eu d'influence bien déterminée. Le fonds paraît provenir de F.
— 92 —
Çà et là s'accuse aussi une certaine parenté avec les ancêtres de
DG. La plupart de ses leçons originales proviennent de correc-
tions ou d'une altération de l'ancienne tradition.
Je ne connais A (Codex Arundelianus, gr., 531, XV^ siècle)
et C (Codex Cantabrigiensis gr., Coll. S. Trin. R, 9, XV^ siècle)
que par les collations de Gale, qui furent faites sur le texte de
ï Aldobrandina editio et que Meibom a publiées en appendice
dans son édition de Diogène (II, p. 557) (^). Mais, à en juger
d'après ce document, ces manuscrits ne m'ont pas paru mériter
une nouvelle collation. Le texte de A paraît s'expliquer par une
contamination de F et de P, où l'influence du dernier est prépon-
dérante. On y rencontre d'ailleurs beaucoup de fautes étrangères
à ces manuscrits, mais que nous avons relevées dans DG ou fr
et qui appartiennent donc au fond d'altération de la vulgate.
C semble avoir une origine analogue (^) ; mais le texte y a
été plus remanié que dans A. Voici quelques-unes des leçons
originales de ce manuscrit : (1) TuppT^vo; (avec A; ceteri codices :
0 TuppTivoç), excellente leçon. (25) ûXt,v] tIXlov, variante absurde.
(26 après ^i^/pOLÎ oï ^eijjiwva, C ajoute ; iripoû B'sapoç xal uypoO
cpàivoTTwpou, addition qui paraît avoir inspiré à Cobet la correction
suivante : Ir^poû o' eap xal uypGÛ cpGt.voTTwpov. C'est encore une de
ces corrections savantes qui, à première vue, semblent justes,
mais qu'un examen attentif permet de rejeter. Le texte ordinaire
explique ainsi la foruiation des saisons : lorsque le froid l'em-
porte sur les autres qualités des éléments, il produit l'hiver; la
saison où le chaud prédomine s'appelle Tété. Quand les quatre
qualités s'équilibrent (chaud, froid, sec, humide) apparaît le
printemps, dans la partie croissante de l'année, et, dans la
période de déclin, l'automne. L'addition de C, avec sa correction,
(Vi Celte collation, d'ailleurs, paraît ne pas avoir été faite avec soin (Usener,
Epicurea, p. xii.)
(«) Selon M\^j\m{Leipz.Stud., XIX, p. 99). ce manuscrit ne contient que les livres
I à VI de Diogène; il faut donc supposer que la seconde moitié s'est perdue.
— 98 -
contredit l'explication donnée dans le texte. touç Tiepl ttjç
âtpfjLOvîa; Xoyou;, texte absurde. (3^)) x-ri; ayaOyl; cpÛTeto; : ne forme
pas d'antithèse à roO xaxoL>. ^aXai, | TraXaioû (i^8) <7j<T0-(.TeCv ecpr,
8'sù(T£êe'.av ej/apyj 3eov )iye, texte corronjpii et incompréhensible.
(89) £7r!!0£a-t.v |67rô9e(T',v.T!. jjuùpio^. (4i) sveTsAAeTO . xa3'iva'. auTY^v (le
correcteur a cru (jue aÙTÔv des anciens codices se rapportait à
SéXtov, qui est du féminin). (47) xtiXt^ç] (txûâXyic;, correction laite
apparemment sur une leçon de B : xOvXr,;.
L'examen des corrections multiples de P, surtout de celles
qu'on doit à et P"*, n'est pas fait pour changer notre avis sur
la valeur de la vulgate. On sait que Q fut copié sur P après les
corrections de P^; H (Laurentianus, T)!), 85, XV^ siècle), dont
dérive J (Barberinus, I, ^1, XV'^-XVI'' siècle), fut copié, d'après
Gercke (^), sur le même manuscrit, après celles de P-^ et P^. On
voit que ces corrections tiennent une plact' importante dans la
tradition. 11 est inutile d'en faire ici un examen détaillé. En
effet, dans le VHP livre, toutes les corrections de P^ proviennent
de F; celles de P^ concordent quelquefois avec F, parfois avec
DG, mais dans la majorité des cas, avec /r. Dans P^, on remarque
une influence à peu près égale de F, DG, fr, ou du moins de
manuscrits apparentés à ceux-ci. C'est encore d'après F que P^
et P^ ont complété le système très riche de corrections du
manuscrit de Paris.
Les correcteurs des autres manuscrits anciens ont procédé de
la même façon. B^ corrige surtout d'après F, rarement d'après
P, et, par un juste retour des choses, F^ et F^ puisent dans BP
ou leurs ancêtres iunnédiats, ainsi que dans les origines de fr.
Reste la version latine de Diogène, /, que composa, en 1 481 (^) ,
le moine Ambrosius Traversarius Camaldulensis et qui fut éditée,
sans lieu ni date, mais probablement à Rome, peu avant 1475 (^).
^1) Hermès, XXXVII (19012), p. 408.
(2j UsENER, Epie, p. XIV, n. 4.
(») Brunet, Manuel, II, p. 721.
— 94 —
J'ai coUationné le texte de deux manuscrits de Paris du
siècle, B. N. n*^^ 6069 A et 6069 B. J'ai obtenu ainsi un
texte plus exact que celui qu'on attribue généralement à la
version latine, par exemple dans les notes de l'édition deHûbner.
J'ai conclu, d'un examen approfondi du texte de /, que la version
n'a pas été faite sur VAurigalli Codex, comme le pensait
Hubner (^). Elle ignore aussi le grand remaniement de DG (^),
de même que celui de C. Cependant quelques fautes communes
semblent prouver une certaine-parenté avec les sources de D G,
antérieures au grand remaniement. Elle paraît avoir échappé à
l'influence des correcteurs de P. D'une façon générale, on peut
dire qu'elle est beaucoup plus près de la tradition primitive de
BP F que les manuscrits de la vulgate et en particulier f7\ Elle
se rattache plutôt au rameau P qu'à B ou F. Il semble que / ait
déterminé, en plusieurs endroits, les corrections de Cobet, à
moins que celui-ci n'eût mis la main sur l'original grec traduit
par /. Voici les principales leçons originales :
(13) yc aT^Teo-Gai] gUStare : Cobet ye'Jsa-Gat..
(21) cpu<T(.oXoyi(ov] physiologorum : Cobet (fuariokôyià^ .
(27) àvGpwTiwv] hominibusque : Cobet avBpwTto^.
(32) neque ipsius (= auTou) fluxum obtinere.
C34) dydvaTOv] infecundae (= ayovov).
(43) TriXaùyet.] Telauges, introduit dans la citation d'Empé-
docle, de manière à en faire un vers complet : Bentley et Cobet
T'/iXauyeç .
(46) Tertius Zacynthius cuius aiunt illud esse philosophiae
archanum magisterium, in quo et illud ait proverbium in mun-
dum venit; ce qui paraît représenter, en grec : Tp{To; ZaxL»v9!.o;
ou cpaa-Lv to'jto sîivat, TtOTToppriTOV ttjÇ cpiXococpta; ôioaorxàXt.ov * 'ecp' ou xal
TOÙTO £cpa TcapO'.ULt.axôv sic, TÔv |J'!ov 7,a9£v
(i7) selectumque : Cobet i/xp^GÉv-a te.
(*) Édition de Dioqcne, introd., p. ix.
(2; UsFNEU. Epicvrea, introd., p. xiv, croit cependant qu'Ambntsius a utilisé un
manuscrit ap|)Hrenté à DG
- m —
Voici comnient j'élahlirais, sous fornie de .s^cmma, les ra[)|>orls
des maïuisoi'its de la vulgate avec la Iradilion plus ancienne (^) :
X
I
(*) J'ai collationné sur les originaux P, Q, T, 4>r' el les manuscrits de Paris de
Suidas (^); sur des photographies B, F, D, G. J'ai obtenu les photographies de D
grâce à l'obligeance de M. E. Martini, directeur de la. Bibliothèque Nationale de
Naples; celles de KG me sont parvenues grâce aux bons soins de 31. E. Rostagno,
conservateur des manuscrits de la Laurentienne. Les photographies de B m'ont été
obligeamment communiquées, ainsi que les extraits de <ï>^ , par M. von der Miihll,
dont les conseils m'ont été des plus précieux dans l'élaboration de cette étude.
— 96 -
Pour reconstituer le texte de Diogène, nous ne disposons
pas seulement d'une tradition directe et d'une tradition indi-
recte (H et 4>). Il est une autre source d'information à laquelle
on doit souvent puiser : ce sont les passages parallèles qu'on
trouve chez une foule d'auteurs. La classe la plus importante
est formée par les extraits d'Hésychius, que nous ont transmis
Suidas et les Scliolies de Platon. Nous avons vu plus haut
qu'Hésychius a utilisé un manuel d'histoire philosophique peu
différent de l'ouvrage de Diogène. Les Scholies (In Remp., X,
p. 600 B), à en juger surtout par deux passages, paraissent
avoir conservé une tradition plus proche de l'original que
Suidas. Voici les textes en question : 1. Sch. xal t' eV^e jjiaôriTàc;
(= Diogène, YIII, 3); Suidas : nleioy ri sçaxocrwuc; eV^e yvwpLjjLOu;.
2. Sch. ... ^l'^Xia Tp{a, -at.os'JT!.xôv, TzokiTixôv, cpU(T'!.xov, t6 8e
cpepôfjievov lluôayopou. . . (= Diogène, VIII, 6); Suidas :
... TzoXizixôv' TO Se cp£p6|jL£vov TpiTOv (bç Il'j^ayopotj . . . .
Un autre débris de la même littérature est constitué par un
épitomé très serré des sources de Diogène, qui figure dans
un papyrus d'Herculanum publié par Cronert, Kolotes und
Menedemos (^).
Le second groupe de traditions parallèles est formé par les
notices des écrivains des époques alexandrine et impériale^ dont
l'indication accompagne l'apparat critique. Leur valeur est de
tout premier ordre quand elles proviennent d'auteurs qui ont
utilisé les mêmes sources que Diogène : Porphyre, Diodore,
Jamblique, Lucien, Clément d'Alexandrie, etc. L'utilisation de
ces matériaux demande beaucoup de circonspection, parce qu'il
faut toujours ménager l'originalité de chaque auteur et compter
avec la possibilité de variantes et même de divergences impor-
tantes. On en trouvera un exemple frappant dans le chapitre
(^) Studien zur Palàogr. und Papijr., VI (1906), p. 147.
— 97 —
relatil' aux Svnil)()l('s (J^!::; 17-18), donl Dioj^^'no a connu, ('(ila
est nianiroslc», une tradilion (jui (lilïôre nolablemenl, dans les
formules, de celle des passages parallèles.
*
11 me reste à signaler, pour finir, en omettant les curiosités
de librairie, les principales éditions, les commentaires, les notes
critiques, etc., dans lesquels le texte de Diogène a été amendé
ou étudié :
Editions. — 1. Editio princeps de Froben, Bàle, 1533 : le
texte est emprunté, nous l'avons vu, au Codex Aurigalli,
aujourd'hui perdu (^).
2. Edition de H. Estienne, Paris, 1570, avec notes et tra- '
duction latine d'Ambrosius. Rééditions en 1593 et en 1594,
avec notes, traduction latine et, en appendice, les notes critiques
et explications d'is. Casaubon.
C'est d'après cette édition de 1594 qu'a été faite
l'édition de Genève (ap. Stoer, 1015; ap. Chouet, 1010;
ap. Vignon, 1010).
3. Édition de Thomas Aldobrandini, Rome, 1594, avec notes
et traduction latine.
4. Édition Pearson, Londres, 1004, avec traduction latine,
les notes d'Aldobrandini, les commentaires d'Estienne, des deux
Casaubon (Isaac et Méricus) et les observations de Ménage.
5. Édition Meibom, Amsterdam, 1092 (2 vol.), avec les
notes des Casaubon, de Ménage, d'Aldobrandini, de Kuhn, et
les collations de A et C faites par Gale sur le texte de l'Aldo-
brandina. Le texte est basé sur l'édition de Rome; la traduction
latine a été revisée .
(*) J. Sambucus Pannonius publia chez Plantin, à Anvers, en 1566, une version
latine de Diogène, pour laquelle il avait utilisé de bans manuscrits. (UiENEU, Epie,
p. XV.)
Tome XVll. — Lettres, etc.
— 98 —
6. Édition Hiibner, Leipzig, 18-28-1833 (4 vol.). L'éditeur
apporta peu de changements au texte; la traduction latine a
encore été retouchée. L'appendice comprend les notes de Casau-
bon et de Ménage.
7. Edition Cobet, Paris Didot, 1850. Bien que les prolé- ,
gomènes promis par l'auteur aux éditeurs ne leur aient jamais
été remis, les deux pages d'introduction contiennent des notes
intéressantes sur les manuscrits que Cobet a utilisés au cours
de ses voyages en Italie. A Florence, il a collationné le Cod.
gr. 69, 13 (F), qu'il croit du XIP siècle, et les Godices 69, 28
(G) et 69, 35 (H), qu'il attribue au XIV^ siècle. A Rome, il a
étudié le Vaticanus n° 411 (XIIP siècle) (*) ; à Naples, les deux
manuscrits que nous connaissons (il ne reconnaît aucune valeur
à D, mais considère B comme une source de tout premier ordre) .
Des deux manuscrits de Venise, 393 (M) et 394 (I), il a surtout
utilisé le premier. Dans la constitution du texte prédomine
l'influence de F. L'édition n'est pas encore débarrassée com-
plètement des mauvaises leçons de la vulgate, qui proviennent
de l'édition princeps. On y rencontre des variantes de D G et de
nombreuses corrections, soit de l'invention de l'auteur, soit
empruntées à />% T, G, ou même /. Par contre, Gobet n'a
pas prêté aux extraits de Suidas l'attention qu'ils méritent. La
traduction latine a été consciencieusement revue, aux points de
vue de l'exactitude et de la clarté.
Parmi les Notes critiques sur le texte de Diogène, il convient
de mentionner, outre les Commentaires qui figurent dans les
anciennes éditions, les travaux suivants :
i. Notes d'Isaac Gasaubon composées en 1583 et publiées
0) 11 est impossible d'identifier ce manuscrit. M, Jean Hubaux, de l'Institut histo-
rique belge de Rome, qui a bien voulu faire des recherches précises sur ce sujet,
m'apprend qu'aucun fonds du Vatican ne possède un manuscrit de Diogène portant
le n" 411. Le Vaticanus gr. 11 i4, du XlV^-XVe siècle, contient des extraits de
Diogène. Il s'est sans doute produit, dans les notes de Cobet, une confusion de
cliilïres. Peut-être s'agit-il du Vaticanus gr. 96, manuscrit d'Excerpla, qui date
du XlIIe siècle.
— 99 —
dans les éditions d'Eslienne, de IV^arson cl de Meiboni. Elles
sont précieuses par leur collection de passa^'es |)arallèles et
par leurs savantes conjectures. Des Addenda et l\lulanda sont
publiés à la lin de l'édition Pearson.
^. Notes de Méricus Casaubon, moins étendues, publiées
dans l'édition l^earson.
3. Notes de Ménage : longue étude, nourrie de rapprocbe-
ments suggestifs, d'ingénieuses corrections, de remarques phi-
lologiques d'un grand intérêt; composées en 16G3, elles furent
publiées par Pearson et par Meibom.
4. Observations de J. Kuhn, dans l'édition Meibom.
5. Quelques notes de Fabricius, Harles, etc., dans la liiblio-
theca graeca de Fabricius, IS pages 783 et suivantes (cf. p. 778).
6. Corrections de G. Roeper, publiées dans le P/iilologus, I,
1846 (pp. 058 et suiv. pour le 1. VIII).
7. Dans ses CoUectaneae Criticae (1878), Cobet revient sur
le texte de son édition de Diogène, pour proposer des correc-
tions (VHP livre : pp. 381, 408, 455, etc.).
8. Les Animadversiones in Laertium Diogenem de Reiske,
qui étaient restées inédites, ont été publiées par H. Diels, dans
ï Hermès, t. XXIY, 1889 (pp. 319-320 pour le 1. VIII).
9. Dans le même article, H. Diels a présenté souvent ses
propres conjectures, à côté de celles de Reiske. Dans un autre
article, Ein gefdlsc/ites Pijt/iagorasbucfi [Archiv fur Gescli. der
P/iUos.y III, pp. 451-47:2), on trouve encore d'autres correc-
tions au texte du VHP livre. Enfin les extraits de Diogène
publiés dans les Fragmente der Vorsokratiker méritent d'être
étudiés.
10. Dans la Classical Review de 1904, sous le titre Laertiana,
H. Richards a proposé quelques améliorations au texte de
Diogène (p. 342' pour le VHP livre).
Dans l'apparat critique, j'ai noté toutes les variantes de RPF.
Toutefois, j'ai omis celles qui constituent des fautes d'ortho-
— 100 —
graphe sans intérêt (iotacismes, v épagogiques, simplification
des consonnes doubles, fautes de quantité), qui n'affectent pas
les noms propres dont l'orthographe est douteuse, ou qui n'ont
pas de valeur morphologique. En ce qui concerne les élisions,
comme il serait vain de vouloir, en cette matière, retrouver
l'orthographe de Diogène, j'ai conservé partout les leçons
communes à B et à P, dont la tradition paraît d'ailleurs assez
indifférente à l'hiatus.
J'ai procédé de même à l'égard des Excerpta et des textes
cités par Suidas : l'indication de leur étendue figure, à chaque
page, immédiatement au-dessous du texte.
Parmi les leçons des recentiores, en général je a'ai noté que
celles qui sont reçues dans le texte et qui diffèrent de la tradi-
tion de BP F. A leur égard, on ne peut donc jamais conclure
ex silentio. En quelques passages particulièrement discutés, j'ai
cru bon de citer les variantes de la vulgate, surtout quand elles
ont été adoptées par Cobet.
Dans les passages parallèles, j'ai mis en évidence, par des
caractères d'impression différents, les textes qui présentent une
tradition particulièrement apparentée à celle de Diogène. Quand
le besoin s'en est fait sentir, je leur ai emprunté des variantes
utiles à l'établissement du texte. Il va de soi qu'en ce qui les
concerne, il ne faut jamais conclure ex silentio.
LA
VIE DE PYTHAGORE
ÉDITION CRITIQUE
AVEC INDICATION DES PASSAGES PARALLÈLES
s I G L E s
Manuscrits anciens.
B Burbonicus gr. 253, III, B, 29 {Vl^ siècle).
P Parisinus gr. B. iN. 17S9 (XIII^ siècle),
F Laurenlianus gr. 69, 43 (XlIIe siècle).
Excerpta.
S Suidas (16 =Codex Paris. B. N. 2626 de Suidas=A;
S2 = id. 2622; = id. 2623; = id. 2624.
2^ = Cod. V =^ Vossianus).
(I) = concordance de (Cod. Alhous, Dionys. 90), <Î>p
(Cod. Paris. B. N.supp. 134) et 4>v(Cod. Vatic. 96).
Manuscrits récents.
D Burbonicus gr. 252, III, B, 28 (XVe siècle).
G Laurenlianus gr. 69, 28 (XV^ siècle).
T Urbinas gr. 109 (XY^ siècle).
Q Parisinus gr. B. N. 1758 (XV« siècle).
A Arundelianus gr. 531 (XV^ siècle).
C Cantabrigiensis gr. Coll. S. Trin., R, 9 (XV^ siècle).
fr Ed. frobeniana (Cod. Aurigalli) de 1533.
/ Versio latina Ambrosii (XV^ siècle).
Éditions. Notes.
St. Estienne. Cas. Isaac Casaubon.
Aid. Aldobrandini. Mén. Ménage.
Pear. Pearson. Cob^. Cobet, Collectaneae.
Meib. Meibom.
Hûb. Hubner.
Cob. Cobet (édition).
Signes.
-f-
>
addidit.
omisit.
transposuit.
AAKPTIOV AIOrENOVÏ — WliïN KAI I NUMliN
TL>iN EN <I>IA()Ï0(1>1A'. EVAOKIMIIi:ANTL>N
KAI nm EKAi:Tik Ai[>E:i:Ei ape>:ant<jn —
TQN EIS r TO II'.
fi nreAroPAï.
1 . 'EireiôTi oe tt,v twvtxV cptXoo-ocpiav ttiv oltzo WaXoù xal Toùç év
TauTT) 8iayevo[JL£VOUç avopa; à^LoXôyouç ot.e).TiÂÛ9a|jL£v, ^épe xal Tcepl
TTiÇ iTaXi.x7;ç oia)vâpw[JL£v, f,; TjpSe IluOaydpa; MvYio-àpyou ûaxTuXt.o-
yX6(po'j, wç cpYicTiv "EpfJLiTiTzoç, HâfjL'.oç Y,, wç ' Apio-To^evOi;, TuppYjVOÇ
10 duo p-t-âç Twv VTia-(*)v a; è'cyov 'A9T,va^ot. TuppTiVoù; éxj3aXdvT£(; . è'vtoi
oe ulov [JL£v ewai. Mapjjiâxou toO 'iTïTcàa-ou tou EuOucppovoç tol» KXew-
vup.ou tpuydôoç êx <i>XtoGvTOç, o^xetv oe êv Sà|i.(o tov Màpjjiaxov, o9ev
Eà|jt.!.ov TOV IIuGaydpav Xéyea-Gaî.. 3. o-uo-Tviva!. 8k eÎç Aior^ov éABdvTa
4,4 et 5. TtuOayopaç. XaepT(ou 85.oy£vouç twv £'!ç i to ti' F TruGaydpaç
Tl'Pi>B. 4-3. p{wv— dp£crâvTwv]titulum operis ex Freccpi(cf. p. 8).
4 . |3{ot. P. yvw|jia!. P. 3. twv] + ev P. dpEo-xôvTwv P. In B desideratur
titulus. — 7. d^ioXorou^ av8pa<; r*^ F. 8. Ilu^aydpa;] -|- p.£v F.
9. I]à{jLt.o; — ïuppYiv6ç>F. 'Apio-To^evoç] + ô BP et ceteri libri,
exceplis AC. TupY^vdç Pl. 10. e^yov BP^ y,oL':i<7yov F. Tupr^vouç P'i.
£xPaX)vdvT£ç B. 11. Ma|jL£p/.ou Cas. (cf. Festum, s. v. Aemilia).
12. cpaLoOvToç BP'l. oiy.ziv iter. scr. F.
8. r.epi xri<; IxaXtxîic;]. Cf. le prologue, § 13.
Mvfiaàpy^ou] vulgaire; témoignage le plus ancien : Héraclite, fr. 129.
oaxxuXtoyXucpou] Hesychius (Scli. Platon et Suidas). — Apulée, Flor., II, 15.
Tzetzès, ChiL, XI, 65.
9. lâixioç] vulgaire; Hérodote, IV, 95. Hippobotos dans Clémem, Slrom.,
I, 62. Diodore, X, 3, 1. Porphyre, Y. P., 1. Hippolyte, Adv. haer., I, 2, 1.
Jamblique, F. P., 3.
Tupprjvdc;] Hesychius (Scb. Platon et Suidas). — Aiustoxène, Aristarque et
Théopompe dans Clément, S/ro??i., 1,62. Néanthe dans Porphyre, V. P., 2. Cf. Plu-
tarque, Qu. conv., VIII, 7. Diodore, X, 3, 1. Antonius Diogène dans Porphyre,
V. P., 10. Eusèbe, Pr. ev., X, 4, 13. Théodoret, Gr. af. cur,, I, 7.
12. £x <ï>Xiouvxo£;] Lycus dans Porphyre, Y. P., 5. — Pausamas, II, 13, 1.
— 104 —
<I>£pex'j8r, 'JTTO ZwO.ou toG B^eiou. xai xp'ia 7zo-:'t\picL xaTao-xeuacà-
jjievo; àpvupà owpov aTrriveYxev exâarTw twv lepswv e'.ç AîyuTiTov.
èV/c o£ xal àoeXcpo'jç, 7rp£3-pL»T£pov ijikv E'jvopov, pÉa-ov ok Tupprivov*
xal ooOÀov ZàijLo)v^!.v, w FÉTa'. .Stuo-jo-!. — Kpôvov vojjl'!Çovt£<; — ,
W; (PTjT'.V MIpÔOOTOÇ. 5
O'JTOç Y,xoua-£ ;j.£v, xa.Srâ'n£p ELpriTat., <ï>£p£xûoou toO Supiou * pi£Tà
Bk TTiV £X£Lvo'j T£Â£ur>,v T,x£v £?ç Sot^ov xal 7/.oua-£v 'EppooàpavTo;
ToG otTcoyôvo'j Kp£wcp'jXou, TjOTi 7:p£o-[3uT£pou . v£o; o' wv xal (^Cko^XOL-
4-5. 4>v : ÔTt tiixoX^ii; — SouXoç Tru^ayopou.
2. à7:y,v£yxev] -\- £v Reiske. 3. xa'! > F xa( habet etiam Hesychius
(Suidas); cf. Por[)h., V. P., 2. EGvocttov Forph., F. P., 2 et 10.
T'jpY.vôv V^. 4. Çâ|jLo)4i.v F^l> Hesychius (Schol. et Suidas) ÇâÀ|jL0^!.v BP,
Porph., F. P., 14, 15. 5. w; — 'HpoBoxo; > F post 66oua-t. Steph.
Monachius 'HpôooTOç] 'ItittôPotoç Mén. 6. pkv — £{p-/^Tat.> F. xa6à-£p
£{priTat. H xa8à 7rpo£{pr|TaL P. ^I^£p£x6ootj; F. 7. 8k > B'I. a-aApov B.
8. xp£0'|>6Aou B.
2. UpEiov £iç A'tyuTTxov] Cf. Antiphon dans Porphyre, V, P., 7. Plutarque,
conv., VIII, 8, 2. Clément, Strom., I, 69, 1. Lucien, Gai., 48. Antonius
Diogène dans Porphyre, V. P., 41. Jamblique, V. P., 48-19 et 454. Apulée,
Flor., II, 45.
3. £ff7_£— TuppT)vov] Hesychius (Sch. Platon et Suidas). — Néanthe dans
Porphyre, V. P., 2. Antonius Diogène, ibid., 10.
4-5. xal ôoùXov — 'flpo'Soxot;] HESYCHIUS (Sch. Platon et Suidas). — Hérodote,
IV, 95 (ne se rapporte pas à Kpdvov vopu'^ovxec;). Mnaséas dans Suidas, s. v.
ZocijioXçk; et l'E i YMOi . MAGN., ibid. Strabon, VII, 297 et XVI, 762. Antonius
Diogène dans Photius, Cod. 166, p. 140A. Dionysophane dans Porphyre, F. P., 44.
Favorlnus dans Sfobée, Flor., 62, 43. Clément, Strom., IV, 56. Hippolyte,
Adv. haer.. I, 2, 17. Origène, C. Celse, II, 55; III, 54. Jamblique, F. P., 104 et 473.
6-8. ouToç — rpecT^uTspou] HESYCHIUS (Sch. Platon et Suidas). — Néanthe
dans Porphyre, V. P., 1.
6. ^spsxùoou] Arisloxène et Andron dans Diogène, I, 148-449. Duris, ibid.,
420. Dicéarque dans Porphyre, V. P., 56. Héraclide Lembos dans Diogène, VIII,
40 et Polit. (FHG., II, 245). Nicomaque dans Jamblique, F. P., 484 6^252. Por-
phyre, V. P., 45 et 55. - Cicéron, Tusc, I, 38; De div.J, 50, 442. Diodore, X, 3,
4. Apulée, Flor., Il, 45 Apollonius dans Jamblique, F. P., 9 ss. et Porphyre,
V. P., 2. Clément, Strom., I, 62. Augustin, C. Acad., III, 47, 37; Epist., III,
437, 3. Eusèbe, Pr. ev., X, 4, 44. Tatien, Adv. Gr., 25. Alexandre, In Met., 4094
b 4. Tzetzès, Chil., XI, 75. — Cf. Suidas, s. v. y pot OT)Xa. Greg. Cypr., V, 47.
Aposlolius, XVIII, 35.
7. 'Epp.o8àp.avxoç] Apollonius dans Porphyre, F. P., 2 et JambliquCvF. P., 14.
— Porphyre, V. P., 15. Cf. Apulée, Flor., II, 15.
8 ss. v£o< — xsXexàç] Théol. AiaiHM., p. 40.
— 105 —
pappâpo'j; Tc).eTâ;. 3. éyévcTO o'Jv èv A ÎvÛtttc.) , ôiTYiVixa xaî IIoA-j-
xpotTY,; y.ÙTov ' AijLaT'.o'. a'jv£TTY,T3 0'.' èt^'-ttoXy,; , xal éçé|xaOe tyiV cpfovV.v
aÙTWV, XaGâ CpY,(Tt.V 'AvTLCptÔv £V T(0 TIEpf. T(OV £V àpeTYi TipWTE'JTâvTfOV.
5 xai Tîapà \aXoa'!o'.; ÈyÉvETO xal Mâyo'.ç. E'Ixa év Kp'/iX'rj ot'jv 'Eu'.aEV/yr,
xaxY,XOcV £''s xô'loa'Tov avxpoV — àXXà xal £v A'!y'j7rx(o cCç xà àouxa —
2. (jap^ap'.xâç /)• Cob. 4. xaOâ — 7rpwx£ua-âvxo)v > F. 6. 'loa-^ov
2. èv AiyuTtxtîj] Hesychius (Sch. Platon cl Suidas). — Isocrate, Bus., 28.
Callimaque dans Diodore, X, 6, 4. Cicéron, De (in., V, 29, 87. Diodore, I, 96 et
98 = Socratic. Epùt., 28 (Hercher, p. 628). Antonius Diogcne dans Porphyre,
V. P., 41. Stral)on,Vn, 638. Josèplie, C. Ap., I, 2. Table chronologique, G I G,
IV, no 6855 d. Pline, H. lY., 36, 14, 5. Plutarque, Qu. conv., VIII, 8,*2, 1 ; De Is.,
10. Justin, XX, 4. Lucien, Gai., 18; Vit. aiict., 3. Clément, Strom., I, 66.
Ammien-Marcellin, XXII, 16, 21. Apulée, Flor., Il, 15, Valère-Maxime, VIII, 7, 1.
Hippolyte, Adu. haer., I, 1, 2; IV, 51; IX, 17. Julien, Or., VIII, 7. Jamblique,
V. P., 18, 151, 158; De corn, math., 21. Théol. Arithm., p. 40. Lactance, Inst.
div., IV, 2. ryrille, C. Jul, X, 340. Eusèbe, Pr. ev., X, 4, 14. Ps-Justin, Coh.,
19. Libanius, Epist., 1050. Cedrenus, I, p. 165. Syncellus, Chr., p. 210 D.
Niceph. Greg., HisL, VIII, 7; Epist., 9.
3. S'.' ÈTriaToXîîç] Antiphon dans Porphyre, V. P., 7.
4. £Ç£[ji.a0£ — 'AvTicpcov] Extrait plus complet dans Porphyre, V. P., 7. —
Cf. Antonius Diogène,ibid., 11. Lucien, Gai, 18. Valère-Maxime, VIII, 7, ext. 2.
Jamblique, De myst., I, 2.
5. irapà XoXôatoK;] Hesychius (Sch. Platon et Suidas). — Aristoxène et
Diodore d'Erétrie dans Hippolyte, Adv. haer., I, 2 (Zaratas le Chaldéen!). —
Néanthe dans Porphyre, V. P., 1. Josôphe, C. Ap., I, 2. Clément, Strom.., I, 66.
Apulée, F/or., II, 15. Porphyre, V. P., 6. Jamblique, ï^. P., 14, 151, 158.
Eusèbe, Chr., I, p. 35. Nicéph. Greg., Epist., 9. — Les Chaldéens de l'Assyrie
dans Jamblique, De com. math., 21; de Babylone dans Antonius Diogène, Por-
phyre, V. P., 12. — Voyage à Babylone : Strabon, XIV, 638. Justin, XX, 4.
Jamblique, In Nie. ar., p. 118; V. P., 19 (Mages). Théol. Arithm., p. 40. Syn-
cellus, Chr., p. 210 D.
Màyoïç] Hesychius (Sch. Platon et Suidas). — Pline, H. N., 25, 5 et 30,
2. Cicéron, De fin., V, 29, 87. Plutarque, De an. procr., 2, 2. Antonius Diogène
dans Porphyre, V. P., 12 (cf. 6 et 41). Clément, Strom., I, 66 et 69. Apulée,
Flor., II, 15; ApoL, 31 . Jamblique, F. P., 19, 151, 154. Théol. Arithm., p. 41. Va-
lère-Maxime, VIII, 7, ext. 2. Lactance, Inst. dw., IV, 2. Eusèbe, Pr. ev., X, 4,
14. Hippolyte, Adv. haer., VI, 23. Stobée, Flor., 11,25. Anonyme, Vit. Plat.,
p. 9, 22 W.
£v Kpti-CT,] Cf. Apollonius dans Jamblique, V. P., 25. Justin, XX, 4. Valère-
Maxime, VIII, 7, ext. 2.
(TÙv 'ETti(j.£vior,] Cf. Apulée, Flor., II, 15.
6. elç xo 'ISa'tov àvxpov] Papyr. Hercul. (Crônert, S^wrf. ztir Pal.,\l, p. 147).
Porphyre, V. P., 17.
— 106 —
xal Ta TTEpl 6ewv ev à-jzoppr^TOiq, Ij/aSev. evra è'7ravri).ôev e^ç Edpiov
xal eûpwv TT,v TraTptoa TL»pavvou{jLCV7,v utio HoXuxpaTouç, duïipev et;
KpoTcova TTÎ; 'HaAiaç ' xâxeL vofjiou; Gel; Toî; 'iTaXtWTat.; éôoyuOr,
«tÙv Torç p-aGr^Tarç, oC, Trpoç Toùç Tpt.axoo-wuç ô'vTe;, (j)XOv6jJiO!Jv aptaTa
Ta TioXiTud, w(TTe (j^eôôv dpia-ToxpaTiav eiva;. Tuo)v5.Te(av. 5
4. ToOtov cçr,(Ti.v 'HpaxAeioïiç 6 novTLxôç Trepl auToû Taoe Xéye'.v
to; e'!'-/-, TTOTe yeyovwç Ai9aX(oY,ç xal 'EpfJioû uloç vofAio-OetTî. tov 8e
'Ep{JLfjV eiTre^v auTtjî é).éa-9a(. o tî, av ^oukriZOLi ttÀtiv dGavaaiaç. aiTri-
a-aa-0a!. o'jv ÇwvTa xal Te^.euTwvTa fjLVT||jL7iV e^eiv twv (7U(jLpat.v6vT(i)v.
4. Tpi.axoo-iou(; BPF Hesychius(Schol.)£ÇaxoG-{ouç Hesychius (Suidas).
6. Tiepl — Xéy£t.v > F. Tà8e P T{8é B. 9. TeXeuTT,a-avTa Cob.
2-3. xac eupoDv — 'ItaXtac;] Hesychius (Sch. Platon et Suidas). — Aristoxène
dans Porphyre, V. P., 9. Ovide, Met., XV, 60 ss. Aëtius, I, 3, 9. Strabon, XIV,
638. Porphyre, F. P., 16. Hippolyte, Adv. haer., I, 2, 1. Jamblique, F. P., 88.
Themislius, Or., 23, p. 285 B. Firmicus Maternus, I, 8, il. Scholie lliade,0, 410.
Pseudo-Acro, Schol. in Horat. vet., II, p. d62, K. Tzetzès, Chil., XI, 78.
3. voVouç <^£t;] Porphyre, V. P., 20. Jamblique, V. P., 30, LSO, 172.
Èooçaa^T)] cf. Alcidamas dans Aristote, Rhét., II, 23. Dicéarque dans Por-
phyre, V. P., 19. Jamblique, Y. P., 53 et 57.
4. Tpiaxoatouc;] Hesychius (Sch. Platon). — Apollonius dans Jamblique,
V. P., 254. Justin. XX, 4. Lucien, Yit. auct., 6. Athénagore, Leg,, 31.
5. àpiatoxpaxiav] Cf. Apollonius dans Jamblique, V. P., 255.
6 ss. Toutdv cprjaiv, etc. 4-5]. A. même série de métempsycoses : Porphyre,
V. P., 45. Tertullien, De an., 28. Hippolyte, Adv. haer., I, 2, 11. Scholie de
Sophocle, EL, v. 62 et Suidas, s. v. f^ÔT). Georgius Cedrenus, Hist. comp., I,
p. 275. — B. séries différentes : Dicéarque et Cléarque, dans Aulu-Gelle, IV, 11.—
Jérôme, Adv. Ruf., p. 40. — Scholies d'Apollonius de Rhodes, I, 645. Artemii
Passio, 26 (Patr. gr., XCVI, p. 1276). — Cf. Aristoxène, Androcyde, Eubulide,
JNéanthe et Hippobotos dans les Théol. Arithm., p. 40. — Lucien, Ver. hist., II,
2d.— C. Euphorbe seul : Diodore, X, 6, 1 et 4. Horace, Odes, I, 28, 9. Ovide, Met.,
15,160. Lucien, Dial. mort., 20, 3; GaL, 13, 15, 17. Origène, C. Celse, VI, 8.
Hippolyte, Adv. haer., I, 3, 3. Porphyre, V. P., 26-27. Jamblique, V. P., 63.
Ps-Diogène, Epist., 19 (Hercher, p. 240). Maxime de Tyr, Phil., X, 2. Ausone,
Epigr!, 77 (cf. XVIII, 29, 38). Hyginus, Fab., 112. Lactance, Inst. div., III, 8; VII,
23. Philostrate, Vit. ApoU., l, l;'lll, 19; VIII, 7, 4; Heroic., 17. Tatien, Adv. Gr.,
25. Cyrille, C. JuL, III, 87. Lact. Plac. Com. in Stat. Theb., III, 483. Scholie
Iliade, P, 28. Ps-Acro, Schol. in Horat. vet., I, p. 106, K.
- 107 —
èy [JLev O'JV Ziori 7râvT(i)v ot,a|jLVY,|JLOVcG'jat, ' eue', oe àrcoôavot, TY,pvi-
(jat TTiv auTY^v jjLVYi{JiY,v. /pdvt}) o' U(TT£pov E'j(pop(jov èXOeCv xal îiKo
^Uyekuo Tpo)9Y|vau 6 8e Eucpopjjoç eXeyev A'.'OaX(oY,ç ttote vcYÔvo'.
xal OT!. Tiap' 'Ep{JLoO TO Swpov loLpoi xal TY.v TYjÇ tj^uyYiç 7:ept.TrdXY,a''.v,
5 (b; TzepieTzoXrfiri xal eî; oa-a cpuTa xal ^wa TapeyévcTO xal o^a
T, ^'^73 £v T(jî a8'^ eTiaSc xal al XoLual xlva !JT:o{jLévou(T!.v.
5. èTSLOYi o£ E'jcpoppo; otTioGavo!., (JLeTapYjvat. tyjv t|;uyY|V auToO
ei-'ç 'Ep[JL6Tt.(jL0v, 6; xal auTÔ; Tido-Tiv ^eXwv ooûva'. £7:avYi).0ev £'.';
Bpayyioaç xal ei^eXGwv et.'; to toD 'AttoXXwvoç lepôv ÈiréoELçev y,v
10 MevéXao; àvé8Y,x£V à(T7:{oa (è'cpYi yàp aÛTOv, ot' oLTzéTzXei £x Tpo'laç,
avaBervat. Ttjî 'AttôXXwvî. tyiv âdTiioa) oi.a(T£(7-/]7rurav '/^oy,, jjlovov ok
8',a|Jl.ÊV£!.V TO éXECpâvTLVOV TCpOa-WTTOV. ê7re!.0Y| 8k 'Ep{JLdT!.{JLO(; aTTÉBaVc,
yevé^rOai Ilùppov tov ^r^kioy âXiea* xal TrâvTa TcâXiv {jivYt|jLOV£Ù£t.v,
TTw; T:pd(T6£v At^GaXloYiç, eiT Eucpop^oq, eira *Ep|jL6Tt.|i.o;, e^Ta llùppoç
io yévoiTO. éT:£i,OYi 8k IIuppoç âueOave, y£V£a-9ai FluSaydpav xal TiàvTwv
TWV eipY,{i.évWV |JL£fJLV7ÎO'9at..
6. "Evt.ot. [Jikv IIuBaydpav jjiYiok £v xaTaXt-Tie^v TÛyypa[jL[j.â cpa^t.
Siauea-dvTeç. 'HpàxXet.To; youv ô cpuaixè; [j-ovovouyl xéxpaye xal
5. 7i£p!.£y£veT0 F. 6. Ttj) à8ri] à8ou Cob. 8. SoOvat. ^fkioy^F. àvYjX^Ev
Reiske. 10. £.St,x£v F. [i<ft] — àa-7ri8a] secl. Cob. àTrÉTrXeuo-ev F.
12. 8ta|ji£vov Cob. 14. 7rpo(T9Yiva!.5aXl8YiÇ B. e^Ta 'Ep[jLdTt.|i.o; > F^.
17. {jLév]-|-ouv P. 18. StaTreo-dvTe; Reiske 8iaT:£ÇovT£ç B 8t.aT:alÇovTe; PF
8t.a7rTa{ovT£; Scaliger 8f.aTc{TCTovT£; Dielsi (cf. V, 6) TïaiÇovTEç Diels^
(Fors.) < vYi > Ala iraiÇovTEç Gomperz. xa{ > Fi.
7-12. èticiSt] o£ — irpdawTTov] Aventure attribuée à Pythagore par Hippolyte,
Adv. haer., I, 3, 3, Origène, C. Celse, VI, 8, Ps-Acro, Schol. in Hor., I, p. 106;
située à Argos par Ovide, Mét., XV, 160, Diodore, X, 6, 2, Scholie Iliade, P, 28;
à Delphes par Tertullien, De an., 28 ; à Mycènes par Porphyre, V. P., 27, Jam-
blique, V. P., 63; dans un temple d'Athéna, par Maxime de Tyr, PfiiL, XVI, 2.
17. (jL-nSè £v xaTaXi7rc"tv auyypajjLfjLa] DiOGÈNE, prooem., 16. Démétrius dans
Diogène, VIÏI, 85. Posidonius dans Galien, De Hipp. et Plat., 5, 6. Josèphe,
C. Apion., I, 22. Plutarque, Alex, fort., 1, 4; Numa, 22, 3. Lucien, De salut., 5.
Nicomaque dans Porphyre, V. P., 57 et Jamblique, V. 252. Augustin, De
cous, ev., I, 7, 12. David, Schol. in Arist., p. 13 et p. 28fl. — Cf. Philodème, De
piet., p. 66.
18. 'HpâxXeito;...] Fr. 129 Diels : cf. fr. 40.
— 408 —
cpy,a-t* (c iruOayopr.s Mv-rjo-apyou iTTopiï^v Y.orxïio'ev âvôpWTiwv {jLàÀ',aTa
:tàvT(i)V* xai £xXe^â|JL£voç Tauxa; Taç «Tuyypacpàç £7ro',Ti(7aTO eauxoG
«To^tTjV, -oAujjLaÔe'/riv, xaxoTsy v/^v . » outw o' e^Tcev eueioriTrep evap-
yôuLEvoç 6 JI'jGayopaç tou cpuo-ixoû o-'jyypàjjLfjiaTo; Xeyet. (ooe* « Où {jià
TÔv àspa, Tov àvaTTvew, o'j |ji.à tÔ ûowp, to tcivw, ou xaxoiaw (}>6yov 5
irepl ToO Xdyou touos. )) ysypaixTat, os tw IIuGayôpqt <Tuyypà[jL|jiaTa
Tpia, Tra'.OcUTudv , tcoX'.tixov , cpuTt.xdv. 7. to Se cp£pd[JL£vov lùç
HuGayopoL» Auo-todç eo-ti tou TapavTLvou nuQayopuou, cpuydvToç £i;
0T,paç xal 'E7ra[Ji£',v(i)voa xaGïjyria-ajjLÉvou.
<î>T,a-l o' 'HpaxA£{oY]ç o toO SapaTiiwvo;, £V Swtiwvoç lutTOfi-Tj, iO
y£ypa(p£vat. aùxdv xal 7i£pt. Toû okou £v £7i£(7t.* osuTEpov tov Ispdv
).dyov, ou Ti OLpy-fi' « vÉoi, àXXà T£p£<T6E {jleG' T,<Tuy{a(; Ta6£
TcâvTa* )) TpiTOV TTSpl (j^Uy/jç, TETapTOV TC£pl e\J(7BPei(X<;, 7T:£|i.7rT0V
HXoGaArj, TOV 'ETrt.yâp|JL0U toi» Kwou TiaTÉpa, extov KpoTwva xal
yjXo'jç' TOV 0£ [jLU«TTixov Xoyov 'iTUTrao-ou cpr,(7lv ELvat,, y£ypa[7.|jL£vov èizi 15
oia^o^T^ IT'jGaydpou * izoWoùç oz xal utto "Ao-twvoç tou KpOTWViaTOU
ypoL^^éwTy.^ àvaTcG-?iva!. lIuGaydpa. 8. <^'^al ok xal 'Apt,«JTd^£voç
1. 7r'j9aydpo!.ç B TiuGayopaç ¥. la-Top(T,v '/^a-xTiO-Ev BP UxopE^v ifjyu^ev
F. 2. £Tro{-r|(7Ev F. ewutou Cob. (ex P3). 3. TcoXu|jia3{'^v B 7zokulJ.oL^■r\tr^y
Cob. xa).oT£yv{Yiv Cas. 4. 6 > F. 5. où xaTo^aw BPF où xot' olVw
Diels oùx àvoio-w conicio. 7. cpu(3-i.xdv> Hesychius (Suidas), sed Hesych.
(Schol.) ut Diogenes. cpEpdjjiEvov] + TpÎTov Hesychius (Suidas), at non
Hesych. (Schol.). 9. £7ta|jL{vcova B. 12. 'h > B. crÉpEa-Os G2T /"r crÉpETSaL
BP^F. h'^u'/ifiCi Cob. (ex P3). 15. <fOLrriy Cob. (ex DG fr).
6-9. ysypariai — y.oLB-riyrifsaLii.ivoo] Hesychius (Schol. Platon et Suidas).
8-9. cpoyovxoi; — x«^r(YT)aa|ji.£vo'jJ Aristoxène dans Jamblique, V. P., 250
et Porphyre, V. P., 55.
41-42. TOV [epov Xdyov] Cf. mes Études sur la Littérature pyth., pp. 3-79.
U. 'HXoOaXYi TOV 'E7rixâp[J.ou| Cf. Diogène, VIII, 72. Jamblique, V. P., 166,
244, 266.
45. tèv oà (j.uaxtxôv Xdyov 'iTiTràaou] Cf. Apollonius dans Jamblique,
V. P., 259.
— m) —
Ta TcXeîaTa T(ôv YjO',x(ôv oovjjiâTfov 'hcL^jev^ tov IluOayopav Tiapà
Bep.t.a'ToxXeîaç tyj^ sv AeXcpoîs- Iwv os 6 X'.oç sv toTç TpiayiJiorç
(pYja-tv aÙTov svia Tto'.Yia-avra àvsveyxcCv e'I; 'Op'^Éa. aÙTO'j XsyojT!.
xal Taç Korioaç, où r\ àp/'^i ' <^ M->i tàvaaîoeuT [JLYiOSV'i.
5 i^wo-LxpaT-riç os év /\',aooyarç cpY|a-i.v aÙTOv spwT'^Osvxa (jtzo Aeovto;
TO'J ^^bX'.ao-LWv Tupàvvo'j tÎç E'/rj, « cp'.XoTO'^oç etTierv xal tov ,jiov
so'.xsvat. Trav'^yûpet. ' w; oùv Siç TauTY^v ol p.kv 4ya)V!.oûjjt.6vot, ol os
xaT' s^u-TTopiav, ol oé ye [ié'k'zi<7T0i ep^ovTai .reaTaî, o'jtwç êv T(o [jii^
ol |JiEv àvâpaTTOOwôetç, ecpYj, cpùovTai oo^yi; xal rcXsoveç'ia; .SfYjpaTat,
10 ol os (^Ck6<70'j>oi tyÏ; âXYiOs'Iaç. xal Tocoe jjisv wôe.
5-10. ^1*^' : 7r'j3ayo'pa(; èpwTTi.SEï!; utto XÉovxoç — àXTj.SrEtaç.
1 . uuQayôpa B. 2. 0S|jn.a-ToxX£{a; libri, hic et infra, § i\ (II excepto :
©eoxXeiaç) 'Apt-o-TOxXsia; Porphyr., V, P., 41, Suidas, s. v. Taôs sx
ToO TpiTioôoç, Photius, Lex., ibid., et Apostolius, Cent., XV, 88.
T'/i; Êv ûsXcpoL; P et omnes libri infra, § 21 (et Porphyr., V. P., 41) ty,ç
dôsXcp-?!; BF et § 21, S; Cf. tov oLoik'-^ô^ Suidas, /. c, Apostolius, /. c,
TOV AsXcpov Photius, /. c. Tpt,ay|j.or; > (ut videtur). 4. xal Ta;
RoTTiSa; Diels (cf. Tiinaeum in Schol. ad Eurip. Hec.y 134, Philodem.
Rhet., I, 57 et Etym. magn. s. v. xotcl;) xal xà; X07rt.à8a; PF xaTac-
xo7it.à8a<; B xal Taç SxoTiàç 'Aiôao Nietzsche. yi >B. âvaaiôs-j FàvàaiSeL;
BPi dvaSiSsu Diels (treibe keine AdvokateiipraxisJ avat-BsO Fabricius
dvet-BeCi Kùhn dvàSsu Grentemenilius aY^oeC» Faber Mén. 5. Swo-upaTYiç
DGÏ «TwxpaTYiç BPF. ^ojcLiq Bi. 6. cpt,Xocrocpoç <ï>^ cpt,Xôa-ocpov BPIF.
7. oùv] yoùv Bywater. âywvt.o6[ji£voi. è'pyovTat. ^ <ï>^. 8. y£ > 4>^'.
9. cp'JOVTat.] cpaîvovTat Reiske.
i. Tiapà ©cfxiaxoxXetaç] /«/ra, § 21. Porphyre, V. P., 41. — Suidas, s. v.
xàôe £x xoO xptTToSo^. Photius, Lex., ibid. Apostolius, Cent., XV, 88 (Parœm.
gr., II, 652).
2-3. "Iwv — 'Opcpéa] Clément, Strom., I, 131. Cf. Hérodote, II, 81. Suidas,
s. V. 'OpcpEuç. Jamblique, V. P., 145 s.
4, xà; KoTriÔaç] Diels, Archiv fur Gescfi. der Philos., III, p. 454.
5-10. epwxrjÔEvxa — àXr|Ô£tac;] Héraclide Pontique dans Diogène, prooem., 12,
et Cicéron, Tusc, V, 3. — Diodore, X, 10, 1. Jamblique, Protr., 1,9 , In Nie. ar.,
pp. 5, 26. Valère-Maxirae, VIII, 7, ext. 2. — Cf. Quintilien, Inst. or., XII, 1, 19.
Clément, Strom., IV, 9. Jamblique, V. P., 44, 58, 159. Ambroise, De Abr., 2, 7.
Augustin, De cii;., VIII, 2; De Trin., XIV,1,2. Isidore, On^.,VIII, 6, 2; XIV, 6, 31.
Boëce, Inst. mus., Il, 2. Heimias, In Phaed., 64. Cramer, A?técd. Paris., IV, p. 414.
— 110 —
9. 'Ev oe tol; xpio-l a-jyYpàijL|jLao'i tol; 7rpoeipri|jiévot.(; cpépeTai
UuOayopou Taoe xaOoXuwç. oùx eà eù^efrOai UTtep auxwv 8tà to piri
ei8éva(. tô o-'j{i.{pépov, T7|V (JiéÔ'Aiv ev âvG'évô; pXàjB-riv xaXeî xal 7tXT,a--
|JL0VY|V 7rà(Tav â7ioOoxt.{JLàÇe!., Xéywv [jiy| uapapaiveiv [ji'/iTe twv ttovwv
(JLTjTe Twv a-t.TL(i)v (jLTjôeva t)\v a-!j[jL(jLeTp{av. xal Trepl a^pooLciwv oé 5
(pT|a-t.v ouTw;' « 'Acppooio-'.a ^e!.(jLwvoç Tro!.éeo-9at, (jlt, ^épeo; * cpOivo-
Ttwpou oe xal 7,poç xoucpoTepa, [Bapéa oe Tràa-av wpTjV xal è; Oyetriv oùx
ayaOà. )) àXXà xal TioTe épWTTjôévTa TroTS oei TcXyja"t,àÇeiv, eiTieiv *
c( OTav PoùV/j yevécGai aÙTOÙ àfrOevéo-Tepo;. » 10. otaipelrai. 8e
8-9, <I>apv : épa)Tr,6ôtç Trote §e"t — ïtpj] — àaôsvedxEpoç.
i. ypà(ji(jLa(Tt, F. 2. eà. eù^eaGat. ÙTiep aÙTwv BP(auTwv B) êXéy^ea-9e
ùtio éauTwv F. 3. ewévat, PF eiva', B. (TÙ(jLpopov B. ev àv9' èvo; BP êv
avOet. voo; F e^wGet, vooç vel ev àv9' évo; vooç Mén. évavTLvoov Mericus
Cas. 4. t:ov(i3v BPF (cf. Jambl., F. P., 163), ttotwv Cas. Mén.
Cob. (cf. Jambl., F. P., 224). 5. a-t.Tl(i)v]orTi.(i)v B + l^'h'^^ '^^^ ûtivwv DG
cf. Jambl.,//. ce. 6. Gépo; B. 7. ^apia B [Bapela PF^. ùyelrjv F ùylrjv Pl
ù^eiyy B ùytel'/^v Cob. -|- eivat. F. oux àya9à > F^. 8. T:Xrjcr!.àÇet.v] -f
yuvaul 4>. eiTrelv BP e^Tiev F et^post âo-Gevea-Tepo;. 9. OTav ^où^r, BP
et ceteri auctores oTe ^oûXei F4>. aùroù Pl atÎTOù B èauToù F o-eauToù 4>
(Tio'JToù Cob. Siat-pelrat, PF 8t.ai.perv Te B* (ut videtur) 8t.at.per Paris.
1630 hvr^^u ^,
4. £v Se xoi^ Tpial (j\jyypoLi),[kix<ji] Cf. Diels, Ein gefàlschtes Pythagorasbuch,
Archiv, III, pp. 451 ss.
2. oux âqc eu^£(j6at] DiODORE, X, 9, 7 et 8. Cf. Ps-Platon, Alcib. II, p. 143 A
et Orion, Anthol. Pal., V, 17. — Jamblique, V. P., 145 et 224.
3. xfjv (jLE^Tjv — xaXe^J Cf. Stobée, FLor., 18, 25 et Arsénius, Vio/., p. 210, W.
3-5. 7rXr)(T[J-ovT)v — <^^(J-[J-£tpi'av] Aristoxène dans Jamblique, V. P., 163 et
224. Nicomaque, ibid., 34 et dans Porphyre, V. P., 22.
5. Trepl àcppoûiai'wv] DiODORE, X, 9, 3. Stobée, Flor., 17, 13. Cf. Aristoxène
dans Jamblique, V. P„ 209.
8. àXXà xaî TTOxe epœxTj^evxa] DiODORE, X, 9, 4. Cf. Clément, Strom., III, 24.
Attribué au pythagoricien Clinias par Plutarque, Qu. conv., III, 6, 3; à Épicure
par un Anonyme (Usener, Epie, p. 344, 62a).
9 ss. ôtaipelxai — àv-npl DiODORE, X, 9, 5. — Ovide, Mét., XV, 200-213. Joh.
Damasc. Flor., 1, 1, 4. — Cf. Aristoxène dans Jamblique, V. P., 201 et 210.
Théon de Smyrne, Exp., p. 98.
— lu-
xai TÔv TO'J âvOû(i)T:o'j pLov o'jT(.)* « llaCç cuoai ÏTea, verivia-xoç
euocT'., vs-r^vLTi; eîxoT!,, yépcov euoa-!,. al oe r|X!.x'!aL Tipôç Taç wpaç
wSe (Tuij.ucTpot.* Tcaï; é'ap, ve-f|VLa-xoç Oépoç, veY|V'ir,; '^Otv67to)pov,
y^ptov '^eLijKÔv. » ea-Tt. o' aÙToj 6 {jiev veY|v{(Txoç jjie'.pàxiov, h ok
5 ve'rivÎYjç àv/|p.
Ei7:é Te TipwTOç, (^y\7i Tt{i.a(.o;, xot.và Ta cpOvWv eiva». xal
(piXtav to-OTTiTa. xal aÛToù ol |jia9r,Tal xaTÊTtGevTo Taç oÛTia; etç ev
7rot.oûii.evot. . irevTaeTÎav Te ria-û'^aÇov, [jlovov twv Aoywv xaTaxoùovTeç
1-5. Cod. Paris, gr. 1630, f. 115^ (Boissonade, II, p. 455). Cf. <ï>apv (summa-
lim et communi dialecto).
4. TÔv] -|- ôXov Paris. 1630, 2. yépwv e^xocO F. 3. wSe] toù ^pôvou
'fiToi Tàç o' Paris. 1630. v£av{a-xo; BP. 7. ei'ç ev xaTETtGevTO ^ BP
[e^ç ev 7iot,oûijLevoi] secl. Rittershuis. 8. [7io!,ou|i.evot,] secl. Cob. p.ôvov
Meib. fjLÔvwv BP F*
6. xoivà xà <ptXa)v] Fragment de Timée plus étendu dans Photius, Lex., s. v.
y.ovié.^ ZÉNOBE, Cent., IV, 79, et Scholie de Platon, Phèdre, p. 279C. — Cf. Diogène
Laërce, X,ll. Cicéron, De leg., 1, 12, 34. Antonius Diogène dans Porphyre, P.,
33. Jamblique, Y. P., 92. Julien, Or., VIII, 4. — Maxime attribuée aussi à Bion
(Diogène, IV, 53) et rapidement devenue proverbiale.
7. cpiXtav laoTTixa] Infra, § 33. Jamblique, V. P., 162. Olympiodore, In Plat.
Alcib., p. 31. Joh. Damasc, Flor., I, 13. Devenu proverbial : Platon, Lois, VI,
p. 757 A. Diogénien, Cent., II, 94, Apostolius, IX, 17, Macaire, IV, 82. Cf. 91X0; laxlv
à'XXo; eyo) : [Aristote], Magn. moral., II, 15. Ps-Plutarque, Vit. Hom., 151.
Cicéron, Deoff., I, 17, 56. Antonius Diogène dans Porphyre, V. P., 33. Jamblique,
In Nie. ar., p. 35. Synésius, Epist., 100. Eustathe, In lliad., p. 1131, 60. Proclus,
lu Parmen., I, p. 127 E. Hermias, In Phaedr., p. 33. Arsénius, Viol., p. 240, W.
Schol. Iliade, S, 82.
xai auTou — slç *£v irotoufjLevoi] Timée, ci-dessus. Aulu-Gelle, I, 9, 12. Jam-
blique, V. P., 30, 72, 167 ss. Porphyre, V. P., 20. Hippolyte, Adv. haer., I, 2, 16.
Olympiodore, In Phaed., p. 8. — Cf. Origène, G. Celse, II, 12.
8. 7r£vxaeTtav zt Vu)(^aÇov] Sénèque, Epist., 52, 10. Plutarque, De curios., 9.
Clément, Strom., V, 67. Lucien, Gai., 4; Hermot., 48; Vit. auct., 3. Jamblique,
V. P., 68, 72, 94. Hippolyte, Adv. haer., I, 2, 3 et 16; VI, 22. Apulée, Flor., II,
15. Eusèbe, Hist. eccl., IV, 7, 148. Jean Chrysostome, Hom. in Johan., II, 3.
Ambroise, De ojf. min., I, 10. Théodoret, Gr. aff., 1, 12. Épiphane, Adv. haer.,
proœm., 1, 1 et III, 8. Jérôme, Com. in Ecoles., t. III, 410. Procope, Epist., 157.
— 112 —
xal oùSé-w lIjOayopav ôgwvtsç etç ô ôoxLp-aTGerev * ToûvTeùSev Çe
éyivovTo Tf,ç oulaç aiÎTOU xal TfiÇ otLewi; |jL£T£Lyov. — â7r£{yovT0
Ô£ xal Topo'j x-j-apio-^lv-/^; Bià to tÔ to'J Aiôç axrjTCTpov £VT£G9ev
7r£7iO!.7j<78at., cpYja-i.v "Ep;jL',7r7io; Iv 8£'JT£pG) 7r£pl HuBayopou. —
1 1 . xal yàp xal a-EULVOTrpETîEa-TaTOç ).£y£Tat. yEVEo-Oai xal aÙTOU 5
ol fjLaôyjTal oô^av e^^ov TCEpl auToù w; e^t, 'A'tiÔaXwv e^ TTiEpPopE^wv
àcp!.yiJL£vo;. Xôyoç ùé nore auToG uapayupLVwGsvTo; xôv jx'/ipov d<pGïivaL
'^pudoGv • xal oTi Necto-oç 6 -oTajjLOç oiapaivovTa aûxov upoTayopEua-at,
TIOÀÙÇ Y,V Ô Ciâo-XODV.
2-4. : à7i£t^ovxo — 7i£';xoi7Îa6ai. 7-8. ^P'^ : TrapatyuiJi-vwôévxof; — TipcaT^yd-
peuaîv.
3. Td2 4>^ > BPF. 4. TiEp^TTOLeraSai F. 5. auroG > Gob. 6. ÙTiEpj^o-
pa{(i)v BPl. 7. Xoyoç BP )iy£Ta(. F. auToG tuote ^ F. 8. veo-oç F <ï>^.
Sidonius, Ep., Vil, 9, 5; Carm., XV, 51. Niceph. Greg., Hist., X, 8; XX, 1; XXI,
4; Epù^., 8. Olympiodore, In Phaed., p. 8. Tzetzès, ChiL, VU, 155 et VIII, 279.
— Cf. Lettre de Lysis à Hipparque, Jamblique, V. P., 76. Isocrate, Bus., 29.
Alexis dans Athénée, IV, 161 B. Ovide, Met., XV, 60 ss. Plutarque, Niima, 8, 7.
Athénée, I, 20 D et VU 308 G. Aulu-Gelie, I, 9, 3 ss. Julien, Orat., VIII, p. 231 G.
Greg. Naz., Orat., XXVII, 10. Libaniiis, Epist. lat., II, 7. Hermias, Irris. gent.
pfiil., 16. Suidas, 5. v. II. et atwTrn. Ps-Plutarque, Vila Hom., 149. Glaudien,
Carm., XVil, 90 et 137. Euslathe, Opusc, p. 259, 9J et p. 286, 1.
1. Toùvx£û^£v...] Jamblique, V, P., 72 ss. — Cf. Hippolyte, Adv. haer., I, 2,
16 ss. Clément, Strom., V, 37.
2. àTTct'xovTo...] Jambuque, V. P., 155. - Cf. Pline, H. N., 35, 46.
5. a£(j.vo7rp£7r£aTaToç] Dicéarque dans Porphyre, V. P., 18. Jamblique, V. P.,
10 et 20. Apulée, F/or., II, 15.
6. wç EiT) 'AtcoXXojv £^ ' ÏTiEppopEttov] Aristote daus Elien, V. H., II, 26 (cf.
IV, 17). Porphyre, V. P., 28. Jamblique, V. P., 30, 91 ss., 135, 140, 177. —
Lucien, Diat. mort., 20, 3; Gai., 15 et 18. Scholies de Lucien, p. 124, R. —
CL Diodore, X, 9, 9. Sextus, Adv. math., VII, 9i. Justin, XX, 4. Épiphane, Adu.
haer., I, 1.
7. Xôyoç oé TtoTE...] Aristote dans Elien, V. H., II, 26 et IV, 17, et dans
Apollonius, Mir., 6. Jamblique, V. P. ,92, 135,140. — Plutarque, Numa, 8,6.
Porphyre, V. P., 28. Lucien, Vit.auct., 6; Gai., 18. Scholies de Lucien, p. 124, II.
Artemii Passio, 29.
8. xal ô'xi N£ff<Jo<;...] Jamblique, V. P., 134. Cf. Aristote dans Elien, V. H.,
II, 26 et IV, 17 et dans Apollonius, Mir., 6. - Porphyre, V. P., 27.
TtfjLaiôç Té cpr|<Ttv êv Sexotxco 'IttoouÔv Xéyei'^ aùrôv Taç Tuvouoùaaç
(xv5pà(7t. ^ewv lyetv ovô{i.aTa, Kopaç, NujjLcpaç, c'^Ta MTjTépaç xaXou-
{jLÉva;. TO'JTGV xal yetojjieTptav èul uépa; ayave^v, TrpoÏTov Mo'ipiooç
eùpôvToç xà; àp")(àç t(5v a-Tot.ys'!wv a-jT^js, cpTio-tv ' AvTuXeîoYiç ev
5 ôeuTeptjj Tiepl 'AXeçâvôpou. 12. (i-aXto-xa oè a-yo^âiat. tov ffuGa-
yôpav Tzepl t6 âp!.0(jLT\T!.xov eiSo; a'jTriç. tov xe xavôva tov éx {Jiiàç
^opSf.ç eupeiv. — oùx T,|jLéXir^(Te 5c oôùï loLZpixri^. — cpT,(7l o' 'Atto/Ao-
ûwpoç ô Xoyi(TX!,xôs exaxojjLp-^v .^ù(yai aùxdv, eOpdvxa oxl xou xp'.ywvou
dpôoywvw'j T] uroxeivoua-a TtXeupà i'^jov ouvaxa'- xaCç Tcep'.e^oûa-a'.ç,
10 xal è'axiv e-îypa[jL{jLa o'jxwç eyov*
4. Sexâxw BP t." F Bexocx'/j />' Cob. 3. âyayelv F xouxov ayeiv BP^
Tcpoayayerv coniciam, cf. I, 25. [jioipiSoç upwxov ^ F. TipwTou Cob.
-i-S.aÙTïî; — 'AXc£àv5pou> F. 5. TT'jGaydpa F. 7.ou5é>F. 8. 6 Aoyi-O"-
Ttxoç > F. 10. eyov F eyov P'i epyov B (qui verbum sequentibus
coniunxit).
1. Ti'fxaidç te <pT)aiv....] Jamblique, V. P., 56. — Cf. Hesychius, Lex., s. v.
3. veiofjLExpi'av £7Ù Trépaç àyayetv] vulgaire : Diogène, 1, 1^. Diodore, I, 98 et
X, 6, 4. Hermésianax dans Athénée, XHI, 599 A. Lucien, \it. auct., 2. Hippolyte,
Adv. haer., I, % 2 et IV, 7. Porphyre, V. P., 6. Jamblique, V. P., 22, 89, 158,
159. Proclus, In EucL, prol., 2.
6. TOV T£ xavdva xôv ex fxiaç ^opôrj<; £upe"tv] BoËCE, Inst. 7nus., I, 40. GaudenCE,
Intr. harm., 11. Proclus, In Tim., Il, p. 174, 23. — Cf. Xénocrate, d'après
Héraclide, dans Porphyre, In Ptol. harm., I, 3. — Nicomaque, Ench., 6. Jam-
blique, V. P., 115 ss., In Nie. ar., p. 121. Censorinus, De die nat., 10, 8.
Macrobe, In Somm. Scip., II, 1, 8. Théon de Smyrne, Expos., p. 56. Fulgence,
Myth., III, 9. Chalcidius, In Tim., 44. Isidore, Orig., III, 15, 1. Cramer, Anecd.
Paris., IV, 421.
7. oûoe laxpixTÏç] Aristote dans Elien, V. H., IV, 17 (cf. IX, 22). Pline, Hist.
nat., 19, 30; 20, 3; 24, 99, 100, 101; 25, 5. Celse, De med., I, prooem. Porphyre,
V. P., 33. Jamblique, V. P., 82, 110. 111, 163, 164, 244, 264.
(pTjal S' 'ATCoXXoÔwpoç...] Même citation dans Plutarque, Non posse siiav., 11,
Athénée, X, 418 F, et Diogène, I, 25. — Vitruve, Arch., IX, 214. Proclus, In
EucL, I, 47. — Cf. Antonius Diogène dans Porphyre, F. P., 36. Cicéron, De nat.
deor., III, 36, 88. Plutarque, Qu. conv., VIII, 2, 4. Philon, De vita contempl.,
p. 899 B. Grégoire de Naz., Epist., 198. Alexandre, In Met., I, 8, 990 a 23. —
Attribué à Thalès par Pamphila dans Diogène, I, 24.
Tome XVU. —
Lettres, etc.
8
^ 114 —
YjVJxe lluGayôpriç to TrepixXeeç' eupaTo ypâjjLjjia
AÉyeTat. ok xal TrpwToç xpéauiv 'X(7xr](7<xi à8ÂT,Tàç, — xal Trpwrov ye
Eupu|j.£VT,, xaBâ cprio-', <ï>aJiif«)prvoç £v Tpirij) twv 'Auop.v7ip.ov£'j{jLàTa)v, —
TÔiv TTpoTepov itsyoLGi ^Yipaîç xal TupoCç Oypor;, — dXXà xal uupoiç — 5
(TtojjLao-xouvTwv a'jToûç, xa8à7:£p h a'jTÔç 4>aPwprvO(; £v dy'^ô'^i IlavTo-
SaTifjç 'I(TTop'-aç cpT,!TLv. 13. ol ô£ IluBayôpav d^EtTiTriv Tt.và toÛtov
TGV TpOTTOV, {JLTi TOÙTOV. TOÛTOV yàp xal TOL» CpOV£Ù£!.V dlZOL-
yOp£U£!.V, [JLY, OTl y£ a7rT£!T8a!. TWV Ç(j)WV XOIVOV oiy.'Xio^ TjpLTv iyovuù"^
([•u'/TjÇ. xal ':6o£ |Jikv /jV to 7xpéa-^7||jLa * to o' âXyi9£ç twv £{jLtj>ù^a)v 10
d7Z7]yop£'j£v d7tT£a-9a'- o-'jvao-xwv xal auvEGlÇwv eiç £ÛxoXiav pîou Toùç
dvGpwTiouç, wa-T£ cÙTTop'-o-TO'jç aÙTOtTç EÎvai Taç Tpocpàç, aTiupa TipocyiPE-
po[Ji£vot.ç xal XiTÔv ûowp -(vou(Tt.v • èvteûOev yàp xal a-w{jiaToç uyletav
4-2. Antholog. Pal., VII, 149.
8- p. 445, 4. Cf. <I>apv : àTCT,Yo'peu£ §è aTrxeaÔat ^totov — UpEÏov Sè [j.t)§£v (tex-
tum conlraxit scriba : varias lectiones memorabiles tantum notavi).
1. vivuxe BPF Anthol. 'r\vLy.aL DG Plutarchus, Non posse suav. vivi,
11 et Athen., X, 418 F; cf. Introd., p. 81. £ÛpaT0 BPF £up£To Anlhol.
Plutarch. Athen. 2. xeW écp' ôtgj BP Anthol., êxEÎv' écpoTw F xeiv' écp'
0) Plutarch. xXetvoç écp' o> Athen. — xXeivV riyay£ BPF Anthol. Athen.
Aa|ji7rp->iv Tiy£To Plutarchus. 4. £upTi{i.£V7iv F4 . év TpiTcp > F. S. twv] tov
BF. 6. o-(i)[jiao-x£^v F. 6-7. xaQaTOp — cpTi(7iv>F. 8. o-t-T^o-at. P (cf. infra,
§44) (JiTr^doLL F (Tua-TYiaat. B. toù BP* tô F. 9. y£ àTiTEa-ôai.] y£Û£a-9at.
Cob. (ex / : gustare?). Ti[jLrv>F^. 10. '\>^x^^'i '^^^ ^^x^^ Richards.
10. r^v > F. 11. dTcriy6p£U£v F d7cayop£Ù£t.v BP4. «ruvaa-xwv xai >
éQiJ^wv^. l!2.dv8pw7ioL»<;BF<ï>PpoToûçP4. 13. !X(.tov><Î> XiTa xa{ Cob2.
évTeûÔEv yâp > F. ùyiav B*.
3. Xsyexai oè xat'....] HÉRACLiDE PoNTiQUE, Hermarque et Clodius, cltés par
Porphyre, De abst., I, 26. Porphyre, V. P., 45. Augustin, Ep., III, 437, 3.
7. ol os nu^Sayopav àlziTixr\v\Infra, §§ 46,47 et 49. Pline, Hist. nat., 23, 63. Jam-
blique, V. P., 25. — Cf. Plutarque, Numa, I, 3. Denys d'Halic, Ant. rom., II, 58.
9. xoivov ûtxatov...l Dicéarque, dans Porphyre, V. P., 49. Plutarque, De
esu carn., II, 3. Cicéron, Rep., III, 11, 49. Sénèque, Epist.,m, 48. Sextus, Adv.
math,, IX, 427. Porphyre, De abst., III, 4 et 26. Jamblique, V. P., 69, 408, 468-
469. Ps-Plutarque, Vita Hom., 425.
44 SS. auvaaxiov xal — ocxizr^xa TreptYÎvsaôat] DiODORE, X, 7. JamBLIQUE, V. P.,
43, 68 SS. 406 ss.
xal ^it'/'f]<; o^ÙT-fiTo. uept-yLVEo-Oa'.. à^zkv. xal [i(i){jLOv TUGoaxtjv7,(Ta{. jjiôvov
èv \r\\iù TGV 'A7rô)vXo)vO(; toÛ revéropoç, oç èirtv OTuiaOe toO KepaTi-
vou, Bià tÔ -'jpo'jç xal xp'.Oàç xal -OTrava jjiôva T'iOetrOa', èn aÛToO
avsu u'jpo;, lEpeCov os piriosv, <oç cprio-tv 'Ap'.TTOT£AT,<; ev At|)vÛov
5 IIoXt,Te'!a.
14. llpwTOv T£ cpacTi. TOÙTOV otTiocpTiva!, TT^v tpuyT,v xûxlov âvâyxYjÇ
â|jLeL[3o'j(7av aXkoT' aX*Àot.ç svôero-GaL Çtjiotç. xal upwTov e^ç Toùç
"EXXYivaç pisTpa xal a-TaGpià sio-rp/'/ia-aa-Oa'-, xa9à cpr,(Tt.v ' Ap!.a-T6ç£voç
h [jLOua-ixôç . TipwTov Te "Eo-Tiepov xal 4>(t)c7cp6pov tÔv aÛTov eiTze^j,
10 cpT,o-L lïapfjLSVLST);.
OÛtw 8k k9a'j[jLâo-97i wo-ts sXeyov xoùç yvwpLpiouç aÙTOû l'TiavTOiaçt
1. ^wpiôv] vaôv 2. TOV P<1> toG BF. ysvsTTspoçB. 3.to PF toù B.
xat2] -j- xâ F. 4. avsu] + tou F. 8. a-TaGjjiâç B. 9. 6 {jiouTtxoç > F.
10. w; (prio-t. IIap|jiev{5Tiç RPF ol 8s cpa^;. flapfjLEvioTiV Cas. Cob. (cf. IX,
23) wç 8s cp7|o-!. <ï>aPwpLvoç, nappLsv{8Yi(; Karsten (cf. Inlr., p. 10).
11. eXeyov] Isysiv Kùhn. toùç] Taç Mericus Cas. et Rittcrshuis.
yvwpijjiouç PF yvwpt.(7[jL0Liç B yvwjjia; Rittershuis + Kùhn + Xôyouç
Corssen . TiavToiaç BP TzoLvzoiouç F [^.àvTt.aç Cob. 7rapot.p.Laç Mericus
Cas. lacunam susp. Cas. Tàç — uapayysXtaç coniciam.
1. âjjLÉXei xal ^wp-ov...] Infra, § 22. CicÉRON, Z)^ nat. deor., III, 36, 88. Clé-
ment, Strom., VII, 31. Jambmque, V. P., 25, 35, 108. Cloatius Verus [Gram. rom.
fr. (Funaioli)], p. 470. — Cf. Timée dans Censoriniis, De die nat., 2. Porphyre,
De abst., II, 28.
6. à7rocpï]vai ttjv 'I'O'/^v] Xénophane dans Diogène, VIII, 36. — Aristote, De
an., I, 3 et dans Jamblique, V. P., 85. Aristoxène dans Jamblique, V. P., 98.
Dicéarque dans Porphyre, V. P., 19. Sotion dans Sénèque, Ep., 108, 17. Ovide,
Met., XV, 160. Diodore, I, 98; V, 28, 6; X, 6, 1. Porphyre, De abst., I, 23. Clé-
ment, Strom., VII, 31. Lucien, Ver. hist., 21. Hippolyte, Adv. haer., VI, 11, 26.
Ps-Plutarque, Vit. Hom., 125. Théol. Arithm. p. 40. Augustin, De Civ., XXII, 28.
Origène, C. Celse,\, 49. Épiphane, Adv. haer., I, 1. Lactance, Inst. div., III, 18.
Jean Ghrysost., Hom. in Johan., Il, 2. Jérôme, Adi\ Jovin., II, 6. Eustathe, Ad
lliad., p. 1090, 32, Ad Odijs., p. 1838, 46. Photius, Cod. 249, p. 439 A. Chalci-
dius, In Tint., 195. Olympiodore, In Phaed., p. 103. Artemii Passio, 30. Scholie
Iliade, II, 837. Comm. Bern. in Lucan., p. 289 (Usener).
8. [j-Expa xal cTTa^^fjLdc...] HiPPOLYTE, Adv. haer., I, 2, 18.
9. TcpwTov T£ "EaTTEpov...] ApoLLODORE dans Stobée, Ed., I, 24. Diogène, IX,
23.— Cf. Pline, Hist. nat., II, 37 et Martianus Capella,VIII,882.— Aëtius, II, 15,7.
— M6 —
^eoù cpwvâç. — iWoL xal auTo; èv *) p'^'ï'fi f^'^'t. « 8',' ïtziol xal
8t,r,xoa"!!wv exswv ài!'8ea) 7:apày£y£VT,a-0a'. £ç âvGpwTiouç ». — TOiyàp
xal 7:poa-£xapT£pouv aUTw xai, twv Xôywv £V£xa 7rpoo"rj£(Tav xal Xeu-
xavol xal HEuxiTLOi. xal Mecra'àTrî.oi te xal Twp.aro!..
15. MÉ^pi T£ ^{.Xolàou oùx TjV Tt. yvwvat. IIu8ayop£t.ov 86y{jLa* 5
ouToç 8k [xovoç £ç*/iv£yx£ Ta 8'.ap6*^Ta Tpia PipKa, a IIXaTwv £7t£<7-
ts'.Xev ExaTov |JLVWv wvTjSrjvaî.. — twv te E^axoTLwv oux éXaTTOUç ettI
TT,V VUXT£p!.Vr,V àxpÔaO-lV àTTY^VTWV aÙTOÙ* xal El TtVEÇ à^LtoGELEV aÙTOV
3eâa-a(T9at, , lypacpov Tipôç toO; o^xewuç wç pieyàXou tlvoç têtu^^yj-
xÔteç. — METaTïovTrvo'! yE jJLTiv TT|V |ji.£v ouiav auTou AriiJ/riTpoç lepov 10
éxâAo'Jv, Tov (TTEVWTrov 8e {i-OUGrELOV, wç (Dr\(Ji <ï>ap(jL)prvo<; £V IlavToSa-
TcaLç 'laTOpîaLç. — è'XEyov te xal ol aXkoi IJuBayopEiO'. p.v^ EÎvat Tipôç
7C(ivTaç TAyTCf. pr^Ta, WÇ ÇpTl(T!.V 'Ap'.O-TO^EVOÇ EV OExàT(j) lia 1.8e UT 1.x wv
7-10. Cf. : àu-fivxcov Bk — TcXuyTixoxet;.
1. 9eoù "^wvàç BPF Oew cpwvàç Cob. ÉuTà xal o'/rixoa-iwv ) d'.ç' Theol.
Arithm.,p. 40. 2. 8t.r,xoa-{(i)v BP 8i,axoa-{wv F. 7iapay£vria-9at. B. 4. p.£-
a-â7it.0L P p.Ea-àTCTct.01. F. t\. te] 8e P. Tt. > B. 6. éiifivEyxE BP E^iQyayE K.
7. (ovTiGyivat Cob. swvrjBYivat. BPF. te] 8e <Ï>^. 8. Ta; vuxTEpivàç dxpoà-
(T£Lç <i>^.ErPF<î>^or B. 11. 8e fr (cf. Jambl., P., 170, Porph.,
r.P.,4)>BPiF. 11-12. wç — 'lcrTop(a!.ç> F. 13 s. coç - N6|jlwv > F.
*1. 6£ou cpcovàf;] Cf. Aristote dans Jamblique, V. P., 82, et Élien, V. H., IV,
17. — .Jamblique, V. P., 30. Suidas, .s. v. aùtoç e'tpa.
1- 2. ôt' ETixà xal otTjxoattov £T£tov,...J Cf. Aristoxène, Néanthe, Hippobotos,
Androcyde, Eubuude cités dans les Théol. Arithm., p. 40. — Comm. Bern. in
Lucan., p. 289.
2- 4. Totyàp — Tto[j.a7otJ Aristoxène dans Porphyre, V. P., 22. Jamblique,
V. P., ^2U. Cf. Dicéarque dans Porphyre, V. P., 19.
6. ouxoç ôè [jLo'vo<; s^nvcyxe] ARISTOXÈNE dans Jamblique, V. P., 199 (cf. 146).
Satyrus dans Diogène, III, 9. Diogène, VIII, 84. Aulu-Gelle, III, 17. — Cf. Timon
dans Aulu-Gelle, ibid. Hermippe dans Diogène, VIII, 85. Eusèbe, Adv. Hier.,
p. 64. Tzetzès, CfiiL, X, 797.
7. xûv x£ É^axoai'wvj Cf. Hesychius (Suidas). Suidas, s. v. Yvcopi[j.ot. Jam-
blique, V. P., 29.
8. vuxx£pivT)v àxpoaaiv] Anliphon dans Porphvre, V. P., 9. — Cf. Jamblique,
V.P., 27.
10-11. MsxaTcovxTvot — [xouffE^ov] JuSTIN, XX, 4. JAMBLIQUE, V. P., 170. — Cf.
TiMÉE dans Porphyre, V. P., 4. Valère-Maxime, VIII, 15, exl. 2.
— H7 —
Nô|xwv. 16. svOa xal Sevôcp'Aov tov ll'jOayopixôv ècwTY/JévTa ttwç
av |jiâX!.(TTa TOV ulôv 7rat.ûeûa-e'-£v eî-eiv' el uÔAew; e'Jvo{JLOU[jLÊVT,(;
yevTiOsiri. » — aXXo'j; te ttgaXoÙç xaTa ttiv iTaAiav à7repyà(Ta(T8at
xaXo'j; TE xal àyaOoùç avcpaç, otTap xal ZaAEuxov xal Xapwvoav tojç
5 vo|i.oO£Ta;. Ixavôs te yàp 7,v cpiXlaç £pyâTT,(; Ta te aXXa xal El Ttva
tt'j9o!.to twv <tu{jlPôX(ov auToO xExoivwvT.xoTa, eùOÛç te 7rpoa-riTa(.piÇeTO
xal cptXov xaTEo-xeua^ÊV.
1*7. ^IIv 8k auTcj) Ta a"j[ji.poXa TaOE* uOp {i.a^at!pcjt |jlt, axa^EUELv,
Çuyôv piTi 'J7rEp[3a{v£t.v, ettI ^olvixoç {i.Ti xaGi^ELv, xapoLav [xti ecxQie'.v,
10 cpopTiov (JuyxaGaLpEtTv xal [xt; a-'jv£Ttt.Tt.9£va!., Ta o-TpwaaTa ckeI o-uvoeoe-
jjLEva E^ELv, £v GaxT'jALtp .Seol» Eixôva [JL->i TuspLcpÉpELv, yuTpaç t'^voç
§ 17. s : OTC Ilu^ayopou xà <s6[x.^oX(x xàos* TrOp — àvETriaxpsTrxcTv.
3. y£vvT,9£{ri F^P^ . ttoXXoÛ; > F. 'iTaXiav BP lorTopiav F. 4. àvSpa;
> F. ÇeXeuxov B. 5. àXXa] + a B. 6. cru^jLpoÙAwv BPi. te] t6 F.
8. TxaXa'jEt.v Pi o-xaXatÊiv B. 9. xapôiavBPF xapouiv Gob. (exDGE^"^"*).
10. cpopTwv] + ^T, iVIén. et Cob. (ex DG 1^"=^-^). xal p-ri BPF [jltiSe
S2-3-4g| ^pjj Qq|3 quod^ post a-uv£7Tî.Tt.9£vat. (cf. celeros auctores).
41. £u6va GeoCî F.
2-3. el — ysvti0£i't)] Cf. Hippodamos dans Stobée, Flor., 103, 26.
4. ZàXeuxov xal Xapwvâav] AiiiSTOXÈNE dans Jamblique, T. P., 130, 172
(cf. 249), 267. Posidonius dans Sénèque, Epist., 90, 6. Diodore, XII, 20, 1. Por-
phyre, V. P., 21. Elien, V. H., III, 17. Suidas, s. v. ZàXôuxoc;. Scholie de
Platon, Rep., X, p. 599. Synésius, De don. astr., p. 307.
5. (ptXi'aç spyàxTic:] Cf. Porphyre, V. P., 59. Jamblique, V. P., 229-230.
8-9. TTÛp \i.ctj^aLipcf — hBieiv] Cf. infra, au § 18.
10. çpopxtov <TUYxa<9'atp£tv....j Cf. Aristote dans Jamblique, V. P., 84. Por-
phyre, V. P., 42. Plutarque, Qu. conv., VIII, 7. — Clément, Strom., 1, 10. Jam-
blique, Protr., 21. Olympiodore, In Phaed., p. 8.
xà axpwfxaxa....] Plutarque, Qu. conv., VIII, 7. — Clément, Strom., V, 27,
Jamblique, Protr., 21. Variante : Porphyre dans Stobée, Ed. phys., 41, 59.
Hippolyte, Adv. haer., VI, 27.
11. £v 8axxuXu}i....J Aristote, dans Jamblique, V. P., 84. Porphyre, V. P., 42.
Jamblique, V. P., 256 (Timée). — Jamblique, Protr., 21. Variantes dans Jam-
blique, ibid. Clément, Strom., V, 28. Ps-Plularque, Educ. puer., 17. Mantissa,
Prov., 2, 17. — Julien, Or., Vlll, p. 306, H.
)(_uxpac; r/^voc;....] Plutarque, Qu. conv., VIII, 7. — Clément, Strom., V, 27.
Jamblique, Protr., 21.
— 118 —
Se^tav é(jL(3àXXei.v, ojjiwpo^p'louç ysXtSdva; p.T| i'/et.v, yajjujxovu^a li.-/;
Tpscpstv, aTiovuyJa'ii.ao-!, xal xouparç jjlt, STiouperv [x-rjBk scpiarao-Gai,
d^SLav |i.âyaipav âT:o(TTp£cpet.v, â7roôT,u.ouvTa £7ul Tor<; dpo'.ç âveTTio"- 5
Tpe-Terv.
1 8 . "HGsXe 8' aÙT(j) z6 (JL£V Tiûp |jt.a^a!!pa [jl7\ (TxaXsu£t.v, Suvaorwv
dpyV xal olûoûvTa 3up.ov |i.Ti xf.vsrv* to 0£ t^uyov [i-rj ùueppatvsiv,
§ 18. ^ : ïiÔEXe — TrapsXxwfjLEv. Cf. ^>»i''^ (non ad amussim) : aup^^oXa Sè aùxou
TTÙp — p. 119, 6 : TOU C^jv.
1. ùctZitù Mén. Cob. (et. Jambl., Protr., 21) XaSiw Piï aaSiw BF.
£Îç > Cob.' (ut Jambl.). 2. d|ji{x£iv FS^-^-e-^ 6|jL!.X£rv BP^S^ . exto; Xew-
<pdpou] EVToç Xew^dpou Mén. Taç Xewcpdpouç Cob. 5. £7r{ BPF ev S .
aveuia-Tpacperv F. 7. (jxcckeùeiy] + oTt. S + titol <Î>. 8. oiSouvra 6u(jidv
BPF oîSoùvTwv ôufjidv 2 olSouvtwv Gupiw <ï>.
1. 0(yôt(|j...] Jamblique, Protr., 21.
Tupôç -rjXiov T£Tpa(AiJi£vov...] Jamblique, Protr., 21. Olympiodore, 7n Phaed.,
p. 25 (XàXet = 6{jitX£t = ofjit)(_e). Cf. Hésiode, Op., 725. Pline, flt5/. «a^., 28, 19.
2. exxôç Xewcpdpou....] Cf. Aristote dans Jamblique, V. P., 83, et Elien,F. H,,
IV, 17. Démétrius de Byzance dans Athénée, X, 452. Philon, Quod omnis prob.,
I, intr. Porphyre, V. P., 42. — Clément, S/rom., V, 31. Jamblique, V. P., lOo el
Protr., 21. Ambroise, Epist., I, 28, 1. Olympiodore, In Phaed., pp. 25 et 82.
(JL7) ptyôtdx; ôe^tâv...] Plutarque, De amie, mnlt., 6. Jamblique, K. P., 257
(Timée). — Protr., 21. Ps-Plularque, Erf^c. puer., 17. Mantissa, Prov., 2, 13.
3. 6[j.wpocpîou<; ^eXiôdvaç...] Plutarque, Q^/. conv., VIII, 7; /« Hesiod., fr. 77
(Bern.). Porphyre, K. P., 42. — Clément, Strom., V, 28. Jamblique. Pro/r., 21.
yafjL'^wvuya [xt) xpecpsiv] Androcyde dans Tryphon (Rhet. gr., III, 193). Plu-
tarque, Qu. conv., VIII, 7. — Jamblique, Protr., 21. Apostolius, Protr., V, 24 d.
Arsénius, Prov., XIV, 56.
4. à7rovuyî(T|j.act...] Cf. Jamblique, Protr., 21.
d^£"îav fj.à'/atpav....| Cf. Jamblique, Protr., 21.
7. TTÙp [xayat'pa [jlt] axaX£U£tvJ Androcyde dans Tkyphon (Rhet. gr., III, 193).
OÉMÉTRius DE Byzance dans Athénée, X,452. Plutarque, Qu. rom., 72; De Iside,
10; Numa, 14; hi Hesiod., fr. 77. Horace, Serm., II, 3, 276. Porphyre, V. P.,
42. Hippolyte, Ady. haer., VI, 27. Lucien, Ver. Hist., II, 28. Jamblique, K. P.,
227. — Ps-Plutarque, jE^rf. puer., 17. Apostolius, Proi;., XI, 5 a. Arsénius, Prov.,
XXXV, 16. Porphyrio, Ad Moral. Serw., II, 3, 276. — Cf. Jamblique, Protr., 21.
8. ^uyôv (j.r) uTTEppat'vfiiv] ANDROCYDE dans Tryphon, l. c. Démétrius de
Byzance dans Athénée, /. c. Porphyre, V. P., 42. Plutarque, In Hesiod., fr. 77.
Théol. Arithm., p. 31. Jamblique, V. P., 186. — Cf. Clément, Strom., V, 30. Jam-
blique, Protr., 21.
— Hî) —
toutÉo-T!. tÔ l<tov xat. oîxaiov {jly, ÛTiepfiaiVc'.v. èr:i te yrjiy.xo:^
xaQtÇeiv, év r<Ti|j Tto cppovTÎoa TrotECTOat, xa'l to'j jjl£)vXovtoç ' r, yip
^o^vi^ •ritjL£pT|0''.0(; xpo^ri. ô!.à toÙ xapoiav p.T, etOÎe'.v èor^Xo'j aVi tt|V
(|>L»yT,v àv'ia!.; xal XÛTia'.; xaTatriXE'.v. o'.à oe to'j e'!; à7io8r||jL'!av ^aoi-
5 ÇoVTa tJLTi £U'.C7Tp£(p£T0at, TiaO'/lVct. tÔ CX-aXAaTTO[JL£VOt.; ToO [iioit |JL7\
£7:!.0'j{JLïiTt,xw(; È'yE'.v ToO v^Y^v ^urjo' ÛtcÔ twv ÈvTaùOa T|Oov(î)v ETrâyea-OaL.
xal Ta aXXa irpô; TauTa Xo'.-ôv eot'.v ÈxXaji-fiâvEiv, iva p.->i 7iap£Xx(op.ev.
19. IlavToç 8e {jiâXXov à-Y]ydpEue [ji'/itê épuOrvov £(tO'!£iv p.T|T£
[jLsXâvoupov, xapoîaç ts (i7zéje<y^o[.i xal xuàfjiwV 'Ap'.a-TOTEÀYiÇ 8e cpYia'.
§ 19. S.
1. T0UT£(7T!.] YjTO!, <t>. UY; 'J7r£pPa{v£t.V > F4>. TE > F. 2. Xa8iJ^£t.v]
4-Yiyouv Tw 11^'^'^ DG To TO'J BPF toù rcapovTOç <ï> toO eveo-twtoç
fr Tw v'jv S^. Ti] 0 i). 3. Yi|jLEpY|a-{a . 8t.à] + 8e E. 4. xaTaT/ix£',v BPFS
xaTaTEivEt-v 5. Trap/^vE!. t6] YiyoJv <ï>. àTraXXaTTOfJiEvcuç 4>. 6. EVTaù-
9a] evOocSe s. ÙTcàyEo-Gat. S. 7. TrapÉXxoiJiEv B^. 8. EpuÔpivov S^*^".
9. 'Apt.a-TOT£X-riç 8e cp-rjo-t. > S.
1. £711 x£ ^oi'vtxoc; ] Androcyde dans Tryphon, /. c. Démétrius de Byzance
dans ATHÉNÉE, 1. c. Plutarque, De Iside, 10; Numa, 14; Qu.^ Rom., 72 et 112;
Qu. conv., VII, 6, 1. Porphyre, V. P., 42. — Ps-Plutarque, Ec?. puer., 17. Man-
tissa, fVoiJ., I, 58. — Cf. Jamblique, Protr., 21.
3. xapSt'av fjLT) £a6i£cv ] DÉMÉTRIUS DE Byzânce dans Athénée, /. c. Por-
phyre, V. P., 42. — Ps-Plutarque, Ed. puer., 17. Mantissa, Prov., II, 10. Eustathe,
In Iliad., ù, 128 — Cf. Jamblique, Protr., 21 ; Clément, Stroin., V, 30.
4. etç àTroÔTjfjLtav...] DÉMÉTRIUS DE Byzance dans Athénée, L c. Porphyre,
V. P., 42. — Ps-Plutqrque, Ed. puer., 17, — Cf. Plutarque, Numa, 14. Hippolyte,
Adv. haer., VI, 26, Jamblique, Protr., 21. — Variantes dans Olympiodore, /»
Phaed., p. 8, et Jamblique, Protr., 21.
8. £cu6"îvov....] Jamblique, V. P., 109. Hiéroclès, /?2 aur. Carm., 67. — Allé-
gorie : Jamblique. Protr., 2i.
9. {jL£Xàvoupov] Infra, § 33. Jamrlique, V. P., 109. — Allégorie : Androcyde
dans Tryphon (Rh. gr., III, 193). Ps-Plutarque, Ed. puer., 17. Jamblique,
Pmr., 21.
xapûi'aç] Aristote dans Élien, V. H., IV, 17 et dans Plutarque (Aulu-Gelle,
IV, 11). Plutarque, Qu. ronv., II, 3, 1. Jamblique, V. P., 109. Hiéroclès, In aur.
Carm., 67. Scholie Iliade, ù, 129. — Allégorie, cf. les symboles.
xuâfxcav] Infra, 23 et 34(Aristote). — Allégorie : Hippolyte, Adv. haer., VI,
27. Ps-Plutarque, Ec/. puer., il. Apostolius, Prov., XV, 11. Arsénius, 7zo/., p. 415.
— 120 —
xal {jLTiTpaç xal TptyXriç. évioTe o' auTov apxeraQa». p-eXiT», jjiov(}) cpadL
TLveç T, xYipttj) T, apTtjj, oivou 8e [JLe6' YijjLepav p.Yi yeûe^6at. ' o^(ù T£ Ta
7roX)và Xa^âvoLç ecpOoCç Te xal lopLoCç, to^ç oe ^aXaTTLOLç o-Travlwç.
(7ToXt^ 8e aÙTÔ) Xeuxri, xaGapà xal a-TpwpiaTa Xeuxà eÇ epiwv* Ta yàp
Xtvâ oÙ'ttw etç exeivou; âcprxTo toÙç tottouç. où8è uwTroTe eyvwdGïi 5
O'JTe 8(.ay(i)pwv O'JTe âcppooio-LaÇwv ouTe pieOuaGe^. 20. à7rê(^eT0
xaTayéXwTOç xal Tcào-riç âpeaxeia; oïov axw{jL[jLàTa)v xal 8t.7]yYj|jiàT(i)v
(p'opTtxwv. o'pyt.k6jjLevo(; Te ouTe oixeTYjv exoXaÇev ouTe éXeuQepov oû8£va.
§ 20. 2.
1. evtoTe 8' aJTov i:[8' > S^'-^J (cf. Jambl.,r. P., 97, Porph., V. P.,
34j evioTe , auTov oe F evwTe.auTov te Bl^' (B ante evtoTe etiani inter-
punxit). u.6v(|) PFi;2-3-4-6 jjlovgv BH^. cpaai Tt.ve£;>I). 2. y.'f\puô l)G/ (favo)
(cf. Jambl., V. P., 97, Porph., T. P., 34) xripoS BPK^ S Tjpw F^. o(L(j>
Hûb. Cob. otl^ouBPFS^-^ L)G o^t^ov AC //\ 3. Te > F. crTcavtwç]
-f- e/p'/ÎTO Heiske + Xp^<3"0at. Diels. 4. XeJxri]-[- xai ^. 5. ctcpixeTo S.
o'jSe TzwTtOTe FF— ouoeTioTe B^ -|" ^- ^- àcppo8tarLâÇ{i)v] (7Uvoua-t.àÇwv
d7T£r^£Tol + o£ I]. 7. xaTayéXwToç FD^"^''"^ xaTa yéXwTOç BP-'"*"''"
xal yÉX . Toç Cob. 7-8 o^ov — (^opTixwv > F^, 8. t£ > F. ouoeva > F
4- £VOjÔ£T£t. Cob-
1. ixrjxpac;] Aristote dans Plutarque (Aulu-Gelle, IV, I J). Porphyre, V.P., 45,
Hiéroclès, /. c.
Tpt'yXrjçJ Infra, § 33. Plutarque, Qu. conv., IV, 5, 2, 8, et dans Aulu-Gelle, IV,
II. Porphyre, V. P., 45.
1-3. èvi'oTs — io{jt.o^c;] Aristoxène dans Athénée, II, 47 A icf. III, 108), Por-
phyre, y. P., 34 et Jamblique, Y. l\. 97 s. 106, 109, 150. Galien, Op., t. VI,
p. 742, K. Eustathe, In Iliad., p. 868, 20. — Cf. sur le régime végétarien: Èudoxe
dans Porphyre, V P., 7. Onésicrite dans Strabon, XV, 716. Poètes comiques,
infra, ^§37 ss. Diodore, X,7. Plutarque, De esu carn.^ [, \. Cicéron, De nat.deor.,
III, 36, 88; Re-p., III, 8. Philostrate, Vit. Àpol., I, 32, 2. Porphyre, De abst., II,
28. Elien, H. A., IX, 10. Sextus, Adv. math., IX, 127. Strabon, VII, 298. Épi-
phane, A'iv. haer., I, 1. Jérôme, Adv. Jovin., II, 6. Jamblique, V. P., 13, 69, 186.
2. oVvou — -fzûzGécti] Aristoxène dans Jamblique, V. P., 97 (cf. 13, 69, 107).
Clément, Paed., II, I, 11. l^piphane, Adv. haer., I, 1.
3. xo^.ç ok bdlaxxioiç aTiavicDçJ Aristoxène dans Jamblique, V. P., 98, Por-
phyre, V. P., 34. Aristote, infra, § 34. Jamblique, V. P., 106 ss. Plutarque, Qu.
conv., VIII, 8. Athénée, VII, 308 G. Eustathe, In Odys., p. 1720. 31.
4. aToXri oè auTCf) Xcuxfi....] ARISTOXÈNE dans Jamblique, V. P., 100 (cf. 149).
Élien, V. H., XII, 32.
èptiov] Au contraire, Aristoxène dans Jamblique, V. P., 100. Apulée,
ApoL, 56. Philosirate, Vit. ApoL, I, 32. 2. — Cf. Hérodote, 11,81.
5. oùoè TtcoTtoTE eyvooaOTi...] Diodore, X, 5, 2, Clément, Strorn., III, 24.
Jérôme, Adv. Jovin., 11, 14 et 38.
6-7. oLTzei'/ôxo xatayÉXtoxoi;...] Aristoxène dans Jambliquk, V. P., 171. Cf.
ibid., 51 et Protr., 21.
8. 6pyit6[i.zvoç...] Attribué aux Pythagoriciens par Aristoxène dans Jam-
— 121 —
ÊxâXet, àï TO vouOeTeLv TreXapyàv. ixavTix-^ te èypYiXO t-^ otà Ttôv
xXt;o6v(i)v te xal oùovwv, Y,x'.a-Ta ok o'.à T(5v Èjjl -rûpfov, £Ç(o TTjÇ Olà
Xtpàvo'j. .S-j(TLa'-s TE iypTiTO à<b'j/o'.<;' ol os cpao-'-v otl à/ixTopo-'. piôvov
xat Èpicpot-ç xal ya/^aO-rivoC; tol"; XeyoaÉvo'.ç aTaXîa'.c;, y,x!.TTa ok âpvaT'.v.
5 0 ye [XY^v 'Ap!.a"T6$EV0(; uâvTa piev Ta aA^a auyytopE'.v a'JTÔv éTOietv
fp.^j;uya, piôvov ô' auEyea-Gat j3oô; otpOTripoç xal xpio'j. S 1 . 6 o' aÛTOç
^Ticnv, TrpoELpT.Tat., xal Ta BôypiaTa \oi.[iBiy OLÙzoy -apà t/jç év
Ae^cpo'?; Hc]jLt,a-TOxA£La;.
<l>ria-l 8' 'l£pa)VL»p.o<; xaT£).9dvTa aiÎTOV e'.ç aoo'j T'f\y p-kv 'lla-'.ôoou
0-6. Cf. : cpaal os xtveç aùxov iiàvxa — xptoo.
7-p. 122, 4 (yuvata'). S. 9-p. 122, 3. 4>«i'^' : cpT,at - 6ewv.
1. TueXapyàv BFS et Suidas (.v. i;. TiEXapyàv) rcEAapyav Pl TC^ap-
Tàv Schâfer, Hemsterhuis, Cob. (ex Jambl., F. /^, 101, 197 et
231). te] ô£ 12-3-4 _ 2^ _|_ |^^^-| _|_ ^£ p ^ > K_ 3_ ^Qj^^v
ÔTf. > !>. âXexTop{(n S. 4. xa^S > Cob., sed cf. Jambl., V. P., 150,
Porph., V. P., 36, Gellium, IV, 11, Hesych. s. v. à-âXwv. toiç
— apvâa-t.v > S. àTxaXio!,; Mén. et Cas. 5-6. ô y£ — £p.^tjya] cpacl ok
auTOv (TuyywpErv TtàvTa Ta £tjnj;uya £or9{£t.v 1. o-uy^wpEL F. 6. p.6vo'j
(j)v^v-8_g'-| §^ auTGv F. apoTYipoç poôç F. 6-7. ô ô'auToç — xai > S.
7. auTov Xaj^Erv^F. Trie;] toi; i*. 7-8. £v AeXcpo^ç BEaia-ToxXEiaç l»PF
àôEXcpyî; B£Ox)v£ia<; S (cf. supra, § 8j. 9. ^v,a-{] cpacri 1. 'lEpo^vjpioç
> H. auTov xaT£X96vTa . — 'S.
BLIQUE, V. P., 497; à Archytas, par Plutarque, De ser. num. viîid., 5. Cicéron,
TuscuL, IV, 36, 78. Diodore, X, 7,. 4. Ps-Piutarque, Erf. pw^r., 14. Valère-
Maxime, IV, 1, ext. 1.
1. nsXapyav] Jambijque, V. P., 101 (TtaioapxdcaeK;), 197 (iraiSapxav), 231
(TïeSapxàaeit;). Suidas, s. v. usXapyav.
[xavxtxf,...] /^ifra, §32. Jamblique, V. P., 149. — Cf. Aëtius,V, 1, 3. Ps-Galien,
Hist, phil., 30. — Plutarque, Numa, 8. Cicéron, De divin., l, 3, .5. Clément,
Sirom,, 1, 132. — Hippolyte, Adv. haer., I, 25, 2. Jamblique, F. /^., 93, 138,
147. — Épiphane, Adv. Iiaer., 1, 1.
2- 3. Stà Xi(3àvou...] Porphyre, F. P., H et 36. Jamblique, V. P., 54, 98, 150.
^uai'atç xe e^jç^pïixo à^6joiç\ Cf. supra, §§ 13 et 19.
3- 4. ol o£ ©aaiv ... àpvàaivj Aristoxène dans Aulu-Gelle, IV, 11, et Jamblique,
V. P., 98. -Porphyre, F. P., 36; /)e a/?^^., I, 26 et II, 28. Jamblique, V. P., 150.
5. 'Apiaxo'çEvoç...] Cf. Jamblique, V. P., 98 et Athénée, X, 418 E.
6. pooç àpoxîipoc;] Cf. Jamblique, Y. P., 150.
7. (bç Trpoci'p-nxai] Siipra, § 8.
9. xaxeX3'dvxa...] Cf. infra, §41.
xT)v fxèv 'Haidôou — ^eùiv] cf. Jamblique, V. P., 218.
— 12-2 —
({>u^TiV iSe^v TTpo; xiovt. ^aAxcp 8e8£|jL£VYiv xal Tp'!Çoi>a-av,TTiv 8è '0|JLiQpou
xp£{JLaijL£VYiv ctTîo SÉvSpou xal ocp£i; TTEpi auTT|V dv8' (5v £urov 7r£pl
.Sewv, xoXa^O|JL£VO'jç 0£ xal Toù; (jlyi ^ÉXovra; oruvELvai Taiç auTwv
yuvai.ç{. xa'l Sri xal otà toÛto Tiji-'r^ÔTivat. utto twv £v KpoTwvt.. —
cpr,o-i ô' 'Ap'-TT'.TCTTOç 0 Kupriva^oç sv Ihpl '^U(TwXoyLwv Ilu8ay6pav 5
auTov dvopLaT9T,vat. ôx'. ttiv àÀ-/|9£iav T,y6p£U£v où^ TiTtov tou IIuOlou.
2 2 . AéyETat. Trapsyyuàv aÛTov toCç jj.a9riTarç àxàoTOTs xàSe 'kéysiy
£tç Tov oùov Eta-t.oûa-5. *
llri TrapÉ^riv; tl 5' IpE^a; t{ [jlo'. SÉov oux eTsXiaSYi;
(TcpayLa t£ 5£orç upoo-cpipeiv x(i}Xu£t.v , {jlovov Se tov âva{|jiaxTov 10
|3(i)p.ôv Trpoaxuvsrv * ^r\ùï o[JLvùvai 5£0uç , à'^xELv yàp auTOV ôetTv
à^iOTtLa-TOv Tzccpéyeiy' Toùç ts Tupsa-^UTÉpouç T',|j(.àv Ssiv, to Tiporiyou-
p.£vov T(j) /pov({) TLjjLMOTepov riyou[ji.£vouç • wç £v xoo-fjitf) {JL£V avaxoXriV
5u(7ca)ç, £v p'!(t) 6£ ap^V teXeutï]; , £V Çw^ Sk y£V£a-',v cpÔopâç.
5-6. 4>3i^v ; tovojJLaaÔT] û£ 7ru6ayopaç wç tt^v àXT^Ôôiav àyopeucov — ttuOiou.
S : riuBayopac; ô '^olixioq cptÂoffO'|)oç ôio'xt T7]v — riuôtou.
§ 22. : TcapTjyyûa xo"tç — cpOopac;.
1 . xiova F. ^2. xp£pia|jL£v-riv (ut videtur) FS^λ xExpajjiÉvTiv B. £t7re
F. 3. èauTwvF. 4.xa{2>F. 5. cpuo-LoXôywv Hùb. et Col).(ex/: physio-
logorum ?) 7. £xà(TTOT£ toîç |jLa9riTa',"(; F. râ8£] xa'JTa H. 9. £pp£Ça
F. {AOi SéovJSs jjLOt. F. 10. a-cpày!.a PE o^cpayEia B a-cpay£Ca F. 10. £xwXu£
S. |jLOvov > Pwjjiôv ùe Kpo'jy.uyeiy tov àvaiuiaxTov ^ il. 11. {jiTjSé]
|j.T, F. o'|JLV'j£'.v . yàp"| ô£ s > F. aÙTÔv PF aÙTÔv B ÉauTov S.
12. T£> Fl . B£LV > F. ' 13. iJLÉv > li. 8él] TTlV S. > X .
3. TOUÇ [JI.T) ^ÉXovxaç (TuveTvat...] Cf. Jamblique, F. P., 47 ss. et 132.
6. 6x1 T-r)v àX-r^^etav...] Autres étymologies dans Jamblique, V, P., 7 et
l'Étymol. magn., v. tcueXoç (Cod. Vind.).
9. TTï] Tcapc'pTjv. . . ] PlUTARQUE, De syperst., 7; Z)e curios., i. Porphyre,
V. P., 40. Arrien, Dm. Epict., III. 10, 2, 3; IV, 6, 32. Aur. Carm., 42. Ausone,
IdijL, 16, 14. Thémistius, Orat., XllI. - Cf. Diodore,X, 5, 1. Cicéron, Desenect.,
II, 38. Jamblique, V. P., 256 (Timce).
10. a'f âyta..,] Supra, § 13.
11. (j.Tioè o[xvûvai .Sreouç.,.] Jamblique, V. P., 47 (Timée). - Diodore, X, 9, 1
et 2. — Julien, Or., VIII, p. 306, 23, H. Jamblique, P., 144, 150
12 ss. TcpEa^uTÉpou; — yovsaç] Jamblique, V. P., 37 (Timée). Cf. Aristoxène
dans Jamblique, V. P., 99, 175, 182. Porphyre, V. P., 38.
23. xa'l Ocoù^ fJikv oa'.aov(.)v T:poT'.|i.àv , ^ptoaç ok âvOpwTzwv,
àvOpcÔTTtov ûk |jLâAt.a-Ta yovka; * dWr\koi<; xe ôii-iAeCv (oç to'j; (i-kv
cpiXouç k^Gpoù; 10.71 7T0t.T,<Ta'., TO'jç ok è^Gpoùç cpiAouç kpyàa-aTOai* '!o'.ôv
Te p.7\8kv r^yeCo-Oa'-' vojjK}) po'/jÔetv, àvojjita TroAejjLerv. cpuxôv Y,|ji£pov
5 p.T\Te cpÔLvs'-v {jLTjTe (riveaGai, otXXà |jl'/iT£ Çwov ô jjlti [BXâ-Te'. âvOpwTcOJç.
aiSô) xal £ÙXâj3£t.av etva'. fi."/iT£ yÉXwT'. xaTeyEo-Oat. {jl-/^T£ o-XL»0p(»)7râ!^e5.v.
^eùyetv o-apxwv 7rX£ova(T[jL6v* ooo^.Tzopîri^ av£a''.v xal kTiLTaa-'.v 7ro'-£r'7Qa!.'
p.VTl{Jl7JV ào-XELV * £V o'py^ [JLTjTc T'. X£y£t.V ^y]7£ TZpOLCrTBlV ' JJiaVT'.XTiV
Tràaav Tipiav. 24. tooarç ^pT|(3-0a'. upo; Xùpav U[jiv'(|J t£ .5£ojv xal àvopwv
10 âyaGwv eùXoyov ^^^pt-v ïy^iy. twv 8k xuàjjiwv â7rTiyôp£U£v dnéye'j^cL'.
§§ 23-24. 1\
1. 0£6v S. TTpoT^iJLàv] -|- SaijjLovaç 8k ripwwv Cob.2 (ex Jambl., V. P.y
37). 2. ^d\i(j~oL] Cob. 3. é^Opoùç Sér^F. 5. cp9{v£5,v S cpGEtpeiv
BPl a-îv£t.v F cp9L£',v Hermann. a-ivea-9at BPE çp8iv£!.v F. [jltiT£ 3] ^r^hï
Cob. (ex DGT). Çtpcv] Çwriv il^''^ ^ 6. a^ooL xal EÙAaSELc/. Mén. Eivai.]
(Tuvervai Mén. £!,'8£vat. iMericus Cas. ixezeivcni Reiske d(7xe\y Cas.
WT5.] XQfTaykAwT!. s. 7. oSoLTropir,; PF 68o'.T:op{or,<; U oooLTropiaç
8. Ti> F. (jiavTuriv] + où Cas. Mén. Cob.'i (at non Cob.'^) cf. § 20.
10. sysiv yâp!.v^S. aTiriyopeuev àTceyearSai. BP' (cf. §19 : dnriyo-
peue tjiriT£... £o-9{£t.v... t£ dTC£y£a-9at.) â-TrriyopEuev eyea^oLL FD^ACT fr
d7iYiy6p£'J£v ypTi^jhx'. D-G dTzéye<7^y.i S.
2. àXÀTQXotç T£ 6[j.tX£"iv...] Jamblique, V. P., 40 (Timée).
3- 4. 't'Stdv TE fjLTjSsv...] Supra, § 10.
vo[jLt{j poTjôô^v, àvofjLt'qc TToXcfxelv] AfiiSTOxÈNE dans Jamblique, V. P., 99, 475
(cf. 223). Porphyre, V. P., 38 et 39.
4- 5. cpuxôv — àv6pu)Trou<;] Aristoxène dans Jamblique, K. P., 89 s. (cf. 69,108,
168). — Porphyre, V. P., 39. Plutarque, 60//. an., 2, 5. Clément, Strom., II, 92.
6. aiôw — axuôpwTTà^^eiv] Aristoxène dans Jamblique, V. P., 196 (cf. 10,
71, 226, 234). Porphyre, V. P., 35 et 59.
7. (fsuyetv aapxwv TrXsovaafj-dv] ARISTOXÈNE dans Jamblique, V. P., 196. Por-
phyre, V. P., 35.
8. [xvn^riv dtaxeTv] TiMÉE dans Jamblique, V. P., 256.Cicéron, De sen., 11, 38.
Diodore, X, 5, 1. — Aristoxène dans Jamblique, V. P., 164 s.
9. toSaTç y pTjŒÔa:...] ARISTOXÈNE dans Jamblique, Y. P., 111 s., 149. Porphyre,
V. P., 38.
10 ss. Twv Sè xudcfjLtov — ]xzzijz\M ToO (j^uy^txoO] Cf. Héraclide Pontique dans
Lydus, De mens., IV, 29. Pline, H. nat.. 18, 118. Lucien, Dial. mort., 20, 3;
Gai., 4. Porphyre, V. P., 43. Clément, S^rom., III, 24. Athénée, II, 65 F. Jam-
blique, V. P., 109 (cf. 106 et 107).
— m —
aXXw; xoa-|jL!,(i)T£paç à.TzepyôiÇe'j^QLi, |jlyi -apaA-^cp(i£vTaç, xàç yaorepaç
xal 8 '.à TOÛTO xal Taç xaB' ûuvouç cpavTao-iaç Xelœç xal otTapàyouç
â7T0T£)veLV.
4>ri(Tl 8e 6 'AXÉ^avSpo; £v TaîTç twv 4>t.Xoa-6cp(j()v ZicLhojcdç xal 5
TaOTa eùp-rjxevat, ïv ni^Gayopixoi; UTtopLV7][xao-t.v. 25. àp^ViV jjikv
Twv ctTràvTwv [Jiovà8a* £x 8e xrjç ^ovàooç dopicTTOv ouâoa (b; av
ÛXt,v Tr, {jL0vâ8!. aiTÎtt) ôvT!. UTioo-r/ivat. • ex 8e tt,ç {jLOvd8o(; xal
TTÎç âopioTOu 8uâ8o; toÙ; dpt.9[JiGÙç* ex ok twv dp!.6jjiwv rà «rrifjiera*
SX oe TO'JTwv Ta; ypafJL[xà<;, £ç wv Ta £7r{7r£8a <7yj\^7.'zaL' £x 8e 10
T(ôv £7r',7r£8(i)v Ta oTTepea or^rifjiaTa* kx oe toutwv Ta aia-Gr^Tà
§ 25. S.
1. ^ôikKJTCL jjiàXXov F. 2. epyâÇea-Bat, F. Taç yao-TEpaç {jlti rcapa-
^Y^cpQkvTa; F. 3. ).£iaç] te ^. 5-6. cpr,(rl — Ù7T0{jLV/i(JLaa-t.v] £v
Ù7ro|JLvri|j.aa'!. 8k TcuGayopuoLi; xal Ta'JTa EuprjTa!. S, oe] --f- xa{ P. £v
— 8t.a8o^arç > F. 7. twv> F. iO-41. £x ok - — (7^T,[jLaTa > F. 11. oé
iter. scr. Pi.
2-4. àXXw; — àTTOTeXelv] Cicéron, De div., I, 30, 62. Pline, H. nat., 48, 148.
Plutarque, Qu. conv., VIII, 40, 4 ; Qu. rom., 95. Clément, Strom., III, 24. Tertul-
lien, Dean., 48. Lucien, Fi/. Auct., 6. Apollonius, Mir., 46. Aulu-Gelle, IV, 11.
Jérôme, Com. in Ez., I, 4, v. 9. Photius, Cod. 249, p. 439 A. Siméon Seth,
De alim.^ p. 114, L.
6-9. oL^jyi — Toùc; àpi.3'|ji.ouç]Théophraste, MeL, 33. Eudore dans Simplicius,
In Phys,, 39a. Aëtius, I, 3, 8. Nicomaque dans Pholius, Cod. 187, p. 143 A.
Analolius, TheoL Arithm., p. 5-6. Théol. Arithm. pp. 4 et 7. Moderatus dans
Porphyre, V. P., 49 ss. Sextus, Adv. matk., X, 249-284; Pyrrh., III, 452 ss.
Antonius Diogène dans Porphyre, V. P., 38. Numénius dans Cihalcidius, In Tim.,
193. Jamblique, In Nie. ar., p. 74. Hippolyte, Adv. haer., IV, 51; VI, 23. Épi-
phane, Adu. Iiaer., III, 2, 9. Ps-Justin, Co/i., 19. Ps-Galien, Hist. phiL, 35, 251
(Dox. 618). Irénée, Adv. haer., II, 14, 6. Ps-Plutarque, Vit. Hom., 145. Photius,
Cod. 249, p. 439 A. Cf. Proclus, In Remp., I, p. 97, Kr.
9-11. EX oè xdiv àpiôjjLwv — ataÔTjTà acofjLaxa] Speusippe, dans les Théol.
Arithm., p. 62. Aristote, Met., Z, 2; N, 3, 4 et 5. — Hippolyte, Adv. haer., IV, 54
et VI, 23. Sextus, Adv. math., IV, 4 ss.; VII, 99; X, 249-284; Pyrrh., III, 152 ss.
Aëiius, I, 3, 8. Anonyme dans Macrobe, In Somn. Scip., I, 5, 12; I, 6, 35.
Photius, Cod. 249, p. 439 A.
(TwijLaTa, (ov xal rà o-Tot-yeCa etva'. TÉTTapa, Ttûp, uowp, yriv, àépa,
à {ji£Ta[iiàXXe!.v xal xpÉTcea-Oat. O'.' oXtov. xal yîyveo-Oat e; aÙTWv xÔt(jlov
ejjuj^uyov, voepôv, (T^at.poeLO'/i, jJLea-r.v Trept,é'/ovTa ty^v yY,v, xal avr/iV
G-cpat.pO£t,5-?i xal 7r£pt.ouou|jL£V7^v. 26. E'Ivai. 0£ xal âvT'i-ooaç xal
5 Xà Tl(i.rv xâxW lx£{vOt.Ç aVW. '!cTÔ|JLO(.pâ T£ E'Iva'. ÈV XCO xÔT(JL(jJ '^(iç
xal (TxÔtoç, xal GEpfJLOV xal tj^'jypov, xal ^'ripôv xal Oypôv * (ov
xaT' £T:t.xpâT£t,av .Bepikoù [Jikv Oeûo; y{yv£a-Oa'., ^j^uypoû ok y£t.{i.wva'
èàv 0£ !.'(TO[JLOt.pr,, Ta xâAXt.TTa E'Iva'. to'j etouç, ou to (j.£v OâXXov,
£ap ûy'.ELvôv, TÔ ok cpGivov, (p6!.v67:(i)pov vodEpov. àÀAà xal ty^ç
tO YijJt-Épaç GâXX£!.v jjikv ty^v £w , cpQ'!v£tv 8k TTiV Eo-TTÉpav • oGcV xal
§ 26. 1\
'1. TiTTapa > B. 2. a > F. |jL£TapàXX£!.v ] + U F. y{v£(7Gat F.
3-4. o'cpai.poEi.SYi — xai'l > F'*. 4. 7r£pwt.xou{j(.£VT,v ] ouou|jl£vyiv ^.
6. xa{2 > S. J^uypov] ûypov F. xat * > S., xal ùypôv xal ^r,p6v
r»u P. 7. yiV£T9at. PF. y£t.jJLWva] -f- Ç'-Opo'^ ^' S'^P ^^'f- ûypoû cpGt.v67rw-
pov Cob. (ex C : ?ripoù S'è'apoç xal ûypou çpGtvoTrcopou? cf. Intr., p. 92).
8. i<7o^oiç,ei F.
1- 2. xà (sxoiyjia. — xpsTiEaÔai 8t' oXtovj Cf. Hippase ( Vor.ç., p. 38, 8). Philo-
laos, fr. 12 et 21. - Aristote, Me:., A, 5, p. 986a. Aelius. I, 9, 2; I, 14, 2; I, 15,
3; II, 6, 3. Ovide, Met., XV, 237. Lucien, VU. auct., 4. Vitruve, Arck., II, 2 et
VIII, 1. Ps. Galien, Hist. pkil., 10. — Théodoret, Pr. ev., V, 21. Joli. Damasc,
Flor., II, 31. Macrobe, In Somn. Scip., I, 6, 36 ss. Servius, Ad Aen., VI, 724.
Basile, Uom.. IV in hex., S. — Ps-Ocelliis, De un. nat., I, 12 ss.; Il, 5 ss.
2- 3. xoafxov £[jl4/u-)(_ov, vospdv] Ecphante {Vors., V>, p. 340, 29). — Aëtius, IV, 7,
1. Cicéron, De nat. deor., 1, 11, 27. Plutarque, Qu. plat., VIII, 4, 3. Sexlus, Adv.
math.,' IX, 127. Servius, Ad Aen., VI, 724. — Cf. Aristote, Phys., A, 6,
mb 22.
3. ff<patpo£i8?i] Philolaos, fr. 7 et 12. Ecphante, /. c. — Aëtius, I, 15, 3.
[j.£(7-rjv Tzzpiijovxa. ttiv yïiv] Ecphante (Vor^., P, p. 340, 31).
4. TCEpiotxoufjLsvTjv — àvxiTToôaç] Aristotc, De codo, B, 2, 2856 22.
5-6. lad[j.o'.pa — -jypdv] Cf. Alcméon, fr. 4. — iVIacrobe, In Somn, Scip., I, 6,
60 ss. — Ps-Ocellus, De un. nat., II, 4.
— 126 —
vo<TepwT6pov eiyoLi. tÔv Te Tiep', ttjv yriv dépa àae'.o'Tov xal voo-epov
xal Ta £v aÙTw iràvTa GvriTâ* tÔv 8e dvwTàTw à£ix{v/iTdv Te eivat
xal xaGapov xal uyia xal TiâvTa Ta év aÛT(j) dOdvaTa xal Sià touto
Ge-ra. 27. tIX'.ov Te xal o-eAr^vriv xal toÙç aXXouç do-Tepaç etva», Geouç'
£7r(.xpaT£r yàp to Gepp.ôv év auTorç, OTiep éorTl Çwriç aÎTt.ov. tt|V te 5
(TeXrivYiv Xà|jL7î£(TGat. bo r\kiou. xal dvGptOTiwv £ivat. rcpoç GeoÙç auyyé-
V£!,av xaTa to {jL£Té^e'.v avGpWTcov G£p|jLOU* 8to xal 7rpovo£r<TGai. tôv
Geov Tip.wv. elijiap{i.évYjv t£ twv ôXoiv xal xaTa p-épo; aiTtav eivat Tri;
8!,0t.XTl(I£WÇ.
§ 27. S.
6-8. <I>»i'^' : xal àvôpwTTtov — 7)(j.(j5v.
1. vo(7£po')Tepov BFS^^ voaepwTepav PP-3-4. ^^p^ 2DGT fr aiGepa
BPF + xa(X2-3 ^ 2. T£>S. 3. ùyià BOyetà F ùyeia Pi. 4. TiXt-ov —
Geoù; > S. 5. éTc^xpaTeiv Cob. 6. âvGpwTrou; F dvGpwTroiç Gob. (ex / :
hominibusque ?). Geou F. 7. dvGpwTrou; 7-8. 8t.o — 7][jiwv > 2.
8. T£] 8£ F.
1-4. TOV TE Trepl xT)v yï^v àspa — 6s"ia] Cf. Philolaos {Vors., P, p. 306, 17). —
Épiphane, Adv. fiaer., I, 1. Photius, Cod. 249, p. 43% 33.
4. fiXtov — ÔeouçJ Cf. Alcméon (Vors., P, p. 133). Épicharme, fr. 8. — Sur
le culte du Soleil, cf. Timée dans Jamblique, V. P., 256, et Maxime de Tyr,
PhiL, 19, 3.
!). 0ep|j.ov ... ô'ttep latl ^coîjf; atxtov] Cf. Hippase (For^., P, p. 38, 15). — Épi-
charme, fr. 48. — Hippolyte, Adv. haer., VI, 2, 25 et 28.
6. (leXnvTiv Xc([JiTC£a6at ucp' rjXt'ou] Aëtius, II, 28, 5 (cf. II, 25, 14 et II,
29,4). ^ ^ ^
àvôpwTTtov slvat Ttpôç ôeoùç auyYsvetav] Cf. Aëtius, IV, 7, 1. Cicéron, De
nat. deor., I, 11, 27; Tusc, V, 13, 38; Caton, 21, 78. Sextus, Adv. math., IX,
127. Jamblique, V, P., 153. Servius, Ad Aen., VI, 724.
7. 8io xal 7rpovo£^cj6ai...] Ecphante {Vors., P, p. 341, 7). — Aristoxène dans
Jamblique, V. P., 174 (cf. 217, 219, 240). — Épiphane, Adv. haer., I, 1. Photius,
Cod. 249, p. Ad% 33.
8. £l{jLapfj.£vriv...J Aëtius, I, 25, 2. Ps-Galien, Hist. phil., 10. Photius, Le.
cf. Lydus, De mens., II, 101 et Jamblique, V. P., 109.
— 127 —
Tra^iot;. — xaXoûa-t. 8e tÔv fjiev àépa ^u'^pôv atOépa, T/iv oe Oct^aTO-av
xal TÔ ûypov Trayjv a'IOépa. . — TaÛTTjv oe ttjV àxTÎva xal Ta
(îiév9T| Sûea-Gat. xal ùià. toOto î^(oo-o(.eirv ~âvTa. 28. xal ?^7,v fjiev
5 TTOtvTa ôa-a ^exéjei tou ^epiJioG * 5'.ô xal Ta cpuTa Ç(jja e'/^at.' 'J;uyY,v
[jLévToi f/Ti êyet.v TtOtvTa. eflvcxî. 8e Tr,v (j;uyT,v âTroaTrao-iJLa a'iOépoç
xal ToG 3ep{Jioij xal toO t[»uypoO. T(j) a-j{jL[jL6Téyef.v tpuypoO a'.Oépo;
8tacpép£',v tj^uyTjV ÇwTÏi;* àQàvaTÔv Tc e'ivat. aiÎTriv , eue'.SriTrep xal
TO àcp' ouTiep à-édirao-Tat. âGàvaTOV èa-Ti. Ta 8e Çtoa yevvàorOa'. èç
10 àXXriXwv d-ô a-Kep(i.àTwv, ttjv 8e èx yrjç yéveo-iv à8tJvaT0v
Taa-9ai. to 8e (JizépiJia elvai (Txayova èyxecpàXou Tiepieyouo-av èv eauT-^
aTpov .vepp-ôv. TauTYiv 8e 7:poa-(pepo|j.£vriv Tyj p-r^Tpa cxTrô jjiev toG
éyxe^àXou '.ywpa xal uypov xal aï[JLa upotleaGat, e^ wv o-àpxa; Te
xal veGpa xal do-Ta xal Tpîyaç xal to ôXov o-uvio-Tao-Bat. o-wjjia' à-o oe
15 ToG ctTfJLoG tj;u^7\v xal aia-Gria-'.v . 29. (JLopcpoGo-ôa'- 8e to |JLev TrpwTOv
3-4. ' XT^v oÈ àxxTva xou TjXtou eiç — Tiàvxa.
1. At.rixet.v] 8t.0'!xe!.v B. 2. Tca^éwç B. 2-3. xaXoGo-t. — Tcayùv a''Bépa
> S. 3. itayùv] ^uypov F. 4. SévQyi PiFI pàGri B<ï>^. 5. 8iô > F.
7. Tw P TO BF. ^uypoG2 iter. scr. B^. 7-8. tpuypoG, tgj crup.{jLeTéy^et,v
(j^u^poG aLSépoç. 8t.acpépet.v Te tpu'^riv Cob. (ex DG, sed cf. Intr., p. 83).
9. oG Cob. (ex recentioribiis). àGàvaTov] -\- Te P. 10. Gcp{a-TaTa!.
B^P^. 11 . o-Tayovaç B. 7i£pt.éyou(7a B. éaUTrj] auT'l] 12. Gepp-ov aTjjiov
r^¥. 'ZOLÙ':r^<; 8e Trpoa-cpepouiévTiç Wellmann. 13. î'yywpa P. xa{2 > <|).
o-àpxa*ï>^^\ Te><ï>. l4. xaL^ — ôXov><î>. (JUVLo-Taa-Gat. BP4> 'J(pL^Ta(T9at. F.
(TWjJia > 15. dT[jioG] + xa{ <ï>^.
1 et 4. ôtYÎxEtv — CwoTToisTv Ttdcvxa] Cf. Macrobe, In Somn. Scip., I, 6, 37. —
Ps-Archytas (?) dans Jamblique, Protr., 4.
6-7. sTvat oè xT)v ^^JX"^"^ aTrdaTraarfjia ...] Cf. Cicéron, De nat. deor., I, 11, 27;
Caton, 24, 78, Sexius, Ac^v. math., IX, 127. Hippolyte, Arfv. haer., VI, 25.
11. xô 8è (TTreppLa — eyxecpocAou] Alcméon {Vors., l'\ p. 134, 5). Cf. Hippon
(Vors., P, p. 290, 10). Aëtius,' II, 3, 2 et V, 4, 2. — Hippolyte, Adv. haer., IV, 7.
15 ss. [jLopcpoî3a6a[ — sTrtytvofjiÉvajv] Varron dans Censorinus De die nat., 9 ss.
Théol. Arithm., p. 39 et p. 47. Ps-Plutarque, Vit.Hom., 145. Aristide Quintilien,
De mus., III, p. 142. Proclus, In Remp., II, pp. 26, 33, 35, K. Macrobe, In Somn.
Scip., I, 6, 14. Scholie Iliade, T, 119 = Cod. Voss. gr. 20 (Reitzenstein, Berl.
Phil. Woch., 1889, p. 624). Cf. Paul, Sentent., IV, 9, 5. Plutarque, De an.
procr., 12 et dans Stobée, Ed., I, 1, 10.
— 128 —
Tiayev ev ripiépat.; Teo-o-apâxovTa, xaxà os to-jç ty); àpjJLOv{aç Xôyouç
£v STiTa Ti £vv£a 'r\ 8éxa to TcXe^o-TOv {jl-/^(tI TeXstwGev (XTioxuLo-xea-Ôat.
TO Ppecpo; • ey^£t.v 0£ Iv auTw Tzàvxaç Toùç Xoyouç Tri; Çw^iç , wv
£:po{JLév(i)v a-uvÉ'y^Ea-ôat. xaTa toÙ; T7iç àp|jt.ovia; Xoyoïx;, ExàfTxwv £v
T£Tay[7.£voiç xat-por? £Trt.y!.vo|i.£va)v. 5
T7]v T£ araB-^o-iv xoLvwç xolI xol7* siSoç TY\v opao-Lv aTULOv Tiva s^^^/'ai
ayav .S'EpjJiov. xal 8tà toÛtov Xéy£Tat. 8t.' àÉpo; opâv xai 8t.' u8aToç*
àvT£p£L8£(T8a!. yàp to ^EpfJLOV £Tcl TOÛ (j^U^pOÙ. £'n:£{ TOt. £1 (j^U^pOÇ TiV
6 £v TOîTç op.|ji.a(nv âTjJLOç, ot.£!.a-TY^x£!, av Trpôç tov OjjLOt.ov àipa* vûv
8k £a-Tt.v £v oXç r\kiou TcùXa; xoLkBi toÙ; dcpQaX|jLoù;. Ta 8' olÙtol xal 10
7ï£pl Tyiç àxoïiç xal twv Xot.Tcwv aio-OrjO'Ewv 8oyjjLaTLÇ£î.v.
30. TtjV 0£ àvSpWTUOU ^U^TlV 8t.7]pYÎ(T8at. Tp!.^7j, £{(; T£ VOÛv xal
^pévaç xal 5'J|jl6v. voùv {Jikv oùv xal 3u|jt.ov sivat. xal év toÏç otXkoiç
swoiç, cppÊvaç 8k [JLOVov év dv8pWTr(|3. £^vat, 8k tt.v àp^xiv tt,? ^u/fiç
aTco xap8Laç |jL£^pt.(; £yx£'^àXou* xal to [Jikv £V t-^ xapo^a jJLEpoç aiJTfjÇ 15
'J7tap^£t,v ^UfJidv, cppÉvaç 8k xal vouv Ta £v t^ £yx£^àX({j* o-Taydvaç
8k £^vat. OLTzb toÙtwv Taç a^o-Orjtfst.ç. xal to p.kv (ppovt,p.ov dQàvaTov, Ta
12-16. (Suidas, s. v. voù^* ôxc nu6aydpa<; ttjv tou àvôpwTcou <l>u/_"riv
1 T£a"(3'£pàxovTa B. 2. T£X£w9£v((i)9£v2*m.?) B. 6. opaaiv BPl xpào-t,v F.
6-7. avav £tva!.^ BP. 7. xa{ > F. toOto Cob. (ex DGT fr). "XÉyETat.] )iy£i.
xaiBywatprXÉyEt. Reiske. 8. £7rf: BPF dTid TAC /r ùtio DG. i»-10.vuv8£]
-|- < 9£p[jL0(; wv Ùtzo ^u^^iç àvT£p£t.86|JL£V0(; xaT' EuGs^av 7rop£U£Tat. . . . >
Reiske. 11. 8oyjjLaT(:^£t. (^ob. (ex / : decernit ?). 12. 8taip7ia-9at. F.
13. cppÉva F. Buy.6v^] + xa{ ^-'^'K oùy > FS. £Lvat. xal 8u[jidv F.
4o. TT) > S. 16. Ta > Pl. 17. £iw.L DGT £':8£vai RPF lévoLi Kûhn.
6-9. xT^v TE aVaOrjaiv — ofjioiov àspal Cf. Aëtius, IV, 13, 9. — Héraclide Poli-
tique dans Proclup, In Tim., p. 141. Priscianus Lydus, Met. in Theophr., p. 20,
16. - Archyt^s ( Vor.9., P, p. 330, 17).
10. riXlou TzûloLç] IIesychius, Lex., s. h. v. — Cf. Odyssée, w, 12.
12-16. TT)v 8è àv0pa)7rou — èyxE'^âXtfj] Cf. Pliilolaos, fr. 13. Lysis,
Lettre à Hipparqne (Jamblique, V. P., 77). Aëtius, IV, 4, 1 et V, .'), 10. — Posi-
donius dans Galien, De Hipp. et Plat, dogm., 5. Ps-Galien, Hist. phiL, 28.
Cicéron, Tusc, IV, 10. Polhix, Onom., II, 226. Jamblique, F. P., 109.
— 129 —
8è XoiTtà .Sv'ri^â. Tpecpea-Oa;! te tyiv '|''jyYiV dno to'j a'-'j^aTOi;. Toùç oe
'k6yo'j<; <J>y/T,ç àvéjJLOtJc; s'Ivat. otopaTOv o' sivat aÙTYiV xal toÙç Xôyouç,
éTcel xai ô a?OY,p àôpaToç. 31. oeo-aâ tô s'Iva-, T-rjç '['uyriç tv.ç
cpXépaç xal Ta; àpTr,pLa(; xal Ta veùpa * OTav ok ''a"'/'j-^ xal xaO' aurV.v
5 y£VO|jt.£vr, T,pe{jLr), oeo-jjià Y'!v£(TOa'- auTTi; Toù; Âoyouç xal Ta ëpya.
éxp'-cpOera-âv t£ aiÎTTiV èni yr\c, 7rÂàÇ£a-9at év T(j) dépi 6jJLo{av
(TWiJLaT'.. Tov 8k 'li^puriv TajjLiav E^va!, twv tj;u'^o)v xal ô'.à to'jto
Ilofi-Trea XÉvEa-Oat, xal HuXaiTov xal XOôv.ov, é7r£'.OTi7r£p outoç xal
£ia"7r£{JL7r£i otTco Twv a-a)|jiâT(i)v Ta; ^"^^(àç cxtco te y/jç xal £x .SaXaTT-rj; '
10 xal ay£a-6a!. [jlev Taç xaGapaç etcI tov U(j;t.(TTOv, Taç ok dxaQàpTOJç
p.T|T£ EXEivaiç uEXâ^E'.v ixr\'ze (iXXr\\<xi(; , ôE^a-Ga'- o' ev appT^xTO'-ç
8£a-{jLorç Ûtto 'Ep!.vuwv. 32. E'^vai TE uâvTa TOV âspa ^^)(wv ê|i.7ïXewv*
xal toÛtouç Sa^jjLOvàç te xal Tipwaç vo|jt.(Ç£(T9a'. xal utzo To{)-Z(jdy ttep.-
TCEo-Qai av6pW7rot,ç toûç te ovELpO'j; xal Ta a-ri|jL£ra voa-ouç te, xal où
1. <I>v : Tp£çp£a6ai— acjxaxoç. 1-2. 4>ap^' : xoùç 81 — elvai*. 3-4. ^>apv ; oeorfxà
— àpxTjpi'aç. 3-5. 1' (Suidas, s. v, 8£a{j.à xî]ç ^'^X^*' — ^'PT°')*
<ï*^' : sTvai — voaouç.
14. S (Suidas, 5, v. dvetpoTrXTixxov oxc, wç cpTjtrt II. dvsipouç xat xdTç xxi^veat
Ytvedôat xat vcaouç xal aTi|j.e^a).
1. d-o BF ÙTTO p. 3. dôpaToç BF opaTo; P. te Eflvat] ô£ <Ï>^p. tt.ç
> <î>^. Ta; Tïiç ^uyjiç F. 4. t^<3-'/'^'(i xai > ^. atJTTiv BP^ auTTiv F
kauT'/iv S. 5. yEvouLEVYi PF y!.vo[JL£V7i B > s. -î^pEuE^ BF Toù; Xoyouç]
Tcpo TO'J Xdyo'j S. 6. £xpt.ci)9Era-av P xpucpOELcrav B E^ÊXGo'ja-av F. te] ùi F.
8. TTopiTiEa P TiopiTzaLa B TTOjjLTcarov F. TruXaiov] épiTioXaLov Hûb. xai^
> Cob. (ex ACT fr), 9. te] -j- Tri; F. 10. ijlev > F. Ta; piv ^ Gob. tov
ûc[»!.a-TOv] + ^•^''îXov vel tô 'j(J;t.a-Tov legit Bohde. 11. pn^TS^] {jl/iSe F.
12. te] 8e <Ï>^. 13. ToÙTou; F toûtou; tou; BPl TaÙTa; <î>^ DG. voixi-
ÇEo-Qat.] dvopiâ^EO'G ai. Gob. 14. toù; te > Ta > <ï>^. vdo-ou; te PF
xal vdffo'jç <î>^' (cf. U xal vdo-otj;) vda-ou te B v6o"ou te xal uyt,Eia; Gpb.
(ex DG).
1. xpEcpsarôat — at'[jLaxo(;] Ps-Plutarque, //o/?i., 122.
T). Tip£îJ<.f,] Cf. Alcméon {Vors., P, p. 133, 36).— Photius, Cod. 249, p. 439 A.
6. TrXdcCsaeat] Cf. Jamblique, K. P., 139, 148.
10. ettI xov 'i;4;i3xovJ Cf. Philolaos ( Vors,, P, p. 320, 12). Épicharme, fr. 9
et 22. — A\Lr. Carmen, v.71.— Aëtius, IV, 7, 1. Porphyre, De antro nymph., 28.
12. slvai — EfxTtXEœv] Actius, I, 8, 2. Plutarque, De gen. Socr., 24; De fac. in
orb., 28, 6; 30, 1. Lydus, De ost., 21.
Tome XVII. — Lettres, etc. 9
— 130 —
{JLOVOV àvÔpWTTOiç, (xXXà xal TrpopaToiç xal toÏç y-Woiç xTr^veo-t-v* ei<; Te
toÛtouç yiyveaBa', touç t£ xa9app.oùç xal aTïOTpoTriaa-fjioùç {JLavTt.xT|V Te
Tcào-av xal xT^riSôvaç xal Ta ôp.OLa.
MeyidTOV 8é cpriaiv twv év àvGpW7ro',ç e^vai tt^v ^u^tiv TieLo-at. eul
TO ayaGov t] èul to xaxov. eu8at.|jt.overv Te âvOpwTcouç oTav âya97\ 5-
'\i'J')(r\ TTpoo-yevriTat., ix-f\ùéTzoz£ 8e 'r\pe^eïy {Jir|8è tov auTov pdov xpaTeiv.
33. ôpxiôv Te eiyai to 8îxaiov xal Btà toOto A{a ôpxLov Xéyea-Qat..
TT^v Te apeTTiV àp[jLOvlav eîvat, xal ttiV Oyietav xal to àyaOov auav
xal TOV 5edv* oCo xal xaG' àp|jiovLav «ruveaTavat. Ta ôXa. cpt-Xtav
Te etvat évapuLOvwv idOTriTa. Tt.p.àç ^eoiç BeLV vo(ji.lÇet.v xal yipwo-t. 10
ti-Ti "^àç Lo-aç, àXAà ^eoiç {Jiev àel p.eT' eucpYijJiia; Xeu^et.|jiovoOvTaç
xal àyveùovTaç, Tipoxrt. oe aTio {JLea-OL» Yip-épaç. tt^v oe otyveiav eivat.
8!.à xaSapfjiwv xal XouTpwv xal Trept-ppavT'ripîlwv xal 8ià toù auTov
xaSapeuet-v aTïô Te xri8ouç xal Xe^ouç xal ^i(x<7^oLToq rcavTÔç xal aTré-
y^ecGa!. ppwTWv 5vifio-£t.8{(i)v ts xpewv xal Tpt.yXwv xal {jieXavoupwv 15
1. xT|||||ai.v F. 2. yivea-Gai. PF. 4. twv] tov B. e^vat. twv ev àvGpw-
uoLÇr^F. e^vai] -j-To Cob. 5. [tj £~l to xaxov] secl. Reiske. 5-6. àyaOr,
'\>i>'/r\ B^. 6. auTÔv* Cob. + peùjjiaToç Wellmann. poov] vdov Kûhn.
10. Bel F. vipwaçF. 11. [a£v>F. 11-12. Xeu^e(.[jLOvoùvTa; xal àyveùov-
Taç > F^. 13. auTov BF aÛTÔv P > Cob. 14. 7ravT6(;>F. 15. [ipoTwvB.
5. eù8ai(jLov£lv...]Xénocratedans Aristote, Top., 11,6. Cf. Aur.Carmen,\.6\-6^.
6. jJLTjSè TÔv aùxov poov xpaT£"tv] Épicharme, fr. 2. Ovide, Met., XV, 214 ss.
Lucien, Vit. auct., A.
7. ô'pxio'v xe eTvai to ôtxaiov] Jamblique, V. P., 47.
8. ir\v uyieiav] Cf. Alcméon, fr. 4.
9. xal TÔV ^edv] Lucien, Vit. auct., 4.
xa3 'àpfjiovi'av auveaxàvat xà oXa] Philolaos, fr. 2 et 6. — Aristote, Mét.,
1, 5. Quintilien, Jnst. or., I, iO, 12. Strabon, X, 468. Hippolyte, Adv. haer., I, 2,
2. Sextus, Adv. IV, 6; VII, 98; Pyrrh., III, 155. Athénée, XIV, 632 B.
Censorinus, De die nat., 43, 5. Ps-Plutarque, De mus., 44, 2. Chalcidius, In Tim.,
72. Théon de Smyrne, Expos., p. 139, 11.
cptXi'av... tadxTjTa] Supra, § 10.
ÎO. xi(jLàc; Cf. Jamblique, V. P., 37 (Timée), 99 (Aristoxène).
11. Xeuyet^ovoijvxac...] Jamblique, K. P., 100,153. Diodore de Sicile,X,9,6.
12. àirô [xÉaou T)|jL£pa;... J Cf. Orphica, Op. et dies, 24, p. 154, A. Etym. magn.,
s. V. lepov r^lx(xp. Scholie Iliade, 0, 66.
13. xai Xouxpûiv...] Aristoxène dans Jamblique, F. P., 99.
14. xal Xeyoù;] Jamblique, V. P., 153. Cf. Théophraste, De superst., 9.
15. 3vnae'.5(cL)v TE xpewvj Aristote dans Elien,y.//., IV, 17. Hiéroclès, In aur,
car m., 67.
AOLi (t)(ov xal T(5v (ÔOTOxtov Ç(t')(ov xal xjcx(jL(i)v xal T(ôv à'XXfov ojv Trapa-
xeXeûovTa'. xal ol Taç reXerà; £v toC; Upoiç êtt'.têXoÛvts;.
34. <I>T,a-l o' 'Ap'.TTOTéXTiÇ; £v Toj Trepl xtov x'j7.j^.(ov TcapayyiXXeiv
aÛTOv à-éyso-Oa'. tcÔv x'jâjjiwv r,TOL ozi alooioiq e'ItIv o|jlo{,o'. * t, otc
5 "AtOoL» TzûXaLç* àydvaxov yàp !j.ôvov ' r, otl cpOcipet. * y, otî. ty, to'J oO.ou
(^ù<7ei ô{jLO!.ov' Ti OTL oXiyapy!.xov* xXYipoOvTa». yoGv olÙtoIç. — Ta oè
TTSO-ovTa {jLYi avaiperc-Oat. , 'JTièp xoO èOuea-Oa!, |jlyi àxoXào-Tcoç ètOieiv Y|
Ôti ettI TeXeuTY] T'.voç. xal ' AoLCTTocpàvYiç oè t(ov Y,p(.)(ov cpYi-jlv e^^vaL
Ta TTLTTTOVTa, XsyWV £V TOLÇ "llpOXTt,*
4.- Cf. - : Toùi; xuàfjLO'j<; os àTroxpeTrsaôai oxi atSototc; âoi'xaai.
4. Cf. : èae^exo 81 xoùç xudc(ji.ou(; on alôototç Eiatv o(jloioi.
6-p. 132, 3. ^ : oTi xà TrtTrxovxa — xàc; copaç [XTjvûovxa (non ad amu?sim).
1. cooxoxdjv] -|- 7] BP^. 2. àTTOxeXoùvxeç F. 3. ev xw > F. post ev T(j)
lacunam susp. Roeper. Tcept > Roeper fut fr). xuàjjiwv] IIuGayopettov
Diels. 3-4. TTapayy£XX£!.v — xuà{jiwv>F. 4. aux6v]aùxwvB. xwv xuàjjicov
> Koeperfut fr). 4-5. ^-zi àSou TruXat,? iterum F. 5. post TTOXat.? lac.
susp. Diels. àyovaxov] ayovov J. Sealiger (ex / : infecundae?). xyjjxo
F. 6. o'Xt.yapyt.x6v] + '^^ aTTe^e^Qat. vel < ojx > o'Xi.yapyt.x6v Richards.
6-7. Ta 8è Tcea-ôvTa] Tà TTtTTTOVTa aTTO ty^ç TpaTTe^Y^ç S -\- octto TpaTre^Y^ç
Hùb. Cob. 7. UTièp toO] y, 8t.à t6 S. é9{Çea-6at, FX aLGi^s^^Gat- B à/iGi^eo-Qat.
Pi. piYi eGL^ec-Gai ^ E. 8. TeXer^ S^"^"^ xa{ > FS. 8é] yàp 2. cpY^a-l twv
Tjpwwv ^ F. 9. Xeywv — "Hpwo-t. > S.
1. xal toôiv] Plutarque, Qu. conv., II, 3, 2.
1-2. wv TiapaxeXcuovxat — eTrix£Xouvxe(;] Jamblique, V. P., 438. Cf. Hippocrate,
De morbo sacro, 4. Porphyre, De abst., IV, 46.
4. ôxt alôoi'oiç slatv ô'fjLotoc] LuciEN, Vit. auct., 6. Aulu-Gelle, IV, 41, 40.
4- 5. ô'xi "AtSou TruXaiç- àyovaxov..,] PORPHYRE, De antro nymph. , 49.
Eustathe, Ad iliad., p. 948. Scholie Iliade, N, 589. — Cf. supra, § 24.
5. ô'xt cpestpet] Jamblique, Protr., 24. Théophrasie, Décatis, pl., V, 45, 4. Clé-
ment, Strom., III, 24. Eustathe, Ad Iliad., p. 948.
5- 6. oxt x^ X0Î5 ô'Xou cpuaet ô'fjiotov] Cf. supra, § 24 ((j.£X£^£i,v xou <];u^txoî3). —
Héraclide Pontique dans Lydus, De mens., IV, 42. Antonius Diogène dans Por-
phyre, y. P., 44, et Lydus, l. c. Hippolyte, Adv. haer., I, 2, 44. Ps-Acro, Schol. ad
Horat. Serm., II, 6, 63.
6. oxi dXtYap)(^txdv] HiPPOLYTE, Adv. haer.\ VI, 27. Lucien, \it. auct., 6.
Jamblique, V. P., 260. Ps. -Plutarque, Ed. puer., 47. Cf. Arsénius, Violet., 44, 44,
p. 445. Apostolius, XV, 44. Scholie d'Aristophane, Equ., 44. Suidas, s. v.
xuajjLOxpco^.
6- 7. xà Se TTEJo'vxa [xr) àvatpE"ta6at] Cf. Athénée, X, 427 D.
— 13-2 —
Mt,8£ ye'jea-9' octt' av évTOç tt.ç Tpa-é^Jri; xaTaTiéo-T).
— àXexxpuovoç [jlTi aTiTsaBai AeuxoO, ozi Upoç toO MtjVOç xal Ixéx-^ç.
TO 8' T,v Twv cxyaBwv* tÔj Te Mr^vl Upoç, a-^ipaivet. yàp Tàç wpa;. —
Twv t^duwv |JiTi auTeo-Oa!,, ôa-ot. lepo^* ^ir\ yàp Setv Tà auTà T£Tà^9at,
Beoïç xal av9pw7:o!,ç, wo-irep oùoe éXeuBepoK; xal SouXoiç. — 35. xal 5
TO [A£v Xeuxov TTjÇ TayaBoù cpudewç, to ô£ p.ÉXav toG xaxoG. —
apTOv p/V, xaTayvu£(.v , oTt. £7:1 £va ol -TiaXa!. twv olXwv écpoiTwv,
xa9â7rep Itl xal vuv ol pap^apor [xt) Stj St-aipEiv, oç a-uvày£L
auTO'jç" ol o£, 7:pô; ttiv sv "Algou xpiat-v* ol Se, eiç 'TroXejjLOv 8£t.X{av
TcO'.erv' ol Se, etteI aTio toutou àpyETat. to oXov. — xal twv o-^YjpiàTojv \Q
TO xàXXtaTov o-cpaipav E^vat. twv aTspewv, twv Se ett'.tieSwv xuxXov. —
yîipaç xal tzSlv to |JL£t.ou|jLEvov Ô{jlo!.oV xal au^T,v xal vEOTT^Ta TauTOv.
2. Cf. : àXsxxpuo'voi; [xri a-jrxsaôai ô'xt Upbç xou {jL-rjvôç o1x£tt)<;.
7-9. : TcapàYyeX[xa Sè auxoO [xq xaxayvuetv — aùxouç.
7-10. Cf. S : apxov §£ — SeiXt'av efjLTroteT.
1. ultiSe] F'I. ysÛEa-Bat. B. xaTa7r£(T7j tt^ç. TpaTtÉÇTjÇ IvToçrw^F'l.
IJLTiSk — xaTaTTEo-Tj] {jLTiTE Se Ta évTOÇ Tyjç TpaTTE^Yii; TxiTXTOVTa avaipEro-Ga».
s. 2. X£uxoG><î)^. Mïivo; BPF h^^tou S Aloç (ut DG) vel Zyivôç Cas.
IxET'riç BP^ ouETTiç F<î>^. 3. TO 5' Twv aya9ô)v > Mén. orrijjiauet.]
cf. jJLTivuovTa S. 5 6. xal — xaxoG post wpaç (3) Diels. t' àyaGou
P. 7. apTOv] 4" Se S. ol TtaXai BP<Î>^ ol TiaXatoi S > F. Ttov 'piXwv
> S Mén. sed cf. Jambl., V. P., 86. E^poiTouv F. 8. xaGaTiEp — [3àp-
papot. >i; <ï>^. ETt. > F. {jiT. ^ P1B2 piri hei B^ piri yoGv <ï>^ (jlyiSe
F xal p.Tj S. 9. auTOÛçjÉcp' èauTov S. ol Se — xp(Tt.v > S. ol Se^] yj ôtl
21. 10. TTOIELV] £jJl7rOt,Er 2^. TOUTOU PF TOTTOU B. 11. TWV (TTEpetOV BP
TO (TTepeOV F''. 12. jJlEt.OU|Jt.£VOV F tJH.jJLOÙ[Jl£VOV BP'i.
2. àXexxpuo'voc; jjlt) aTixeaôai XsuxoO...] Aristote dans Elien, V. H., IV, 17 et
Jamblique, V. P., 84. Flularque, Qu. conv.^ IV, 5, 2. — Cf. Jamblique, F. P.,
447; Protr., 21. Plularque, De ej// carw., 3; SMc. rep., 32.
3. xô S' T)v xôiv ayaOïTiv (sc. tx£X7]v elvai)] Cf. Jamblique, T. P., 48 et 84.
4. xwv r/Guwv — lepoi'] Cf. supra, § 19. — Jamblique, P., 109.
6. xô (o-èv Xeuxov... (se rapporte à aXexxpuovoç Xeuxou)] Cf. Aristote, Met., N,
6, p. 1093rt. Jamblique, F. P., 100 et 153. Ps-Plutarque, Ed. puer., 17.
7. apxov [j.rj xaxayvÛEiv] Aristote dans Jamblique, V. P., 86. — Cf. Anaxi-
m;mdre le Jeune dans Suidas, 5. v. 'Avaa'p-avSpoc;. — Hippolyte, Adv. haer.,\l, 27.
9. T.poç xT^v £v "Atoo'j xpiatv (scil. où au[ji(p£p£i)] Jamblique, V. P., 86.
10. £7r£l aizo xouxou oip-/ExoLi xô ôXov] Cf. Empédocle, fr. 34, Diels.
10-11. xojv oyTj[j.àxcov xô xàXXiaxov] Cf. Platon, Thnée, p. 33 B.
ùyîeiav tt,v toO eÎ'Sous OLajjiovriV, vôaov TTjV Toîtxo'j '^Oopav. — Tiepl to'jv
âtXwv, oTt Ser irapaTtOeo-Oa», irpo; 'J7rô|i.vTiTt.v tol» r)K/,c(.wj' ol yàp aXeç
Trâv o-wso'jo-'.v O TL xal 7rapaXâ,j(i)a-'. xal vcvôvaT'-v ex 7(07 x'/Oap(.)TâT(j)v
ûBaxoç xal .raXaTO-T,^. 36. xal Ta'JTa ijlÉv cp/iT'.v 6 'AXéçavopoç év
5 tol; lluOayop'-xors 6Tco[i.vTiuaa-!,v z'jùt;/Àvcli xal Ta èxe'ivfov èy6<j.v/(X h
'Ap'.a-TOTéXr.ç.
T'ViV 0£ a-£[jLV07rp£H£!.av TO'J ïl'jOayôpo'J xal T'!|jl(ov £v to~.i; H'Xâolç
8âxv(i)v aÙTOv ouo); où 'n:ap£)x!.7r£v, c'Itiwv outco '
nuOaydpTQV T£ y6-/]Ta(; ct7rox)ivovT' ettI oô^aç,
10 . '^''îp'fi àvGcw7ro)v, <7£|jiVT,yopiTi(; o'ap!.a-Triv.
Ikpl 8e tou àXXoTE a).).ov auTov yeyevYia-Gat. HEvocpàv-rjç £v E^eyELot
Tupodii-apTupEtT, 7,i; apyr^*
Nûv aÙT* a)j.ov eTTE'.ti.'. loyov, Sel^w 8e xeXe'jBov.
2-4. S : xat toù^ aXa? 7rocpaTt6ca6at — 6aXàaaT)<;.
41 -p. 134, 5. II (Suidas, 5. Sôvo^pàvTjç . ev eXzycia Trspl xou àXXoxs à'XXov
aùxôv Y^^ye^îi'^Qat • xaî tcote — àtcov; et s. v. axucpôXi'^ai • xat tiots — àfcov).
<ï>^' : cp-r^al Sè Hîvo'f avrjÇ irspl aùtou • xai' — àftov.
1. etSouçBPyÉvotjçK. 2. âXwvJaXXwv F. 3. xa^JavCob. (ex DG). xa9a-
pwTocTwv BPF xaBapwv S. 4. ûSaTOç BPF ùSaTwv S'^Xwu Cob. 4-6. xal
Ta'JTa — 'Apt-a-TOTEAT^ç > F^ 9. te] 8e Plutarchus, Numa, VIII, 6. yor,-
Ta; BPi Plut. yoT^TEiaç F yoTjTOç Mén. Cas. a.TroxXivovT' Plut. à7r6xXt.vov
Bl^^ arcoxXELvôv F ocTioxALvavT' Cob. etxI SoÇaç BPl Plut. etilSo^ov F
£71', 86^av Mén. £ul oo^y^v vel êttI ^6^ol^ Cas. 10. ô âpio-T'/iv F. 11. Sevo-
cpâvYiç PFS<Ï>^ ^EVoxpaTTiÇ B. 12. 7rpoa-[;LapTtjpE!rriç PF 7rpoc7|jLapTup{Tiç B.
âpxTiV F.
7. Ttp.cav...] Plutarque, Numa, VIII, 6.
H. SsvocpdcvT)?] Fr. 7, Diels.
— 134 —
h 8e TTSpl aÙTO'j (pr^o-Lv ouTto; e^£t.*
cpao-i y' ETroLXTerpat. xal ToBe cpào-Gat euo; *
Ilaûa-at. ^rpï ^â^TziÇ' , £7ret.7i cpiXou àvepoç bg-zI
xal TaÛTa p-kv ô Hevocpàvrjç.
37. "Ea-xa)(}»e oà auTÔv KpaTLVoç fxkv év IIu8ayopt.Çoùa-7) * dXXà xal
év TapavTf!vot.ç cprja-lv outw; '
"E^OÇ £<ttIv auTorç, av Tt.v' ioiWTrjv iroGkv
Xà(3wa-t,v £to-£XGov-:a, ot.aTr£t.pa){JL£vov
TTiç Twv Xoywv pw|jiYiç TapaTTEt-v xal x'jxâv
tol; dyTi^ézoïc,, zolq TrÉpao^L, tolç 7îapta-w[jLaa-t.,
TOiç dTiouAàvoi.;, Torç jji£y£9c(7t,v vouPua-TWWç.
2-5. Anthol. Pal., VII, 120.
7-13. S (Suidas, s. V. EsvocpàviQi; ... e(jy.ui^s o'aùxdv — voupuaiixaic;).
1. 6 U PK ol 8é B. 2. xaqSri Anth. (x'.v PM> Anth. |jLTiV BF.
Trapt-ovTOç B 2^'^ (5. V S£v.) rcapovTa S'^ (s. v. S£v.), 3. ^aort y'
P44>^'S [s. V. Sev.) et yi"^ (s. v. o-xucp.) cpaa-l yoùv V cpao-^v B X^"^ (i'. v.
o-Tucp.) Anth. cpaa-{ {s. v. o-rucp.). 3-4. £7îot,xT£Lpat, — cpiXoi» > B.
4. poLTzi'Çeiv 2^"^ (6'. î;. orTUcp,]. èneiri I!fï>^ etteI ti P'IP euel (s.
(TTU^.) £7r£l Ti Diels. eo-tl] eo-tIv r\ F. o. eyvcoç P. cp8£yyapi£VTi<; F'*
cp6£y^aijL£v-riv E^'^ (s. V. Eev.). 7. auTOv] + xat E. {Ji£v > FS. Iltjôayo-
pî.Ço6(TY) BP''I1^'^'^'^ TruBayopiÇoua-t. E^' zoiq izu^oLropiy.olç F. dXXà > S.
8. cp-fio-lv ouTWç > s. ouTwç BP oÛto) F. 9. av t(.v'] éàv S. 9-10. Xdpw<rt.
ttoSév ^ F. 40. ot.a7tet.pwpi£vo!.; Scaliger. ii. 7Tap!.a-w|jLa(7t. B2 Trapt.-
(ràjjiaa-t. Pl àvT(.a'Oj|jiaa-!. F. 13. |JL£y£9£(7t.v vo'j(3L>a-Tt.xà)<; S |ji£y£6£(3-t,v
vou,j!.a-Ttxw(; B [AeyéGEo-t. vou|3u(7tu6ç P p-eyÉSeo-Lv où P'jo-tlxwç F.
7 ss. Cf. Athénée, IV, p. 161. Cratinos, fr. 7 (Kock, II, p. 291).
'liç ll'jOayop'.TT'. 3uoaev Ttô Aoqîa
38. ' Apio-Tocpcov IIuOayopicTTrj *
toeCv £xâ(TTOL»;* OLacpspc'.v os 7ra{ji7ioXu
Toùq, ll'jOaYOp'.a-Tàç tcov Vcxpwv * u-ovoia'. vàp
£75. £V Ttô aÙTW *
'Fi<j^iou<ji T£
Xâyavà Te X7.1 TC!!vOUT!,V £7:1 TO'JTO'.Ç u8oJp *
cpGsrpaç 0£ xal Tp{pwva T'/^v t' àAo'Jo-iav
15 G'JO£li; aV 'J-Oj'J.£'iv£',£ TWV V£(i)T£pWV.
4-15. s (Suidas, 5. V. noSayopa? ... 'Aptorxooàiv XÉyôt Ttcpl xwv IluÔayoptatâiv
— vstoxspcov).
1-2. o' 'AXxp.a{wvt. • 'Ùç Cob. ôaXxua^wvt. cbç F âXxp,at.wv',oç Pl Xax-
|ji.ai(ijv[. B. 2. 7tu9ayop!.a-TL F Ti'jÔayopt.crTT, BP n'jOayop!.T-:ai Mén.
4. àpt.o'TO'^âvTiÇ S'-^"^. TruGayopiarTrj BPP Àsyct. 7r£pl tcov II'j9ayopt.a-Tà)v — .
T). £cp7i Cob. è'cpri T£ BPK > E. twv BPF auTwv S. 8 crjvcr'.Tc-rv BP^ (7u<y-
<7i,T£!rv FS. 9. £u^£pr,) o'jo-^EpTi Cob. 9-10. X£y£',ç £'' Tor? P^T àC /r
A£y£t. a-^TOt-ç B )iy£!,; £v tolç F XiyELç toT; P^ )iy£!,v (jhoiç H^*^ XiyE'.ç
£La-TUOlÇ X^"^'*. 10. IkZ'JTo'Î^JlV F {JLEa-TOtTç BPl s. 11. £Tt. £V TW aUT(ô > S.
12. éaÔiioLicri: T£ > BPi:. 13.t£>F. 14. os] t£ Pl. Tpifiwvaç S^-^*.
15. v£o)T£pwv BFS £T£p(i)v P £v£pT£p(i)v Naber £v£ij)T£pwv Nauck ETÉpWV
< vexpwv > Diels.
i. Mnésimaque, fr. 1 (Kock, II, p. 436).
4. Aristophon, fr. 12-13 (Kock, II, p. 280).
5. ecp-q xaxapàc;] Supra, § 21 ; infra, § 41.
— 136 —
39. 'ExeÀe'jTa o' o TluGaydpaç toûtov tÔv TpoTrov. auveBpeûovTOç
{JLETà TWV (TUv/jOcOV £V T'/) MO.WVOÇ Oixîa TOUTOU, UTTO TÎ.VOÇ TWV {JLYi
7rapa8oyT,ç à^i-wGévTwv oià cpGdvov uuo-pYja-GriVat. tt,v o'.xLav o-uvépri. —
TLveç o' auToùç Toùç KpOTwvt.âTaç touto Tipâçat., Tupavvîooç è7zihe<7iy
£Ù).aPou|j.évou(;. — tov hr\ IIuGayopav xaTaXEicpG'^vat. Bt.£^!.ôvTa" xal 5
Trpdç T(,vt, -^wp^t}) yevd{jt.£voç, TrXripEt xuâjjiwv, Lva < [jlti > 8t.£pyo!.TO,
aÙTdGt, £a-TT|, e^TTWV àÀwvat. < av > |jt.âXlov Tj uaTYia-at,, âvaLpEGyîva!,
0£ xpEiTTOv Ti Xa)â,(7a!. * xal WOE Tïpoç Twv ôLwxdvTWv à7ro(7^ayYivat.. —
OUTW OTj xal Toùç TïXÊio'Touç Twv £Ta{p(i)v auToû OLacpGapriva',, dvTaç
TTpôç Toùç TETTapâxovTa. ot.a(puy£rv ô£ oOayouç, wv y,v xal 'Apyùxaç 10
6 TapavTLVoç xat. Aucrt,; ô 7zpO£!.pT,p.£vo<;. 40.
1-10. (âxeXEUTa — xsxxapàxovTa).
1. -zikeDzàH^. 2. [toûtou] secl. Cob^ toÙ < àGÀ-/i > toù vel Tou<Kpo-
Twvtà > Tou Cob^. 4. xpoTwvLTaç B. 5. xaTa^Et-cpOrivat. Schwartz
{solum rtlictum esse vertit Meib.) xaTaX-/)cpGTivat. libri. Èç'.dvTa
6. yEvdjjLEvoç scripsi y£vd[jL£vov HPK^^. uol < > 8'.£py^ot.TO scripsi
(cf. §§ 40 et 45) (W Slt.p^eto auTdOt. il [W auTdGt. BPF auToQ!. TAPS [W
[auTdGt,] Cob. auTtxa auTÔGt. Mén. 7. àv add. Cob. 7-8. [àva!.p£G'?|vat. —
XaÀYÎa'a!.] secl. Cob. 8. hé] o'r\ F. XoiXr^fyo.ij d'k'xkr\jy.i Herelius àXûa-at,
Mericus Cas. (sed cf. Intr., p. 24). àTioacpayrivat. BPS âvat.p£Grivat F.
9. BF 0£ P2^. 7rX£{ou; F. ÉTÉpwv B. 10. touç > F. o'^tyL^TOuç B.
'ApyuTa;] "\ç>yiTZTzoq Mén. Hùb. Cob. ex Jambl., F. P., 249, Por-
pbyr., V. P., 55.
1-3. auvcopôuovxoç — auvé(3T) et 9-11 : ojxco ôr^ — Tcpoeiprjpivoç] Hesychius
(Scholie Platon). Aristoxène dans Jamblique, V. P., 248 ss. Néanthé dans
Porphyre, V. P., 54 ss. Diodore, X, 11. Philodème, Rhét., II, p. 180. Tzetzès,
Chil., XI, 80 ss. Cf. Plutarque, De Gen. Socr., 13; Stoïc. rep., 37. Hippolyîe,
Adv. haer., I, 2. Olympiodore, Phaed., p. 8. Hesychius, L^j?., s. v. 'IxaXtwxTjç.
4- 5. xivèt; — euXapoufjLEvouc;] Timée dans Jamblique, V. P., 254 ss. Justin, XX,
4. Arnobe, Adv. nat.^ I, 40. Ps-Acro, SchoL in Horat. Serm., II, p. 162. Cf.
Polybe, II, 39. Alhénagore, Leg,, 31. Ausone, Ed., II, 31. Appien, De bello
mitkr., 28.
5- 8. xov Ôt) nuOaydpav — à7roaçpaY?^vat] Cf. Hermippe, infra, § 40. Ps-Acro,
Schol. in Horat. Senn., II, p. 185. Attribué à des Pythagoriciens par Néanthe
et Hippoboios dans Jamblique, V. P., 189 et Porphyre, V. P., 61; Ambroise,
De Viry., I, 4; Olympiodore, In Phaed., p. 5; Nonnus, Comm. in Greg. hist., 18;
Artemii Passio, 29.
11. cpTjal Ô£ Atxatap)(^o(;...] Fragment plus étendu dans Porphyre, F, P., 56.
Thémistius, Or., XXIII, p. 285 B. Firmicus Maternus, 1, 8, 18 ss. Tzetzès, CkiL, XI,
tÔv ri'jOayôpav otTToOaveîv xaTacpuyovTa etç to èv Mcxa-novTÎCj) Upôv
Twv Mo'J7(ov, TcTTapâxovTa r,|Jiépa^ àT'.TriTavTa.
'llpaxXeWYlÇ 8s CpT^a'.V èv TTj T0)V i^aTUpOU lîûov ÈTZ'.TOjJLT, |Jl£Tà TÔ
.Sâ'lia!. 0£p£X'JO-r\v èv ArjAo) è-raveXOcrv £'!<; 'IxaAiav xal TravoatTLav
5 eÛpOVTa KÛXWVO; ToO KpOTCOV.OtTO'J EtÇ METaTlÔVT'.OV 'J7r£Ç£Â0£rv xàxcL
TÔv (iitlov xaTao-Tpstl^a!. àa-ixta [ji-rj [îiotjXop.£vov TTEpa'.TÉpw Çt|V.
"Ep[JLt.Tr7io<; 8e cp7)0"L, TroXefJLOuvTwv 'AxpayavT'lvwv xa'l X'jpaxo'jo-ûov,
è^eXOerv {jt.£Tà tcov o-jv/jOcov tÔv ll'jOayôpav xal 7rpo<TTY,va!. tojv 'Axpa-
yavTLVwv* TpoirriÇ oè yevojjiévYiç, 7r£p',xà;jL7T;TcivTa a'JTOv T7,v tojv xuâuiwv
10 ywpav UTzo twv Xupaxouo-îwv àvaipc6T,va',. Toûç te Xg!,7T0'jç, ô'vxaç Tipôç
Toùç 7ï£VT£ xal Tp'.âxovTa, £v TâpavTt, xaTaxauOriVa!., .SÉAovTaç dvT'.Tio-
XiTeuEdGa!. Toîç TipoEo-Two-!.. 41. xal aXAo Tt, Trepl IluBayopou cprifrlv
ô "EpiJLi.-TîOç. Xéyei. yàp wç yevopiEvoç £v 'lTa)ia xaxà yT,ç o'.x^txov
irot.rjO-at. xal T'^ [jiTiTpl évTELXa'.TO rà y!.v6|Ji£va £''ç oeàtov ypâcpe'-v
15 (TYjp.£tO'j[jL£VTiV xal TGV y ^ôvov , ïizzvzcL xa9(.£va', aÙTw eo-t' av avéAGï].
5-10. Cf. (non ad amussim). 12-15. Cf. 4>v : (paal ôè oxi y£vo(ji.£voç —
aùxqi.
1. xaxacpuyovTa BP Porphyr., V. P., o7 aTrocpuyovxa F. 3. 'Hpa-
xXs^Btiç BP ripaxXïiç F. I^axùpoj] axùpo'J B. i-îii-zo^r^irSi 'zoù {jl*/] B.
4. postxai: lac. susp.Cob. 5. RûXwvo;] MîXwvoc; Mén. et Cob2.(utDG).
p.£T(X7iovTov B. È^eXBerv F (éXGwv <ï>). 7. 7roX£p.o'JVT(i)v] -|- twv F. Hupa-
xouo-twv BPF^Ï>'^^^ o-uppaxoutriwv <ï>^ liupaxocT'lwv Hùb. Cob. 8. tov
IIuQaydpav [jiSTà twv a"uvT|ôwvrw F. [j-exà twv a-uvT,8wv > 4^. tov IJuOa-
ydpavJauTov <I>. Tcpoa-T'^vat.J + 'rôv TzuOaydpav Fl. 9. OLaxàjjiTCTOvTa <Ï>p.
10. Supaxouo-iwv BPF o-uppaxouo-iwv o-upaxoo-iwv ^P'^^'. 11. toùç]
Toîc; B. 13. ô > F. XÉys'. yap > F. 14. 7ro'//;C7a'. St. 7ro!.TiC>a!. BPIF
£7I0tr>a-£ <t>^. £VT£!:Xa',TO F SVTef.Xat. TO P ÈVTEîTXa!. Bl £V£T£{XaTO <^ï>^.
15. auTw F^ï)"" aÛTo aÛTOV B^.
90. Cf. Papyrus d'Herculanum (Crônert, Studien zur Pal. und Papyr., VI,
p. 147).
3-6. 'HpaxXeioTic; — ^t^v] Anonyme dans Porphyre, V. P., 55 ss. Nicomaque
dans Jamblique, V. P., 252.
7 ss, "EpfjLiTCTToc;...] Hesychius (Scholie Plaion). — Artemii Passio, 29.
12 ss. xal oiXko xi...] Cf. supra, §§ 21 et 38. — Lucien, Gai., 18. TertuUien,
De an., 28. Scholie de Sophocle, Electre, v. 62. — Eustathe, Ad Ody s., pp. ilOi,
61 et 1961, 10. Origène, C. Celse, II, 55.
— 138 —
TO'JTO TTO'-TiTat. TTjv p.TiT£pa. Tov 06 IIuGayôpav [jLSTa ^povov àveXÔav
Lo-^vov xat xaT£TX£).eT£"j |i.£vov * Eto-eXGdvTa t£ £tç TTiV éxxXria-^av cpàa--
x£',v w; otcpixTai "A'-ôo'J * xal ùr\ xal àv£y{va)a-x£v auTorç rà (tuijl[3£Ptj-
xoTa. ol Oc a-a!.v6{JL£V0!, toTc; )v£yo|JL£VOLç Èôûtxpuôv T£ xal to|jL(i)Çov xal
£7:îa-T£'jûv £ivai tov Il'jôayopav Beïôv Ttva, wo-te xal xàç yuvaixaç 5
auTw Tiapaôoûva!., wç xal tjia67)a-0[JL£vaç tl twv auToCi * aç xal lluôa-
yopixà; xXT,9fiVai.. xal ra'jTa {i.£v o "Epfjn.TTTroç.
42. ^Ilv G£ TCO n-jGayôpa xal yuyi], B£avà) ovo[jia, BpovTLvo'j tou
KpoTwvLâTou 3uyâT7)p* ol 0£ yuvatxa (jlev Eivat. BpovTtvou, |jLa6'/iTpt.av
0£ n^Gayopou. r|V auTw xal 5uyocTTip Aajjiw, wç cprio-t. Aù(7ic, év Eitto-- iO
toAt)- TTpôç 'luTtao-ov, TTEpl IIuGayopou Xéywv outwç * ce AÉyovTi 0£
izoXkoi TL) xal 8ap.0Tt!a aît,Xoa-ocp£rv, Ô7i£p aTïaÇlwv IIuGayopaç, ôç yé
TOI Aa{jLO!r Ta Éa'JTO'j ^uyaTpl TrapaxaTaGijjLEvoç Ta 67ro|JLV7]|JLaTa £X£-
Xeu^e jJiT,o£vl Tcov extoç Ta; oly,ixç '7rapaôt.Bd[jL£v. à oï Suvap-éva
1-4. Cf. ^I^^' : |X£xà os y po'vov — cr'jfjL{3£pTixdxa . ol o'eOaufjia^ov.
2. îcjy^vov BPF cTTuyvôc; (I>^. xaT£C7XcX£U{ji£vov Pi. te] Se <Ï>^. t>]v > F.
3. ô>i xa{ > OLÙ-oîc, PP<Ï>^ aÙTOç B. 7. xal — ''Epp.L7C7roç > F.
9. |Jt.£v> F. ppovTlvou E^vai. F. 10-11. sv — ' luTrao-ov > F^. ll/lTuira-
(Tov BP r7r7rap;)(;ov F^ Hûb. Cob. Jambl.,F. P., 7o, Epistol. gr., p. 603.
XÉyovTL] cpavTf! Jambl. 12. tù Hûb. Cob. Tot. BPF cte Jambl. Epist.
oa[^.aa-îa F-i. cp!.Xoa-ocp£v Cas. M<^n. Epist. (Cod. Fj + ToCç EVTuy^àvouo-L
Jambl. TOîiEp Jambl. à-aqiwa-E Cob. Jambl. Epist. 13. tol BP^ Jambl.
Tàt. F > Epist Ta] + ÉauToCi F. ù-o|jLvà|jLaTa Kûhn Cob. Epist.
exéXeute BPF £7c£a-xatj;E kûhn Cob. Epist. TuapaSt.8ô[jLEv. a] TiapaSt-So-
(jLEva B.
8. y\)VTi Osavo)] Hermésianax dans Athénée, XIII, 599 A. Porphyre, V. P,, 4.
Jiiinblique, V. P., 146,265. Suidas, s. v. Oeavco^. Artemii Passio, 29. Cf. Photius,
Cod. 249, et Arsénius, Violet., p. 310, W.
9. ol 0£ yuvar/ta ...] Suidas, s. v. Bsava) ^ et 2, Jamblique, T. P., 267. — Cf.
Dicéarque dans Porphyre, V. P., 19, et Didyme dans Clément, S/rom., I, 80.
10. ÔuyàxTjp Aa[xco] Jamblique, V. P., 146.
Aufftç iv £7riaToXri . . . ] EpisTOLOGR.vPHi GKAEC[, Hercher, p. 603 et Jam-
blique, V. P., 72. Cf. Clément, Strom., V, 57. Synésius, Epist. ad Her., 143.
Nicôphore Greg., Hist., VIII, 7.
Taç Tw TzaTpô; £7t!.a-XTi^|;'-aç èvô(Ji.U£ '/p'^Tw Tt.ji.'.wTÉpa; yi{jl£v, xal xatJTa
Y^vâ. » 43. TjV xal T-riAa'jyri; u'.oç a'JTorç, oç xal o'.EOÉqaTO tÔv
uaTÉpa xal xarâ Tt-vai; 'Ep.TC£OOxA£OtJç xaO'r|y-/|a-aTo . 'IrcTcôjjOTÔ; yi tol
5 cp7|(T(. XÉyELv 'iLjjLTCEOoxXÉa TriAa'jyEi *
xXuTE XOÛpE 6£aV0UÇ lIuOayÔpEW TE.
(TuyypaijLfjLa hk cpÉpETat. tou TriXaùyouç oùSsv, ttiç os [jLTiTpôç auToO
SeoLVoùc, T'.va. àXXà xat cpao-Lv auTi^v èpiùZ'rfieï'JOLy uoa-Ta'Ia yuvTi
(XTi' àvôpoç xa8ap£'j£'., cpâvat.' (c ol-ko [jl£v tol» loIou 7iapa^pf,{jLa, oltzo 0£
10 ToG dWo'zpio'j oùoETTOTE. » T'?, 0£ TCpôç TOV ToLov avopa [xeAAolktti
4. ^pa|jLâTwv Cob. âTCoBoa-Ga!, Epist. twç F Epist. t' w; B 9wç
Pi. Xoyw; F Epist. Xoyoç BPi. £^00X01671 BP Epist. (God. F) è^ou-
XriQri F Epist. (Codd. PB). TCVLav] + oé Cob. Epist. 2. tw T^aTpoç T
Epist. Tw upoç Tcpç F Tw 7rp{ ôç Pl Twv TiaTpiwv B. £7rt.a-x-/|^Laç /r
£7rt.(3-xTit[;£t.aç F ETX'.a-xstpLaç BPl £7rt.(7xà(j;t.aç Epist. £v6[ai.Ç£ BPF £v6(Jit.T£
Epist. £v6[ji!.^£ Hercher. tijjlev BP Epist. (God. P) £L(j.£v F £{j.£v
Epist. (Godd. FB). 2-3. xa{ — yuvà > Epist. 3. yuvà r\y. y.y.i interp. F.
aÙTOLç BPF auToG Gob. (ex DG). 4. y£ Tot.] U F. 5. EVTiESoxXéa B.
T'(]kciLuyeï F TriXauyT, BP T'/]Xatjy£ç Bentley et Gob. (ex / : telauges?).
6. riuGayôpEw F TruGayôpaw Pi TT'jGayopiw B. 7. cp£p£Tai,>F. S.GEavoOç
TLva aXXa F. 9. Si > B.
3. Tjv xat TT)XauyT](;...] DioGÈNE, I, 15 et VIII, 53. — Porphyre, V. P., 4.
Jamblique, V. P., i46. Eusèbe, Pr. eu., X, 14, 14. Suidas, 5. ij. ©exvw^ et 5.
T7)XauyTic:. Photius, Cod. 249. Arsénius, Vw/., p. 310, W.
4. xal xaxoc xivaç 'EfJiTteSoxXÉouc; xaG-riy-f^aaTo] EusÈBE, Pr. eu., X, 14, 14.
-Suidas, s. v. TrjXaûyiQç et s. v. 'E[j.7rEÔoxXïjç. Arsénius, FzoL, p. 310, VV.
6. xXuxè ... nuGayopoW xe] Fr. 155, Diels.
8. Sea^oùç xtva] DiDYMEdans GLÉMfiNT, Strom., I, 80; cf. IV, 44. Suidas, s. v.
0£avûiet2, stobée. Ed. phys., 10, 13. PoUux, Onom., X, 21. Gensorinus, De die
naL, 7. — Lettres dans Hercher, Epùtol. graeci, p. 603 ss.
8-10. spwxTQÔswav — ouosTcoxe] Clément, Strom.^ IV, 121. Jamblique, V. P.,
132. Stobée, Flor., 74, 53. Théodoret, Gr. aff., XII, 7, 3. Théon, Progymn. (Rhet.
gr., II, p. 98). Arsénius, VioL., p. 294, VV. - Attribué à Pvlhagore dans Jamblique,
V. P., 55.
— 140 —
Tiopeuea-Sa!, TrapTjVet. au.a toÎi; évSûjjLaa-!. xal ttiv a'.o-yûv/^v àTioTiGeaGat.,
(c TTOLa; )) £cp-/)* (( TaÙTa 81' a yuvT, xsxXrifjLai.. »
44. '0 0' oùv TluOayopaç, wç [jlev 'Hpax);6{8Ti(; (pyja-lv 6 Toû
SapaTtûovoç, dyooTjXOVTOUTAiç êteXeuTa, xaTa tt^v i8{av UTroypacp-r^v 5
Twv YiX'.xiwv* w; ô£ ol TcXeiouç, ett) P',oÙç evsvrixovTa.
Kal r|{jià)v è(7Tt,v siç auxov 'Tce7rat,y[jiéva oûxwç e^ovxa*
Où {Jiovoç d([iu^ot,(; ETceye; yipaç, àXXà xai T^p-erç.
TLç yàp ôç £|JLc[»ùywv -/]^aTO, IIuGayopa;
àXX' ÔTav £({>7i97) Ti xal OTiTTiS^ xal àX(.a-9^, 10
Stj tot£ xal cj^uyY^v oux lyov £a-9w|JL£v.
^Hv àpa IIuôayopTi; xotToç a-ocpôç, wctte |j.£v auTOç
[jLTi ^oLueiy xps'.wv xal XiyEv wç ûf8!.xov,
(7',T!!Ç£t,v ô' aAXouç. ayajjiat. aocpov* aÙTOç £(pa |jl£v 15
oux a8t.x£rv, TXkouç, 8' auTÔ; sTEuy' aSt-XEiv.
7- 11. <I>v : ÈcjtI ôè £ic; auxov Ti[j.tov STn'ypajjLfjLa • ou — £a0i'o[ji.£v.
8- 11. Anthol. Palat., YII, 121.
2. ol6toI<; 4. cpria-{v > F. 6. évEvrixovTa] + évvia Cas. Jacoby.
7. 7i£7rYiyp.£va F -f- aiv BP^. outw; iyoyza. > F. 8. àt];ùyot.(; èizéyeç
BPl àt}»6^0!.ç èrzédje^ F atj^ùywv âTriyeç Anthol. a^ûywv â7r£a-^£ç
<ï>^ £|ji'|»uywv duéjeç TAC /r Cob. : cf. Intr., p. 86. X£rpa; <ï>v.
9. ô(;>4>^. nuGayopri Anthol. 10. tî.] tiI <Î>^ te F. ali^^ B4>^ Anthol.
aÏG^î] àyXwôvi P. il. oux] piri Anthol. e^Guoî/ev F. 12. dlV F.
13. apa > F. l4. )iy£t.v B. 15. âyapiYi B. 16. £T£uy' à8f.x£Lv Cob.
£Tuy' à8ix£rv BPF àp' TjV a8!.xwv St. Cob^. (ex DG) èS, y' à8t.x£rv Meib.
1, à|j.a xoiç £vÔû[j.aat xal ttjv aia)(^uvT)v...] Cf. Hérodote, I, 8. Clément, Paed.,
II, 100, 2 et III, 33. Plutarque, Coniug. pr., 10.
5. xaxà TTjv lôtav uTroypacpi^v] Cf. supra, § 10.
6. EvsvTjxovxa] Hesychius (Scholie Platon). Papyrus d'Herculanum (Cronert,
Sludien zur Palâog., VI, p. 147). — Variantes : Galien, t. XIV, p. ^i67, K. Jam-
blique, V. P., 265. Théol. Arithm., p. 49. Syncellus, Chron., p. 247 C. Photius,
Cod. 249. Tzetzès, ChiL, XI, 92.
8-11. Cf. §13.
13-16. Cf. § 12.
45. xal aXko '
à(T7r LOoç b]'jcpôpj3o'j [iiXétj^ov èç o'iJLcpâX'.ov.
cpTidl yàp ouxoç* 'Eywv y^v TTpôppoxoç. o' oxe oûx y,v
S Ccâo-XWV (x)Ç XLÇ £TlV, 0'JX(.Ç £7\V Ox' £7^7.
xal aXXo, w; éxEXfiûxa *
At, ai', lluGaydpr,ç xt! xdaov xi;àp.O'j; £<T£pàa-9-ri ;
xal 3àv£ cpoi-XTixarç a|JL|jLtya xoLf; tSioiç.
^wptov Tiv x'JocfJLwv* Tva p.Ti xoûxo'jç 0£ 7rax-r|(Tr),
10 £^ 'AxpayavxLvwv xàxGav' çvl xp'.oow.
"HxjJLa^E 8e xal xaxà ttiv É^Tqxoa-xriv 'OXufJiTriàûa * xat aiixoO xô
crLi(mr|{jLa 5t.£{jL£'.v£ p>-é^pt. yevEwv évvÉa xal 0£xa. 46. XEXeuxaîoi
7-10. Anthol. Palau, VII, 122.
2. éôÉXriç DGT fr è^éloïc; BPF. lluGaydpac DGT fr TruGaydpoio BPl
TTuGayopow F. 3. Ecpop^ou B. djjicpâX'.ov Mén. djjicpaXdov F djjicpaXdv BPl.
4-5. cpYio-l — xî.; eV > Fl. 4. sywv P aiywv B. r\y^ St. Cob. (ex DG)
rip-Yiv BP. 5. cpàa-xwv Cob'i. cpà<7X£t.v BP. B P. ol>x!.ç Gobi.
ôxxt.(; BP'l 6a-xt.ç F. ox' eV.v F ôx£ t,v BP. 4-o, cprio-l yâp • oDxoç (ouxoç *
St. Gob^.) éywv riv upo [3pQxd; (TrpdPpoxo; St. Gob^,)- dç 8k ôV oux
Tiv (dç 8' dxE oux 'Àjv St. dç o' dîTox' o'Jx T,v Gob2.) Il (X)âa-xcv dx' r^v,
8ri7tOuy' (ôTiTrou St. Gob^.) oùx ap' (av St.) £r,v dx' È'r^v (dx£ T|V St.)
St. Boeper Gob'^. (cf. DG, Intr., p. 86). S. GàvE (Gàvat. B) cpo'.xrixarç
BPF Gav£ cpuLXOLç Godex Anthol. il. xa{ > Gob. x'/^v] -f- 8£ux£pav xal
Jacoby. 12. r, > F. xai > Pear. Gob"^.
2-5. Cf. § 5.
7-10. Cf. § 40.
11. T]y.[ioile 8è...] Augustin, De civ., 18, 37. — Cf. Aristoxène dans Porphyre,
y. P., 9. Cicéron, De rep., II, 28; Tusc, 1, 38 et IV, 2. Diodore, X, 3, 1. Clément,
Strom., I, 6o et 129. Aulu-Gelle, XVII, 21, 6. Jamblique, V. P., 35. Solinus, XI,
31. Strabon, XIV, 638. Eusèbe, Chr., II, 201. Cyrille, In JuL, I, 13 A. Tatien,
Adv, Gr.,41.
12. èvvÉa xal osxa] Cf. Diodore, XV, 76, 4. Photius, Cod. 249.
12 ss. xt\t\jTouoi — <ï>}aàato'.l Cf. Platon, Phédon. Jamblique, V. P., 251
et 267.
yàp syevovTO twv EuGayopeLwv, o'jç xat 'ApLUTd^svoç eîSe, SevôcpL^vdç
T£ 0 Xa)^x5.o£Ùç dTcô ©pàxT,; xal ^âvxwv o <ï>Xt.d(7!.0(; xal 'E^expaTYjç
xal ^loxkriç, xal noXupLvaoToç, <ï>Xt.da-Lot. xal aÙToL '/icav 8k dxpoaTal
4>t,)voXâo'j xal EûpuTOU twv ïapavTLvwv.
Feydvao-'. ùe IIuGaydpa^ TETTapeç TtEpl toÙç auToùç ^pdvouç, où
TioÀù à?:' dlXrjXwv oLTïéyyvzeç' elç [jl£v KpOT(i)vt.àTr\ç , TupavvLxoç
avôpwTxoç ' ETepoç ^Xt,d(T!.0(;, <TW{JLao-x7iTriç, d).eL7T:T'riç wç cpao-i Ti-veç*
TpLTOÇ ZaxÙvOtOÇ* < TSTapTOÇ > OUTOÇ, OU cpatTiv sLvat. TWTcdppriTov
zr\ç (DCko(70<X)iaq, auTwv StodcrxaXoç * sep' ou xal to « Autoç e«pa ))
Trapot-p. Laxov elç tov pioy r^^^ev. 47. ol ôs xal cxXkow, dv8ptav-
TOTTOiov TrjyLvov, yEyovEva». cpacl HuBaydpav, upwTov 8oxoGvTa
1. £i8£] otSe vel -rfiei Richards. 2. duo Bpàxïiç > F. cp£Xt.àc7(,oç F (ut
vi(jetur). 3. xaiS > F. 7. [dA£{7ïT-/^ç] sec). Kûhn. [d).e{7i:T7\ç — tlveç]
secl. Hûb. Cob. 8. TÉTapToç add. Hûb. + aÙTd; Cob. outoç, ou cpao-Lv
Hùb. ou cpa(7t.v ouToç (oÛtw; F)r*^BPF. TWTidpp-AjTov scripsi TOUTrdp-
prjTOv BP TOUTrdpTiTov TaTidpp'riTa fr Cob. 9. [-xutwv 8t.8da'xaXoç]
secl. Hûb Cob. [8t.8d(7xa).oç] secl. Kûhn. 11. 8oxo6vtwv B.
1. ouç xal 'Apiaxo^evo; eTSe] Cf. Suidas, 5. t;. 'Aptaxd^evoç. Aulu-Gelle, IV, 41.
6. sic {J.èv KpoTcoviaTT^ç...] Cf. Théopompe et Hermippe dans Athénée, V,
p. 213 F. Tertullien, ^poL, 46, 13.
7. acofxaaxTix-nç] Cf. supra, §§ 12-13.
8. Zaxuv6tO(;] Aristoxène, Harm., II, p. 36. Artémon dans Athénée, XIV, 637 B.
8-9. Ta)7rdpp'r]xov zTi<; cptXoaocptaç] Aristote dans Jamblique, V. P., 31. Timée,
ibid , 258. Dicéarque dans Porphyre, V, P., 19. Aristoxène dans Diogène,
VIII, 15.
9. aÙToç £<pa] vulgaire. Cicéron, De nat. deor., I, 5, 40. Quintilien, Inst. or.,
II, 1, 27. Clément, Strom., II, 24. Origène, G. Celse, l, 7. Cyrille, Corn, in Is.,
32. Julien, Epist., 63. Valère-Maxime, VIII, 15, ext. 1. Hermias, /m^. gent., 46.
Théodoret, Gr. a^., 1, 12. Grég. Naz., Or., 27, 10. Scholie d'Aristophane, Nuées,
195. Olympiodore, Vita Plat. (fin). Cramer, Anecd. Par., IV, 414. Hiéroclès, In
Aur. Carm., 45 ss. Euslathe, Ad lliad., p. 37, 35. Suidas, s. v. aùxô*; l'cpa. —
Cf. Jamblique, F. P., 53, 88, 255 (Timée). Élien, V. H., IV, 17. Ammien-
Marcellin, XXII, 16, 24. Ausone, XVIII, 29, 38. Boëce, Inst. mus., I, 33.
10-44. àvSpiavxoTToiàv Ttjy^vovJ Polémon dans Athénée, 1, 19 B. Pline, H, n.,
34, 19, etc.
xat â'repov, ir^Topa pLOy^Oripôv ' xai îaxpôv aXXov, xà Trept tx'Xay.ç
yeypacpÔTa xa»! xtva -nepl '()|jLT|po'j o-uvxexayfjiévov * xaî â'xepov Afopuà
7re'jrpay|i.axeu[JLévov, tbç At.ovûo-'.oc; laxopeC.
5 'Epaxoa-OevT.ç 8é cprio-t., xaOô xal <l>aj3wpLvoç o'yoôr) lïavxooarcrjÇ
Ma-xop'-aç TiapaxiOexat,, xoùxov e^vat. xôv upwxov evxéy^vcoç TC'jxxeÛTavxa
eul xfjÇ oyooTiç xal xexxapaxoo-XTiÇ '()Xup.7r(.â8o<;, xojjLTixiqv xal âXoup-
yîSa cpopoOvxa. êxxpLGfivaL xe ex Traiocov xal yXeuacrOévxa a'jxlxa
irpoo-p-TiVa!, xoùç à'vSpaç xal v!.xf,(TaL. 48. 8t,XoÛv 8e xoûxo xal xoù-
10 7t{ypa|jL|jLa, ÔTiep STiolria-e Heaix'rixoç *
Il'jÔay6pr|V XLvà, IIuGayopriv, (b EeîTve, xo|JLT,XTiV,
a86fjL£vov TiûxxTiV E^ xaxeyet-ç i^àfjLiov,
riuGayopriç éyw eijjit.' xà 8'epya [jlou eî' xlv' epoLO
'HXelwv, cpT,a-£(.; asjxov aTtio-xa Xéy£!.v.
2. axaXïiç Muret et Cas. (cf. Plin. N. H., XIX, 30, Galen., XIV,
p. 567, K) o-xùXXtic; C xiXXriç B xriXriç PF. 5-6. xa96 — 'lo-xopiaç > F.
£v] + XTj Cob. 6. TTpwxwç F. 8. ExxpiSevxa Cob. (ex / : selectumque?).
£x] + xwv F. 9. h-r\loùv Cob. (ex DG StiXol?) auXoCiv BPF. xoùxw P.
11. IIuQavopYiv- > F. 42. â[,86fji.£vov B a86[ji.evov P àYi8ô|i.evov F.
14. TiXeiov F.
1. Sàfxiov] Pline, ibid., etc.
2. pTQTopa [jLO)(^6T)pov] Un rhéteur neiGayopaç est cité par Philostrate, Vit.
Sophist., 19.
taxpôv àXXov] Cf. Gelse, /)e medic., I, proœm.
2-3. xà TTEpl crxtXXriç ysypacpoxa] Cf. PUNE, F. W., 19, 30. Galien, t. XIV,
p. 567, K.
4. (bç Aiovuatoc; laxopet] Denys d'Halicarnasse ? (Maass, Phil. Unt., III, p. 32).
7. Elit xîjc dySoTiç xal Texxapaxocrxîjç '0Xufj.7riàÔo<;] Cf. Africanus dans Eusèbe,
Chron., I, p. 200. Antilochus dans Clément, Strom., I, 80. Tite-Live, I, 18, 2.
Denys d'Halic, Ant. rom., II, 59, 2.
6-7. Ttuxxeuaavxa ... xofjLT^xfjv] Syncellus, Chron., p. 239B. Lucien, Gai., 8;
Vîi. flwc^., 2. Jamblique, F. P., H et 30. Augustin, Ep., III, 137, 3. Cf. Ps-Plu-
tarque, Prov. alex., 108. Hesychius, s. v. ev l'ocjxqj xo[x-nx-n^. Diogénien, IV, 58,
Arsénius, Viol., 231. Apostolius, VII, 31. Prov. Vatic, app., I, 87.
— 144 —
uXtiç, £7tl TcXéov ôk SwxpaTYiv xal Toùç £X£![v(|3 7rXria-Là(TavTaç xal
p.£T' a-jTO'jç 'ApLo-TOTéXriv xal Toùç Stw.xo'Jç * âXXà {jitiv xal tov
oùpavov TrpwTOV dvo|JLà(Tat. xoo-piov ' xal tt^v yr\y <jTç>oyyùXr\y ' ôk
©cOcppao-TOç, napjjLEviSrjv * 8k Zt|Vwv, 'H<t{o8ov. 49. toÛt(i) cpriclv 5
âvTt,7rapaTà(70'£a-6ai. KùXwva, xa6à7C£p 'AvtÎXo'^ov S(i)xpà':£t..
'Eul 8k ToO âOXrjTOÛ ITuGayopou xal toûto éXéyeTO to £7ztypa|i.|jLa *
OuTw TcuxT£U(j(i)v £ç '0Xù|jL7tt.a Ttaiorlv aviQ^oç
r\ku^£ IIuÔayopTiç 'EpaToxXkou; IlàtJLt.oç.
'0 8k cpt^offo^oç xal woe éuko-TeiXe' 10
(c IIuBayopT.ç 'Ava$!.{jL£V£!..
Kal cT'j, w Xà)a-T£, £^ |jLT,okv à|jL£!!v(i)v Yjç ITuBayopew y£V£Tiv t£ xal
xXkoç, {jLETavao-Taç av oiyeo Ix M!.À7iTG'J. vùv 8k xaT£pux£t. a-e r\ TiaTpd-
6£V £!JxX£!.a* xal £[ji£ T£ ocv xaT£ipux£v ' Ava?t,{JL£V£!. lo'.xoTa. el 8k ù^eïi;
2. (TwxpâTri B. ExeLVO P. 3. {ji£t' auTOÙç scripsi p.£T' auToc Pi [ji£TauTâ
B p.£Tà TaÙTa F. 4. upwTOv > B. 5. toGto F. îp/jo-iv BPF cpaa-(v Cob.
(ex DGT fr). 6. KùXwva Mén. Cob. (cf. § 40) x68wva BPF. 'AvtlXo^^ov
Cob. (cf. II, 46) âvTiSoxov BP^F àvT{8uov T fr. 7. èTzi PF èmi B. tô èTzi-
ypa[AfjLa> F. 8. outw BPlF oOtoç Cob. (ut fr T). £^£; F. 9. tiX8£ B.
'EpaToxXsouç scripsi (cf. Jambl., F. P., 25) 6 xpo . . . B'i ô xpoTEw 6
xpdT£w F 0 xpàT£03 ACT fr Cob. 6 xpoTcWt-o; B2. 10. (38e > B^
13. 71 > B<. 14. te] 8e Cob. xaTELpuxEv P xaTTipuxe B xaTepuxev F.
I. ô'potç yp-fiaaaÔai...] Aristote, Met., A, 5, p. 987a; M, 3, p. 1078/? 21; Eth.
Nicom., E, 8,'p. H326 21. Cf. il%na mor., A, 1, p. 1182a 11. Jamblique, F. P.,
161.
4. xo'fffjiov] Cf. Platon, Gorgias, p. 508 A. Aëtius. II, 1, 1. Jamblique, V. P.,
37, 59, 162. Ps-Galien, Hist. phiL, 10. Scholie Iliade, F, 1. Photius, Cod. 249,
p. 440a.
5. IIap[x£viOTjvl Cf. DiOGÈNE, IX, 21.
Touxqj oTjalv...| Aristote dans Diogène, II, 46.
II. Wu^cLyopr^ç 'Avaçtfjiévçt] Réponse à la Lettre d'Anaximène à Pythagore,
Diogène, II, 5.
— i4:i —
Ol OVT/.TTO!. Tàç IZoX'.T.^ £XÂe'i(p£T£ , OtTTÔ jJlEV a'JT£(OV Ô XOT[;.0; 7.'.p£-
OTia"£Ta',, £7r'-xt.vo'JvdTepa 0£ ai)Tr;Tr. Ta Mt,ogjv. 50. 0'JT£ 0£ à£Î.
xaÂÔv aîOcOoAoy'/r, ti£Â£0(i)v6v ts £'Iva!. rr, rraTviv. xocAÂ'.ov. xal iyôj 0£
où TavTa Tcpl Toù^ £[jL£(i)'jro'j aûOo'j;, aAAa xal £v ttoaejjlo'.; oO; O'.a-
5 cpÉpo'JO't.v £s âXÀ'/jAO'jç 'iTaXtcTjTa'-. »
'Ktze'.ot) os Tzepi II'j9ay6po'j 0!.£AriÀ'jOatjL£v, z'r~ioy tzcO'. twv £A),o-
yîtjLwv lluGayop!,xwv * jjlsO' O'jç TCEpl twv o-TuopâoY.v xarà T'.vaç cpspo-
u£V(i)v * ETTc'.ô o'JTw; £çâ'^oijL£v TT,v o'.aooyY^v TO)v à^ûov AÔyo'j É'ojç
'E7Z',xoûpo'j xaOà xal 7:po£'.prixa[jL£v. 7Z£pl ti.£v O'jv B£avoùç xa'. T/iXai!»-
10 yo'jç oiE'AsyuLEOa • ).cXT£Ov o£ vùv -cpl 'EjjiTrEoox/iouç -p(7jT0V xaTa
yâp T',va; IluBayopO'j O'/r^xo'ja-Ev.
1. ol dvr(!,(TTOt. Hùb. ol ôvT,«T-:o{ F olov r.TTO'. B ol'o/ y,a":oi l'L ttoae'.ç
F. £x)v£{tj;£T£ P £x)â6£Ta', I» £xA£'!J;TjT£ F OilzZ^r^dZZX'. F £'jp£9Y,a-£Ta'. Bl*.
î2. £T:t.Xt.V0'Jv6T£pa T fi' £Tl!.X'.VOUvdT£pOV DG £7rl 0£ X'.VO'JVOTEOa B'P^F
(xivô'JvwTepa). 0£ > BP. OLUTr^rri F ai>Tr,; P' a'JTT,; £'1 T.. 0£ > F',
aîet F. 3. xaAov > FV cx'l^EpoAoyECv B. 4. £[jt.£W'JToG P £ti.£Oi biu'où B
(wu 2^111.?) £(j."£ aÙToù F. o £ç > F. 6. tov B^. 8 Xdyou F Àdyoj; BP'.
"10. vOv > F. TZpWTOV F -pfOTO'J l>l'L 11. O'//,X0U(T£V F ôr//iXO'JT£ B
Sltixo'jev pl.
4. àXÀà xal £v TioXsfjLOK;...] Cf. Porphyre, Y. P., 21. Jamblique, V. P., 33.
6-11. i^Tsio^ — orv/ooj£v] Cf. I, 15; VIII. 91 ; IX, 20.
Tome XVII. — Lettres, etc.
10
COMMENTAIRE
ET
ETUDE DES SOURCES
4>£pc xa{ — oiaXàpwjjiev. Celle inlroduction reprend la classifi-
calion annoncée dans le Prologue, au paragraphe 13. Je renvoie
à ce propos aux noies de l'Introduclion, pages 50 et suivantes.
1 . Le premier chapitre traite de l'origine et de l'ascendance
de Pythagore.
^ l. — w; ccY.cr'v "Epjjl'.titlo;. Cette citation d'Hermippe me
paraît, à cause de sa place et parce que Soculoç représente plutôt
l'opinion vulgaire, se rapporter à la profession du père du
philosophe et non à la patrie de Pythagore.
Tuppy.vô; àuô [x'-àç twv vticj-wv xtX.] Néanthe , dans Porphyre,
V. P., 2, cite plus particulièrement l'île de Lemnos. Celte opinion
avait rallié de bonne heure de solides autorités, puisque à
Aristoxène se joignent, d'après Clément d'Alexandrie (Strom.,
I, 6i), Arislarque (lequel?) (^) et Théopompe. D'où vient cette
tradition? Les anciens biographes ont-ils voulu, comme le pense
Ed. Meyer (^), expliquer par cette origine barbare le mysticisme
de Pythagore, qui paraissait étranger à la Grèce? Ou les Pytha-
goriciens étrusques (cf. Jamblique, V. P., 127) n'ont-ils pas
cherché, par l'invention, de ces rapports, à glorifier leur patrie?
(1) Preller, Rose, Stàhlin conjecturent, en place de ce nom, celui d'Aristote.
(2) Gesch. des Altert., II. §§ 502 s.
— 148 —
Un passage de Phitarqiie {Qu. Conv., VIII, 7) montre que, de
son temps encore, on fouillait le folklore étrusque pour y
trouver l'explication de plusieurs croyances et préceptes pytha-
goriciens et que l'on concluait, de ces concordances, à l'origine
étrusque de Pythagore. Mais, précisément, ces parallèles sont
institués par quelqu'un qui se réclame de la race étrusque.
A ce point de vue encore, rien de plus instructif qu'un frag-
ment d'Antonius Diogène conservé par Porphyre, V. P., 10 :
l'opinion de l'origine tyrrhénienne s'y trouve liée à une légende
miraculeuse dont l'origine étrusque n'est pas douteuse (^).
Origine phliasienne. — L'extrait qui débute par îyioi U se
prolonge, à en juger par la continuation du style indirect,
jusque Zis)Ckou toG Beiou. Cette opinion est déjà signalée par
l'historien Lycus dans Porphyre, V. P., 5. Mais une concor-
dance plus intéressante est fournie par un passage de Pausanias
(II, 13, 1), qui rapporte la généalogie suivante : Hippase,
Euphron, Mnésarque, Pythagore. Pausanias prétend la tenir
de traditions locales de Sicyone et de Phlionte. La ville de
Phlionte servait de décor, dans un conte d'Héraclide Pontique
(cf. in/m, ^ S), à l'entrevue de Pythagore avec le tyran Léon.
D'autre part, il existait à Phlionte, dès le début du W siècle,
un cercle pythagoricien qu'a rendu célèbre le début du Pliédon.
Dès lors, on est fondé à chercher l'origine de ces légendes du
type hagiographique dans la confrérie de l'endroit et à donner
ainsi raison à Pausanias.
Pour illustrer la tradition isolée qui appelle Marmacos le
père de Pythagore, notons que Plutarque (Paul-Émile, 2, 1 et
Nurria, 8, 11) et Festus {s. v. AemUia) donnent le nom de
Mamercus à Tun des fils du philosophe. Ici, nous avons affaire
au travail des généalogistes romains : la gens Aemilia prétendait,
en effet, descendre de ce personnage, qui aurait été surnommé
Aemylios.
(^) W. ScHULZ, Herakles am Sckeidewege, — Philologus, 1909, p. 493. L'aiileur de
cet article s'est mépris sur le rôle attribué à Pythagore dans la lég^ende.
— \\\)
^ il. — xa- rpLût TTOTT.G'.a xtX. «Ichris (rniiccdolc n'csl pns ;i sn
place dans un chapitre (pii esl réservt3 à la Caniille du pliilosoplic.
(le genre de sur[)rises foinKî une des caracléristi(|ues de la
(c nianièie » de Diogène. Celte note annonce déjà les relations
de Pytliagore avec les prêtres égyptiens (J^ «]) : celles-ci sont
attestées par un grand nombre de l)iogra|)lies, dont le plus
ancien est Antiplion (Porphyre, V. /\, 7).
£(j/£ o£ xal àûsAcpoLiç . . . Cette notice provient, à en juger par le
nom de Tupp/.voç, de la même source primordiale que les
traditions de l'origine étrusque. J'en vois une preuve de plus
dans le fait ([u'elles se retrouvent, réunies, dans l'extrait bio-
graphique d'Antonius Diogène, cité plus haut. Un degré plus
ancien dans les autorités biographiques est formé par le nom
de Néanthe (Por[)hyre, V. P., il). Signalons que dans le frag-
ment de Néanthe connue dans celui d'Antonius Diogène, le
frère ainé s'appelle, non Euvouo;, mais Ejvgctto; : ce sont, à
l'origine, de simples variantes paléographiques.
xal ooûXov Zâ[jLOA;!.v : vieille légende que racontaient déjà, à en
croire Hérodote (IV, 95), les colons grecs du Pont et de
THellespont. Elle est destinée à expliquer certaines ressem-
blances des idées religieuses des Gètes avec celles des Pytha-
goriciens, spécialement en ce qui concerne la croyance à
l'immortalité de l'âme. Elle s'est constituée des mêmes éléments
que les récits des voyages de Pythagore, mais elle a suivi un
processus tout différent et servi des tendances contraires :
Pythagore est apparu comme le maître, non comme le disciple
de Zamolxis. C'est, sans doute, parce que les colons avaient
grand intérêt à rehausser le prestige de la civilisation grecque
dans leurs relations avec les populations de l'hinterland.
La citation d'Hérodote parait se rapporter à Kpôvov vojjllÎ^ovteç ;
c'est à tort : il n'est pas question de cette identification dans le
texte de l'historien. Yoilà un des nombreux exemples de
citations inexactes qu'on trouve dans les compilations de la
littérature alexandrine. C'est Mnaséas (d'après Suidas, s.v. Zajji.,
et l'Etymologicum magnum, ibid.), qui identifiait Zamolxis
— 150 —
avec Cronos. Dans ces textes, la citation de Mnaséas voisine
avec celle d'Hérodote. On peut croire qu'il en était de même
dans l'un des manuels compulsés par Diogène : ainsi s'expli-
querait la méprise du compilateur.
2. Section réservée à l'éducation et aux voyages d'études de
Pythagore.
o'jTo; Y.xoj<Tc xTA. Lcs autoHtés qui confirment les rapports
avec Phérécyde sont si nombreuses et si anciennes et les
légendes qu'elles racontent sont empreintes d'une tendance
édificatrice si évidente qu'on peut les faire dériver des cercles
des anciens Pythagoriciens eux-mêmes. La tradition repose-t-elle
sur un fondement historique ou est-elle seulement destinée à
expliquer des ressemblances de doctrines?
Ces rapports apparaissent, dans la tradition, sous un double
aspect : dans sa jeunesse, Pythagore reçoit les enseignements de
Phérécyde; plus tard, il donne ses soins à son maître, accablé
par la vieillesse et la maladie, et l'ensevelit pieusement. La
fixation chronologique du second événement était, chez les
Anciens, fort débattue. I^es uns estimaient que Pythagore, à
l'époque de la mort de Phérécyde, n'avait pas quitté l'Ionie;
selon les autres, il s'était déjà établi en Italie et il avait dû faire
le voyage de Crotone à Délos pour aller soigner son maître.
L'auteur suivi ici par Diogène adopte la première opinion,
comme Dicéarque et Néanthe (Porphyre, V. P., 56 et 1),
Porphyre, T. P., 15, et probai)lement Apulée, Flor., II, 15.
Un anonyme antérieur à Dicéarque (Porphyre, V. P., 55),
Héraclide Lembos (Diogène, VIII, 40) etNicomaque (Jamblique,
V. /^, 184, 252; cf. Porphyre, V. P., 55) reportent ce voyage
à une date ultérieure et le font coïncider avec le début des trou-
bles antipythagoriciens de Crotone. Sans mentionner ce syn-
chronisme, Diodore, X, 3, 4, comme Aristoxène probablement
(Diogène, I, 1 1^^), place le voyage à la même époque.
Ces divergences d'opinion s'expliquent par les variations des
historiens anciens sur la chronologie de la vie de Pythagore.
Par exemple, si I on adople la lixalion ordinaire de l'àx;//, de
JMiéréeyde à Tii! (l)io^ène, I, 1^1), et (ju'on place, comme
Aristoxène (Porphyre, \ . I\, î)), le départ de Pyllia^ore j)Our
l'Italie vers 534, il est bien évident (jne Pvtliaj;ore dut ([uitter
l'Italie [)oiii' aller ensevelir son maître à Délos. deux (pii sont
d'un autre avis reculent d'aulant le départ de Pytliagore pour
Crotone : c'est le cas [)our Dicéarcpie et Néantlie et probable-
ment aussi pour Timée, qui plaçait ce départ vers 512 (!).
La source de Diogène en ce passai^e paraît être Pséantlie;
qu'on se reporte, pour en juger, au 1 (cf. 15) de la Vie de
Porphyre.
Y.xojo-sv 'Ep[xo8â[jLavTo;. Ce personnage peu connu est présenté
comme l'un des maîtres de Pythagore par Néanthe, ilnd., et
par Apollonius (Porphyre, V, P., 2 et Jamblique, V. P., 11), qui
paraît utiliser Timée. Dans Apulée (Flor., II, 15), ce descendant
de Créophyle porte le nom de Léodamas : simple variante
orthographique. Cette notice témoigne des efforts tentés par
les familles des aèdes ioniens pour rattacher à leurs Ecoles
un génie tel que Pythagore.
J:^ 3. — éyéveTo ouv h A'.ytJTrTw ... Dans ce chapitre, Diogène cite
Antiphon, mais seulement pour corroborer un détail : Pytha-
gore aurait appris la langue égyptienne. Dans la Vie de Por-
phyre, l'extrait de ce biographe est plus étendû (§§ 7 et 8) et la
comparaison permet de lui rapporter aussi le passage de Diogène
qui mentionne une lettre de recommandation adressée par
Polycrate à Amasis.
La question chronologique est, ici encore, très confuse.
Antiphon place la période des voyages au temps de Polycrate
(532 et après), à une époque où d'autres biographes, Aristoxène
en tête, font entreprendre à Pythagore le voyage d'Italie. Nous
reconnaissons ici les mêmes divergences chronologiques que
nous avons constatées à propos de Phérécyde. Antiphon suit la
tradition de Dicéarque.
(1) Cf. le Musée belge, 1920, pp. 5 et suiv.
Une autre difïerence consiste en ce que les relations de
Pytliagore avec Polycrate apparaissent ici comme cordiales.
Selon Aristoxène et d'autres auteurs, au contraire, Pythagore
gagne l'Italie pour fuir la tyrannie de Polycrate.
Les auteurs qui placent les voyages d'études au début du
règne de Polycrate sont : Jamblique, V. P., J 1 (Apollonius) ; les
Theologoumena Arithm., p. 40; Strabon, XIV, 63:2, et Apulée,
Flor., II, 15. Strabon combine d'ailleurs les deux traditions :
quand Pytbagore rentre à Samos, Polycrate gouverne toujours
la ville et le philosophe se décide à s'expatrier. Même conta-
mination de deux sources contradictoires dans Diogène (e^xa
EîravvOev elç Hâij-ov xta). Ces divergences n'ont pas provoqué
l'étonnement du compilateur, qui adopte successivement les
deux points de vue.
On ne peut dire avec certitude si Diogène (ou l'un de ses
auteurs) a pris aussi dans Antiphon l'idée des voyages en
Chaldée et en Perse. Mais Antonius Diogène (Porphyre, V. P.,
W ss.), qui paraît utiliser Antiphon, décrit aussi l'initiation de
Pythagore à la science et aux rites religieux des Chaldéens
et des Mages.
Les notices sur les voyages de Pythagore à l'étranger
remontent aux sources les plus anciennes de la biographie,
Aristoxène et ïimée. On peut même déjà découvrir cette tendance
chez Isocrate {Busiris, 28) . Cette partie de la légende de Pythagore
paraît avoir une origine indépendante de la tradition de l'Ecole :
Pythagore, démon ou dieu, n'avait, en effet, rien à apprendre
auprès des prêtres ou des savants étrangers. C'est donc dans la
tradition érudite que se sont formés les rudiments de ces récits.
Les tendances xénophiles des historiens du IV^ siècle, toujours
enclins à explicjuer la civilisation grecque par des emprunts à
l'Orient ou à l'Egypte, ont pénétré aussi dans la biographie.
Mais, une fois ce courant établi, l'esprit de l'Ecole réagit sur les
récits en vogue et s'ingénia à leur donner un caractère mer-
veilleux ou édifiant et à les adapter à la propagande pythago-
ricienne.
On |)(Mil nolcr, dans ces recils, une Iciidîmcc i\ élargir de plus
on |)Ius le cercle des voya^^^es du pliilosoplie. IMus la tradition
est récente, plus nombreux et éloignés sont les peuples dont
la religion, la science ou les mœurs servent d'ohjet d'études à
iSilia^ore. C'est (jue le cercle des connaissances i;éot;raphi(pies
et elhnoi;raplii(|ues des historiens s'est ai^randi. (Vest aussi (|ue
tous rivalisent à trouver des sources nouvelles des doctrines
pvtliagoriciennes. A l'origine, on se contente de l'Egypte, de la
Chaldée, de la Perse. Plus lard, on y joint l'Arabie, l'Inde, la
Judée, la Gaule. On voit que Diogène s'en est sagement tenu
aux traditions les plus anciennes.
Notre auteur rapporte ensuite que Pythagore visita, en com-
pagnie d'Épiménide. l'antre du mont Ida, en Crète. Porphyre,
r. P., 17 (cf. un fragment biographi(|ue d'un papyrus d'Hercu-
lanum) (^), raconte aussi l'initiation de Pythagore aux mystères
de l'Ida. D'autre part, Apulée, Flor., II, 15, met en rapport
Pythagore avec le prophète crétois Epiménide. Ces biographes
s'intéressent avant tout à la formation du caractère religieux et
du mysticisme de Pythagore A un stade plus ancien de la
tradition, au contraire, c'est par des motifs profanes qu'on
explique le voyage en Crète. Selon Timée, que suivent Apol-
lonius (Jamblique, F. P., 25), Justin, XX, 4, et Valèrë-Maxime,
VIII, 7, ext. 2, le voyage de Pythagore en Crète et à Lacédé-
mone avait pour but l'étude des lois et des institutions. Il faut
encore rattacher au même groupe de traditions la légende selon
laquelle Pythagore prit femme en Crète (Porphyre, F. P., 4;
Suidas, s. v. Beavw^).
Pythagore revient ensuite à Samos et, ne pouvant supporter
la tyrannie de Polycrate, il s'embarque pour Crotone. En Italie,
il établit des lois et fonde une Société de trois cents membres
qui gouverne aristocratiquement la ville.
La première partie de cette notice provient d'Aristoxène
(Porphyre, F. P., 9). La seconde est un résumé assez inexact de
0) Crônert, Studien zur ]*aldographie..., VI, p. i^7.
Timée (Justin, X\, 4, et Apollonius dans Jamblique, T. P., ^54).
Cet historien avait évalué à trois cents le nombre des membres de
la Société et avait attribué à leur politique des tendances conser-
vatrices. Mais, comme, dans son récit des persécutions dirigées
contre les Pythagoriciens (Jamblique, V. P., ^54 ss.), ceux-ci
s'élèvent contre les exigences du mouvement démocratique, la
Société peut passer, aux yeux d'un lecteur superficiel, pour un
club aristocratique.. L'erreur s'est aggravée du fait que Diogène
attribue à Pythagore l'établissement de lois nouvelles. Pytha-
gore est devenu ainsi un réformateur politique.
11 n'est pas sans intérêt de suivre le processus de cette
altération de la tradition, puisque, par bonheur, l'examen des
passages parallèles permet d'en découvrir l'origine. Nicomaque
(Porphyre, V. P., 21, et Jamblique, V. P., 33), citant les
villes où s'est exercée l'influence de Pythagore, ajoute cfXç xal
vouLO'jç eSeTO oict Xaowvoa te toG KaTavaîou xat. ZaÀsùxou toG Aoxpoù.
Ce texte permet de reconstituer trois étapes dans l'altération
de la tradition. On commence par rattacher les législateurs
(mythiques?) de la Grande-Grèce à l'Ecole pythagoricienne;
on fait ensuite Iionneur de leur œuvre à l'influence de Pytha-
gore; enfin, un abréviateur peu consciencieux dépeint Pythagore
comme un réformateur politique.
3. 4 et 5. — Diogène rapporte quelles furent, selon
Héraclide Pontique, les existences antérieures de Pythagore :
Aethalide, fils d'Hermès; Euphorbe, héros de la guerre de Troie;
Hermotime et enfin Pyrrhos, pêcheur délien. Héraclide présente
cette série de préincorporations comme un récit de Pythagore
(TTspl auToO Totoe Xeys'.v) et il insère dans ce récit deux anecdotes.
L'une rapporte qu'Euphorbe décrivait le circuit (ttepitcoXyict!.?) de
son àme dans des métempsycoses animales et végétales, ainsi que
les châtiments qu'elle avait subis ou qu'elle avait vu infliger à
d'autres âmes dans les Enfers. L'autre est un trait de la vie
d'Herujotime : voulant prouver qu'il avait existé sous le nom
d'Euphorbe, il se rendit à Brapchides et y désigna le bouclier
(l'lùi|)lu)rlK\ t'x-volo dédie pnr Mciirlas on souvenir de sa vie-
toire sur iMiphorhe.
E. liolide, (|in a, le premier, éliidié cette curieuse léf^cnde
(Jlhcin. Mus., \\N I, p. 557), supposait d'ahord (pi'lléraclide
s'inspirait ici d'un livre pvtlia^^oricien apoci vplie, une sorte de
Karâ6aîT'-s ' A-ooj OÙ Pytliagore se serait mis en scène. Dans une
Scliolie de Sopliocle [Electre, v. G"2), en etï'et, Pytlia^oie paraît
présenter la connaissance de ses existences antérieures comme une
révélation (ju'il a reçue aux Enfers. Diogène nous aurait même
conservé un frai>'ment de cet ouvrage, au 14 de cette biot'raj)liie.
Plus tard (Psyché, IP, p. 417), convaincu par des objections
de Diels [Arcliiv l'ùr (lesch. der Pliii,, 111, p. 409), il convint
que l'existence d'un tel écrit à l'époque d'Héraclide n'était pas
prouvée. Il admit que la ypacpri citée au 14 est l'ouvrage
pythagoricien tripartite cité aux 6 et ss., dont l'auteur a pu
utiliser le récit d'Héraclide. Le rai)port établi par le Scholiaste
de Sophocle entre les métempsycoses et la descente aux Enfers
dérive d'une combinaison tardive. La seconde notice ne provient
pas, d'ailleurs, d'Héraclide, puis({ue la xaTâêacr'.ç est expliquée
par une supercherie, mais de la parodie d'Hermippe (Diogène,
VIII, 41). La légende des préincorporations serait tout entière
de l'invention d'Héraclide, sauf la partie relative à Euphorbe,
où Rohde reconnaît un fonds beaucoup plus ancien. Divers
auteurs (Scholiaste d'Apollonius de Rhodes, I, 645; Cléarque et
Dicéarque dans Aulu-Gelle, IV, 11) répètent cette tradition avec
de légères modifications. D'après Rohde, l'ouvrage d'Héraclide
qui est utilisé ici par Diogène ne peut pas être le ttcoI twv h aoGu
comme le supposait Diels. Cette conjecture se heurterait aux
mêmes objections que soulève l'hypothèse d'un ouvrage intitulé
KaTotêacrt.; : le rapport établi entre la descente aux Enfers et les
métempsycoses est tardif.
Tout récemment, P. Corssen [Rliein. Mus., 1912, p. 28)
et A. Rehm (ibid., p. 423) ont cru reconnaître dans ce fragment
d'Héraclide un extrait du dialogue Abaris, qui mettait en scène
Pythagore et paraît avoir contenu une description des Enfers.
Ce me semble être une entreprise chimérique de rechercher à
quelle œuvre d'Héraclide ce fragment appartient. Il est possible
que ce soit au -ed twv év aooj, comme le pensait Diels; je ne
puis me rallier, sur ce point, à la critique de Rohde. En effet,
une profonde différence sépare la version du Scholiaste de celle
d'Héraclide. Le premier place la description des Enfers dans la
bouche de Pythagore. Dans le récit d'Héraclide, au contraire,
Pythagore ne joue qu'un rôle très effacé : c'est Euphorbe qui
retrace les épisodes de la vie infernale. Pour la même raison,
il est difficile d'admettre que nous ayons affaire à un extrait de
VAbaris, où Pythagore, et non Euphorbe, était au premier plan.
Rohde estime que cette légende est sortie tout entière, hormis
l'épisode d'Euphorbe, de l'imagination d'Héraclide. Cette opinion
ne me paraît pas suffisamment tenir compte de l'antiquité des
passages parallèles et des conditions d'éclosion de la littérature
religieuse. Pour jeter quelque lumière sur ce sujet, il est
nécessaire de considérer les rapports de la version d'Héraclide
avec celles des autres auteurs.
On peut classer en trois catégories les textes qui nous entre-
tiennent de ce sujet. Les uns ne mentionnent que le souvenir de
l'incarnation de l'àme de Pythagore dans la personne d'Euphorbe.
D'autres rapportent la même série de métempsycoses que le texte
d'Héraclide. Dans cette catégorie, il faut distinguer ceux qui se
contentent de reproduire la même série de noms, de ceux qui
établissent un rapport entre cette révélation et une descente aux
Enfers de Pythagore : Tertullien (De anima, 28), le Scholiaste
de Sophocle [Èlectre,\. 62) et Suidas [s. v. iù-ri). Cette tradition,
dégagée des éléments parodiques qu'une critique assez tardive
y a introduits, me paraît représenter une variante ancienne
et intéressante. Elle est apparentée aux notices du IV^ siècle
qui rapportent une descente de Pythagore aux Enfers :
Hiéronyme de Rhodes (Diogène, VHI, 21), Aristophon (Dio-
gène, Vm, 38), etc.
Enfin, d'autres auteurs connaissent des séries différentes de
métempsycoses dont Euphorbe forme toujours le noyau. Je
relevé dans eelle ealégorie les noms de Dieéarcjue et de (^léarcjiie,
biographes à j)eu près eonteinporalns d'Heraelide. I^a notice des
Theologouiiiena Aritliinetica, page iO, (jui eile eoninie autorités
Aristoxène, Androeyde, Enbulide, Néanlhe et llij)pol)otos, a
négligé de rappeler les noms des personnages qui l'orment
la ehaine mystique; elle se borne à indicjuer le nombre
d'années (-!()) de l'intervalle qui sépare deux incarnations.
l^a plus ancienne allusion au miracle mnémoni(jue de
Pythagore paraît figurer dans les vers d'Empédocle (t'r. 1^9
Diels = Porphyre, V. P., 30; Jamblique, V P., 67) (') :
petT' ô ye twv o'vtwv uàvTwv Asûo-o-ea-xev é'xao-Tov
xai T£ 0£x' àvGpWTctov xa'i t' c'ixoo-'.v aiwvca-T'.v.
Si l'on considère l'antiquité de ces notices, leur nombre et
leur variété, il me semble impossible d'admettre que le seul
récit d'Héraclide puisse avoir fourni la matière de cette riche
éclosion de légendes religieuses. 11 faut en chercher l'origine
dans la littérature miraculeuse sortie, dans le courant des VP, V*
et IV^ siècles, des Confréries pythagoriciennes. On peut affirmer
que la version d'Héraclide n'est pas empruntée à une KaTàêaa-ic;
attribuée à Pythagore, non pour les raisons invoquées par
Rohde, mais parce que la description des Enfers y était faite
par Euphorbe. C'est là une des caractéristiques de la tradition
héraclidienne : Euphorbe est la figure centrale de la légende,
bien qu'on ne puisse méconnaître que Pythagore forme comme
le couronnement et la raison d'être de la construction mystique.
Cette remarque permet de jeter quelque lumière sur le
(1) Rohde, Psyché, H-, p. 417; Diels, lors., I', p. 272. Empédocle, il est vrai, ne
citait pas le nom du personnage qu'il décrit dans ces vers. Timée y reconnaissait
Pyiliagore (Diogène, VIII, 54); d'autres, Parménide. En tout cas, l'opinion de
quelques auteurs modernes (|)ar exemple, Zellek, Silzungsber. der Berl. Akad.,
1889, pp. 985 et suiv.), selon qui ce portrait est celui d'un personnage mythique de
l'âge d'or, ne me parait pas soutenabie. Les anciens, qui lisaient le texte intégral
du poème, y ont vu un personnage historique.
caractère de l'œuvre religieuse utilisée par Héraclide. Elle est née
d'un essai de syncrétisme de la sotériologie pythagoricienne
avec le culte phrygien du héros Bon-Pasteur. Il a dù exister
au VP siècle, dans la littérature de la renaissance religieuse
qu'on appelle ordinairement orphique, faute d'une désignation
plus exacte, quelque apocalypse d'Euphorbe. On peut rattacher
aux idées de ce courant religieux qui glorifie le héros asiatique,
une tradition rapportée par Callimaque (^) (Hunt, Oxijr/i.
Pap., YII. p. 33) :
. . . YpâcpovTa (scil. TGV ©aXvîv) tÔ c7/rj[jia
TO'jçeup' 0 <î>p'j^ E'JcpoG[j[o;], o<7Tiç âvOpwTiojv
Tp[tY] wva xal a-x[a)v7)và] Tipwxoç £yp[a](j;£
Xal X'JXAOV £7r[TaU.T,X£'] Y,0£ V'^a-T£Û£!.V
Twv £|JL7rv£é[vT](i)v e['i7rev *
Euphorbe est représenté ici comme le révélateur de la géo-
métrie astrologique et l'initiateur à la pratique de l'abstinence.
On comprend ainsi pourquoi il a pu être honoré comme un pré-
pythagoricien et pourquoi il forme la principale figure de la
chaîne de métempsycoses de Pythagore (^).
On peut signaler un autre trait caractéristique de la légende
d'Héraclide dans l'histoire de la reconnaissance du bouclier. Le
rôle joué par Hermotime en cette occasion est attribué dans
toutes les autres traditions à Pythagore et la scène de l'anec-
dote est placée ailleurs : à Argos, à Mycènes, à Delphes, etc.
La comparaison avec quelques passages parallèles (Maxime de
Tyr, Diodore, TertuUien, Scholiaste de 17/ia(/e) permet, malgré
les divergences, d'éclaircir le texte de Diogène, qui pèche par
obscurité (£T:£0£t.;£v Y,v MevÉXaoç àvÉGrixEv ao-Tiioa, etc.). Il faut
(1) L'auteur f-uivi par Diodore, X. 6, 4, s'est imaginé que le nom d'Euphoibe
représentait ici Pythagore, ce qui est inadmissible, pour des raisons d'ordre chro-
nologique. On ne pouvait songer à faire décrire par Thalès des figures géomé-
triques inventées par Pythagore. L'auteur de Diogène Laërce, I, 25, a bien compris
qu'il s'agissait du héros phrygien.
(2) Comparez à ceci le rôle que joue ce personnage (BouxoXtofjç Eucpop(3oç) dans
la révélation des vertus magiques des pierres (Orphée, Lith., v. 431 et suiv.).
enliMidrv llerniolinie, coinine s'i^ini du iniiaclc, désigne l'un
des boucliei's déposés en ex-voto comme étant celui d F^ipliorlx;.
On le retourne et l'on découvre l'inscription Kùcpôppoj, ([ni con-
vainc les assistants.
4. J^jj (l-IO. — Chapitre relatif aux écrits de IStiiagore.
Diogène commence par une polémique contre ceux qui nient
que Pvthagore ait laissé des écrits. Le texte présente ici
quelques dilïicultés d'interprétation. 11 est donc nécessaire de
le traduire :
(c Certains prétendent que Pvthagore n'a pas laissé d'écrit;
mais ils se trompent. Héraclite, en tout cas, le crie presque
et déclare : « Pythagore, le fils de Mnésarque, a pratiqué la
» recherche plus que tous les hommes — et, ayant fait un choix,
)) il a composé ces livres (qui forment) sa propre science, sa
» lourde érudition, ses artifices [oti : et, ayant pillé ces écrits,
» il a fabriqué sa propre sagesse... etc.] ». Il a parlé ainsi, vu
que, au début de son traité De la Nature, Pythagore s'exprime
comme suit : « Non, par l'air que je respire; non, par l'eau que
» je bois, je n'infligerai pas un blâme au sujet de ce discours ».
Sur le point de savoir quel sens Diogène (ou sa source) a
donné à la seconde partie du fragment d'Heraclite, il n'y a pas
de doute possible. De toute évidence, il l'a interprétée dans le
premier sens, puisqu'il y relève une preuve de l'existence d'écrits
de Pythagore. En outre, Diogène établit un rapport de cause à
effet (é-eLOTjTcep) entre le début du cpua-t.xdv de Pythagore et la cri-
tique d'Héraclite. Diels remarque, à juste titre (^), qu'il paraît
considérer le blâme d'Héraclite comme une réplique à une sorte
de défi de Pythagore et il propose de corriger le ou xaToia-to ^6yov
des manuscrits : « je n'infligerai pas de blâme », d ailleurs mal
construit avec tcscl, en ou xot' olo-w ^j>6yov : « je ne supporterai
jamais de blâme ».
(1) Ein gefàlscfites Pythagorasbuch, dans VArchiv fiir Gesch. der Philos., III,
p. 453.
— 1(30 —
Diogène indique ensuite la nature des trois ouvrages écrits
par Pytliagore : c'est un 7za',5£UTwôv, un uoXltuov et un tpucj-.xov.
Il en cite des extraits aux 9 et JO.
H. Diels a démontré (^) que ce traité tripartite est un faux
écrit vers le IIP ou le IP siècle avant Jésus-Christ en dialecte
ionien et rédigé en partie d'après le Recueil de Sentences pytha-
goriciennes d'Aristoxène. Non seulement il en retrouve des
débris dans la biographie de Diogène, mais il en signale encore
l'influence dans le Ps.-Ocellus, Varron, Ovide, Diodore et Lucien.
Diels pense que le faussaire a calqué la division tripartite de
son livre sur celle de l'ouvrage pythagoricien que, d'après
certaines traditions, Philolaos aurait vendu à Platon (Satyrus
dans Diogène, VIII, 9; Jamblique, V. P., 199, et Diogène, YIII,
15 = Aristoxène). Il aurait opposé son œuvre, comme une
édition authentique des écrits, restés secrets, de Pythagore, à
la publication de Philolaos, condamnée par les Pythagoriciens
restés réfractai res à toute divulgation des doctrines par l'écrit.
On peut chercher ailleurs encore l'explication de la division
tripartite et rendre compte en même temps des titres choisis
par le faussaire. Il est à noter, tout d'abord, que la distinction
de trois sciences correspond aux trois ordres d'activité de l'an-
cienne Société pythagoricienne : les études scientifiques, l'édu-
cation de la jeunesse, la politique. C'est aussi la raison pour
laquelle certains auteurs prétendent que la Société était divisée
en classes, parmi lesquelles on note des oixovo|jL'.xo{, des Tzokizixoi,
des cp'jcruo'l ou heiùpri'z'.KO'. (^). On peut encore rapprocher cette
distinction de celle qu'établit, dans la philosophie de Zoroastre,
une notice des Scholies de Platon (/n Alcib., p. 480). On
sait qu'un grand nombre d'auteurs, dont le plus ancien est
Aristoxène (Hippolyte, Adv. Iiaer., I, 2, 13), considèrent
Zoroastre comme le principal maître de philosophie de Pythagore.
(*) Loc. cit., pp. 451 ss.
(*) Jamblique, V. P., 72, 74, 107, lOS, 150; Scholies à Théocrite, XIV, o; Photius,
€od. 249; Si idas. v. riuOayopac;; Aulu-Gelle, I, 9; Varron dans Augustin,
heord., II, 20. Cf. mon Essai sur la politique pijthagoricienne (Paris, Champion,
4922), pp. 23 et suiv.
L'extrait de la scliolic : xpia pép/i çpOvOcroçptaç c'!va'. xax' ajTOv, cpuduôv,
otxovo{jLudv, TToXtTuôv, rc[)r()d 11 1 1 à jxmi près les titres des oiivraj^es
pythagorieiens, car on peut donner à o'IxovofjiLxôv son sens le plus
général. Le uepl cpOo-ewç de Zoroastre est cité par Antonius I)io-
gène dans Porphyre, V. P., 1^; Proclus, fii liemp., H, p. 101),
et Suidas, s. v. Zwpoàdxpriç, et il est aisé de reconnaître; dans les
doctrines qui lui sont attribuées (lïippolyte, Adv. Iiacr., I, 2, 13
et VI, 23; Plutarque, De an, procr., M, 2, etc.) des théories
pythagoriciennes qu'on n'a mênie pas pris la peine de déguiser.
Je crois retrouver la mention de ces ouvrages pythagoriciens
dans l'une des versions de la Lettre de Lysis à Hipparque (ou
Hippase) sur le précepte pythagoricien du secret (Hercher, Epist.
gr., p. GOl ss.; cf. Jamblique, F. P., 146; Diogène, VIII, 42).
Pythagore aurait laissé à sa fille Damo des uuopLVTifjiaTa, qui
auraient passé à sa fille Bitalé, puis à Télaugès. Celui-ci les
aurait utilisés pour écrire 1' 'lepo; A6yo; (en prose et en dialecte
dorien). Il est fort possible que cette revision de la Lettre ait
d'abord servi d'introduction à la publication du faux tripartite.
Elle aura servi plus tard de marraine à l'édition de l' Ispoç Aoyoç
miraculeusement retrouvé. Ainsi se succèdent plusieurs généra-
tions d'apocryphes qui se volent leurs actes d'état civil, d'ailleurs
truqués, et se chassent les uns les autres (^).
La constitution du texte, le sens et l'authenticité du fragment
d'Héraclite forment des questions fort controversées. Évidem-
ment, il ne peut venir à Tesprit de personne de l'interpréter à
la façon de Diogène, qui fait dépendre Taura; -zk^ o-uyypacpàç de
èr^oi-firra-zo et qui regarde ces a-uyypacpa{ comme des écrits de
Pythagore.
Th. Gomperz (Sitzungsher. der Wien. Ak., 1887, p. 1003)
considère les mots éx).£ià{jL£voç TauTaç xàç o-uyypaœà; comme une
interpolation introduite par l'auteur de l'ouvrage pythagoricien
apocryphe pour servir de preuve d'authenticité à son œuvre. Il
(*) Cf. mes Études sur la Littérature pythagoricienne, pp. 105 et 205.
Tome XVII. — Lettres, etc.
11
entend -ol'jaahir^v comme un complément direct et o-ocpiriv comme
une apposition. Ed. Zeller (Sitz. der Berl. Ak., 1889, p. 986)
incline à croire que xaÛTaç ràç crjyypacpà; aurait remplacé un xauxa
primitif. A son avis, o-ocpLTiv joue le rôle de complément direct,
TzoXutjLaGe'Tiv celui d'apposition. Diels {Arc/iiv /'. Gescli. der Pliil.,
III, p. 451, n. 1, et Vorsokr., 1^, p. 103), qui interprète le
texte comme Zeller, tient le fragment pour apocryphe ou tout
au moins pour falsifié. La principale objection qu'il élève contre
l'authenticité est que ce texte sert'de point d'appui à un faux
pythagoricien. Selon lui, il fut créé sur le modèle des fragments
40 et 81. Cependant Burnet {Early Greek Philos., p. 147, 3, —
trad. franç., p. 150) et Eisler [Weltenmantel und Himmelszelt,
p. 720, 2) admettent l'authenticité du texte. Tout récemment,
enfin, Gercke [Einleitung in die Altert., IP, 1902, p. 366), pré-
cisant certaines remarques de Burnet, a répondu d'une façon qui
me paraît convaincante aux objections de Diels. Concernant les
origines suspectes du fragment, il remarque que le faussaire
devait juger bien plus avantageux de tirer parti d'un texte authen-
tique d'Héraclite, qui paraissait faire allusion aux (Tuyypà{jL(jiaTa
pythagoriciens, que d'en forger de toutes pièces un nouveau ou
d'entreprendre une falsification, qu'un érudit alexandrin pouvait
aisément dénoncer. Après une pénétrante analyse du sens des
mots et des rapports grammaticaux, il traduit : Pytliagoras
verarbeitete die Forschung, das vor/iandene Wissen (anderer),
und mac/ite, nachdem er seine Auswahl daraus getroffen liatte,
dièse Urkunden zu einer eigenen Afterweisheit. Taùzaq tolç
auyypacpâç est pris ici pour un complément direct, mais le terme
ne désigne nullement des écrits de Pythagore, mais bien les
sources écrites de son érudition.
Deux vers d'un auteur du siècle, Ion de Chios (Diels,
Vors., F, p. 287, fr. 4 douteux), rappellent assez une partie
du fragment d'Héraclite :
e^Tiep lludayop'^iç et'jjjlwç o o-ocpoç izepi TtàvTwv
— 1G3 —
Le rapport est évident. Ion aurait-il, [)ar hasard, lait allusion
aux mots nu'cliants d' Heraclite? En tout cas, les deux textes
s'éclairent l'un l'autre, bien que l'un soit inspiré par la bien-
veillance, l'autre pénétré d'une acerbe critique.
I^evenons au texte de Diogène.
Au ^ 7, après avoir cité les trois ouvrages de Pythagore,
l'auteur ajoute : tô 8è <pepd(jLsvov tbç Uu^ctyopou Aua-.odç èrjTi. Cette
note paraît former le complément de l'opinion anonyme qui ne
reconnaissait pas d'écrits authentiques de Pythagore : ï^ioi pkv
rijGaydpav tjiriBk ev y.oLTOLknzzïv (yùyypoL^^ÔL cpao-L. Il semble qu'on
puisse regarder ces deux phrases comme des vestiges du fonds
primitif de la biographie, recouvert, lors d'un remaniement
postérieur, par l'alluvion de l'ouvrage tripartite. En effet, dans
le Prologue (16), Pythagore est èlassé parmi les philosophes qui
n'ont pas laissé d'écrits. Entre tous les auteurs qui niaient
l'existence d'ouvrages authentiques de Pythagore, retenons le
nom de Démétrius, l'une des sources favorites de nos biogra-
phies. Il citait, en effet, Philolaos comme le premier Pythago-
ricien qui eût écrit uepl (puo-ewç (Diogène, VIII, 85).
Il n'est guère possible de préciser la nature ou le titre de
l'ouvrage que la note de Diogène attribue à Lysis. Ménage son-
geait aux Vers Dorés. Mais Nauck a prouvé que la publication
des Xpuo-à "EuT) est d'époque fort tardive (^). Selon Diels (/. c,
p. 452, n. 4), l'auteur de Diogène envisageait peut-être le poème
del"Iepo; Adyoç. On peut s'étonner de voir attribuer un ouvrage
pythagoricien à Lysis, car celui-ci passait pour l'auteur d'une
Lettre, célèbre dans la Tradition alexandrine, qui condamne
l'enseignement public et réprouve, par conséquent, toute publi-
cation.
Diogène reproduit ensuite un extrait d'Héraclide Lembos qui
attribue six ouvrages à Pythagore. La formule qui introduit
cette citation paraît, de prime abord, indiquer qu'Héraclide ne
(*) Dans l'Appendice à son édition de la V. P. de Jamblique. Cf. mes Études sur
la Littérature pythagoricienne, pp. 45 et suiv.
tait qu'ajouter ces ouvrages aux trois livres cités plus haut :
ç;t,tI ... yeypacpéva!. aÙTov xal Tiepl toÛ ôXou xtX. Cette impression
se renforce du fait qu'ailleurs (Diogène VIII, 44 : xaxà zry ISiav
ÙTroypacpTiv twv t,).u!.wv), Héraclide semble faire allusion à une doc-
trine rapportée dans l'apocryphe (§ 10). Mais cette théorie était
aussi exposée dans l'Mepo; Aôyoç cité par cet auteur (^). En outre,
si le compilateur avait trouvé dans la biographie d'Héraclide la
mention des trois livres cités plus haut, il n'aurait pas employé,
pour les introduire, une formule par laquelle il ne reconnaît
(jue ces trois ouvrages comme authentiques.
Le premier des ouvrages portés sur la liste d'Héraclide est un
poème intitulé Tiepl toD oXou. To qXov désigne l'Univers dans les
textes pythagoriciens ou orphiques (Diels, Vors., P, pp. 284,
2-2; 831^ -2; II, p. 170, 30).
Un autre poème, dont le premier vers est cité, est un lepoç
Aôyoç, dont le texte fut établi, au IV® siècle sans doute, d'après'
les fragments retrouvés çà et là dans la littérature pythagori-
cienne (^). Il ne doit pas être confondu avec un autre 'lepoç Adyoç
qui était écrit en prose dorienne (^).
Du uepl 'Ituyjic, et du Tiepl eua-eêeia;, nous ne savons rien.
Le cinquième nom de la liste est Hélotlialès. Cet ouvrage met-
tait probablement en scène, dans un dialogue, le père du poète-
philosophe Epicharme. On sait que les Pythagoriciens avaient
revendiqué Epicharme pour l'un des leurs (Jamblique., V. P.,
166, 266 etc.) : Diogène le range parmi les Pythagoriciens et lui
consacre même une biographie. Plusieurs ouvrages, entre autres
un livre publié sous le nom de son fils Métrodore (Jamblique,
F. P., 241), avaient mis en relief et commenté les doctrines
pythagoriciennes cachées dans ses comédies. Il est vraisemblable,
en effet, qu'Epicharme a été influencé par la renaissance reli-
(^) Cf. mos Études sur la Littérature pythagoricienne, pp. 19 el 33.
(2) Ibid., pp. 1-75.
(3) Ibid., pp. 191-208.
— leri -
gieuse du Vl" siècle. Ilclofhali's csl une j)r()(lu(*li()n des eerehîs
pythagorieiens (ju'il faut ex|)li(|uer par les inènie leudauces (*).
Le dernier ouvrage cité par Héraclide |)()rle le tilre (Iroton.
On peul songer à y reconnaître le nom du héros éponyme fon-
dateur de (j'otone, dont le souvenir est évo(|ué dans l'ini des
Discours prononcés par l^ytliagore à son arrivée à Crotone
(Jand)li(iue, V. P., oO). Mais, il est i>lus vraisemblable que ce
livre était consacré à un Pythagoricien ([ui fut l'époux de
Théano, selon certaines versions (Suidas, s. v. (-)eav(.)^).
Tov ok U.U (JT ixbv AÔyov 'iTCTrâa-o'j cpYiT'.v e'Ivat,, veypajJLuévov etzi
Sia^oXY- lljSaropou. Cet ouvragc, reconnu comme apocryphe par
la critique alcxandrine, est une variante de T'Iepo; Adyoç qui,
selon ïimée (Jamblique, V. P., 259), fut composé par les
adversaires politiques des Pythagoriciens comme une parodie du
poème authentique qui [)ortait ce titre. Cet historien attribue à
Ninon la version sur laquelle il a mis la main. Mais il cite
(g*257), parmi les adversaires de la Société pythagoricienne, un
certain Hippase, qu'on peut identifier avec celui auquel Héra-
clide attribue la paternité de ce pamphlet antipythagoricien.
§ 8. — "Icov Sk ô \ko<; sv to^ç Tpiayixoiç cpri(Tt.v auTOv £V!.a -0!.T,a-avTa
dvsveyxei^v dç 'Opcpsa. Cette note reparaît dans Clément d'Alexan-
drie, Strom., I, 131. Elle doit être rapprochée d'un extrait
d'Épigène cité par Clément au même endroit, d'après lequel la
KaTaêaa-'.ç elc, aôou et T'Iepoc; Aôyoç orphiques sont l'œuvre du
pythagoricien Cercops, les <ï>'ja-uà et le Ué-izloq, de Brontinos.
Diogène rapporte ensuite l'entrevue que Pythagore aurait eue
avec le tyran Léon de Phlionte et au cours de laquelle il se serait
proclamé philosophe. La source citée est Sosicrate; mais celui-ci
tient l'anecdote d'Héraclide Pontique (Cicéron, Tusc, V, 8,
et Diogène, L 12). D'après Yalère-Maxime (VIII, 7, 2), c'est à
Olympie que Pythagore aurait fait cette déclaration.
Les passages parallèles, fort nombreux, permettent de com-
(*) Sur cette littérature, cf. Diels, Vors., I-, p. i46.
— 166 —
pléter et d'éclaircir le texte de Diogène. Si Pythagore s'appelle
modestement philosophe (« qui cherche la Sagesse )>, ou mieux,
peut-être, « lami du Sage c'est parce que, à son avis. Dieu
seul est sage. La déclaration de Pythagore apparaît comme
une réaction et une protestation contre l'idéal du VP siècle, qui
visait à atteindre la sagesse elle-même (^).
Le mot (ûil6(70foç apparaît pour la première fois, à ce qu'il
semhle, dans un fragment d'Héraclide (35, Diels) : « il faut
que les hommes philosophes soient instruits (Lo-xopa;) d'un très
grand nombre de choses ». On peut rapprocher l'expression
eO [JiàXa TzoXkbiy CaTopaç de l' lo-TOp^Ti et de la TroXufJiaBeLT, dont
Héraclide fait, par ailleurs (fr. 40 et 129), une spécialité de
Pythagore. Le terme (^il6^o(fO(; apparaît encore, un peu plus
tard, dans le titre d'un ouvrage de Zénon d'Elée, upoç toù;
cp'Aocro(po'jç (Suidas, s.v.Z.), livre de polémique qui visait peut-être
les Pythagoriciens. Chez Hérodote (I, 30), le mot est associé à
l'idée de Bewpiyi, comme dans le conte d'Héraclide Pontique.
A partir de cette époque, le mot est assez souvent employé : on
le note dans le Corpus hippocratique, dans Gorgias, Alcidamas,
Isocrate, Platon. Le sentiment religieux auquel il faudrait
rapporter, pour une part, d'après Héraclide Pontique, l'inven-
tion du mot philosophe est aussi exprimé dans le Phèdre de
Platon, p. 278 d, et dans V Apologie, pp. 23 et 29.
,§,^9-10. — Extraits des trois livres cités plus haut; à en
juger par la nature des doctrines, ils proviennent du TratBsuTuov.
Diogène cite le texte original de deux fragments (3 et 4) ; les
deux autres extraits sont rapportés sous la forme doxographique.
Le troisième est illustré par une anecdote, évidemment étrangère
au livre. Les fragments 3 et 4 et l'anecdote sont reproduits aussi
par Diodore, X, 9 (3, 4, 5); en outre, la première doctrine
rapportée par Diogène se trouve dans cet auteur plus longue-
(*) Diodore, X, 10, 1 : KaTa(JL£(j.cpd[X£voç yàp xoùç TTpo aÙTOu x£xXti|jl£vou(; èitxà
aocpoùç £X£YEV u>ç aofpoc [J-èv oùôsi'i; eaitv àv^pwuoç wv...
— 107 —
inenl (lévol()p[)ée (8 cl 9). Dans Diodorc, le second IVa^Miient
inaii(|iic; par conlre, d'aulres doclriiics enchâssées dans le même
chapitre proviennent aussi, sans doute, de l'onvrai^c; pytha-
goricien {{), I , :2 et ()). L'anecdote est rapportée par Plutarqne
au Pvthafiforicien (Minias el, par un Gnomologe, à Kpicure (^).
L'auteur à qui Diodore et Diogène ont emprunté ces fragments
ne se contentait donc pas de citer le texte du 7raf,6£UTuov.
Il en rehaussait le sens par des anecdotes tirées tantôt de la
légende de Pythagore, tantôt de celle des Pytiiagoriciens
(Diodore, X, 9, 1 et 2). Diels (/. c, p. 4()2) pense que
cet intermédiaire a dû être Alexandre Polyhistor. Corssen
{Rli Mus , 19i2, p. 251) est d'avis que Diogène (ou son auteur)
ne connaît le -a!.o£'jT!.x6v que par le Trepl 7r'j9ayop!.xwv a-ujjiêôÀwv
d'Androcyde, écrivain ionien du IV*" siècle. Les raisons sur
lesquelles il s'appuie sont de deux sortes : d'abord, des vestiges
de dialecte ionien ont subsisté dans l'anecdote de Diogène
(crw'jToO), ainsi que dans le commentaire du fragment 4 (veriv'crxo;,
vsTiviLïiç) . Ensuite, Jamblique rapporte, F. P., 145, sous l'autorité
d'Androcyde, une anecdote qui pourrait servir d'exemple au
fragment 1 (= 7 et 8 dans Diodore).
Les raisons linguistiques invoquées sont sans valeur : la
forme ionienne crwuToû est de l'invention de Cobot ; quant aux
termes veïiviYi;, vstivlo-xoç, il est naturel que l'auteur, pour les
expliquer, les retienne du texte à commenter. Le second motif
paraît plus sérieux, surtout si l'on considère que la source de
Diogène et de Diodore semble avoir eu pour principe d'illustrer
la théorie par l'exemple. Mais le rapport est trop vague pour
qu'on puisse se prononcer avec quelque assurance.
La matière du TC(^,iteuzix6y ^paraît être fort antique et digne
d'intérêt, encore que ses origines soient suspectes. Le fragment 1
n'est qu'une paraphrase d'une doctrine de l'ancien Jepô; Adyoç {^).
Comme Diels l'a montré (/. c, p. 466 ss.), les autres fragments
(*) Sur les confusions de ce genre, cf. Usener, Epicurea, pp. lx et suiv.
(2) Études, pp. 24 et suiv.
— 168 —
rappellent, par certains traits, les rijGayopLxal ' kizo'^ÔLiv.q d'Aris-
toxène. Mais ces concordances partielles ne me paraissent pas
prouver à sulHsance que l'auteur du Tza'^ôeuT'.xov ait pillé l'ouvrage
de ce biographe; on peut aussi bien imaginer qu'ils ont puisé
tous deux à des sources communes plus anciennes. L'ouvrage
mériterait qu'on tentât un nouvel essai de reconstitution plus
parfait, par une étude fort poussée des notices communes à
Diodore et à Diogène.
5. ^§ 10-16. — Dans les paragraphes qui suivent, le compi-
lateur a jeté pêle-mêle une foule de notices disparates, abrégées,
mutilées, obscures, concernant les différents genres d'activité
de Pythagore. Beaucoup rapportent des découvertes (eOp-^aTa)
du philosophe.
Il débute par une citation de Timée : e^Tué te upwToç xoivà rà
(pf/wv zhoLi xal a>!.À{av '^o-oTriTa. Les deux formules sont solidaires
l'une de l'autre et inséparables d'une autre définition de l'amitié,
célèbre dans l'Antiquité : ti! ecttî. cpiXoç; aXXoç éyw. C'est Y aller
ego des Latins, que notre langue a adopté. Très tôt, cette
définition devint proverbiale, puisqu'on la trouve déjà dans la
Grande Morale, II, 15. ^Oia = io-otyic; paraît avoir été, dans
l'opinion de Timée, le fondement de la règle de la communauté
des biens. Les auteurs d'Alexandre Polyhistor (m/ra, § 33)
ajoutent un correctif à cette définition : l'amitié est, pour eux,
une £vap{j(.ovîa '.o-oTTiç (^). Le xot.và Ta twv cpîXwv est déjà cité dans
certains textes du et du [V'' siècle comme une sorte de pro-
verbe : Euripide, Oreste, v. 735 (cf. Phénic, v. 243); Platon,
Lysis, p. 207 c, et Phèdre, p. 279 c. Selon Timée, ce n'était pas
une vaine fornmle, mais une règle de l'organisation de la
Société, oïl les biens étaient mis en communauté. Zénobe
[Centur., IV, 79), Photius [Lex., s. v. xoivâ) et le Scholiaste
du Phèdre ont conservé un extrait de Timée qui ne laisse aucun
(*) Allusion de Platon, Lois, VI, {>. 757 A. Cf. Euripide, Phén., 536 : laoTT^xa Tt[j.av
doute sur cotte inleiprélation. On jKMit donc, avec c(Mtitii(le,
rattaclier à la citalion de Tiinée, dans Dioj^ène, le (lél)iit de la
description de la Société [)ytlia^oricienne : xaTex'iGcVTo Tà; oùi'.y.c,
zic, £v t:owj]xzvoi,
JaniMi([iie [V . P., 71-73) nous présente, de l'or^^anisation de
la Société, un tableau complet (pTil tient d'Apollonius, (^elui-ci,
qui est tributaire de Tiiiiée pour la [)lus grande partie de sa
Biograpbie de Pvtliagore, a utilisé, ici aussi, son auteur l'avori :
une siuij)le comparaison avec le fragment de Timée cité plus haut
et avec le début de son récit des Persécutions (,^^o4) (^) permet
de le constater. Or, il y a une concordance remarquable entre la
description d'Apollonius et la notice incomplète et obscure de
Diogène. Voici comment il faut reconstituer le texte original, si
mal utilisé par Diogène : après une période d'examen de trois ans
(oubliée ici), les disciples entrent dans une sorte de noviciat et
mettent leurs biens en communauté. On ne leur permet pas de
voir le maître; un rideau le dérobe à leurs yeux pendant qu'ils
écoutent ses paroles. En outre, ils doivent garder le silence.
Après cinq années de ce régime, ils sont admis à voir Pytba-
gore (^) et deviennent des disciples parfaits ou ésotériques.
L'exposé emprunté à Timée est interrompu mal à propos en
cet endroit par l'intercalation d'une note tirée d'Hermippe. Mais
il se continue au § li : xal yàp xal o-ejjivoTrpeTréarTaToç xtX. L'auteur
veut justifier la règle qui faisait de la contemplation de Pytha-
gore un privilège réservé aux disciples parfaits : c'est qu'il était
d'une beauté majestueuse et qu'on le croyait une incarnation
d'Apollon.
Des traits de la description de Timée se retrouvent épars et
souvent défigurés dans la tradition. Tantôt, on rappelle la règle
du silence de cinq ans (^), que l'on interprète dans un sens
(1) Cf. la Revue de l'Instruction publique en Belgique, 4909, pp. 95 et suiv. '
(2) l'yihagore, selon Timée (Jamblique, V. P., f254), paraît avoir mené, après la
fondation de la Société, une vie complètement retirée et pour ainsi dire secrète.
(') La plus ancienne allusion au silence pythagoricien est celle d'IsocRATE,
Busiris, 29.
absolu; tantôt, celle de la communauté des biens, qui se mue
rapidement en une sorte de communisme; tantôt encore, la
distinction des disciples en ésotériques et exotériques, qui a
servi de point de départ à l'établissement de diverses classifica-
tions et hiérarchies dans la Société pythagoricienne. Ce type
d'organisation, si étonnant qu'il puisse paraître à nos yeux
modernes, trop habitués à ne considérer en Pythagore que le
savant et le philosophe, cadre assez avec les idées de la sotério-
logie et de la mystique de son École.
Hermippe rapporte que les Pythagoriciens n'ensevelissaient
pas leurs morts dans des cercueils de cyprès. J'ai montré
ailleurs (^) qu'il tient ce détail d'un recueil d' 'AxouajjiaTa, tout
comme Jamblique, F. P., 155. Le cyprès rentre dans la caté-
gorie des arbres sacrés {ibid., 15i). La raison invoquée est que
le sceptre de Zeus est fait de ce bois; d'autres hypothèses avaient
été émises, car Jamblique ajoute r\ oC aXXov Tivà {jLuc7Tt.x6v Xoyov.
Les rites d'ensevelissement de certaines sectes pythagoriciennes
nous sont connus par une note de Pline, H, iV., XXXY, 46 :
le mort est enveloppé de feuilles de myrte, d'olivier et de peu-
plier noir et déposé dans un cercueil de terre cuite. Nous ne
savons (|uelle est la nature des règles d'inhumation auxquelles
Plutarque {De gen. Soc7\, 16) fait allusion.
§ 11. — (]omme je l'ai dit, les légendes miraculeuses rap-
portées par Diogène au § 11 se rattachent à l'extrait de Timée.
La première : wç elri 'AttÔXXwv TTcepêopeiwv àcp',y|i.£vo; , est
empruntée au même cycle de croyances que la note d'Aristote
dans Élien, V. //., Il, 26 (cf. IV, 17, Jamblique, F. P., 91,
135; Porphyre, V. P., 28). Ailleurs, il est représenté comme
l'incarnation d'Apollon Péan ou Pythien ou encore d'un autre
Olympien (Jamblique, F. P., 1 à 9, 30; cf. Lucien, Dial. mort.,
20, 3, et Gallus, 15 et 18). D'autres traditions, plus modestes,
rapportent qu'il était honoré comme un dieu ou un bon démon.
Ce sont là des variantes de la doctrine sotériologique.
(1) Études, p. 301.
— 171 —
La seconde légende : Xoyoç oi ttiote aù-roO uapayuavroOÉvTo; TÔv
jjLTjpov dcpOr.vat- XP'^^^^^^» iiitiineiueiil liée à la |)reiiiière, car elle
en est comme le ibiidemenl lliaumatiir^iciiie. Illlies apparaissent
dans le même rapport dans un récit de Jaml)li(|ue, V. /\, 91-1)2
(cf. 13^) el l^rphyre, Y. P., 28), viaisemhlahlement emprunté
au dialoij^ue Abaris d'Héraclide Pontique: PvLlia^oie montre, au
prêtre d'Apollon lïyperhoréen, Abaris, sa « cuisse d'or », comme
le signe de son incarnation apollinienne. Un sclioliaste de
Lucien (p. 124, Habe) a fort bien saisi ce rapport : EÀeyeTo yàp 6 11.
£VT£T'jKW(T9a'. Tw QLÙToù [XT,p(j) TOV <ï>orêov. D'autrcs vcrsîons
placent la révélation de la nature divine de Pythagore en
d'autres circonstances : év aywvL (Élien, V, H., Il, 26; Jam-
blique, V.P., 140), év 'Olui^ni^ (Élien, V. U., IV, 17; Plu-
tarque, Numa, 8,6; Artemii Passio, 29), h ^eàxpy (Apollonius,
Mr., 6).
Un autre trait merveilleux de la vie de Pythagore est le salut
que lui adressa un fleuve qu'il traversait. Les textes parallèles
ne s'accordent pas sur le nom du fleuve. Diogène et Jamblique,
F. P., 134, lisent Nécrao;; Aristote (Élien, F. Il, 26 et
lY, 17) : Ko(7aç; Apollonius, Mir,, 6 : ô xaxà Sàjxov -kq-zol^ôc,;
Porphyre, F. P., 27 : Kauxaoroç. Diels {De Casa flumine Meta-
pontino, — Hermès, XXXIII [1898], pp. 334 et suiv.) a retrouvé
le nom exact du fleuve qui passait à Métaponte, dans un poème
de Bacchylide (X, 119) : à'Xcroç zé toi l;jiep6ev | Kào-av Tiap' eùuopov...
L'accord de Jamblique et de Diogène indique une source com-
mune : précisément, les trois légendes se suivent aussi dans le
contexte de Jamblique.
Diogène termine ce long extrait par une citation du dixième
livre des Histoires de Timée : Pythagore remarque que la femme
porte, à ses différents âges, des noms de divinités, Kopri, Nupicpri,
Mv^TTrip. Ceci est emprunté à l'un des grands Discours que
Pythagore prononça à son arrivée à Crotone et dont Jamblique
a conservé le texte, emprunté à Timée. Il ressort de la compa-
raison avec Jamblique, F. P., 56, que Diogène a omis le der-
nier nom de la série : MaîTa.
12. — L'expose se poursuit sous la forme du discours
indirect; mais, il ne s'ensuit pas nécessairement que Diogène
ou son auteur continue à puiser dans Timée. Il est possible que
la citation d'Anticlide ne se rapporte pas uniquement au rôle
joué par Moiris dans l'invention des éléments de la géométrie.
Pythagore étudia spécialement 1' (c espèce arithmétique w de la
géométrie (e^ooç àp!.9{jL7iTixov) . Par cette expression, il faut
entendre simplement l'arithmétique, qui, pour les Anciens,
faisait partie de la géométrie. Le manuel de Nicomaque, par
exemple, représente les nombres sous des formes géométriques
et étudie leurs propriétés et leurs combinaisons par les mêmes
procédés que celles des figures.
T6v Ts xavova tov éx |i.t.â; yopBïi; eupsLv. Cette note, peu explicite,
attribue à Pythagore l'invention d'un instrument de musique
monocorde, appelé xavwv (règle), employé quelquefois dans la
pratique, mais réservé surtout aux démonstrations théoriques.
Les passages parallèles montrent que Diogène ne songe pas
tant à rapporter à Pythagore la fabrication du monocorde,
que la découverte des rapports arithmétiques des inter-
valles musicaux. Chez un grand nombre d'autres auteurs, la
même notice se présente sous une autre forme, d'ailleurs
anecdotique. Pythagore, passant à côté d'une forge, remarque
que les sons produits par les coups de différents marteaux sont
harmonieux ; il étudie le phénomène et découvre les lois de
l'harmonique. Le plus ancien témoignage qui confirme l'attri-
bution à Pythagore de cet eupr^i^y. est celui de Xénocrate (d'après
Héiaclide, dans Porphyre, In Ptol. Iiarm., I, 3); mais la notice
y est dépourvue des éléments anecdotiques.
Oùx Yi[jL£).r,cr£ 8s ouok taTpLxr,;. Nombreux sont les passages
parallèles, cités dans l'édition, qui n'offrent pas plus d'in-
lérêt que la note de Diogène. Un seul texte de Jamblique,
deux fois répété (§§ 163 et '2/<^4), précise la nature des méthodes
thérapeutiques des Pythagoriciens. Rohde a cru retrouver dans
ces passages un extrait d'Aristoxène (^). Je ne puis me rallier
(•) Kleine Schriften, II, p. 156.
à son avis, car la (•onij)araison d'iiii autre passage de ia V. P.
de Jaiiibli(jiie, lire de Tiinée (') (^(ii : sv olc, èni T->iV taTpLxr,v
Tcvsç xaTeveyOÉvTeq xai oiaÎTT) to'j; àppwTTO'j; ô'vTa; OepaTieuovTe;
T)ye|jLÔveç xaT£a-TT,a-av tt^ç eipT| jjLévx,; pieOooo'j) avec les notices
des 103 et :2ii, montre ([u'il s'a^nt ici d'un emprunt lait
à Timée.
iNotons, chez Diogène, une tendance à rap|)orter à Pytliagore
des coutumes ou des doctrines qui, dans ses sources, sont
simplement attribuées aux Pythagoriciens. C'est l'un des fer-
ments les plus actifs d'altération qui agissent dans la littérature
alexandrine aux dépens de l'ancienne tradition.
Diogène rapporte ensuite, d'après Apollodore le Mathéma-
ticien (ô XoyLo-TLxôç, ou, comme dit Athénée, 6 âpt.O|jiriT!.x&ç), une
anecdote célèbre : Pythagore, ayant découvert la proposition
géométrique du carré de l'hypoténuse (a^ [a = hypoténuse du
triangle rectangle] = b^^ -\- c^), sacrifia une hécatombe. La
même citation d'Apollodore reparaît dans Athénée, X, 418 F, et
dans Plutarque, No7i possesuav. etc., 11. Diogène y fait encore
allusion au livre I, 25, où la proposition en question a fait
place à un problème de nature peu différente : inscrire un
triangle rectangle dans le cercle.
Dans les traditions parallèles, on peut relever diverses
variantes. Tout d'abord, les auteurs ne s'accordent pas sur la
nature de la proposition ou du problème géométrique dont
Pythagore est l'inventeur. Plutarque, /. c, donne à choisir
entre la formule du carré de l'hypoténuse et la surface de la
parabole; ailleurs [Qu. conv., VIII, 2, 4), il imagine un autre
problème : deux figures étant données, en construire une troi-
sième, égale à la première, semblable à la seconde. Une autre
variante concerne le sacrifice d'actions de grâces. Les sectes
pythagoriciennes qui condamnaient le a meurtre » des animaux
et prêchaient l'abstinence de viande s'étaient offusquées de voir
attribuer à leur maître le sacrifice d'une hécatombe ou même
(*) Revue de l'Instruction publique en Belgique, 1909, pp. 91 et suiv.
— 174 —
simplement d'un bœuf (^). Aussi représentaient-ils ce bœuf
comme une reproduction en pâte (Antonius Diogène dans Por-
phyre, V. P., 36) ou en argile (Grégoire de Naz., Ep., 198).
On peut comparer, à cette substitution, l'offrande d'un bœuf formé
de pâte (Diogène, VIII, 53), ou d'aromates (Athénée, I, 5 E),
faite par le pythagoricien (?) Empédocle, grand-père du
philosophe, après une victoire aux Jeux. Enfin, Pamphila
(Diogène, I, 24) rapporte que Thalès sacrifia un bœuf, après
qu'il eut réussi à inscrire le triangle rectangle dans le cercle :
c'est une simple variante d'attribution.
Le reste du § 12 et le § 13 sont constitués par l'exposé d'une
polémique qui débute par deux citations de Favorinus. Diogène
tire la première notice des 'A7T:o|jLviri[jiov£U|jiaTa : avant Pythagore,
les entraîneurs nourrissaient les athlètes de fromages humides
et de figues sèches. Le philosophe, le premier, introduisit la
viande dans leur régime; son premier élève fut Eurymène.
Diogène joint à ces indications une note tirée de la navxoSarri
'IffTopta du même auteur : « autrefois, on nourrissait aussi les
athlètes de froment ». Remarquons d'abord que cette note
additionnelle provient sans doute d'une erreur de lecture com-
mise par Favorinus ou par Diogène : le même mot a été écrit
dans l'un des ouvrages -zopoïç, dans l'autre, Tiupo^. Dans les
passages parallèles, en effet, il n'est jamais question de froment.
Une légende analogue est rapportée par Porphyre, dans
sa V. P., 15, et dans le De abst., I, 26, où je relève,
parmi les sources citées, le nom d'Héraclide Pontique. Ces
notices doivent être rattachées, sans doute, à la tradition qui
représentait Pythagore exerçant, dans sa jeunesse, le métier
d'athlète (Ératosthène, dans Diogène, VIII, 47; S' Augustin,
Epist., III, 137, 3; Lucien, Gallus, 8, etc.). Dans l'hypothèse,
probable, que cette forme de la légende est la plus ancienne.
(<) Un écho de ces polémiques s'est conservé dans Cicéron, De nat. deor., III,
36, 88 : sed id quidem non credo, quoniam ille ne Apollini quidem Delio hostiam
immolare voluit.
— 175 -
(juelle altitude les sectes (jiii rejetaient, cohuikî un crime, l'usage
de la viande, allaient-elles pnMidre à l'égard de ces combinaisons?
Une simple négation eut paru tendancieuse. On recourut à
l'artilice des homonymes. Le l^ytliagore (jui nourrissait les
athlètes de viande n'était pas le phil()so|)he, mais un maître de
gymnase du même nom. Telle est la variante recueillie par Dio-
gène et qu'on retrouve dans Jamhlique, V. P., 25 (Timée?) (*);
Diogène, VIII, 4G; Pline, //. iV., XXIII, 63. Les citations de
plusieurs athlètes du nom de Pythagore dans les listes des vain-
queurs olympiques (Ératosthène , dans Diogène, VIII, 47,
[48^ olymp.]; Plutarque, Numa, 13 [16^ olymp.]; Denys
d'Halicarnasse, Ant. rom., II, 58, etc.) étaient de nature à
favoriser ce dédoublement.
Diogène explique pourquoi certains auteurs se refusent à
attribuer à Pythagore cette innovation : c'est que le philosophe
ordonne de respecter la vie des animaux; ceux-ci ont, en effet,
en commun avec nous, le droit de vivre, que confère la posses-
sion d'une âme. La doctrine que les animaux sont les frères de
l'homme est vieille. Dans la doxographie, le plus ancien témoi-
gnage est celui de Dicéarque (Porphyre, F. P., 19), si l'on ne
veut pas faire état des extraits d'ouvrages pythagoriciens con-
servés par Alexandre Polyhistor (Diogène, YIII, 28). L'idée de
conclure, comme un corollaire de cette théorie, que les animaux
ont un droit intangible à la vie, a dû naître assez tôt, puisqu'elle
apparaît déjà dans les Ka9ap{jioL d'Empédocle (fr. 135, Diels).
On retrouve la même théorie du droit naturel chez Cicéron,
fie rep., III, 11, 19; Plutarque, De esu carn., II, 3; Sénèque,
Ep., 108, 18; Porphyre, De abst., III, 1 et 26; Sextus Empi-
ricus, Adv. math., IX, 127; Jamhlique, F. P., 69, 108, 168,etc.,
où je devine l'influence de Timée, rehaussée plus tard de couleurs
stoïciennes .
Sur cette explication est venue se greffer une autre interpréta-
tion. La raison de justice qui vient d'être invoquée ne serait
(*) Comparez le contenu de ce paragraphe avec Justin, XX, 4 (Timée).
— 176 —
qu'un prétexte : en réalité, Pythagore, en interdisant l'usage de
la viande, voulait habituer les hommes à vivre simplement et
aisément, à manger des légumes crus comme à boire de l'eau,
car ce régime entretient la santé du corps et la pénétration de
l'esprit. On reconnaît ici, à n'en pas douter, des vestiges d'une
contamination des théories pythagoriciennes par l'idéal cynique.
On sait qu'au IV*' siècle, par l'intermédiaire de Diodore
d'Aspende (^) et d'autres pythagoriciens, une certaine fusion ou,
pour mieux dire, un rapprochement s'opéra entre ces deux
conceptions de la vie morale.
Diodore de Sicile (X, 17, 1-3) croit que Pythagore obéit aux
mêmes préoccupations en établissant les prescriptions de son
régime alimentaire. La communauté des sources transparaît
parfaitement dans l'emploi des mêmes termes et l'exposé des
mêmes lieux communs cyniques. Je relève encore des traces de
cette interprétation dans la Vie de Pythagore de Jamblique,
§ 13 (Apollonius) : -^^ô^ou tj.âX!.(TTa cpetôea-Sat. xal ^àpiv toutou
(cf. ôÙTzopi'7'cou;, de Diogène) oivoTroo-Loc te xal xpewcpayia xal hi
upoTepov uoÀucpav'ia à7coTaqàiJL£vo<; . . . xal ^'^/'^ç xaOapOT'/^Ta xTT,(Tà|jLevO(;
ùysiav T£ . . . Toû o-wjjiaTOc;. Ihid., 68 (ApoUonius) : £|JLi[;u)^(i)V dizoyry
TrâvTwv xal eTt. j3pw|jiâTwv f'.vwv zaïc, eùayeLaiç tou \oyi<7^ou xal
eLXixp!.v£{a'.£; EjjLTioQ'Zovnrwv. Dans ce dernier passage, les abstinences
sont rapportées au principe invoqué en première ligne par
Diogène : (69) â).6ywv Çwwv TLvà ow. S'.xawo-uvriç xal (^u^ixr\ç
éîciTcXoxY.ç xal xo'.vÔTTiTGç . . . £'.pTiv£ua-!.v . JambHquc tirc encore parti
de cette double interprétation dans le chapitre XXIY (§§ 106-
108), relatif au régime alimentaire. C'est dans Timée que nos
auteurs paraissent avoir pris la formule de cette contamination
des deux points de vue, absolument étrangers à l'origine.
Jamblique, V. P., 25 (= Apollonius — Timée) attribue
aussi à un homonyme du philosophe l'introduction de Tusage
de la viande dans les gymnases et il rappelle aussitôt que dans
son voyage à Délos, Pythagore avait réservé ses dévotions à un
(*) Cf. Tannery, Archiv fur Gesch. der Philos., IX, pp. 476 et suiv.
— i77 —
seul autel, celui où l'on n'olïre pas (I(î saeriliees sanj'lanls. Nous
pouvons suivre un développeinenl |)arallèl(; dans le texte de
Dio^ène, (|ui rapporte la même tradition. l/idcMitité des sources
en parait plus évidente. L'autorité d'Aristote (èv AyjAûov noliTeia.)
n'est invoquée, semble-t-il, (pie pour confirmer l'existence de
l'autel en question. Cette anecdote, (pii ligure encore dans
Cicéron {De nat. deor., 111, ^50, 88) et Clément (Slrom., Vil,
(), représente les tendances des sectes qui prêchaient le
respect de la vie des animaux.
Revenons à la polémique qui se termine ici. On pourrait
supposer que Diogène en emprunte les premiers éléments à
Favorinus. Il s'ensuivrait que la réplique serait donnée par
Diogène lui-même. Mais cela supposerait qu'il utilisait les œuvres
de Timée ou, si l'on n'accepte pas cette conclusion, d'anciens
auteurs en tout cas (Aristote, par exem[)le) qui figurent parmi
les sources ordinaires du fonds primitif de la biographie. 11 paraît
donc plus sage de renoncer à cette hypothèse et d'admettre que
la première citation de Favorinus ne corrobore qu'un détail,
mis d'ailleurs en évidence comme une addition : xaî. TrpwTÔv ys
Eùp'juévri.
^ i i. — Diogène énumère ici trois découvertes de Pythagore
(TîpwTov est répété trois fois) ; et, comme l'introduction du régime
carné dans les gymnases est présentée aussi sous une forme
heuiématique (îcpwToç), à côté des notices sur l'invention du
xavwv et la découverte du carré de l'hypoténuse (eOpe) (^),
il devient clair que cette section de la biographie est consacrée
aux £'jpri[j.aTa.
llpwTov T£ cpaa-t. toGtov otTïocpYivat. tt^v ^'J'/V xÛxàov âvàyxT^ç d^d-
êojG-av xklo-' caXoiç évoercrSa'. Çwo^ç : c'est la doctrine de la métem-
psycose. Innombrables sont les passages parallèles, dont le plus
(1) Cf. encore, plus haut (10) : tlrA xz uptlixoc;... xoivà xà cpiXwv zhai xal cpiXi'av
tadxTjxa.
Tome XVII. — Lettres, etc.
12
ancien est formé par l'anecdote de Xénophane {infra, § 36).
Elle est exposée ici sous une forme poétique : on y reconnaît,
en effet, les formules qu'emploient deux vers orphiques cités
par Proclus (Abel, Orpli., fr. 222-228) :
OUV£x' â[JL£t.êoiJl£VTl ^Uyj] XOLTOL xÛxXa '^pOVO'.O
L'expression xùvloç dvÔLyxric, désigne le cercle que décrit, par
une loi fatale, l'âme tombée du ciel, émigrant de corps en
corps sur la terre pour se purifier et retournant enfm à son
lieu d'origine. Le terme, employé dans ce sens mystique par
les Orphiques (fr. 226) et par les inscriptions sur tablettes d'or
de Pétélie (xuxXoj o'iEÉTTTav j3apL»7r£v6£oç dpyccXéoio) , est devenu
commun dans la théologie néo-platonicienne (par exemple
Olympiodore, Fn Phaed., p. 103). 'Ev8£ra-6at., se lier, est l'ex-
pression consacrée, dans les textes pythagoriciens, pour désigner
l'entrée de l'àme dans le corps : Euxithée, dans Athénée, IV,
157 C; Jamblique, F. P., 153; Clément, Strom., VII, 31. Dans
Clément, comme dans Diogène,la notice doxographique accom-
pagne l'anecdote de la visite à l'autel non sanglant de Délos.
Le second £'jpTi;j.a est plutôt une adaptation : Pythagore, selon
Aristoxène, introduisit en Grèce les poids et les mesures. Une
note d'Hippolyte {Adv. haer., I, 2, 18 : loùç o£ âpt.9|jLoù; xal Ta
;jiTpa -apà AiyuTxxîwv oaa-l tov H. (jcaOE^v) permet de conjecturer
que Pythagore fit ces emprunts à l'Egypte. Cette notice doit
nous ouvrir les yeux sur les défauts qui déparent même l'an-
cienne tradition pythagoricienne.
Voici enfin une découverte astronomique : Pythagore reconnut
que l'étoile du matin et l'étoile du soir ne sont qu'un seul et
même astre. Diogène rapporte cette note doxographique à
i^arménide. On peut voir, par l'examen d'un autre passage, IX,
23, que Diogène a pris pour une citation la formule de ses
sources qui signalait une variante d'attribution : ol U cpaai nap|^£-
vîSyiv (*). Selon Apollodorc (Slolu'e, Ed., I, celle décou-
verte nslroiioiniijiK» doil èlre rapportée au Pythagorisine. Notre
notice peut servir à expli(|uer la note trop vague de Féline, //.
N., Il, 37, de uiéine qu'elle esl éelaircie à son tour [>ar le texte
de Marlianus ('apella, VIII, 88^2 : Pytha^^ore tixe à un an la
durée de la révolution de la planète Vénus.
Le reste du 14 et le ^ 15 sont consacrés à montrer que
Pytliagore jouissait en Italie d'un grand prestige : telle est la
seule idée commune des notes assez dis[)arates qui suivent.
I . OÛtw 8e sBa'jfJLàaSr, wtte êXeyov to-jç yvwpLfjio'jç œjzou 7rav-:o{a<;
(uavroiouç F) 3eoù cpwvàç : « il fut tant admiré qu'on appelait ses
familiers des voix de Dieu de toute espèce )>. Déjà l'ancienne
philologie avait jugé le texte corrompu. Elle s'offusquait d'abord
de rimage hardie des « hommes-voix »; mais l'adjectif Tîavuotaç
lui paraissait surtout maladroitement employé. Is. Casaubon
soupçonnait une lacune. Les anciennes corrections cherchent à
appliquer Beoîj cpwvâ;, non aux disciples de Pythagore, mais à
ses doctrines. Méricus Casaubon propose : Tà; yvwpîfjLOjc; y.ÙToù
TïapoLjjL'iaç 5£ou cpwvà; (ses préceptes notoires) (^). La correction
de Rittershuis, remplaçant -zoùç yvwp{|jiou(; par Tàç yvo^iJLa;;, ne
résout qu'à moitié la difficulté, puisqu'elle laisse subsister
TravToiaç ; on peut en dire autant de celle de Kùhn : wore Xéys'.v
Toùç yvojp'ip.ouç < rot > aÙToO.
Cobet suppose avoir affaire à une formule en dialecte dorien.
Pour résoudre la première difficulté, il considère cpo^vâ; non
comme un accusatif, mais comme un génitif (cpwvàç). Il rattache
ensuite ce génitif à un substantif qu'il retrouve dans TïavTotaç :
jjLàvT'.aç (= (jiâvTe'ç) ; reste à rendre à 5eoû sa forme dorienne 5ew.
11 tvâdmt divinae vocis interprètes. Ainsi, par le jeu d'une simple
conjecture, qui, au point de vue paléographique, s'écarte très
peu du texte originel, Cobet paraît avoir surmonté un double
embarras.
Mais on peut présenter plusieurs objections à cette brillante
(1) Cf. Introd., p. 10.
(*) CoRSSEN {Rh. Mîis., 1912, p. 241) intercale Xoyouç après aùxoo.
— 180 —
conjecture. Il me semble difficile d'admettre, tout d'abord, que
le dialecte dorien ait subsisté dans la forme casuelle de l'accu-
satif, alors que l'auteur cite, non un écrit, mais une formule
du langage. Ensuite, dans l'bypothèse de Cobet, ce serait les
profanes qui considéreraient les disciples de Pythagore comme
des interprètes d'une voix divine (qui est évidemment celle de
Pylhagore) : les paroles sibyllines du maître seraient expliquées
au vulgaire par les disciples. Mais cette conception est en contra-
diction avec la lègle du secret de l'Ecole, dont la réalité est
admise par toute la tradition ancienne.
Je préférerais revenir aux premiers essais de l'ancienne philo-
logie. Il faut toujours, autant que possible, illustrer les passages
obscurs de notre biographie par des parallèles empruntés au
reste de la tradition. En voici quelques-uns, décisifs, à mon
avis. Aristote, dans Elien, Ver, hist., lY, 17 : ^^pyicrjjiw 5£(w,
olÎtwç oi TÔTc Tipoa-ciyov To^; Xeyofjievot,; utt' auToû, et dans Jamblique,
V. p., 84 : ôtra Tcap' sxcîvou éppsGri, raÛTa TrsipwvTaL ^'.y/fukâz'zeiy
fisTa oôyfjiaTa; Timée, dans Jamblique, V. P., 53 : oCol ùï ràç
7zapat,v£a-£iç o^oXoyeiTOLi 7:apaa-x£uàa-a!. |jLY|S£va TYjV £xe(vou TrpoT'^yopiav
dvouà!l£!.v, dXkà. TûàvTaç Beiov aÙTov xa^Erv. Ce sont les paroles de
Pylhagore qui sont considérées par ses disciples comme des
ècw. ypr^'Jiioi. Qui ne voit l'exacte concordance de cette expres-
sion avec .5£où cpwvaL? Ce qui manque dans le texte de Diogène,
c'est un substantif qui soit l'équivalent de Ta A£ YOUEval il est
évident qu'il se cache dans le mot izcLVîoiy.q. Les termes ordinai-
rement employés par nos biographes pour désigner les préceptes
ou maximes des philosophes sont, non 7rapo!.|ji'!a'., d'ordinaire
réservé aux proverbes, mais àT:ocp9£y|j.aTa, T,ap(xx\-f\(jeiç, Tiapat-veo-et.;,
TzapayyiAjjiaTa, uapayyc)ia(., cpwvai (par exemple, Jamblique, F. P.,
iOl et 466). — Je choisirais TiapayycXiai. : c'est le terme qui se
rap[)roche le plus, par la forme, du mot à éliminer.
4. 'A).Xà xai, auTOç £v zr^ YP^-'f'^ cprio-L « ùC ETiTa xal oi-rixoo-Lwv etswv
é; àCoEO) Tcapay£y£VY,a-6a!. £; ctvBpw-o-jc;. Cette note paraît être
d'introduction assez récente, car elle n'a avec le contexte qu'un
raj)port fort vague. Le dialecte ionien indique une citation
— 181 —
texluollo. K. \\o\h\o (R/i. Mus., I87i, |). r)57, n. I) y voyait
priinilivoinonl iiii cxlinit d'une sorte de KaTâ^'aTLc; eJç aooL» attri-
buée à I^ytliagore; mais il s'est rallié, plus tard [Psuché, IP,
p. 417), à l'avis de Diels, (|iii rappoi'te ee frai^inent à l'ouvrage
eité aux î^J:^
Plus réeenunent, (^orssen [Wi. Mus., 191:2, pp. ^41 etsuiv.)
a émis l'opinion que Diogène tient d'Androcyde, (jui écrivait
en dialecte ionien, tous les extraits de cet ouvrage. Ainsi
s'expliquerait que le dialecte ionien soit conservé même dans
le discours indirect. Cet argument est faible. Dans les citations
textuelles, les auteurs adaptent les cas et les modes de la pbrase
citée aux nécessités de la syntaxe de leur phrase. En outre, il
est bien évident que Diogène ne conserve le dialecte ionien
que parce qu'il cite Pythagore : le texte d'Androcyde n'eût pas
été jugé digne d'un tel honneur.
La doctrine de ce fragment doit être expliquée par la légende
des métempsycoses rapportée par Héraclide. Après avoir quitté
un corps humain, l'âme (qui deviendra celle de Pythagore) passe
par des vies animales et végétales et descend aux Enfers pour
y être punie 4 : xal elç ôo-a cpurà xal Çoja TïapsyévETo xal ocra r\
^u')(y\ £v Tw aSri euaGe) ; c'est seulement après ces purifications
qu'elle revient dans un corps humain. Selon notre texte, il faut
compter 207 ans entre deux incorporations humaines. Mais
dans le texte parallèle des Théol. Arithm., p. 40, qui cite tout
à la fois trois biographes : Aristoxène, Néanthe, Hippobotos,
et deux écrivains pythagoriciens : Androcyde et Eubulide, le
nombre d'années est fixé à 216. Or, dans les Arithmologies, 6 est
le chiffre consacré à l'âme et son cube, 216, est appelé le cube
« psychogonique générateur de l'âme (Théol. Arithm., /. c. ;
Plutarque, De an. procr., 13; Proclus, In Remp., II, pp. 68
et suiv.; Tn Tint., II, p. 270, etc.). Cette variante a donc des
titres à notre préférence (^). On peut déduire encore de cette
(*) Comparez à ceci le rôle que joue le nombre 216 dans les récentes explications
du nombre nuptial platonicien {Rép., VIII, 546 B), par exemple, Adam, The Rep.
of Plalo, II, pp. 274 et suiv.
— 18-2 —
note que les auteurs cités plus haut admettaient, pour Pytha-
gore, une chaîne de métempsycoses analogue, pour le nombre
des participants, à celle d'Héraclide Pontique : Pythagore, né
vers 570, aurait vécu sous le nom de Pyrrhus, né vers 786,
d'Hermotime, vers 1002, et, vers 1218, dans la personne
d'Euphorbe, qui était un homme fait à la date des Tpwiixâ (1184).
Le Commentaire de Berne à Lucain (p. 289, Us.) attribue à
Pythagore la doctrine d'un intervalle métempsychique beaucoup
plus long, 462 ans. Selon Varron (S' Augustin, De civ, Deiy
XXII, 28), les Genet/iliaci comptent 440 ans. D'autres traditions
(Proclus, In Remp., II, p. 173), qui s'inspirent de l'Orphisme,
ramènent la période à 300 ans.
3. Diogène rapporte que des étrangers : Lucaniens, Peucé-
tiens, Messapiens et Romains, reçurent l'enseignement de Pytha-
gore. Cette note provient d'Aristoxène, comme le montre une
citation de Porphyre, V. P., 22, et de Jamblique, F. P., 241
(Nicomaque). 11 semble que le Pythagorisme ait pénétré dans
les populations italiques indigènes, principalement en Lucanie :
des Lucaniens figurent dans le Catalogue des Pythagoriciens
de Jamblique (F. P., 267 Aristoxène) . La mention des
Romains me paraît être une allusion à la légende bien connue
des rapports de Pythagore avec Numa.
§ 15. — Deux phrases (twv t£ s^axocriwv — 'IcjTopia',;) inter-
rompent l'ordre de l'exposé et doivent avoir été introduites
assez tard dans la biographie. Il est évident, en efFet, que
les mots eXeyov Te xai ol aXXot. ITuGayopeLot. (fin du § 15) Suivaient
immédiatement, à l'origine, la note qui concerne Philolaos. Les
deux phrases intruses ont rompu la succession naturelle des
idées et les rapports de transition. Elles ont été insérées à cette
place pour donner de nouvelles preuves de la célébrité de
Pythagore. Une citation de Favorinus nous permet de conjec-
turer que ce sont des additions de Diogène.
La première de ces notices porte des traits légendaires : six
cents disciples venaient la nuit écouter Pythagore. Elle est
issue d'une combinaison de deux traditions. Selon Antiphon
— 18:{ —
(Porphyro. V. 0; cf. Jainhiiquc. T. /\, ^27). PytliagoiT
enseignait, à Sainos, aussi bien la nuil (jiie le jour. D'autre
part, le nombre de six eents disciples est donné par Janihlique,
V. P., ^9, et Suidas, s. V. vvwpLjjio!. et 5. V. IluÔayôpa;.
« Si (piehpies-nns parvenaient à le voir, ils l'écrivaient à
leurs parents, connue s'ils avaient obtenu un grand bienfait. »
Contempler Pytbagore est représenté comme une rare faveur :
nous reconnaissons ici la conception de Timée analysée plus
baut.
Selon l'autre légende, les Métapontins auraient appelé sa
maison le temple de Déméter et la rue où il babitait, le temple
des Muses. Même notice dans Jamblique, F. l\, 170, et Justin,
XX, 4 (ici moins précise : ut ex domo eius ternplum facerent).
Par contre, à en croire Porpbyre, V. P., 4, ïimée rapportait
ces faits à la ville de Crotone et Valère-Maxime, VIII, 15, :2,
adopte la même variante. Cette divergence ne provient pas de
deux sources différentes, car le contexte de la note de Jamblique
est le même que celui de Porphyre, mais elle dérive d'une con-
fusion qui paraît avoir été commise par Porphyre et Valère-
Maxime. En effet, il est admis, tout d'abord, que Justin s'inspire
de Timée (^); or, il est en désaccord avec Porphyre. En outre,
Timée rapportait que les Crotoniates avaient élevé un temple
aux Muses sur le conseil de Pytbagore (Jamblique, V. P., 50
et 264) ; il est donc peu vraisemblable qu'ils aient donné ce
nom à la rue où habitait le philosophe. Enfin, nous savons que
Métaponte se montra plus longtemps accueillante au Pytha-
gorisme (^) que Crotone, d'où il fut expulsé assez tôt et pour
longtemps, par des troubles politiques (Jamblique [Timée],
F. P., 254-264).
Revenons à la notice du début du § 15 : « Philolaos est le
seul qui dérogea à la règle du secret en publiant les trois livres
fameux que Platon demanda par lettre qu'on lui achetât La
(*) RoHDE, Kleine Schriften, II, p. 12-2.
Cf. GicÉRON, De lin., V, 2, et Valèhe-Maxime, VIII, 7, 2.
— m —
lettre en question, adressée à Dion, est mentionnée encore par
Diogène, III, 9, et VIII, 84.
Un texte plus complet de cette tradition figure dans Jam-
blique, F. P., 199, où Diels [Vors., P, p. 84, 12) reconnaît
par conjecture un extrait d'Aristoxène, On y apprend que Phi-
lolaos, grâce à sa parenté avec les QuQayopsw!., avait eu connais-
sance des trois livres pythagoriciens. Réduit à la plus grande
misère, il les aurait vendus à Dion, qui agissait pour le compte
de Platon. Les nuGayopeiot. ne désignent pas ici les Pythagori-
ciens, semble-t-il, mais les descendants de Pythagore, à moins
que l'auteur de la note ne se soit refusé à voir un pythago-
ricien en Philolaos. Une vieille légende, qui se rattache à une
tradition de la Lettre de Lysis, voulait que la famille de
Pythagore gardât, dans le plus grand secret, des ÛTropivTijjiaTa
de l'ancêtre (Jamblique, F. P., 146; Hercher, Epist. gr.,
p. 608). Ce sont ces livres, apparemment, que Philolaos aurait
vendus.
Ce qui donne du poids à la conjecture de Diels, c'est que la
citation d'Aristoxène, qui suit dans Diogène (eXsyov re xal ol
cf.Woi nuBayopeiot. {jlt, eivai 7zç>oç TiàvTaç TtâvTa èriTa, (p'/i<Tt.v 'A.), se
répète dans la notice de Jamblique : GaupiàÇsTaL 8k xal ri t7\<; «puXaxri;
ixpi^eia xtX. Satyrus,dans Diogène, III, 9, et Aulu-Gelle, 111,17,
reproduisent la même forme de la légende, tandis qu'Hermippe
varie, selon sa coutume, l'anecdote traditionnelle (Diogène,
YIII, 85) : Platon achète un livre de Philolaos à l'un des parents
de celui-ci. Une autre variante (anonyme dans Diogène, VIII, 85)
est plus légendaire encore : Platon intervient auprès de Denys
pour faire relâcher un disciple de Philolaos jeté en prison; en
récompense, il reçoit les livres pythagoriciens. ïzetzès, tout
en se tenant dans la tradition d'Hermippe, accentue le côté
romanesque de l'histoire {ChiL, X, 797 ss.) : le rôle de Platon
y est devenu plus odieux encore, puisqu'il fait acheter les livres
à des veuves tombées dans la misère.
L'étude des traditions et de la valeur de cette légende se com-
plique du fait qu'elle touche à plusieurs problèmes qui n'ont
pas encore été déliniti veinent résolus : la puhlicalioii et l'au-
thenticité des écrits de lMnlolaos(*) ; la légende du [)ythagoricien
ïimée, (pii n'est, senible-t-il, (pi'un double de celle de Pbilo-
laos; l'origine d'une des traditions de la Lettre de Lysis, etc.
— I.e second exti'ait d'Aristoxène (evOa xa- indi(jue un
second emprunt aux IIat.o£jT'.xoi Nôjjio'. (pii vienn(Mit d'être cités)
est une anecdote : comme quebpi'un demandait à Xénopbile
comment il donnerait à son fils la meilleure éducation, il
répondit : « si la ville qu'il habite est bien gouvernée ». Le sens
et l'intention de la réponse ne ressortent pas au premier coup
d'œil. C'est que, dans l'original, l'anecdote illustrait des consi-
dérations philosophiques, que Diogène a omises, sur les rapports
de la politique et de l'éducation. Mais on peut rapprocher, de
ce passage, des fragments des nuSayopt-xal ÀTuo-sâTsu où Aris-
toxène enseigne que le succès de l'éducation privée, morale et
religieuse, dépend de la fermeté de l'autorité politique (Stobée,
F/or., 43, 49; Jamblique, F. P., 175, 203, etc.).
C'est encore à Aristoxène qu'est emprunté le noyau de la
seconde notice du § 16, où on lit que les législateurs Zaleucus et
Charondas appartenaient à l'Ecole de Pythagore. Ce biographe
étendait d'ailleurs ces rapports à d'autres législateurs de la
Grande-Grèce (Jamblique, F. P., 130, 112 et 2G7) [^) :
Timarès de Locres (ou Timaratos), Phytios, Hélicaon, Théoclès
(variantes : Euthyclès et Théétète) et Aristocratès de Rhégium.
Un bon nombre d'autres auteurs, dont le plus ancien est
Posidonius (Sénèque, Ep., 90, 6), se font l'écho de la tradition
relative à Zaleucus et Charondas. Inutile de dire que, si les
rapports pythagoriciens des législateui's de Rhégium paraissent
vraisemblables, par contre, on se trouve en plein mystère quand
on aborde les personnages de Zaleucus et Charondas (^).
(^) Cf. là-dPssuF, BuRNET, L'Aurore de la Philos, grecque, pp. 320 et suiv.
(2) Le texte des §§ 129-130 se retrouve inchangée au § 249, qui est un extrait
«i'Aristoxène (la citation est au § 251).
(5) Cf. là-dessus, mon Essai sur la Politique pythagoricienne, pp. 28 177 et suiv.,
et 254.
— 186 —
6. 17-18. — Énoncé et explication des Symboles pytha-
goriciens.
Les symboles sont des formules de défenses visant des actions
qui concernent des objets ou des êtres doués d'une force
magique (Upâ) : ils rappellent, par maint côté, les tabous de
certains peuples sauvages. Appelés originellement dxoL»o-{ji.aTa
(révélations) et o-ujjiêoXa (signes de reconnaissance?), ils ont été
observés à la lettre dans les temps les plus anciens du Pythago-
risme. Plus tard, par la vertu d'une confusion à laquelle prêtait
le mot symbole et, concurremment, d'un progrès de la conscience
morale et religieuse, ils ont été expliqués symboliquement.
Deux auteurs du IV* siècle : Androcyde le Pythagoricien (Try-
phon, dans les R/iet. gr., III, 193) et Anaximandre le Jeune
(Suidas, s. v.), ont écrit des traités d'interprétation allégorique
des Symboles. Celui d'Anaximandre paraît n'avoir guère laissé
des traces que dans Suidas et Hippolyte, Adv. fiaer., VI, 27. La
fortune de l'autre ouvrage, au contraire, fut considérable (^)'.
Hoelk [De Acusmatis sive Symbolis PytU,, Kiel, 1894) rapporte
à Androcyde le plus grand nombre des textes qui présentent
une interprétation allégorique (^).
Bœhm (De Symbolis Pyth., Berlin, 1905), prenant ces pré-
ceptes dans leur sens le plus littéral, en a étudié les origines
en se servant de la méthode ethnologique bien connue. Les
coutumes des peuples sauvages, barbares ou moyenâgeux sont
invoquées pour expliquer ces survivances d'un état préhistorique
dans la mystique grecque du Vl"" siècle. Déjà Aristote avait tracé
la voie dans ce mode d'interprétation (Jamblique, V. P., 84-86).
Les croyances animistes sont l'alpha et l'oméga de cette hermé-
neutique. La méthode est un peu monotone et trop uniforme
pour être toujours vraie. Elle manque aussi de critique : il est
(1) Sur l'authenticilé de cel ouvrage, voyez les opinions contradictoires de Hoelk,
loc. cil., p. 44; de Cokssen, R/i. Mvs., 1912, pp. 244 et suiv., et de Freudentiial, .s. v.
Androeydes, dans Pauly-Wissowa.
(^) Voyez dans mes Études, p. 286, le siemma des diverses traditions.
— 187 —
évident (jiio, sons le nom d'otxoûaijLaTa ou a-ûfji^VAa, on a réuni des
abslinenees et des préceptes de nature (^t d'ori^iiKi très diverses,
qu'il ne sullit pas de classer selon leur ohjet (nourriture, rites,
instruments, etc.). l^e principe du tabou (|jL>i ... or» Upôv) me
parait être la raison d'être orii^inelle de la plu|)arl d'entre eux.
iMais il n'y a pas qu'une sorte de tabou. Divers essais de classi-
fication d'après les genres de tabous devraient servir d'étude
préliminaire à une nouvelle tentative d'exégèse.
Dans la tradition adoptée par Diogène, le texte de deux
symboles diffère notablement de celui des passages paral-
lèles.
1. cpopT'iov o-jyxaQaipeîv xolI [jlti (Ttjv£7zt.Tt.9£va',. Les autres auteurs
rapportent une formule contradictoire : cpoprîov (jltj (ruyxaôaipeîv,
cTuvsTc^TiQsvat 8e. L'erreur de Diogène est évidente, mais je m'en
tiens ici au principe conservateur que j'ai suivi partout ailleurs.
Il tant garder cette correction d'un esprit simple (Diogène ou
ses sources?), qui aura trouvé peu charitable la formule ordinaire
du précepte.
2. J'observe la même réserve à l'égard du symbole èxtg;
lewQÔpou ix-ri paoï^eiv, que les textes parallèles formulent ainsi :
Ta; XewcpôpoDç [jlti jSaôîÇsLv. L'origine de cette faute doit sans doute
être cherchée dans une confusion paléographique (sxto; serait
sorti de év-ôç), mais je la tiens pour antérieure au travail de
nos copistes.
La tradition des Symboles présente plusieurs méprises de ce
genre; à n'en pas douter, elles doivent être portées en compte
aux écrivains eux-mêmes. Ainsi Olympiodore (In P/iaed., p. :25)
a lu, dans le texte d'un autre symbole, y.r\ bixCkeïy (comme BP^
d'ailleurs), au tieu de |jl>i ôixlyeiy, puisqu'il écrit |jlti lilei. Dans
un autre passage, eu Up6v tient la place de sic, opicx. (ou ôpojç).
Autre exemple : un symbole défend de représenter sur les
anneaux une figure de dieu; Julien (Or., VIII, p. »]06) croit qu'il
est interdit d'y graver le nom d'une divinité. La variante pro-
vient d'une confusion : EIKONA = ONOMA. D'autres exemples
pourraient être cités.
— 188 —
7. ^^^^ 19-2J. — Régime calimentaire et habitudes de vie de
Pythagore.
Remarquons tout d'abord que toutes les particularités par
lesquelles Diogène caractérise le genre de vie de Pythagore sont
d'ordinaire appliquées, dans les sources, aux Pythagoriciens.
Aristote, Aristoxène, Timée dépeignent la vie pythagoricienne
de lenr temps : le compilateur rapporte l'établissement de ces
règles à Pythagore.
Diogène mentionne l'abstinence du rouget (epuQivoç ou spuOpivo?) ,
de l'oblade ({j.eXàvoL»po;), des fèves et du cœur des animaux. Il
ajoute, d'après Aristote, le mullet de mer (Tpiylr,) et la matrice.
On pourrait préjuger, de la forme de la citation, que la seconde
notice seule provient d'Aristote. Mais l'étude des sources montre
que la première aussi dérive du même auteur, probablement par
une voie indirecte. D'après Diogène, VIII, 34, et Plutarque
(dans Aulu-Gelle, IV, H) (*), Aristote rapportait aux Pythago-
riciens l'interdiction de manger des fèves, le cœur des animaux
et certains poissons qualifiés Upoi, tels que le mullet, l'ortie de
mer (àxaXrioTi) et d'autres encore, dont les noms sont omis. Or,
dans un passage de Jamblique manifestement inspiré des mêmes
sources, V. P., 109 (cf. Élien, V. H., IV, 17 et II, Aulu-
Gelle, /. c. ; Diogène, VIII, 34), les abstinences du rouget et de
l'oblade sont attribuées au même scrupule religieux {-y^^ovitov ecttI
5£wv). La notice de Porphyre, F. P., 45, dérive aussi d'Aristote.
Aristoxène convenait (Jamblique, V. P., 98) que les Pytha-
goriciens, ses amis, admettaient rarement des poissons sur leur
table; mais, selon sa coutume, il néglige la signification
religieuse de cette abstinence pour l'attribuer à des raisons
d'hygiène. Sur la question des fèves, son opinion est plus
étrange encore et en contradiction avec le reste de la tradition.
11 soutenait, en effet, que c'était l'un des légumes préférés de
Pythagore (Aulu-Gelle, IV, 11). L'origine de ces divergences
(1) Cf. encore Qii. conv., II, 3, i ; IV, 5, % et VIII, 8.
— 181) —
doit ôtro clKMcliéc dans la divcrsilc des règles des noinhreiiscîs
sectes pythagoriciennes (|iii existaient au V" et au IV" siècle.
Ces restrictions du l'égiuie alimentaire étaient ex|)li(juées
allégoriquenient par certains auteurs : |)our le coMir, voii' dans
les symboles du 18; pour les fèves, Ps-IMutar<[ue, h^d. puer.,
17; Ilippolyte, Adv. Iiaer., YI, 27, etc.; pour le rouget, Jaiu-
blique, i'rotrcpL, 21; pour l'oblade, Androcyde dans Tryphon
[Hh. gr., 111, 193); Ps-Plut., /. c; Janiblique, /. c; pour les
poissons d'une fa(;on générale, Plutar(pie, Qu. conv., VIll, 8;
Athénée, VII, 308 C; Eustathe, hi Odijss., jjl, p. 1720, 31.
Les abstinences avaient donc été enveloppées dans le système
général d'interprétation allégorique des otxoLxrfjLaTa. Il est clair
cependant qu'elles furent primitivement observées à la lettre,
comme des tabous alimentaires.
Le reste du chapitre 19 et ^^20), composé de notes détachées
et assez disparates (régime, costume, habitudes, pratiques reli-
gieuses), est un remaniement de la description qu'Aristoxène
avait laissée de la vie pythagorique. Comme c'est l'habitude dans
les compilations, la source ne se trouve citée qu'à la fin de
l'exposé, à propos d'un détail; l'origine des autres notices
resterait mystérieuse, si les passages parallèles ne fournissaient
la matière de comparaisons instructives. Un second procédé,
dont nous avons déjà signalé l'emploi ci-dessus, consiste à
rapporter à Pythagore ce qui, dans le texte originel, était
donné comme une pratique des Pythagoriciens. Enfin, une
nouvelle particularité des méthodes du compilateur est qu'il
remanie le texte qu'il copie, en adoptant, sur différents points,
des opinions diamétralement opposées à celle de sa source, sans
signaler la contradiction. Ce travail de démarquage est un
échantillon remarquable de la manière de Diogène et il carac-
térise, en général, l'érudition de l'époque alexandrine et
impériale. Aussi ce chapitre mérite-t-il une étude détaillée.
1. 'EvLOTE 8' aÙTÔv dpxsCdÔa!. [JLeXiTi. |jt.6v({> (fOLori t[.v£ç Ti yi'ripiiô 'r\ àpT(j),
oLvou ô£ jjisÔ' 7][jL£pav [JLT, yeusTGai. Comparez Jamblique, V. P., 97
(Aristoxène) : àpio-Tw ùï ïy^dyzo apT({) xal Y-ikiTi \ XYip{(f), oTvou 8k
— 190 —
(jLeG' rjuspav où {jLeTsiyov. Le terme vague £vlot£ a remplacé
l'expression précise âpia-w des sources. Diogène, en outre,
laisse croire que Pythagore mangeait tantôt du pain, tantôt
du miel seul. Aristoxène réunit ces deux aliments (cf. encore
Athénée, II, p. 47 A). Porphyre, F. P., 34, commet la même
erreur que Diogène.
(TTiaviwç correspond à Aristoxène, ibid., 98 : ^pyjaBa'. Bk oeinyi^
xolI olvo) xal (i-âÇr, xal apTG) xal o^i^ xal Àayàvot.ç ecpGorç te xal Wfjiorç*
TTapaTÎOea-Ga'. os xpea Çtôwv .S'jo-tlawv Ups'icov* twv 5e OaXaa-aLwv ot|>a)v
(TTiavîojç ypTicrOai. Cf. Porphyre, V. P., 3i, qui ne parle pas des
poissons. Dans Diogène, la mention de la viande (oc{>ov et xpéaTa)
a été omise à dessein parce que le compilateur admet l'abstinence
complète, comme on le verra plus loin.
3. cTToXri ôk aÙTÔ) Xeuxri , xaGapà = ld., ibid., 100 et 149.
4. xal !7Tpw[i.aTa Aeuxà éH spûov' xà yàp Xt,và outtw e^ç exe'Ivo'jç
dt^ixTO TOJç tÔkOUc;. Cf. Id., ibid., 100 (et 149) : sivat. Be xà 0-Tpw-
[jtaTa lu-aTLa ).'.và* xo^Swt.; yàp ou ypr^i^oci. Ici, le compilateur a
rejeté, pour des raisons archéologiques, la tradition d'Aristoxène,
admise par Apulée, ApoL, 56, et Philostrate, Vit. ApoL., I, 32, 2
(cf. Hérodote, II, 81, pour les usages funéraires).
5. OlioE TtWTIOTE lyVCOO-G'/^ OUTE ÔLa^WpWV oÙtE acppo8!,a-LàÇu)V OUTE
(jieOuctGe'Iç. Cette note manque dans nos fragments d'Aristoxène,
mais elle est bien dans le goût des lluGayopixal 'A7uocpàa-et.ç. Les
parallèles doivent être cherchés ailleurs : Diodore, X, 5, 2;
Clément, Strom., III, 24; Jérôme, Adv, Jovin., II, 14 et 38.
Les deux premiers traits sont destinés, à mon avis, à distinguer
l'idéal purement pythagoricien des amis d'Aristoxène, des cou-
tumes relâchées de certains pythagoriciens cyniques.
6. â7r£'//£T0 xarayéXwTOç xal Tcâo-riç âp£a-x£'!aç xtX. = AristOxène,
dans Jamhlique, V. P., 171 : otjc7cpTijji''aç Se TtâcrYic; xa9apEL>£!.v tyÏç
TE o-yET^iao-TUTif; xal TTjç {j.a^L|JLOU xal tt,? 'koihop'r\'zixî]ç xal Triç
CpOpTLXTÎç.
7. <5py!.Cop.Evoç TE OUTE oixÉT'riv Ixo^a^Ev OUTE fkeù^Bpov ouSéva
= Aristoxène, ibid., 197 : XÉysTaL . . . wç oùte ouetyiv ExôXao-Ev
— —
Dio^ène a omis un mot intéressant : évouOexTiie, (jiii devait être
dans ses sources, car il passe aussitôt à cette notion.
8. sxâXet. 0£ tÔ vo'jOeTELv TreXapyàv.
Toute la tradition manuscrite, y compris lit ici -eAapyàv
(ueXâpyav V^}. Les seuls passages parallèles sont Suidas, s. v.
TieXapyàv, et Jamblique, V. P., 101, 231 et 197 (Aristoxène), où
on lit, respectivement : TuaLSapTadei;, TieoapTâa-ei; (le substantif),
et TratoapTàv. Scaliger conjecturait îrawapTÙae^ç. Hemsterhuis,
Schàfer, Cobet et Nauck rétablissent -eoapràv et TrsoapTâcrc'.;.
Schafer y reconnaissait une forme dorienne : Tieo (= [jlet) — âpxâv,
et expliquait par (jieGapjjLÔÇeiv.
L'explication donnée par Jamblique, V. P., 197, n'est pas
très claire : « Aucun Pythagoricien... ne réprimanda jamais une
personne de condition libre quand il était en colère; mais il
attendait (àvsjjLsvsv) le retour de la raison. Ils donnaient au
fait de réprimander le nom de Tratôapxàv, car ils pratiquaient
l'attente (dvafjiovTi), en gardant le silence et le calme ».
L'explication vise moins à caractériser la façon dont l'admo-
nestation était faite qu'à montrer l'attitude du maître pendant la
réprimande, comme si Tca!.5apTàv (ou TceSapTav) s'appliquait, non
à l'action même de réprimander, mais à l'effort que le supérieur
devait faire sur lui-même pour se mettre en état de corriger son
élève. Par conséquent, s'il fallait lire TzsoapTâv et considérer le
mot comme l'équivalent de {jieGapiJLÔÇe'.v (= arranger d'une autre
manière : le passif de âprav a, dans Hérodote au moins, le sens
de dpTLiea-Ga'.) , le mot signifierait, d'après le texte de Jamblique,
non pas changer le sentiment de l'enfant (qui a commis une
faute), mais changer son propre état d'âme avant de répri-
mander. Dans ce cas, on peut s'étonner que le verbe ne soit pas
employé à la voix moyenne.
11 n'est pas facile de déterminer avec certitude quelle leçon il
faut adopter dans le texte de Diogène. Il me paraît plus prudent
de conserver la tradition unanime des manuscrits. N'est-il pas
vraisemblable qu'un auteur aussi peu averti que lui a lu et écrit
— 19-2 —
IlEAAPrAN? Il serait d'ailleurs bien excusable, puisqu'il s'agit,
en l'espèce, d'un ocTiai, sur l'orthographe duquel il était difficile
de se renseigner.
hioL Twv EfjLTTjpwv, E^w T7)<; ô!.à Xi^ôlvo'j . Lc scul tcxtc parallèle que
nous puissions tirer de Jamblique provient, lui aussi, d'un
remaniement (cf. la mention des classes de la Société, au § 150) :
149 : Tipoo-er^s 0£ xal cp-/i|JLaL<; xal jjLavTstlat.; xal xXyiôoo-'.v xal ôXwç Tiàa-s.
To^ç aÙTO[JiàTO',ç ; 150 : eTcsGuE 0£ B^olc, Xiêavov. Cf. 98 : yivso-Ga!.
(7~ovôâç T£ xal ^uo-îaç 5uri[JLâTwv te xal ÀtêavwTO'j, et Porphyre,
F. P., 36.
La note signifie que Pythagore ne pratiquait pas la divination
par l'examen des entrailles des victimes; évidemment parce que,
selon l'auteur, il ne sacrifiait pas d'animaux. Aëtius, V, J , 3
([jLÔvov TQ .S^'jTuov o'jx £yxp'!v£'. i cf. Ps-Galicn, Hîst. pliiL, 30,
où oux àv7]p£t. provient d'une confusion), partage cet avis.
Hippolyte, Adv, haer., I, 25, 2, et Jamblique, F. P., 93
et 147, connaissent une méthode de divination par les nom-
bres dont on a retrouvé des exemples dans les manuscrits
magiques (^).
10. .^'jrriai^ t£ ï-j[or{zo à^ùyoïc,' ol §£ cpaa-'.v ot'. àXsxTopa-!. jjiôvov xal
Ipicpot.; xal yaAa9-r[Vorç toîT; X£YO|ji£vot.ç à7:a)aa'.ç, T|Xt.a--a ok àpvàa-!,v.
Voici ce que le texte d'Aristoxène offrait au compilateur, d'après
la citation qui suit ([jlovov 8'dTr£'^£a-9a!. pooç âpOTTjpoç xal xpiou) et
d'après Athénée, X, 418 E; Jamblique, V. P., 98, et Aulu-
Gelle, lY, il : Pythagore permettait de manger toute espèce
d'animaux, sauf le bœuf laboureur et le bélier; quant à lui, il
avait une préférence marquée pour les porcelets et les chevreaux.
Selon Porphyre, F. P., 36, il sacrifiait quelquefois des poulets et
des porcelets. D'après le remaniement de Jamblique, F. P., 150,
il permettait aux disciples de rang inférieur de sacrifier un coq,
(^) Tanneiiy, Notices et Extraits, XXXI, 2 (1886), pp. 248 et suiv. ; Desrousseaux,
Mélanges d' Archéologie et d'Histoire (Éc. fr. de Rome, VI [1886], pp. 534 et suiv.);
Catalogus God. Astrol. gr., VII, p. 21, etc.
un a^'iK'aii ou (|U('I(|U(' autre jeune' animal, point de ïnvuï. On
voit (|ue le compilateur a adopté un point de vue entièrement
opposé à l'opinion de sa source. II en a l'ait une variante
anonyme, sans en respecter d'ailleurs la teneur : fjLÔvov remplace
Ta t.oHôl; r/j.a'oL est en contradiction avec Jaml)li([ue, V. /\, 150,
mais il est d accord avec i-è/zcihai xp'.ou. Il se pourrait, d'ailleurs,
que l'auteur de Jamhlique y ait mis du sien.
Le remaniement parail être l'œuvre d'un comjiilateur qui
corrigeait Aristoxène par Timée. J'ai montré plus haut que
les Pytliai;oriciens de ïimée rejetaient les sacrifices sanglants
(cf. encore Plutarque, iSuma, VIII, 10 ; Jamblique, V, /^,
25, 54, 108; Épiphane, Adv. Iiaer., I, 1) et l'alimentation
carnée et interdisaient l'usage du vin (Jamblique [Apollonius),
V. P., 13 et 69). Je ne connais pas l'origine de la note qui
concerne l'emploi de la laine : elle est en contradiction consciente
avec le reste de la tradition.
Timée paraît avoir été l'un des rares auteurs du IV^ siècle qui
n'aient pas admis que les Pythagoriciens tuaient des animaux,
soit pour les sacrifices, soit pour l'alimentation. Eudoxe (Por-
phyre, V. P., 7) et Onésicrite (Strabon, XV, 716) ainsi que les
poètes de la comédie moyenne (cf. infra, g§ 36-38) suivent,
il est vrai, une tradition analogue; mais ïimée est le seul
biographe érudit chez qui cette doctrine soit systématiquement
exposée. Tel n'est pas l'avis d'Aristote (Jamblique, V. P., 85),
selon qui les Pythagoriciens sacrifiaient et mangeaient des
animaux en qui n'entrait pas l'àme humaine, au cours de ses
transmigrations ; ni d'Aristoxène [ibid., 98, cf. Porphyre,
De abst.. II, 28; Photius, Cod. 249, p. 438 B), d'après qui
les Pythagoriciens ne touchaient qu'aux chairs des victimes des
sacrifices; ni d'Héraclide Pontique (Porphyre, De abst., I, 26),
qui attribuait à Pythagore l'introduction de l'usage de la viande
dans les gymnases. Dans ces opinions si variées, nous perce-
vons comme un écho des querelles des sectes pythagoriciennes
du IV"* siècle.
Tome XVII. — Lettres.
13
— 194 —
§ 21. — Citation d'Hiéronyme de Rhodes : Pythagore étant
descendu aux Enfers, y a vu les tourments infligés aux âmes
d'Hésiode et d'Homère, en punition des fables immorales qu'ils
avaient débitées sur les dieux; il a assisté aussi au châtiment
des hommes qui s'étaient dérobés pendant leur vie au devoir
conjui^al. Le biographe ajoute naïvement que les femmes de
Grotone, au récit de cette aventure, comblèrent d'honneurs
Pythagore.
C'est là la plus ancienne mention de la légende d'une descente
aux Enfers de Pythagore; le poète comique Aristophon, qui est
à peu près contemporain d'Hiéronyme, y fait aussi allusion
(infra, § 38) et, un peu plus tard, Hermippe [infra, § 41)
explique la croyance à ce miracle par une supercherie.
La description des récompenses et des châtiments de l'autre
vie est un thème que les prédicateurs ont, de tout temps, aimé
à développer. Les deux doctrines que Pythagore rapporte des
Enfers, dans le récit d'Hiéronyme, trouvent un parallèle dans le
reste de la tradition : Jamblique, V. P., 48 (cf. 50), 132 et
218; mais, ici, la mise en scène est différente.
Diogène rapporte ensuite l'étymologie qu'Aristippe donnait
du nom de Pythagore : 6tl rr^y aXT^Se^av Tjyopsusv oùy^ iiTTov ToG
Uo^io'j. Jamblique, V. P., 7 (Apollonius), l'explique d'une
façon différente : 6zi apa ut.o toû U'j^iou TiporiyopeuGir) auTw (se. Tw
TiaTp'l). Toutefois, les deux étymologies ont ceci de commun
qu'elles établissent un rapport entre le nom de Pythagore et le
culte d'Apollon Pythien, comme certains récits merveilleux de
la Tradition de l'École [supra, p. 170).
L'Étymol. magnum (cod. Vindob.), s. v. lluGayopa;, propose
une autre étymologie encore : uapà t6 — xo spwxw — xa-.
To avopw — To Xéyii). spwTWjjLSvoç yàp |j.ôvov, eXeysv. Elle présente
Pythagore dans le rôle d'un oracle.
8. Dans les §§ 22-24, l'auteur a rassemblé des préceptes
pythagoriciens de nature fort différente. Par la disparate des
notices, le décousu des idées, l'asyndète des phrases, le morceau
rappclh' ass(v. les lî)-:2(). Le liavail de rtMlactioii y a diit
ivduil au iniiiinunn, ce en rend la compiTlionsioii malaisée.
I^e texte (lél>iile par Ar-sTa'. -apcvvjàv et, comme toutes l(;s
pro[)ositions (|ui suivent lesteut ii l'iiifinitiC, on peut en déduire
(pi'elles ont une commune orii;ine. Il semhle (pie Dio^ène, ou
l'un de ses auteurs, apiès îivoir dé|)ouillé l'mie ou l'autre de
ses sources, a jeté ses notes dans ce casier, sans prendi'e la
peine de les répartir, selon leur sujet, dans les diverses sections
de la biographie. I^eut-on retrouver le nom de l'auteur ou des
auteurs dont les ouvrai^es ont fourni la matière de cette étrange
moisson?
Rohde, après avoir relevé d'abord (/?//. Mus., IS72,
p. -8) (^) des traces des Histoires de Timée, y reconnaît, dans
une étude postérieure {Gr. Roman, p. n. un extrait
(l'Aristote. iVlais cette liApothèse ne résiste pas à l'examen :
plusieurs notices, comme Tinterdiction des sacrifices sanglants
(cf. Jamblique, V. P., 85), ne peuvent provenir d'Aristote; une
autre présente un commentaire de l'abstinence des fèves qui est
tout différent de celui d'Aristote (m/m, § 34).
Selon Diels {Arcliiv, III, p. 470), Diogène aurait réuni ici
des notes extraites du r.aiùeuzixôv , l'apocryphe cité au g {), Il
fait valoir des concordances avec les fragments d'Aristoxène, la
source habituelle du faussaire, et relève, dans la langue, des
traces de dialecte ionien (aiivecrSa',, b6onzopiri<;) . Mais on peut
objecter que deux notes de la collection, o-cpayia 5£orç TtpoTcpsoc'.v
xo))jj£t.v et x!jà|jiwv oLTzéysG^oLi, ne proviennent pas d'Aristoxène
(cf. Aulu-Gelle, IV, 11). En outre, la présence d'un fragment
poétique (t:?, Trapiêriv xt)..) dans un ouvrage en prose tel que le
7raLB£L»Tf.x6v serait difficile à expliquer.
Conformément à son principe, qui consiste à rapporter à
Androcyde tout vestige de dialecte ionien (cf. supra, pp. 167
et 181), Corssen [Rli. Mus., 1912, pp. 255 et suiv.) suppose ici
(1) Kleine Schriften, II, pp. 133 et suiv.
— 196 —
un nouvel extrait du -soi ajtjLêôXwv ; mais il accorde que c'est là
une pure hypothèse.
En face de ces divergences d'opinion, il me paraît nécessaire
de passer en revue les notices pour étudier le sens, les parallèles
et l'origine de chacune d'elles.
1. Pylhagore recommande à ses disciples de réciter ce vers,
tous les jours, en rentrant chez eux : tt-?, Trapsgyiv; -zi o spe^a;
zi ;jLO'. osov ojx sTe/io-Gri; Cette note est relative à l'examen de
conscience auquel les Pythagoriciens se livraient chaque jour.
Selon Timée (Jamblique, V. P., :256), non seulement ils pra-
tiquaient cet exercice au soir, mais chaque matin encore ils
procédaient à un autre examen où ils traçaient le plan des
occupations de la journée. Cette remarque permet de rapporter
encore à ïimée quatre autres vers que cite Porphyre, V. P., 40,
et qui complètent la notice. J'ai montré ailleurs (^) qu'il faut
les rattacher à 1' 'lepôç Aoyoç.
^-3. <7z^7.yiy. T£ .^eoïc, TipoGrcpépsLv xwAu£r.v et son complément (Jiôvov
o£ Tov âva'ijjiaxTov jjwfxov upocrxuvsrv dérivent, comme nous l'avons
vu (pp. 475 et suiv.), du même auteur. La première note est
empruntée à un discours que Pythagore prononça à son arrivée
à Crotone (Jamblique, F. P., 54).
4-7. C'est de la même série de discours que sont extraits les
préceptes suivants : |JLTiok o^vOvai Beoùç . . . zoùç te Trpsa-êuTspouç
Ti.p.àv oe^v . . . .Seoùç {jiev oat.p.ovwv TipoTi^j-àv . . . dXkrîkoiç Te oiJuXe^v . . . ,
avec les commentaires qui les accompagnent (Jamblique, F. P.,
47, 37, 40). Les parallèles tirés d'autres auteurs ne manquent
pas, mais des concordances textuelles en rendent certaine l'attri-
bution à Timée.
8. iBwv T£ fjLYiôkv TiveraBat. : déjà rapporté à Timée, au § 10.
9-10. vô|JL(î) ^O'rfie^y, avofjitia 7ro)s£[jt.erv et cpuTÔv rj[J.£p6v ixr\Te cp9f!v£t.v
jjLYiT£ o-LV£o-8a'. xTÀ. Ccs dcux préccptcs font partie des recomman-
dations adressées tous les soirs à la société par le membre le
(*j Études sur la Littérature pythagoricienne, p. 9.
iî)7 -
plus à^c. J'y ai locomm, dans une aulie cliidc ('), (I(îs tbruiule.s
stéréotypées (Janil)lique, V. I\, \)\), 175, Porphyre, F. /*.,
f{8 et »}9), issues de l' iepô; Adyo; : de là le mol Tive-rOa'..
(TXijOp(f)7:â^£!.v. — cp£'jyÊt.v Tapxwv TcÀsovaTuôv. - ooo'.uop'/z'jÇ avcT'.v xa'.
ÈTTLTadLv TroLEr^Ga'.. Daiis uii exU'ait d'Aristoxène (Jainblique, V. /\,
196), on peut signaler des concordances avec les deux premiers
préceptes. Quant au troisième, il est isolé dans la tradition. La
même antithèse des mots ce tension » et « relâchement » reparaît
dans Jamblique, 1. P., :22i, appli(|uée à l'action de la nmsique
sur les passions.
14-15. |jivri[jLT,v à(7X£rv = Aristoxène dans Jamblique, V. P.,
164-165; Timée, ibid., 256. — iv opy/j [jl/ite t'. AEyE'.v (xvs
-pao-TELv : cf. supra, ^ 20 (Aristoxène) .
16. pLavT'.xTiv Tzàdav T'.jjiàv est en contradiction avec la note du
20; aussi a-t-on voulu ajouter <où> devant -^ào-av. C'est sans
doute une erreur de transcription de Diogène, qui a résumé par
le mot Tiàcrav diverses espèces de mantique, sans songer qu'il y
englobait la divination extispiciale.
17. ùyrjcdq, ypTicrSa'. Trpôç Xûpav xta. = Aristoxènc dans Jamblique,
V, P., 111-112, 119 (remaniement); Porphyre, F. P., 38.
18. Interdiction de manger des fèves. Deux raisons sont invo-
quées. La première est d'ordre religieux : o(.à tô... ^àXi^-za pLETÉyc'.v
Toù (L'j'/'.xoG; l'autre, d'ordre plutôt médical : cette alimentation
trouble les fonctions digestives et procure des songes agités.
La première est expliquée par un vers de 1' Ispôç Aoyoç souvent
cité : '>6v TOI xtjàp.ou; TE cpayELv xecpaXàç te '■:oy.r\b)y (^). La secOnde
est reproduite par une foule d'auteurs dont les textes n'apportent
pas d'élément nouveau. La juxtaposition de ces deux sortes
d'interprétation, religieuse et rationaliste, rappelle le commen-
taire sur l'abstinence de viande (§ 13). Dans le chapitre XXIV
de Jamblique (106-109), où les notices de Timée sont com-
(1) Études, p. 13.
(2) Études, pp. 23, 36 et suiv.
— 198 -
binées avec celles d'Aristote, les mêmes raisons sont invoquées
pour expliquer la répulsion ou la préférence de Pythagore
pour telle ou telle nourriture. Serait-il trop hardi de conjecturer
dans le texte de Diogène, qui ne peut être rapporté ni à Aris-
toxène ni à Aristote, un emprunt à ïimée?
Résumons les conclusions de notre étude comparative. Ce
chapitre est forn>é de notes de lecture prises par moitié à Aris-
toxène, par moitié à Timée, rédigées à la hâte et rassemblées
sans ordre. Un certain nombre proviennent indirectement de
r 'lepô; Aoyo;.
9. Les 25 à 33 sont formés par un exposé de doctrines
pythagoriciennes qu'Alexandre Polyhistor a empruntées à des
lljdayop'.xà •j-o|j.vT,aaTa. Ces extraits, qu'on attribue générale-
ment, depuis Zeller, au néo-pythagorisme, n'ont jamais été
étudiés, malgré leur importance capitale pour l'histoire philoso-
phique (^). J'ai l'intention d'éclaircir tout d'abord un texte qui
présente de nombreuses difficultés d'interprétation; ensuite de
montrer par des rapprochements tirés de la littérature pré-
socratique et spécialement pythagoricienne, l'ancienneté des
problèmes qui sont discutés ici et le caractère pythagoricien de
la plupart des doctrines qui y sont exposées.
1. Doctrine des nombres.
Nos auteurs semblent ramener tout à la monade primitive;
mais ils ajoutent que la dyade formée de la monade doit être
tenue pour une seconde dp^/r^ : la première est considérée comme
la cause agissante, l'autre comme la matière. I^a même doctrine
est exposée à peu près dans les mêmes termes par Aëtius, 1,3,8:
(Diels, \ ors., p. 349, 23) : nâliy ok t->iV jjiovâSa xal Tr\y âop!.a-TOV
{^) Je n'ai eu connaissance de l'article de Wellmanm : Eine Pijtkagoreische Urkunde
des IV Jahrh. v. Chr. (Hernies, 4919, pp. 225-248). qu'après la rédaction de ces
pages. Ce critique revendi(|ue les extraits d'Alexandre pour un document authen-
tiquement pytlia£,'oricien : il cherche à prouver qu'ils sont tirés de l'œuvre d'un
disciple de l»hilolaos, qui serait, peut-être bien, Xénoi>hile. On pourra se rendre
compte que mon étude ne fait pas double emploi avec l'article, si instructif par
certains côtés, de VVellmann.
û'jâoa iv Taï; àpyaC^ * ^-rzeùoei aÙTo) (T(j> lluGayopa) tcov àpy(ôv r, jjisv
£711 TÔ TTO'.riT'.xÔv aiTlOV Xal e'.0!.XÔv OTCEp éo-T'. VoOç "^J OeÔç, r, 0£ £71'. TÔ
uaOriTixôv T£ xal OA'.xÔv, OTiEp èttIv ô ôpaTÔç xÔtjjlo;.
Certains Pythagoriciens n'adniellenl (ju'iin principe (la mo-
nade), d'aulres, deux [)rincipes (la monade el la dyade indéter-
minée). Selon les apparences, ces deux théories se sont accom-
modées et fondues dans le texte de Diogène. Voici l'explication
de ces divergences d'opinion, selon Eudore, dans Simplicius,
hl P/llJS., 39 a, p. 181, 10 : xaTà tÔv àvwTâTw AÔvov cpaTÉov toj;
Il'jBavopwoùç TÔ £v âpyT,v twv TcâvTwv XkyEiv, xaTa ok tov 0£'JT£pov AÔyov
oûo àpyàç Twv oItlOTE Ào'j [jl £v tov £'!va'., to te iv xal tTjV EvavT'iav
toÙtw oûfjiv . . . (0(7T£ (bç (JL£v àpyT, tÔ £v, (bç ok iTov/^^oL tÔ £v xal 'r\
àôp'-o-Toç O'jàç àpyal, àijLcpw £v ô'vTa -âA!,v, xal or^Ao^^ ozi aAAo (jlev £tt'.v
£v 7] àpyr, Twv TiâvTwv, aAXo ôk £V tÔ tt, ouâo', ocvt'.xeIjjlevov, ô xal |j.ovâoa
xaXoO(T',v.
Certains Pythagoriciens, visés par Théophraste, Met., 33
[Vors., F, p. 349, 14), avaient établi une opposition entre la
monade et la dyade indéterminée : xaGa-Ep àvTlGEalv Tiva t.o\o~j^^.v
TTjÇ àoplcTTO'j ôuâooç xal ToO £vôç, £V r, xal tÔ a7ï£!.pov xal tÔ aTaxTOv xal
Tiào-a (b; ziTztly àuioocsla xa9' a'jTT.v. La même distinction entre la
monade, cause agissante et divine, et la dyade indéterminée,
principe matériel, reparaît dans les traités d'Arithmologie :
Nicomaque (Photius, Cod. 187, p. 143 A), Anatolius, Trepl
OExâoo; (éd. Heiherg, pp. 5 et (j), ïhéol. Arithm., pp. 4 et 7.
La source commune de ces textes date au moins du IV*" siècle.
Cette doctrine est exposée encore avec clarté par plusieurs
doxographes : Modératus dans Porphyre, V . P., 49 s.; Antonius
Diogène, ibid., 38; Épiphane, Adv. haer., III, 2, 9; Ps-Justin,
Coll., 19; Ps-Galien, Hist. phil., 35, :2ol ; Irénée, Adv. haer,,
II, 14, (3; Ps-Plutarque, Vit. Hom., 145; Jamblique, hi Nie.
arithm., p. 74; Proclus, In Remp., I, p. 97, K.
Les termes employés par Hippolyte, Adv. haer., VI, :23,
pour caractériser ces deux principes sont particulièrement aptes
à éclaircir le texte de Diogène : IljQayôpaç toIvjv apyriv twv ôXwv
àyÉvvTiTOv âTTEcpYjvaTO T7JV jjiovàSa, y£vvirjTY)v ?£ TT^v ouàoa xal TrâvTaç
- 200 -
TO'j<; aXXo'jç àp'.ôuLO'Jç. xat. zr^ç pikv O'jâooç uaTepa cp-ri^-lv e'Ivat. tt^v aovàoa.
D'après Nuinéniiis (dans Chalcidius, In Tim., 193), la doc-
trine qui fait éciore la dyade de la monade est celle d'une partie
seulement des Pythagoriciens. Sextus Empiricus, qui développe
longuement (Âdv. math., X, i>49-:284, cl'. Ihjrrii., III, 152-157)
la doctrine résumée par Alexandre Polyhistor, distingue nette-
ment cette théorie des deux àp/at, de celle qui n'admet qu'un
principe, le point, dont sortent tous les éléments géométriques :
(281) T!.v£!; o' d-6 Évôç (j'r['^eiou t6 o-wjjià cpao-i o-uvio-Tao-Gai * toutI yàp
tÔ 'JTiixc^ov p'jkv ypajjijjLYiV â7tOT£A£LV, TTiV 0£ ypap-uLT^v p'j£L'7av êtï^tieSov
7ro!.£rv, TO'JTo o£ £'!; ^âSoç xt.v/^9£v TÔ <7Îùij OL ysvvàv Tp!.^'rj ôLacjTaTÔv.
(282) o'.acpÉps'. 0£ r, TOLauT'^ twv n*j9ayop',xwv o-TaTt-ç tt;; to'Îv -pOTÉpwv
(ceux dont les doctrines ont été rapportées précédemment [261-
280 J) * £X£rvot. !j.£v yàp £X BuoLv àpy^wv, tt,ç T£ uiovâoo; xal Tr|Ç àopîo-Tou
o'jâoo;, £7coîo'Jv to'Ji; àp!.9[xouç, eit' £x twv dpt.Bp.à)v Ta a"/)[j.£ra xal Taç
ypa;jL;j.àç Ta T£ è-r.iTzeoa (Tyri^aza. xal Ta a-T£p£à * ouTOt. ok aTio kvô;;
7Ti!jL£'>yj Ta -âvTa T£XTalvo'jç7!.v xta. Les auteurs d'Alexandre déve-
loppent donc le point de vue de l'une de ces o-Tao-fi^. L'Anonyme
de Photius {Cod. 2i9, p. 439 A.) expose successivement les
deux systèmes, sans faire ressortir leur opposition. Ajoutons
encore que les Pythagoriciens cités par Aristote, Met., Z, 2,
p. 1028 b 16 et N, 3, p. 1090 h 5 (Fon;., P, p. 351, 23 et 27),
paraissent avoir défendu la seconde de ces théories : ùoxel U -zkji
Ta TO'J a-w[JiaTOi; TikpaTa, owv £7r',cpàv£t.a xal ypa{jL[JiT) xal a-TiyfJiT, xal
aovâ;, c'iva'. où'j'.ai, xal jjiàXXov y\ to a"wp.a xal t6 (7T£p£Ôv, et : bItI
0£ T!.v£; o'i £x TO'J rÀ^crcoL eivoL', xal so-y^aTa Triv a-T'.yjJiTiv [j.kv ypa|i.tj.T,ç,
Ta'jTT,v o' £7r'-7r£00'j, TOÛTO ok Toù a-T£p£où, oloyzoL'. £t!va'. âvàyxT.v TOt.auTa;
'^'jT£i; c^/'a'..
2. Les formes géométriques.
Diogène continue en exposant la formation des corps géomé-
(^) Hippolyle appuie cette doctrine d'une comparaison avec les théories de
Zaratas (Zoroastre), le maître de Pyîhagnre : c'est un emprunt au irep't cpuaew:;
(pylhaij^oricien) attrihué au mage. Cf. ci-dessus, p. 161.
-201 —
Iriqiies, (jiii consliliuMit rarmnluio des coij^s sensibles el (i(îs
éléiiieiils. La ronnatioii des solides au moyen des surfaces,
de celles-ci au uioyen des lignes, des lignes |)ar les ()()iiils esl une
théorie IVéqiuMnnient développée dans la géométrie aMci(înne
et dans l'arillunologie et la philosophie pylhai^oriciennes.
Déjà elle esl atliibuée aux Pythagoriciens cités par Speusippe,
(Théol. arilhm., p. 0^). Elle se confond sensiblement avec celle
de la seconde rr^y-^iç pythagoricienne distinguée par Sextus (^) :
le point de départ seul est différent. Dans la plu[)art de ces
extraits, les premiers nombres sont dits correspondre aux
éléments géométriques (1 est le point, 2, la ligne, 3, la sui face,
i, le solide) ; ceux-ci sortent les uns des autres à la façon des
|)remiers nombres. La formule employée par Diogène n'est pas
très claire : èx twv àp'fifjLOJv Ta ^tt^ixzïol, « des nombres sortent les
points ». Le singulier (« du nombre 1 se forme le point ») eût été
j)lus exact et eût mieux concordé avec les exposés des autres
doxographes. Il faut expliquer, sans doute, cette divergence par
l'habitude, propre à l'arithmétique pythagoricienne, de repré-
senter les chiffres par des points disposés en constructions géo-
métriques. La même méthode rend compte de la doctrine qui
fait dériver les éléments géométriques des premiers nombres :
les unités du nombre trois sont disposées en triangle, le nombre
quatre représente les quatre angles de la pyramide triangulaire,
le plus simple des solides.
3. Les éléments et leur transmutation.
La théorie des éléments nous est connue par un fragment de
Philolaos, 12 (Fors., F, p. 314, 12) : xal -zy. {Jiev Tàç crcpa^paç
ctopiaTa 7t£VT£ évTL, Ta £v Ta (T^atpa Tzùp < xal > ûowp xal y à xal àrip,
xal ô Tàç Tcpalpa; oÀxàç -éjjLTTTov. Les derniers mots de cet extrait
sont expliqués pas cette notice d'Aëtius (=Théophraste) , II, 6, 3,
(Vors., F, p. 306, 6) sx oe toÛ ôwoexaéSpou tt,v toÛ iravTÔç
(1) Cf. les auteurs cités ci-dessus à propos du rôle de la monade et de la dyade.
On peut y joindre : Hippolyte, Adv. haer., IV, 5i ; Macrobe, In Somn. Scip., I, 5,
15 ss., et I, 6, 35; Proci.us, In Tim., II, p. m e.
a-cparpav. Que les ouvrages pytliagoriciens utilisés par Aristote
aient admis aussi la théorie des éléments, c'est ce que prouve
cette note, Met., A, p. 986 a 4, où le mot i-qv/cIol désigne bien
les éléments matériels (^) : so-lxaT', w; kv jXt,; sîoei xà n-zoïyda.
TaTTELv ■ £x TOUTwv yàp (b; evjTiap'^ôvTwv o-jVcO-Tâva; xal 7ï£TcÀàa-9at. ccacl
TT.v oùdîav, et une autre, p. 987 (^).
Certains passages des doxographes attribuent aux Pythago-
riciens la doctrine de quatre éléments : Aëtius, II, 6, 3,
I, 14, :2, eti, 15, 3; cf. Lucien, Vit. auct., 4; Ovide, Met., XV,
237; Vitruve, Dearcli., II, 2 et VIII, 1. D'autres y ajoutent un
cinquième élément, l'éther : Aëtius, IV, 9, 10 et II, (i, 2. iN'ous
verrons plus loin que les extraits d'Alexandre mentionnent
également l'atOrip, mais ce mot, auquel est accolé chaque fois un
adjectif différent, désigne l'un ou l'autre des quatre éléments.
Notons que les Pythagoriciens d'Alexandre négligent ou
ignorent le cinquième a corps )> dont parle Philolaos. D'autre
part, le mot employé ici pour désigner les éléments, (^^oijzZa,
prouverait que ces Pythagoriciens sont tout au plus des con-
temporains de Platon (^) : Philolaos appelle encore les éléments
G-w{jiaTa. Mais il est possible que la terminologie des sources
n'ait pas été fidèlement gardée par Alexandre. On constate
souvent ce défaut dans la doxographie ancienne : ainsi Aëtius
emploie le mot a-Tor/era dans son exposé des doctrines de Philo-
laos [Vors., F, p. ;i06, 15).
La doctrine de la transmutation des éléments (a ^kzicSôlû^ziv
xal TpÉTredOa!. o'/ oAo^v) est commune à tous les philosophes préso-
cratiques ou à peu près (/*). Elle n'est pas étrangère au Pytha-
gorisme. Voici d'abord un fragment de Philolaos où elle me
paraît implicitement contenue ( Fors., P, p. 306, 17) ... to 8' bizo
(^) Gilbert, Aristoteles' Urteile iïber die pyth. Lehre, — Arcliiv fur Gesch. der
PfiiL, XXII (1909), p. 152.
(2) GiMiEKT, ibid., p. i53. Cf. Aristote, Met., A, p. 990 a 16.
(3) Wellma>n. Loc. cit., p. 228.
(*) W. Heidel, Qualitative Change in Pré-socratic Philosophy, dans YArchiv,
XIX (1906), pp. 333-379.
— -m
TOUTOtÇ 'J7I0T£AT,V0V T£ XOlI TrepîyE'.OV JXSpOs, ÊV (O Ta TY,; Cp(.A0[JL£Ta6'ÔA0U
yevscrewsi oùpavôv IjGs doxo^raplies soiil plus cx[)licites :
Aotilis, I, î), "1 : OL aTTO HâAcw xal ll'jOayôpou xai ol i^Tfouo'. TpcTTY.v
xal àXXoLtoTY.v xal jJLeTaôXr.T y,v xal peuTTYiV oAy,v oAy,ç ty,v 'jAYjV.
Cf. l*s-(lalien, ///.s7. pliiL, 10. Dans les passaf»es, cités pins haut,,
(l'Ovide, de Lucien et de Vilruve, celle liiéoriiî est liée iiilinie-
iiient à la doctrine des ([uatre élén)ents. On peut y joindre des
notes de Macrobe, In Somn. Scip., 1, 0, 30; Servius, In Aen.,
VI, 7:24, et S' Basile, flom. fV inlhx., 5.
Comment expliquer, en face de ces témoignages, la notice
d'Aristote, Met., A, 8, [> 1)89 h 28 : èx t'!voc; [jisvtoi toôtto-j x'IvYicrt,;
eTTat, —spaTo; xal d—z'.po'j jjiôvov 'J7:ox£'.|j.£vwv xat, 7î£p'.TT0'j xal dz'ziou,
O'jÔsv XÉyo'JCTLv, Y, -co; O'jvaTÔv av£'j x'.vt, a-£W(; xal |jL£Ta^oAY,ç y£V£a-t,v
e'iva', xal cpGopàv y, Ta twv '.p£po{Ji£vwv s'pya xaTa tÔv oùpavôv ? Ce
reproche ne s'adresse, probablement, qu'aux Pythagoriciens qui
expliquaient par les seuls nombres la formation du monde.
4. Le xôo-ijLo;.
D'après certains doxographes, Pythagore aurait le premier
attribué à l'Univers le nom de xôo-ijioc; : Aëtius, II, I, i; Jam-
blique, V. P., 'Il (Timée), 59, 102; Favorinus dans Diogène,
VIII, 48; Ps-Galien, Hist. pliil,, 10; Scholie de ï Iliade, r, 1;
Photius, Cod. 249, p. 440 A. Toutefois, certains doxographes
emploient déjà le terme xôo-pio; en décrivant le système astrono-
mique d'Anaximandre (Vors., F, p. 10; (^). Dans la termino-
logie de Philolaos, xôc7tj.Gç désigne la région supralunaire.
Le monde est considéré comme animé et spirituel, théorie
qui est aussi celle du pythagoricien Ecphante ( Vors., p. 340,
28) : xt-Vcro-Oat. 6s Ta o-WjjiaTa ^'r\Tz utto pàpo'jç ^a'/iTS Tikriyric, dW 'jtïo
Gslaç 6uvâ[i.£{t)ç, YiV vGUv xal t}juyT,v izpo'jayopeùe'. . to'jto-j [asv oùv tov
xô(7[i.ov (je préférerais : toÛtov |jl£v ouv toO xÔo-jjlou] £^va', wiav* oi'ô xal
(1) Cf. HIPPASE {Vors., P, p. 38, 9) ; Ps-Philolaos, fr. 21 {Vors., p. 318, 21 ss ).
(-) Dans Diogène, VIII, 48, la citation de Théophraste ne se rapporte pas à
l'invention du mot xô<t[jloc;, mais seulement à la doctrine de la rotondité de la terre,
comme on peut en juger par IX, 21 (Diels, Doxogr. gr., p. 492, 7.)
— 204 —
Tcpat.po£'.oYi 'jTcô ^ciy.ç ô'jvâjjLsw; yeyovsva!,. La doxograpliie nous pré-
sente plusieurs notices qui complètent et expliquent le résumé
trop succinct de Diogène : Aëtius, lY, 7, 1; Plutarque, Qu.
plat., VIII, 4, 3; Sextus, Adv. math., IX, 127 : h yàp ÔTzâcijzi^f
Trvs'jtjia TÔ oiOL TravToç toO x6o-|jlou Ô',T|X0v ^îJ^'^ç TpOTîOV, t6 xal evo'jv
Ti;j.âç Tzpoc; sxsiva; Cicéron, De nat. deor. . I, Jl , "27: censuit animum
esse per natiiram reriim omnem intentum et commeantem ex quo
nostri animi carperentur ; cf. Servius, Ad Aen., YI, 724. Il
faut bien admettre que c'est là une doctrine de l'ancien Pytha-
gorisme, si l'on veut comprendre la théorie de la respiration
du monde, particulière aux Pythagoriciens que citent Aristote,
Pliys., A, 6, p. 213 b 22, et" Stobée, Ed. I, 18, 1 c (Fors.,
F, p. 3e^i, 16). D'après Épiphane, Adv. haer., I, 7 (Doxogr.,
p. 589), Pythagore aurait même considéré le monde comme un
dieu personnel : o-wfjia ok Aeyet. eivai Tov Bsôv tout' Eo-Tiv oupavov,
d'^BaÀuo'j!; os olÙtoÙ xai Ta aXXa wo-usp év àv9po)TC(o YjXwv xal (7£)'f\vry
xal Ta aAAa à'a-Tpa xal Ta xaT' oùpavôv rrTOiyeïy. (^).
La théorie de la sphéricité du x6c7[jlo; est attestée par un grand
nombre de fragments pythagoriciens et de notes doxogra-
phiques : je renvoie surtout aux fragments 7 et 12 de Philolaos,
au fragment d'Ecphante rapporté ci-dessus et à Aëtius, I, 15, 3.
En cet endroit, on s'attendrait à rencontrer le système astro-
nomique qui est regardé, depuis Aristote, comme propre au
Pythagorisme : la théorie du feu central, de l'antiterre, etc.
Il est remarquable que nos extraits ne s'étendent pas sur la
partie astronomique : cependant le peu qu'en dit Alexandre
permet de juger que la théorie admise par ses auteurs est celle
du géocentrisme.
Ce phénomène peut s'expliquer par plusieurs raisons. [1 est
possible que les ouvrages utilisés par Alexandre appartiennent
à une période du Pythagorisme antérieure au développement
des théories astronomiques décrites par Aristote. Mais on peut
admettre aussi qu'ils n'ont pas subi l'influence de Philolaos et
0) Cf. Ohphica, éd. Abel, fr. 123.
qu'ils inar()ii(Mil un retour à ropiiiioii counnuiu' (pic l'on ol>serve
encore clie/ certains philosophes du IV*" siècle dépendant de
r École pythagoricienne (^).
La dernière des théories de ce chapitre : (yf,v) Treo'.ououjjiévTiv
£'!va!. ô£ xal dvT'iuooaç xal tol T,aCv xâT(.) Èxeîvo!.; av(o, nie parait
admise aussi par les l^ythagoriciens d'Aiistote, si j'interprète
bien ce passage du De coelo, B, ^, ^Ho h 2:2 : otiAov to'Ivjv ot'.
6 âcpavr\ç ttÔ^.oç £o-tI tÔ avco ' xal ol [jl£v exeC o'ixouvxeç £v tw avoj c'ItIv
YjtjLt.o-<pat.p'!({) xal TtpOs toiç Oe^torç ' T(U.£'7(; o' £v tw xaTo) xal -pô; to^ç
àp!.a-T£poC;, kvavTÛoç r, (b; ol Ilu8ayôp£'.oL TvÉyouT'.v ' £X£trvo!. yàp Yip.àç
citVli) T£ 7T0t.0Ùa-!. Xal £V Ss^LW jJlépEi, TOÙ; o' éxEl vATh) Xal £V T(b âp',(7T£pOJ.
5. Formation des saisons.
La distinction des quatre qualités des éléments : chaud, froid,
sec, humide, est commune à tous les systèmes cosmologiques
des Présocratiques; il en va de même pour l'explication des
quatre saisons de l'année par l'alternance de leurs influences.
Chez les Pythagoriciens, ces qualités devaient rentrer dans le
tableau général des Oppositions, qui furent plus tard réduites
à dix. La théorie présente affirme qu'elles se trouvent en pro-
portions égales dans la nature. La présence de la lumière et de
l'obscurité dans ces oppositions était destinée à expliquer la
formation du jour et de la nuit, qui a été oubliée par le doxo-
graphe. Voici ce qu'en dit Parménide, fragment 9 {Vors., P,
p. 159) : auxàp ETcetOYi uâvTa cpàoç xal vù^ dv6|Jt.aa-Ta', | xal Ta xaxà
(TCpeTspaç 8uvâ[ji.£L(; etiI TOio-t T£ xal zoiç | irâv ttXeov eo-tIv ô(jLOLi cpàeoç
xal vi/xToç àipâvTou ! to-wv âjjicpoTÉpojv, etceI ouosTÉpiù }ji£Ta |jiYiO£v. Peut-
être aussi les auteurs d'Alexandre avaient-ils établi un rapport
de dépendance entre la lumière et Tobscurité, d'une part, et
certaines qualités physiques, d'autre part, comme l'avait fait
déjà Héraclite (Diogène, IX, H = Vors., P, p. 69, ;28) : tV
(4) C'est l'hypothèse à laquelle se rallie Wellmann, loc. cit., pp. 242 et suiv. ; il
fait remarquer, à juste titre, que dans le Phédon, Simmias accorde sans difficulté
à Socrate que la terre se trouve au centre du monde. On peut ajouter qu'Ecphante
est revenu, lui aussi, à la théorie du géocentrisme {Vors., P, p. 340).
— 206 —
{JLSV yàp ÂatjLTCpàv àvab'j|jL'iaa-î.v '^AoycoGeio-av £V tôj xûxAw tol» ti).'!o'j
TlfjLSpav TTO'-srv, TTiV 06 svavTtlav STUpaTT^o-aa-av vûxTa aTroTsAsiv ' xal
ex ukv TO'J Àa[jL7rpo'j tÔ BspjjLÔv aù^ôjjievov Gspoç TiOLeCv, éx os toO o-xq-
Tcivo'j tÔ 'jvpov TcÂeovâ^ov ye'-iJLwva àTrEpYàÇeo-Gat..
Du texte rapporté par Alexandre, on peut dégager une seconde
théorie : c'est que ï l<7o>^oipic(. est une cause de beauté et de salu-
brité. L'influence prépondérante des théories médicales sur la
philosophie de nos auteurs apparaîtra plus loin d'une façon
remarquable. Nous en relevons, ici déjà, un indice. Même obser
vation, en effet, dans ce texte d'Alcméon (fr. 4= Voi^s., F,
p, 130, 1) : TT,; fi.£v uyeîa; eivat, a-jv£XT',xYiV ttiV lo-ovouiîav twv
0'jvâu.cwv, 'jypo'j, qr^poù, ^uypoù, Gep^-ioO, TtUpO'j, yXuxéoç xal twv
Ào'.TTwv, TTiV o' £v auToîç ]±ov'xpyiccj voa-o'j tuol'/itw/^v. C'est encore le
thème du discours du médecin Euryximaque dans le Banquet
de Platon (p. 188 a b). Enfin, Hippocrate estime aussi que le
printemps est la saison la plus saine, Tautomne, la plus funeste
(Apli., 3, 9); ailleurs (Epid., II, 1, 4), il compare, comme nos
auteurs, l'automne à la soirée pour l'insalubrité.
6. Distinction de l'air terrestre et de l'air supérieur.
La division du monde en deux parties, à l'une desquelles on
attribue la perfection et le don d'immortalité, tandis qu'on fait,
de l'autre, le domaine du changement et de la mort, n'est qu'une
variante de la distinction des régions sublunaire et supralunaire.
Or, celle-ci est attestée dans l'ancien Pythagorisme par un texte
de Philolaos cité ci-dessus. Les doxographes aussi en font
mention : tel Photius, Cod. ^49, p. 439 B 33, et spécialement
Epiphane, Adv. Iiaer., I, 1 : htùpiÇs'^ oï ajjia xà àmo a-£XriV7|Ç [xal]
avw âÔàvaxa Xiywv, Ta 8k 'JTroxàxw ^vrixâ. Ce qui est nouveau, ici,
c'est que les caractères propres à chaque partie sont imputés à
la qualité de l'air qu'elle renferme. C'est le mouvement perpé-
tuel qui détermine sa pureté, son aptitude à former et à
conserver la vie; c'est son immobilité qui cause la maladie et la
mort. Alcméon, lui aussi, reconnaît une nature divine au mouve-
ment perpétuel (Aristote, De an., A, ^, p. 405 a 30 = Vors., l\
p. 133, 40) : cp-z^o-l yàp auTYiv (tyiv '-j^uyV) àGavaTov eivat. 8t.à to
x'.vfiLO-Oa'. yàp xal Ta Ofi^a TiâvTa ajvsyo); àet, TeA'/iVY,v, Y.Xtov, ToO;
àarépa; xat, tÔv o'jpavôv ôXov.
On peut ieinar(|iiei' que l'iniportance altrihuée à l'air, ainsi
que la théorie du niouveuient perpétu(*l de l'air supraterrestre,
rappellent la doelrine d'Anaxiniène [Vors., l\ p. li, il) et de
Diogène d'Apollonie {Vors., \\ p. 4:25, J(), Ir. o). Va\ tout
eas, le earactère uiatérialiste de ce passage atteste une origine
ancienne et une étroite parenté avec la |)l)ysi(]ue ionienne. .
7. Divinité des astres.
« Le Soleil, la Lune et les autres astres sont des dieux. »
Alcméon avait déjà formulé une doctrine semblable [Vors.,
F, p. 133, 40 ss.) : il croyait que les astres sont immortels et
divins parce qu'ils sont animés et qu'ils ont un mouvement
perpétuel. Les raisons invoquées par nos auteurs sont un peu
différentes : les astres sont animés et divins parce qu'ils se
trouvent dans l'air supérieur, qui est perpétuellement agité
(§ 26, fin), et qu'ils contiennent le maximum de chaleur; or, le
chaud est la cause de la vie. Ceci nous reporte aux théories
d'Héraclite, de Diogène d'Apollonie, des Atomistes et de certains
écrivains hippocratiques (cf., par exemple, De carn., Parmi
les écrivains pythagoriciens dont les tendances rappellent le
mieux ce point de vue, il faut citer surtout Hippase [Vors., P,
p. 38, 15). Certains extraits, que nous examinerons plus loin
et qui concernent la nature de l'âme humaine, nous fourniront
l'occasion d'approfondir ces théories.
On peut se demander s'il ne faut pas établir un rapport entre
cette doctrine de la divinité des astres et le culte des planètes
des astrologues, bien que celle-là soit justifiée par des considé-
rations d'ordre purement scientifique. Certains ont cru retrouver,
€n effet, dans l'ancien Pythagorisme, des traces d'une influence
des doctrines astrologiques (^).
(1) HoLL, Die Erfnrschuiig der antiken Astrologie, dans Jes Neiie Jahrb. f. d. kl.
Alt., 1908, p. 119.
— 208 —
8. On ne sait à qui rapporter la paternité de la doctrine
astronomique : (Jtk'r\vr\v AàiJLTieo-Gai 6cp' r\kiou (^). Aëtius, II,
28, 5, l'attribue déjà à Thalès et à Pythagore, Eudème {Vors,,
P, p. 25, 7) à Anaximène. En tout cas, la théorie paraît bien
établie dès le siècle; elle figure dans les fragments de Parmé-
nide (14 et 15) et d'Empédocle (45). Selon Aëtius, II, 25. 14,
les Pythagoriciens considéraient la Lune comme un corps réflec-
teur et, d'après Aristote, un certain nombre d'entre eux expli-
quaient les éclipses de lune par l'interposition de la Terre ou de
l'Antiterre entre le Soleil et la Lune (Aëtius, II, 29, 4).
9. La doctrine que la chaleur est l'origine de la vie a un
corollaire : c'est que les hommes sont parents des dieux. Ceci
est une vieille idée religieuse qui trouve son expression et son
développement surtout dans le mysticisme orphique. C'est une
des théories fondamentales du Pythagorisme primitif (^), pour
la même raison qu'elle est à la base de l'Orphisme. Le Pytha-
gorisme savant n'a pas répudié l'ancienne tradition religieuse,
mais il tache de l'épurer, comme dans maint autre cas, et de
la justifier par une doctrine scientifique assez matérialiste.
Aëtius, IV, 7, 1, Sextus, Adv. math., IX, 127, et Cicéron,
De nat. deor., I, 11, 27, Cato, 21, 78, Tusc, V, 13, 38,
sont d'accord pour rapporter aux Pythagoriciens la doctrine de
la parenté des dieux et des hommes : mais ils l'expliquent par
l'identité de nature de l'âme universelle et de l'âme humaine,
sans en chercher la cause primordiale dans une essence com-
mune, la chaleur.
10. La croyance à la 7ïp6vo!.a divine est si naturelle dans une
société religieuse qui a comme but le perfectionnement moral,
qu'il n'est pas nécessaire d'en rechercher la source. D'autres
écrivains pythagoriciens en affirment l'existence : Ecphante
(Aëtius, II, 3, 3 = Vors., F, p. 341,7) : éx i^ïy àTopiwv o-uvecrTavai
(1) Cf. Boi>L, Finsternisse, dans Panly-Wissowa, VI, col. 2342 ss.
(2) Cf. .Iambmque, V. P., 153, et des vers de l'iepcx; Adyoç, dans mes Études sur
la fJttérature pythagoricienne, pp. 70 et suiv.
— ^209 —
TÔv xôdijLov, otoue-ro-Oat. ôe ù-no rzpovoîa; ; Aristoxriie (Jaiiibli(jU(%
V. P. y 174 ^ Vors.y F, p. 4) : tô O'.avoe'^aOai irepl toO 9etOL>,
(oç so-Tt Te xal Ttpô; tÔ otvOpwTct.vov yévoc; outc.x; ^yet. ô)ç i7H.60i7ie'.v xal
oXiywperv aÙTOÙ, ypr\<7<.[ioy eivat Û7r6Xot|jL6'avov ol lluôayopetou Ajoutons
Jamblique, K. P., !2I7, 219, 240; Épiphane, Adv. huer., 1, 1.
H. L'explication de la otoîxricr'ç twv oXo)v est encore un des
grands problèmes que se pose la pbysique ionienne. Non seule-
ment chaque philosophe la rapporte à une cause différente :
ÛTcô Toù Neîxoj; xai Triq ^ikioL<; (Empédocle, Vors., p. 273, Ti) ;
ÙTzo TTpovoLaç (Ecphantc, ibid.y 341, 7); ùnb toù Noj (Aiiaxagore,
p. 390, 4); cpûdei TLvl âXôyG) (les Atomistes, ^7>/^/., I^^ p. 0, 40) ;
xaO' £l{jLap{jL£VTiV (Heraclite, ilnd.,P, pp. 68,28, — 09, 8, — 72,
35), mais on finit par ne plus s'entendre sur le sens des mois
€t certaines formules paraissent de plus en plus vides de sens.
Ainsi Anaxagore, déjà, remarque : eivat xevôv toùto TO'jvoaa (tViv
eljjiapfjLsvTiv) . Parménide et Démocrite identifient l'àvàyxYi avec
rel{jap(jL£VYi, la SixTi et la upcivota (Aëtius, I, 25, 3= Vors., F,
p. 143, 33).
La croyance pythagoricienne à l'eljjiapiJisvYi est attestée par
<livers passages des doxographes : Aëlius, I, 25, 2, Ps-Galien,
Hist. p/iiL, 10, Lydus, De mens., II, 101, Jamblique, F. P., 219.
La notice détaillée de Photius, Cod. 249, p. 439 B, est curieuse
par les distinctions qu'elle établit entre les diverses causes de
la St-oixTio-iç : xal TrâvTa {Jièv Ta aXXa [xépYi xaTa tt^v irpôvo'.av xal ty^v
j^sêaïav Ta^iv xal tt^v slfjiapfJievYjv toù ^eoû £TCO|i.£VYiv aÛT(jî (pa(7t.
ùioixeifT^oLt., Ta 8k |jL£Tà TTjv (7£XT|VYiv Té<7<T0Lp(7i'^ alTLOLiq, xaTa 5£ÔV,
xo{6' el|jLapp.£viriV, xaTa TipcaipEG-iv 7i{jieT£pav, xaTa tu^yiv.
12. Origine de la vie.
Les théories cosmogoniques exposées ici sont complètement
différentes de celles que Varron et Censorinus attribuent aux
Pythagoriciens. En effet, d'après les auteurs qu'ils suivent,
auxquels il faut joindre les sources du Ps-Ocellus (1. III), les
animaux, et en particulier le genre humain, ont toujours existé.
Varron, De re rust., I, 3 : sive contra principium horum
Tome XVIL -
Lettres, etc.
14
— 210 —
[animalium) exstitit nullum, ut credidit Pythagoras Samius;
Censorinus, De dienat., IV, 3 : sed prior illa sententia, qua
semper humanum genus fuisse creditur, auctores habet Pyt/ia-
goram Samium et Ocellum Lucanum et Archytam Tarentinum
omnesque adeo Pythagoricos .
Notre cosmogonie, au contraire, expose et explique l'appa-
rition de la vie sur la terre. C'est au soleil qu'est dévolu le rôle
de puissance créatrice de la vie. Un texte attribué à Archytas
par Jamblique, Protr., 4, développe la même conception : aXw;
ye |jt.àv dcp6aX[xô; svTi xal ^u'^à twv cpuaiv é^ôvxwv * bpr\T(xi Te yàp oi
auTw TcotvTa xal yevv^Tat. xal vo^^Tat, piÇwGevTa xal yewaOevTa 8k Tpà-
cpsTat. xal asisTa', xal ÇwTrupYjTat jjlet' (xl<yhâ<7io^ (^). L'auteur de
riepo; Aoyoç dorien professait une tbéorie analogue (Hippolyte,
Adv. Iiaer., VI, 2, 28) : oT,{jit.oupyèv oï ewai twv yevofjievwv Tiâvxwv
cpTiG-lv ô lIuQaydpeioç Xdyoç tov p.£yav y£W|j.£TpriV xal àp!.6|jL-riTriV Yi)^wv
xtX (^). Somme toute, la doctrine que les âmes proviennent des
astres — attribuée à Pythagore par Hippolyte, Adv. haer,, VI,
2, 25, et proclamée par Epicharme (Vors., P, p. 127, 22) —
ou qu'elles y retournent (axoucrfjia recueilli par Aristote, dans
Jamblique, V. P., 82) n'est pas essentiellement différente de
celle-ci. Elle se retrouve encore chez un philosophe imbu d'idées
pythagoriciennes, Parménide, qui en fait une théorie cosmo-
gonique (Diogène, IX, 22= Vors., F, p. 138, 12) : yevE^iLv
T£ àvGpwTcwv £? Y.XioL» TipwTov y£V£a9at. Une influence semblable
est reconnue au feu central par quelques Pythagoriciens cités
par Aristote (Vors., P, p. 356, 20) : Tiûp i^ïy £v tcJ) |X£(T(j) léyoïxjL
Try 8Yi{jLt0L>pyî.XT,v 8ùva|JLt,v tt;v £x [jL£a-ou Tcâarav tt,v yf,v î^(i)oyovoG(7av
xal To à7:£^j;uy|JL£vov ai>Tf,ç avaGa^Tioua-av.
Notre système cosmogonique, en plaçant l'origine de la vie
dans les abîmes de la mer, reproduit une conception qui est
fréquente dans la physique ionienne. Il convient de citer ici
quelques philosophes présocratiques dont les fragments sont
(*) Cf. Macrore, In Somn. Scip., I, 6, 37.
(*) Cf. Éludes, p. 197.
— 2H —
aptes à éclaircir I t^xposé Irop Uivï el ohsciir de Diogène. Je
renvoie tout d'abord aux théories d'Kuipédocle ( Vors.,Y\ p. "213,
<lont les attaches pytliagorieiennes sont connues. Mais les
parallèles les plus instructifs sont ceux qu'on peut emprunter à
Anaxiniandre ( Vors., P, p. 17, Ti) : rà oe Çwa yiveaBa». èç 'jvpoO >
ÊiaT;jL'ZotjLévou 6ug toù 7\kio'j (cf. 21 , 7); à Archélaos {fbid., pp. 41 1,
2 et 412, 2), à Déniocrite ■ Vors., II^ p. 49, 6) et à Hippocrate,
i)c cani., 3 (cf. 2) : x'JxXeo[Ji£V(t)v oe toutÉwv, otc TuveTapây Ot^ ,
àTreXe'icpGïj toù .3£pijL0'j noukit sv tt] vtj aAXoGt. xal (xX)vo6t., Ta p.£v |jLevâAa,
xà ok Aâ(T<TW, Ta ok xal 7:âvu ar|jL!.xpâ, Tzkrfio^ uo^Aâ. xal Tto '/povw Otto
ToO GepjJioG Ç'/ipat.vo{ji£VT,; tt,; y-^ç, TaÙTa xaTaXe'.cpGevTa 7zep[ au Ta
cy\T.eo6waç 7rot.se'. oîovrcep y^t-Twvaç xtX.
De ces rapprochements, on pourrait conclure que ces théories
cosmogoniques appartiennent à un Pythagorisme assez tardif, où
rinttuence de la physique ionienne l'emporte sur les doctrines
propres à l'Ecole. II n'en est rien. La conception d'un état
cosmique primordial, où tous les éléments étaient mêlés et en
pleine fermentation et d'où sortirent par évolution les êtres
vivants, fait partie des doctrines les plus anciennes du Pylha-
gorisme superstitieux (^). Il en est question, en effet, dans les
superstitions qui concernent les fèves : l'abstinence des fèves est
expliquée par la croyance que cette plante sortit de la même
fermentation ou « pourriture » que les hommes, à l'origine des
choses. Voici comment s'exprime Antonius Diogène (Porphyre,
V. P., 44; cf. Lydus, De mens., IV, 42, et Hippolyte, Adv.
haer,, I, 2, 14) (^) sur ce sujet : o-zi tïîç TipwTriç ctp^rjç xal ysvé-
aew; TapaTTOjJiévTiç xal ttoXXwv àp.a <TUVYiv£y|ji.évwv xal <7ua-Tcst.pO[Jiév(t)v
xal a-tj<T(Ty}7i:o|jL£vwv evT^y^ xaT* dXiyov yéveiTt.ç xal o'.àxp'.Ttç ctuvett-^
(1) Cf. Jamblique, V. P., 154 (un texte transposé par Westermann au § 153 pour
expliquer 3'aXà'CTTi) : TauTTjv Trptj&XTjv yovTjv xTjç uypaç <pu(Tetjaç xal xpocpTjv xy^ç 7:pc6xT]<;
xat xoivioxspaç uXtjç uTroXafx^àvcov.
(2) Dans Hippolyte, cette doctrine est tirée de l'ouvrage (d'origine pythagori-
cienne) attribué à Zaratas, le irepi «puffetoç dont j'ai parlé ci-dessus, p. 161 et p. 200,
note 1 .
212 —
Çtôwv T6 ôpLOL» y£vvw|jL£vo)v xal ixîUTwv dva8t.oo(i.£va)v , tÔT£ Sri duo XTjç
auTfiÇ aTiu£o6vO(; dvGpwuouç (Tuarrivat. xal xûa|jLOv QXaa-Trja-at. .
C'est dans cette partie de nos extraits qu'il est fait mention
pour la première fois de l'éther. Il est remarquable qu'Alexandre
n'en ait pas parlé dans la notice relative aux quatre éléments.
Au reste, l'éther n'apparaît pas ici comme le nom d'un cinquième
élément, mais il désigne, différencié par divers adjectifs, les
éléments connus : atSrip ^^XP®^^ l'air; aiGrip ua^u;, l'eau; au § 28,
il est question d'un atGïip ^epiioç qui ne peut être que le feu.
Nous n'avons pas l'équivalent de la terre, à supposer que le
terme ait pu s'appliquer aussi à cet élément. Toutefois, si
l'on se reporte à la distinction des quatre qualités physiques
énumérées plus haut : ^u-y^pôv, Qepjjlov, ùypov, ^ripov, dont trois
termes au moins s'appliquent à l'éther, on peut admettre que
les deux théories se recouvrent complètement : dans ce cas
irjpoc; aiÔTip aurait désigné la terre.
Ces appellations peuvent paraître, à première vue, bizarres.
Mais, si l'on recherche le sens du mot ai^p chez les Présocra-
tiques, on remarque qu'il a subi de grandes variations et l'on
comprend qu'il a pu prêter à confusion. Il désigne tantôt le feu
(Phérécyde, Anaxagore, Hippocrate et, en certains endroits,
Empédocle), tantôt l'air (Empédocle, cf. le Timée de Platon),
tantôt un élément de nature assez indéterminée, plus pur et plus
élevé que les autres (les Orphiques, les Poètes, etc.). Dans nos
extraits pythagoriciens, le mot atGrip s'applique à tous les élé-
ments. Comment expliquer cette particularité? Par la doctrine
de la fjLETaêoXrj des éléments qui a été exposée plus haut. Si les
éléments sont sujets à la transmutation, c'est qu'il y a au fond
de tous un même substratum , l'a^Grip, qui, en prenant ces diffé-
rentes qualités physiques, change d'aspect et de nom pour le
vulgaire, mais non pour le philosophe. Alexandre ne nous
a, malheureusement, conservé aucune notice sur le fonctionne-
ment de cette transmutation et sur l'essence même de l'éther.
13. La doctrine de la parenté de tous les êtres vivants, dont il
est question dans l'extrait suivant, est encore un reste du Pytha-
— 218 —
gorisiuo priinilif. (]hez nos aiilcMirs, elle rcroil un londeiïienl
scien(ili(|no, analogue à celui (|ui élahlil la |)ar(Milé des dieux et
des liounnes : aussi, je renvoie aux doxographes eilés |)lus haut
à ce propos. On peut y joindre celle noie de l)icéar(pie, dans
Porphyre, V. /*., 19 : uavra xà y«.vôii.eva eiji'j^uya Ôijloycvyi oe\
vo{jLue!.v. Elle explique aussi les vieux piéceples pythagoriciens
rapportés par Aristoxène (Jauihlicpie, V. P., î)8 et 99 — Dio-
^ène, Vlll , 2i]) : s(j)Ov ô Tiécpuxs [jAaéicpôv T(7) àv(jp(.)7t'!v(j) yévei
p.riTe pAàTTTS'.v (jl-Zite ç^Gs'ipc'.v et Y;|JL£pov (ùUToy xal eyxapTTOv [JiTiTe
pXocTrTEiv tjLTiTc cpOsîpsî-v. D'ailicurs, celte doctrine se retrouve chez
un grand nombre de philosophes présocratiques : Anaxagore,
Empédocle, Démocrite, Diogène d'Apollonie, Archélaos, Clei-
dème, etc.
14. Nature de l'âme.
Les animaux seuls, à l'exclusion des plantes, ont une âme,
laquelle est une particule d'éther chaud et d'éther froid. C'est
par sa participation à l'éther froid que l'âme diffère du simple
principe vital (^).
La théorie que la vie a son origine dans le feu (to Gep^jiôv o-nsp
ecttI (^wïiç ati'T'ov) nous est déjà connue. Dans l'échelle des êtres,
l'âme des animaux forme donc un degré plus élevé que la vie
des plantes : elle est constituée par l'adjonction de l'air au feu.
Il semble que ceci soit un compromis entre les deux doctrines
principales des philosophes présocratiques : a) l'âme est de
nature aérienne et froide (jeu de mots étymologique : ^u^ri =
tj^'j^pdv) ; b) l'âme est de nature ignée et chaude (^tiv = Çsrv) (^).
. Mais comment Tâme se forme-t-elle par l'adjonction, à la
chaleur de la vie, de l'éther froid, c'est-à-dire de l'air? On peut
(*) Cf. Introduction, p. 83. Wellmann, lac. cit., pp. 229 et 241, me paraît s'être
mépris sur le sens de ce passage. Il croit que la partie immortelle de l'âme est
constituée par l'éther chaud; la partie mortelle, par l'éther froid. L'auteur pytha-
goricien dit tout autre chose : les plantes sont aussi des êtres vivants (Cv*)»
parce qu'elles participent à l'éther chaud; les animaux, en plus de la vie, ont
une âme, parce qu'ils participent à l'éther froid.
(2) Cf. Aristote, De anima. A, 2, 405 b 24, et le commentaire de Philoponus à
ce passage, 92, 2.
— -214 —
éclaircir et expliquer celte obscure théorie par les doctrines
d'autres physiciens ioniens; on apprend ainsi que c'est par
l'intermédiaire de la première respiration du nouveau-né. Les
Orphiques croyaient que l'âme entre dans le corps humain par
la respiration (Aristote, De an,, A, 5 = Vors., IF, p. 170,
30) : TYiv ^u^V £x Toû ôXou eio-'ivat. àvaTTveôvTwv, et Philopo-
nus [Comm, in h. Loc.) explique ainsi cette doctrine : cpacrl 8k
aiviTTeo-Oat. xà îiz'f^ (dp^ixà) ùik ji.kv Trii; àvaTuvoviç ttiv iizvzrpziôir^'zaL
l'p^uTov ^eppov et; (j!j|i.p.eTpîav àyeu Heraclite professe la même
opinion (Vors., F, p, 75, 14) : toOtov ût^ tov ^cîTov ).6yov xaB'
'HpàxAeLTov 8t,' àvaTtvoïiç o-Trao-avreç vospol yt.vo(i.£9a. Ce SOnt les doc-
trines du pythagoricien Hippon qui expliquent le mieux notre
texte ( Vors., F, p. 289, 36) ... etcsI yàp ti pb Çwtj éx ttIç ^^x^i;
ÛTcàp^si, i\ ô£ 'j'uy^Yi £x 'j^u^pou (e^ ûoaxoç yap), ot.à toGto ôei ttÎç
dvaTcvoTiÇ xoXa^ouo-Yiç Trj to TuepLxàpowv ^eppov xal oux ewo-TjÇ ttî;
(BU^LXTiç ôuvàp.£w; £7rt.xpaT£a-T£pov yevÉo-Gat., ÀÉyw 87\ ttÎç 6uypàç. Le
traité hippocratique Swr la nature de l* Enfant, c. 12, expose
une théorie un peu différente, dont j'extrais ce passage : auxô
ô£ TÔ 5epp.a5.vop.evov îXyzi £ç £wuto aùÔLç exEpov T:v£L»pa d»u^pov 5tà ty^ç
payTji;, acp' ou xpicpeTat. . . . Tcàv yàp to ^eppov T(j) ^u^pw Tp£cp£Tat. tw
p£TptC{). Il faut encore rapprocher de cette doctrine, malgré des
divergences sensibles, cet extrait de Philolaos rapporté par
Ménon [Vors., F, p. 308, 16) : pexà yàp t>iv è'xTeçiv euOewç TO t^(^ov
£7ri(77tàTai tô éxTÔç TTveùpa tj^uypov o v * e^Ta TiaXt-v xaSaTiepel '^^ioc,,
exTtépTiet. auTO. ûtà toÙto or\ xal ôp£çt.ç tou exto; TivEupaTo;, îva t'^
£7r£'.a-àxT(ij ToO TuvEupaTOç ôXxT) 3eppoTepa bizoL^yo^zcL Ta YjpeTepa orwpaTa
TTpôç aÛTOÙ xaTat^iù^-riTai.
La doctrine de l'immortalité de l'âme est basée sur les qualités
de ses éléments, Téther froid et l'éther chaud, dont il a été
question précédemment. En effet, l'air supraterrestre est
xaGapoç xal Oytriç xal TràvTa Tà ev auTcj) àBàvaTa; d'autre part, le
5eppo(; at9/ip est Çwtî; atTiov. Ici se pose un problème assez
important pour la reconstitution des théories des auteurs
d'Alexandre. Cette preuve de l'immortalité de l'âme semble
s'appli(|iMM' aussi à l'àinc des animaux, puiscju'ollc a la nièine
origine et la même nature que l'âme humaine. Or, au )^ 30,
l'auteur déclare que la partie immortelle de l'âme humaine
(çppéve;) est précisément celle dont sont dépourvus les animaux.
Ces deux doctrines paraissent inconciliables, sans doute parce
qu'elles proviennent de sources dilïerentes. D'après la première,
Tâme des animaux participerait aussi à l'immortalité : cette
théorie s'accorde assez avec la croyance pythagoricienne à la
métempsycose animale. D'après la seconde, au contraire, la
transition de l'animal à l'homme est impossible, vu que l'âme
animale périt avec le corps. Il est remarquable qu'on ne trouve
pas dans ces extraits la moindre allusion à la métempsycose. Il
apparaît de plus en plus clairement qu'Alexandre a choisi ses
auteurs parmi les physiciens et les médecins pythagoriciens,
dont l'esprit scientifique s'était déjà dégagé des superstitions
anciennes et chez qui l'influence de la physique ionienne l'em-
porte sur les spéculations propres à l'Ecole.
15. Théorie de la reproduction.
« Les animaux naissent les uns des autres, par le moyen des
semences; il est impossible de supposer (^) la génération par
la terre. »
Par ces mots, il ne faut pas entendre, je pense (^), la géné-
ration cosmogonique, dont il a été question plus haut : il s'agit
maintenant de la reproduction actuelle des animaux. D'après
une croyance populaire, en effet, certains animaux se repro-
duiraient par l'intermédiaire de la terre. Platon y fait allusion
dans le Banquet, p. 191 b : éyswwv xai Itutov oûx sic, âXXriXoj;,
aXX' yriv, waTuep ol TSTTLysç. Nos auteurs auraient donc voulu
rencontrer ici cette théorie populaire.
(*) i)<pt(Txa<j6at (moyen) = uiroXaiJLÎ^âvstv. On peut aussi considérer ucptaxaciÔat
comme un passif et traduire : « Il est impossible que la génération par le moyen
de la terre existe. »
(') Wellmann, loc. cit.. p. 229, croit qu'il s'agit toujours de la création; mais les
mots y£vva(j6ai àXXT^Xiov ne sont pas ambigus et d'ailleurs la cosmogonie est
terminée au § 27.
— 216 —
La définition du sperme (o-Taywv eyxEcpâXou Trep'i^ouo-a £v sauTr;
âT{jLov Bep^jLov) se rapproche beaucoup de celle d'Alcméon et de
celle d'Hippon : Aëtius, V, 8, 8, et Censorinus, De die nat.,
5, 2 ( Vors., F, pp. 134 et 290). L'opinion du Timée, pp. 73 d,
91 b, et d'Hippocrate, De gen., 1, n'en est qu'une variante.
D'après les doxographes, tous les débats des philosophes anciens
sur ce sujet se ramènent à la question : le sperme est-il de
nature corporelle ou spirituelle? La définition de nos auteurs
paraît provenir, encore une fois, d'un compromis de deux
théories contraires : le sperme est en partie de nature corpo-
relle, par la goutte de cervelle ; en partie d'essence spirituelle,
par ràTfjLo; 5ep|jLÔc; qu'elle contient (^). Aëtius attribue à Pytha-
gore deux définitions différentes : la première n'a rien de com-
mun avec celle de nos auteurs (V, 3, 2 = i)o;r.,p. 417) : âcppôv
TO'J yp-^o-TOTaTou ai!^cf.Toç tÔ aTiÉpjjia, TieptTTwjjia Tpo(p7jç iùGTzep [tô] olI^ol
xal (jL'jsAÔv. La seconde s'en rapproche davantage (A^ 4, 2) : acrw-
{jiaTOv {JL£V eiyai 'zry oûva[Jit.v tou (77r£p{jLa':oç wa-Tïsp vouv tÔv x'.voOvxa,,
<T(i)p.aTLXTiv o£ T->iv uÀYiv TTjv 7rpoy£0|.jL£VT,v . Pour Anaxagorc aussi, la
semence contient une sorte de Bepi^bç ctTjjLoç; d'après Censorinus,
De die nat., 6, 2 (= Vors., \\ p. 398, 1), sunt qui aetlierium
calorem inesse arbitrentur , qui membra disponat, Anaxa-
goran secuti,
La théorie la plus intéressante à relever dans ce chapitre est
celle des rapports harmoniques des périodes du développement
du fœtus. Elle est exprimée en ces termes : £y£!.v 3k év a'jTw
TiâvTaç Toùç Xôyouç T7)ç ÇwTiÇ, wv ef!pop.£VG()v a-uv£y£a-Gat. xaxà to-j; tt.ç
(1) L'auteur pythagoricien explique la formation du fœtus par le moyen de la
goutte de cervelle et de la vapeur chaude du mâle; il ne dit mot d'une coopération
quelconque de la femelle. Je ne puis donc me rallier à l'interprétation de Well-
MANN, loc. cit., p. 233, qui distingue ici une semence mâle contenant une vapeur
chaude, laquelle donne la vie, et une semence femelle {oltzo [aèv to5 èyxEcpàXou
< scil. ^T^Xco; > !) fournissant la matière du corps. Le texte ne dit rien de tel :
la cervelle dont il est question ici est évidemment celle du mâle, dont une goutte
contenant une vapeur forme le sperme. La goutte de cervelle fournit la lymphe,
l'humeur et le sang, dont se créera le corps; la vapeur donne l'âme et la sensation.
Il est donc inutile de corriger le texte xauxtiv U Trpo<ycp£po{j.£VTjv en xaux7)c 8è
7cpo(ryepo(j.évTi;.
àpjjiov'iaç ÂÔyo'Js. sxâa-Twv ev TSTayjjiévo'-ç xaipoCç £7T!.v!.vojjiév(f)v. Le tcxlc
n'est pas trèselaii' : heureiisemenl, un ^laiid nombn; [)assa^es
parallèles indi([iienl ce (ju'il faut entendre par I(îs rapports
harmoniques. La |)liipart de ces t(;xles admettent deux sortes
de grossesses, l'une de sept mois, dont la délivrance arrive vers
le deux cent dixième jour, l'aulre de neuf mois, (\u\ se ter-
mine soit au deux cent soixante-dixième jour, soit au début du
dixième mois, vers le deux cent soixante-quatorzième jour. Ils
expliquent ce nombre exact de jours par des combinaisons
aritbmologiques que la phrase de Diogène laisse seulement
deviner et dans le détail desquelles il nous faut maintenant
entrer.
Le fœtus se développe dans le corps de la mère suivant des
lois harmoniques semblables à celles de la musique. Le xavwv
des principales haruionies musicales, celles de quarte, de quinte
et d'octave, peut être représenté par les chilï'res 6-8-9-12. Un
autre xavwv, celui de la quinte, de l'octave et de la double quinte,
a comme échelle 6-9-12-18. Si l'on additionne ces chiffres, on
obtient, pour la première somme, 35, pour la seconde, 45. En
multipliant ces nombres par 6, chiffre qui représente le nombre
de jours pendant lesquels le fœtus est encore de consistance lai-
teuse (^), on trouve le chiffre exact du jour de l'accouchement du
septième et du neuvième mois, soit 210 et 270. Telle est, en
résumé, la théorie la plus ordinaire des Aoyo'. o-^p-cpcovlaç ou àG[jLo-
v''a<;. On la trouve exposée, par exemple, dans les Tliêol.
Aritfim., j). 39, et dans Proclus, In Rcmp., Il, pp. 34 et 35,
qui l'attribue à Empédocle et à certains médecins (àvaTO|ji!.xo'i) .
Dans d'autres auteurs, se présentent diverses variantes : ainsi
Varron (Censorinus, De die nat., 9 ss.) obtient le nombre de
jours de la grossesse du dixième mois, 274, en multipliant 7, le
nombre des jours nécessaires à la preuiière formation du fœtus
(*) Telle est l'explication fournie par Vakuon, dans Censorinus, De die nat., 11.
Mais il est plus vraisemblable que 6 est employé ici parce qu'il représente le
nombre zoogonique ou psychotonique. {Tliéol. Arithm., p. 39, et Psellus. TCEpl
àpi6|j.tïiv, d'après Tannery, Revue des Études grecques, 1892, p. 345.)
— 218 —
dans ce genre de grossesse, par 40, le nombre des jours néces-
saires au second développement : le produit, soit 280, représen-
terait quarante semaines, mais il doit être diminué des six jours,
parce que l'accouchement a lieu au début de la dernière semaine.
Macrobe, /n Somn. Scip., I, 6. l i ss., tire le nombre .35 de
l'addition des deux premiers cubes 8 et 27, dont Tun est mâle,
l'autre femelle. Aristide Quintilien {De mus., III, p. 142, M)
obtient le nombre 45 de la grossesse de neuf mois, en ajoutant,
à 35, le nombre parfait 10, dont les parties i, 2, 3 et 4, peuvent
représenter aussi un xavwv harmonique. On trouve encore des
allusions à ces doctrines dans Plutarque, De an. procr, in Tim.,
12 (cf. Stobée, Ed., I, 1, 10); Ps-Plutarque, De vit. Hom.,
145; les T/iéol, Aritlim., p. 47.
Proclus, In Remp., II, 26, rapporte à Pythagore une théorie
analogue, où les nombres 35 et 45 sont obtenus par les rapports
de certains éléments d'un triangle ; mais le texte est trop lacu-
neux pour qu'on puisse reconstituer la doctrine. Un Scholiaste
d'Homère, i4(i Uiad., T, 119(Bekker, II, p. 521; cf. Reitzenstein,
Berl. Dhil. Woch., 1889, p. 624), prend pour point de départ
un triangle dont les côtés ont comme longueurs : 3, 4 et 5. La.
base de la démonstration est constituée par la doctrine que les
nombres impairs sont mâles, les nombres pairs femelles. Si Ton
multiplie la somme des deux produits 4 X 5 et 5 X 5 (= 45)
par le nombre de la surface (6), on obtient 270, le nombre des
jours de la grossesse de neuf mois ; si l'on procède de même pour
4 X 5 et 3 X 5 (= 35), le produit, 210, représente le nombre
des jours de la grossesse de sept mois. Ces enfants naissent
viables parce qu'il entre un nombre mâle et un nombre femelle
dans la conjonction d'où ils tirent leur origine. Par contre, les
lioBtus qui naissent au bout de Imit mois sont des avortons parce
que le nombre des jours de celte grossesse, 240, est produit par
conjonction des seuls nombres femelles : (5 X 5) + (3 X 5).
Si l'on se demande à quoi correspond, en embryologie, cha-
-cune des périodes de six, huit, neuf et douze jours, qui sont
en rapports harmoniques, on trouvera la réponse dans Varron
(Censorinus, De die nat., 9) : eos vero numéros qui in uno
quoquc partit alujuid adfcrunt mulaiwim, dum aut seuim in
samjunwm, aut saïKjuis in cariiem, aut caro in hominis jiguram
convertitur, intcr se coula tos rationcm hahere eam quam voces
liahent quae in musicc aûfxcpwvoi vocantur.
Ces théories exlrèmeinent curieuses ont eu une influence
même sur les auteurs du (lorpus hippocratique. C'est par elles
qu'il faut expliquer certains passages obscurs de leurs ouvrages,
par exemple, De diaeta, I, 8 (Diels, Vors.y p. 107, 4) :
xal Txpoa-ôev* TjV ôs jjlti '^^X'^ '^^'^ ^cpp-oviT^ç ... 7rà; o tovo; (JiàTa'.oç, oii
■yàp av TipOTaeifTaL* âXX' ap.£tês'. ex toO p.é^ovo; sç to li-sCov Tipo poipYiç
(cf. I, 9). L'auteur du De septim, partu, 9, paraît aussi faire
allusion à une théorie de ce genre. Enfin, il est intéressant de
noter que la doctrine pythagoricienne des nombres de la gros-
sesse a pénétré jusque dans le droit romain : Paul, Sentent.,
IV, 9, 5.
16. Théorie des sensations (^).
Les auteurs d'Alexandre expliquent la vue par la seule activité
du cerveau : celui-ci émet une vapeur chaude (cf. infra : o-xayovaç
sivat, dizo toûtwv Ta; <xl(7^r\rTei^) qui va saisir l'objet extérieur.
Ces Pythagoriciens forment la seule école philosophique qui
explique la vue par une émanation des yeux, sans supposer une
activité quelconque de l'objet ou du milieu. Aëtius attribue à
Pythagore une théorie qui repose sur le même principe
(IV, 13, 9==Dox., p. 404, 9) : ev.ot. 8s xal IIuGayopav Trj oô^rj
zclÙtt^ TuvsTrt.ypàcpoua-t.v = < dxTLva; > âcp ' sxaTspou cprio-l twv o^-
3'aXfjLwv âuoTS'.voj^.svaç toiç Trepao-tv aurwv olovsi ysipwv STracpa^ Ti£p',xa-
^auTOUo-ac; to^ç êxtÔ; rri^ixa^Ji tt^v avTtXri^Lv aUTwv Trpoç TÔ opaTf.xôv
ûtvaSioovau Archytas professait une théorie analogue, d'après
(*) Je proposerais de restituer ainsi le texte de ce passage si discuté ; (juXXapt^v,
d^ewv, 8tà iratjÉcDv, qui sont les noms des trois « accordements » principaux .
(PHILOLAOS, fr. 6, Diels.)
(*) Concernant les problèmes que se posaient les philosophes anciens sur ce
sujet, voyez l'article d'A. Haas, Antike Lichttheorien^ dans VArchiv, XX (1907),
pp. 345-386.
— 220 —
Apulée, ApoL, 15 {Vors., P, p. 830, 18) : seu tantum oculis
profecti (radii) sine ullo foris amminicuLo .
Voici comment je comprends le raisonnement, assez obscur,
formulé par les auteurs d'Alexandre pour prouver que la sen-
sation est une vapeur chaude. Prenons la vue comme exemple.
C'est par l'intermédiaire de la vapeur chaude des yeux qu'on voit
à travers l'air et l'eau. Si la vue s'opère à travers ces éléments,
c'est parce que le chaud s'appuie contre le froid. — Enten-
dons par là que la vapeur chaude sortant des yeux résiste, se
conserve intacte et distincte de l'air qu'elle traverse. En effet,
si cette vapeur était froide, elle s'entr'ouvrirait au contact de
l'air extérieur, qui serait semblable à elle ; elle se confondrait
avec lui et la sensation ne pourrait s'opérer (^).
En certains endroits, l'auteur pythagoricien appelle les yeux
les « portes du Soleil (^) ». Il faut entendre, par cette expres-
(0 Haas {loc. cit., p. 354) comprend d'une façon un peu différente la théorie
exposée ici : « Pythagoras erklârte das Sehen durcii eine heisse Ausdiinstung, die
von dem Auge zu dem Objekte slrômt, infolge des VViderstandes, den sie bei dem
Kallen findet, von deii sichtbaren Gegenstanden zurùckgedrângt wird und so deren
Emptindung zu dem Auge gelangen lâsst, » Il adopte la leçon de la Vulgate cltzô et
il paraît croire que le ^^xpô^^ dont il est question dans le texte est le froid des
objets visibles. A mon avis, le froid dont parle l'auteur est celui du milieu (l'air)
que traverse la vapeur chaude avant d'arriver aux objets. La différence des qualités
ptiysiques du milieu et de la vapeur permet à celle-ci de résister, de se conserver
intacte et d'arriver jusqu'aux objets. L'auteur, en effet, cherche à expliquer par là
(yâp) le fait qu'on voit seulement à travers l'eau et à travers l'air.
(2j vuv 8è l'axtv £v oic riXiou TcuXa; xaXel toùç dîpOaXfjioûç. Gobet suppose une
lacune après v5v ci. Reiske la remplit en partie : vuv ôè < ^zpixo^ wv uttô ^^x^'^
àvxEpctôojjLsvoç xa-r' £'j6£"tav TropEusxat >...; il ajoute qu'elle a dû être plus longue,
mais il renonce à l'achever. — Après une hypothèse irréelle, vOv os annonce l'exposé
de l'état de choses réel. Celui-ci manquerait-il ici ? Dans l'hypothèse d'une lacune, la
restitution de Reiske seiait en tout cas fautive. Il croit, en effet, que dans la phrase :
àvt£pEio£a6ai yàp z6 ^EpfJ-ov éttI {àno vulg.) xoO <]/u-j(^pou, ce dernier mot désigne l'air
de l'âme. C'est une erreur : le ']>o-/pov représente l'air froid à travers lequel la
vapeur passe. L'hypothétique lacune devrait donc être ainsi comblée, pour le sens
bien entendu : vGv oè < «^ep^xo; wv, ètiI xoO àÉpoc; àvx£p£too[X£vo<; xax£u6uv£i . àXXà
xat > è'axtv... Mais je pense qu'on peut supprimer tous ces détours et se contenter
du texte des manuscrits. L'expression 7)Xi'ou tzûXolç, tirée de VOdyssée, signifie que
les yeux sont le réceptacle des rayons solaires (cf. Tiupiov et r)Xio£tÔ£(; de Priscianusj.
La remarque n'aurait aucune raison d'être en cet endroit, si l'auteur ne voulait
sion, (jue 1rs v(Mix soiil comme les réceplaclcs (i(is r;i}'()iis
solaires et qu'ils contieniieiil un élément igné. Iléraclide Pon-
tique attribuait une doctrine de ce genre à Pythagore (Proclus,
fn Titn., p. 141 =11, p. 8, 9, D) : ot'. tÔv ocpOaApiôv âvâAoyov e'Ivat,
T(j) Tiupl oeîxv'ja-!.v h Wj^ayôpa^ T(o Txpôç "A6'apf.v ÀÔyo). l/expression
Yi>wj uûXa; (Odjfsscey w, 12) est illustrée par cette note de
Priscianus l.ydus. Met. in Theoplt., p. 20, 16 : rto; oùv xal
uupLov xal TjÀt,oe'-5£ç Trapà Toîq lluôayopeîo'-ç tô otitixov XéyeTai
ata'9-rjTript.ov ; cpwTOç, ç/jaw, oexTWOv, 6!.â te to'jç Ietitouç xal O'.au-
yscjTâTO'j; xal xaGapojTaTOu; 6[jL£vas xal oià toc £v auTor? 7i£pt.£yô|jL£va
0{.acpav£a-TaTa 6ypâ xtX. Il est encore question des rayons des yeux
dans la théorie pythagoricienne qui explique les images des
miroirs, d'après Aëtius, VI, 14, 8 : ol dr^b IIjBayôpou xaTà xàç
âvTavaxXàa-Et.; tt^ç Ô'cJ^ewç * cpÉpEa-Qat p.£v yàp tt|V Ô'^lv T£Ta!jL£VT|V wç ettI
tÔv yaXxôv xtX.
Il est difficile d'établir un rapport entre cette théorie des sensa-
tions et celle qui est attribuée à Pythagore dans une autre notice
d'Aëtius, Wy 9, 10 : xaôapov â'xaa-Tov zlycf.i twv aiaBriTwv Ïxoltzou
<7TO'/^£t!o'J 7rpO£p^OJJL£VOV* TTpOÇ p.£V OÙV TT|V Opa<7tV TO at9£pW0£Ç TTECpaxÉvat.,
TTpO; 0£ TT,V aXOTiV TO 7:V£U|JLaTlX0V , Trpo; hé TY^V OO-CppTlO-lV TO TIUpWOEÇ,
TTpO; 0£ TT\V yEUiTlV TO UypÔv, UpOÇ 0£ TT^V âcpT,V TO yEWOEÇ (^). Il SCmble
que le système exposé par Alexandre suppose la théorie des nerfs
ou Tûôpot., telle qu'Alcméon, Empédocle et Parménide l'avaient
formulée (cf. Fors., F, p. 221, 10 : lajjiEv 5k otl ol toù; uopouç
U7:OT',8£(JL£VOt OÙ XEVOÙÇ 6tC£Tî[9£VTO TOÙtOUÇ, dWoL 7r£7r)v7jpOJ|JL£V0UÇ ÂETTTO-
{jt.£p£(TT£pou TLvoç (TW|ji.aTO<; oïov aÉpoç).
expliquer par là pourquoi la vapeur qui est dans les yeux est très chaude (ttjv opautv
àxfjidv Ttva etvai àyav .^epfjLo'v). Pour en revenir aux formes de l'hypothèse irréelle,
notons qu'il est des cas où l'exposé réel des faits, annoncé par vûv Se, est omis :
c'est quand une phrase explicative en tient lieu (Matthaei, Gramm., n» 1216).
N'est-ce pas le cas du passage que nous examinons? L'auteur de cet exposé succinct
a remplacé l'idée que nous rendrions éventuellement par ^ep{jio<; wv xaxeuôuvet par
l'énoncé de ses causes.
(*) C'est cette doctrine apparemment que résument Albinus, Inst. de Plat, doctr.,
14, et Chalcidius, In Tim., 50 : est porro Pythagoricum dogma similia non nisi a
similibus suis compreliendi.
— 222 —
17. Psychologie, a) Les parties de l'âme.
L'àme, d'après les auteurs d'Alexandre, comprend trois
parties : D'abord le 3u|jl6;, mot auquel on peut donner le sens
ancien de priticipe vital, qui a son siège dans le cœur. Le voG;^
situé dans le cerveau, n'est pas entendu ici dans le sens platoni-
cien, car l'homme l'a en commun avec les animaux; c'est une
sorte d'intelligence inférieure, un centre des sensations. Enfin,
les cppéveç (ou cpp6vL|jiov), c'est-à-dire l'esprit proprement dit, qui
est particulier à Thomme, ont aussi leur siège dans le cerveau.
Cette doctrine est tout à fait remarquable. D'abord, elle est
exempte de toute influence platonicienne et elle diffère complè-
tement de celle des néo-pythagoriciens. Ensuite, la terminologie
présente des signes certains d'antiquité. Ainsi, le sens du mot
voO; est aussi celui que lui attribuent Anaxagore {Vors., F,
p. 396, 36 ss.), Archélaos (ibid., p. 412, 7) et Diogène
d'Apollonie (ibid., pp. 425, 5 et 426, il s.), et les cppéve;
occupent un rang supérieur au vouç, ce qui est contraire à
l'opinion commune.
Si nous consultons la doxographie pythagoricienne, nous ne
trouvons nulle part une classification identique. Ce qui reparaît
le plus fréquemment c'est la distinction de raWov et du Xoyt.x6v,
chez Posidonius, par exemple (Galien, deHipp. et Plat, dogm.,
5), et Cicéron, Tusc, IV, 10. Ailleurs (Aëtius, IV, 4, 1, Pollux,
Onom.y II, 226), l'aXoyov est divisé en 3'J|jlu6v et £7:i9u{X7itixov,
comme chez Platon.
Un seul texte offre avec l'extrait d'Alexandre quelque ana-
logie : c'est celui d'Aètius, IV, 5, 10 [Dox., p. 391 a 23) : n^Oa-
yopa; to {jlsv Çwtuov 7:epl tyiv xapoîav, t6 ok )voyixov xal voepôv uepl
TTiv xecpaÀTiv (cf. Ps-Galien, Hist. phil., 28). Pour le siège de ces
différentes facultés psychiques, je renvoie à cette note de Jam-
blique, V. P., 109 : riyeiJLOviai yàp el<7i (t] xapSia xal o iyxécpaXoç)
xal (ba-avel £7H.êà8pai xal è'Bpat Tt.v£<; tou (ppovEiv xal toD Çt^v.
La doctrine de Philolaos présente certaines concordances
dans la classification des facultés, mais des différences notables^
dans le choix des vocables (fr. 13 = Vors., F, p. 314) •
11 place le voûç dans le cerveau, la ^jyr^ et l'aLdOriat.; dans le cœur.
Le voO; semble correspondre aux cppéve; des auteurs d'Alexandre,
l'aiCTOTiCTLç au voùç, la 'J^u/Ti au .Su|jlô;. Il est encore (juestion des
parties de ràine dans la Lettre de Lysis ( Jainhliciue. V. /*., 77),
niais non sous une l'orme de classification rigoureuse : l'auteur
dislin^nie le ).oyLa-TLx6v ou voy)tuôv et les £7rJju|jLiai, (|ui ont
leur siège à la fois dans le cœur et les cppÉveç. Raf)pelons
encore, pour clore cette série de rapprochements, (ju'AIcméon,
tout en distinguant ^uviéva»., le propre de l'esprit humain, de
a'l(T9(3cv£<79a',, comumn à tous les animaux (Théophraste, De sensu,
25), place dans le cerveau le siège de ces deux facultés. Empé-
docle (Aristote, De an., F, 4, 427 b 21, Théophraste, De
sensu, 25) et Parménide (Théophraste, De sensu, 3) ignorent
cette différence.
h) Tp£cp£(7Qa{ TE tV ^uyir\y duo toG aijjLaToç : doctrine attribuée à
Pythagore par le Ps-Plutarque, De vit. Uom., 122. Telle est
aussi la croyance d'Empédocle (fr. 105, Vors., P, p. 261) et de
certains auteurs du Corpus hippocratique. De vent., 14, De
morb., I, 30. On peut en rapprocher la vieille conception selon
laquelle les âmes des morts se nourrissent de sang.
c) Nos auteurs se préoccupent aussi, comme la plupart des
philosophes anciens (^) , de donner une définition de la voix et des
paroles. Le problème ordinairement posé consiste à déterminer
si la voix est de nature corporelle ou incorporelle. Les Pytha-
goriciens, par un compromis dont nous avons signalé ailleurs
d'autres exemples, estiment qu'elle est corporelle (dv£|i.ouç eivai) ;
mais elle est invisible, comme l'âme, parce que l'éther, dont
elles sont formées l'une et l'autre, est invisible. — Cet éther
est simplement l'air (appelé parfois éther froid) dont l'âme est,
pour une part, composée; nous allons apprendre, d'ailleurs,
que l'âme est attachée au corps par les bronches.
d) Par les liens de l'âme, dont il est question dans la suite,
(1) Voyez sur ce sujet les opinions d'ANAXAGORE {Vors., I*, p. 397^30), d'ARCHÉ-
LAOS (Ibid., p. 411, 3) et de Démocrite {Vors,, IP, p. 39, 11).
_ 224
il faut entendre ceux qui l'attachent au corps et non ceux qui
unissent toutes ses parties entre elles pour en former un tout.
Dans les textes pythagoriciens, on ne peut retrouver cette
doctrine que dans de brèves allusions : Euxithée dans Athénée,
IV, p. 157 G; Jamblique, V. P., 153; Diogène, YIII, 14.
Ce sont les veines, les bronches {dpTripiot.i) et les tendons qui
sont considérés comme les liens de l'âme. En effet, d'une part,
l'air entre dans la composition de l'âme (cf. supra, p. 213);
d'autre part, le sang constitue sa nourriture. Il est remarquable
que nos auteurs ne citent pas la moelle et le cerveau parmi les
liens de l'âme, comme le font Démocrite { Vors., p. 55, 18)
et le Timée de Platon (p. 73) : et cela, malgré le rôle impor-
tant qu'ils attribuent à la substance nerveuse dans la reproduc-
tion et les sensations.
Que signifie la phrase : ôxav ok xal xa9' aurriv y£VO{JL£vyj
TjpejjLTi? Le sens de ces expressions peut être éclairé par un pas-
sage du P/iédon de Platon, où l'on a découvert une allusion aux
doctrines d'Alcméon, p. 96b (Fors., F, p. 133, 34) : ô 8'éyxeçpaXoç
ea-T'.v 6 Ta; aïo-Brio-et.; Tiapf^wv toÛ âxoÙ£t.v xal opàv xal do-opaîvea-BaL, ex
TOUTwv 8e Y^yvoiTO piVT[[JLTi xal ôo^a, £x ô£ [jLVT[[JiTjÇ xocl ù6^y\^ XaPouiTYi;
To rjp£|jL£rv, xaxà xauTa yiyvea-Gat, ett !.(TTTi{i.-/iv (^). Un passage
d'Hippocrate, De rnorbo sacro, 14, explique encore le sens de
TjpefXELV : ox6(TOv o'av àTpEjjLTiO-r, 6 £yx£cpa).o<; ypôvov, totoÛtov xal cppoveL
avGpwTcoç. — LTyÙE'.v et rip£[jL£Lv représentent l'état de l'âme qui
laisse reposer les sensations et en tire la réflexion. xa9' au-riv
y£vo|jL£V7i ne désigne pas l'âme séparée du corps par la mort (car
alors il n'y a plus de oeo-pià), mais caractérise son état pendant
les profondes méditations, les extases ou les songes. C'est alors,
en effet, que l'âme jouit d'une vigueur particulière, d'après les
Pythagoriciens cités par Photius, Cod. ^49, p. 439 A : el yàp
xarà noiôv tî. ^'jyyi toi> crwiJiaToç ev tw ÇyÏv to Çwov ywp!.^op-£VTf|
(*) Voir encore dans le Timée, pp. 43 à 45, la description des effets des mouve-
ments déréglés et du retour au calme des cercles de l'âme (particulièrement
p. 44 b, c).
PsXtÛov ytveTa!. èauTri^ è'v te ro'Iç 'jt:vo'.<; xaxà toj; dve'ipo-j; xal £v Ta'?;
£X(TTâ(Tea-t, Twv vôo-wv jjiavTUTi yilvexat xt)^.
18. Eschatologie.
La plii'ase expicpOelo-âv xe aÙTTjV éicl yrjç TrXàî^eo-Oa'. èv to) asp'. ou.oioLy
Tiù atôijLaTL esl destinée à jiistifiei' la ei'oyanee aux raiitôines, très
vivace dans le Pvtliagorisine. Il semble ([iie l'auteur n'envisage
ici ([ue le sort des âmes ([ui ont été violemment arrachées
(kxpicpOe-Taav) au cor|)s par le suicide, l'assassinat ou un accident
mortel, les P'.awOâvaTot. des textes magiques. A^ii'gile, Aen., VI,
435, emploie une expn^ssion analogue en parlant des suicidés :
luceniqiie perosi \ proiecere animas. D'après le pythagoricien
de Lucien, Pliilops., 29, seules les âmes de ceux qui ont péri
de mort violente errent sur la terre.
Les surnoms d'Hermès, yOov.oç, T.o]XT,z\jq (ailleurs TuojjLTcawç ou
TTojjLuô;), sont assez connus, et leur rapport avec les fonctions
qu'on attribue ici au dieu est bien clair. lluXaio;, l'Hermès gar-
dien des portes est pris ici dans un sens figuré. Le sens mys-
tique de TTÛXat. est expliqué ainsi par Porphyre, De antro
nymp/l., 31 : toO Suplou <ï>£p£XUoo'jç ^.ûyou^ xal pôGpo'jç xal avTpa
xal BûpoLq xal TrûXaç XiyovTOç xal o',à to'jtwv aivLTTOjJiÉvo'j Ta; twv
t[;u)(wv yEvÉo-E'.ç xal à7:oy£V£a-£t.<;. L' Hermès izukaïoç est donc celui
qui préside à l'entrée des âmes dans le corps et à leur sortie.
Alexandre expose ensuite quel est le sort des âmes après la
mort. Mais le rapport de ces nouvelles théories avec celles qu'on
attribue d'ordinaire aux Pythagoriciens, la métempsycose et
la croyance à l'Hades, n'est pas bien clair. Les âmes pures vont
èizi Tov utj^tcTTov; les âmes impures sont retenues dans des liens
éternels par les Erinyes. L'endroit réservé à ces châtiments
n'est pas indiqué. Est-ce l'Hadès sous son ancienne forme
chthonienne? Est-ce, au contraire, l'atmosphère terrestre qui sert
de séjour aux âmes, comme on le voit dans certains fragments
orphiques (par exemple fr. 155), dans Virgile, Aen., VI, 740;
Plutarque, De fac. in orbe lunae, 28; Cicéron, Somn. Scip., etc..
Tome XVIL — Lettres, etc.
15
— ±26 —
qui utilisent des sources beaucoup plus anciennes (^)? Notre
texte ne permet pas de répondre à cette question avec préci-
sion; mais une autre ooca que nous analyserons plus loin :
ehcii T£ -âvTa tov àepa ^uywv £[jitc).£wv, plaide en faveur de la
seconde solution.
Un autre problème consiste à fixer le sens de ini t6v û^j^ia-rov.
Zeller (P/iil, der Griechen, III, ±, p. 91, 1) sous-entend ici
^eov et voit dans ces mots la trace d'une influence des doctrines
hébraïques. Rohde {Psyché, II, p. 165, 2) estime que, dans
ce cas, T.pôç conviendrait mieux que èrd et qu'on n'est pas en
droit, d'ailleurs, d'attribuer aux auteurs d'Alexandre des doc-
trines judaïques. Il conjecture éut. tov û^j^iaTov <xl»xXov> ou
'0 jtj^LTTo; ne doit pas être interprété dans le sens judaïque,
mais bien dans le sens astrologique. '0 {j^i^jzoç, (Beoç ou xùylo<;,
c'est une seule et même chose) désigne, d'après certains textes,
la plus haute des sphères célestes divinisée, celle des étoiles
fixes : Cicéron, Somn, Scip., 4 : quorum unus (globus) est
caelestis extumus qui reliquos complectitur , summus ipse deus,
arcens et continens ceteros; Apulée, De munclo, 27 (cf. De Plat.,
I, 12), l'appelle summus exsupermntissimusque divum (^).
Nous retrouvons, dans d'autres textes pythagoriciens, la
croyance à un retour de l'âme vers les liauteurs du ciel : les
Vers d'or, où ont été recueillis tardivement un bon nombre de
fragments de l'ancien 'hpôç Aoyoç (^), promettent à l'âme purifiée
du disciple l'arrivée à l'éther libre (v. 70). D'après les Pythagori-
ciens d'Aëtius, IV, 7, 1, les âmes retournent, après la mort, vers
(1) NoRDEN, Aeneis, Buch VI, 1903, p. 19 et pp. 34 et suiv.
(2) M. CuMONT {Jupiter summus exsuper anlissimus, dans VArchiv fur Religions-
wiss., VI [1909], pp. 323 et suiv.) a montré comment cette croyance d'origine
« chaldéenne », c'est-à-dire astrologique, s'est répandue dans le monde grec et
romain. Dans une première étude [Hypsistos, Supplément à la Revue de L'instr.
publ. en Belgique, 1897, p. 11), M. Cumont estimait que le mot ut];taxo(; de notre
passage était l'indice d'un syncrétisme judéo-hellénique.
(5) Études sur la Littérature pythagoricienne, p. 77.
l'àmo du iuoikIc don! elles ont. élé détaehéiis et qui, pour nos
auteurs, est constituée par l'éther chaud. Pour Kpicliaruie aussi,
chez qui les Anciens avaient découvert tant d'inihiences pytha-
goriciennes : sùdspYiç vô([) TZECûoxtoc, oô TiâOo!.*; x' oùosv xaxôv I xaTOav(.')v .
avd) To ~v6'j(JLa 8',a|ji£V£^ xaT' oùpavôv (fr. ^2, Vors., |•^ p. 1^4, 4;
cf. fr. 9, p. 122, 18). La théorie (jue (llaudicMi rap[)()rte à
Philolaos {De statu an., II, 7 = Vors., P, p. 820, 12) n'est pas
très différente: diligitur corpus ab anima quia sine eo non potcst
uti sensihus : a quo postqucun morte dedncta est ar/it in mundo
(= le xÔTuoc; situé au-dessus de Totjpavôç) incorporalem vitam.
La doctrine rapportée ici peut être ancienne (^) ; seul l'emploi
du mot u4^tc7To; pour désigner la sphère la plus élevée divinisée
peut paraître un indice d'un remaniement récent (^), si l'on ne
veut pas admettre que le doxographe a déformé quelque peu
la pensée de ses auteurs.
La suite de l'exposé d'Alexandre présente encore quelques
difficultés. D'après les Pythagoriciens, l'air est plein d'àmes : ce
sont elles que nous appelons démons et héros. Il ne peut être
question ici des âmes qui sont sorties du corps en état de pureté
parfaite : celles-ci résident, en effet, au plus haut des cieux.
D'après une notice d'Aëtius (1, 8, 2 = Doxogr., p. 307), les
termes r.pwsç et oaiiioveç désignent également les âmes boimes et
mauvaises dans le langage pythagoricien, comme dans la religion
grecque ordinaire. Suivant une autre doctrine pythagoricienne,
au contraire, les oaip-ovcç et vipwe; sont des âmes divinisées
(Aristoxène dans Jamblique, V. P., 99; Timée, ibid., 37).
-Ici, ces termes s'appliquent apparemment aux âmes impures
et à celles qui ont été purifiées par des châtiments et qui
séjournent dans les airs. De là, on peut tirer une présomption
en faveur de l'hypothèse que nous avons formulée plus haut,
selon laquelle l'Hadès serait situé dans l'atmosphère terrestre.
(1) Gruppe, Griech. Myth., p. 1095, n. 1 (cf. p. 1498), a montré que la croyance
selon laquelle les âmes des morts vont dans le ciel est fort ancienne.
(2) On songera à rapprocher cette croyance d'origine astrologique de la doctrine
selon laquelle les astres sont des dieux (supra, p. 207).
— ^228 —
Une autre preuve que ces ouatai (j>uyt.xa{, comme les appelle
Aëtius, comprennent de bons et de mauvais esprits, c'est que
certains d'entre eux envoient aux hommes des maladies et
qu'on doit se purifier de leur contact par l'observation de rites
religieux (xaGapjjLo;; et à7roTpGT:t.ac3-jjLO'!) ; tandis que d'autres mani-
festent leur bienfaisante influence par l'envoi de présages et en
se prêtant aux pratiques divinatoires des hommes.
19. Notes diverses.
âyaGov r\ ettI to xaxov. On reconnaît dans ces mots une conception
de la Rhétorique qui rappelle celle des Sophistes : un art de
persuasion indiffèrent à la morale, capable de pousser au mal
comme au bien.
b) euSaipiove^v Te àvGpwTOUç oTav àyaGri ^o'/r\ Tcpoo-yévriTat.. Il y a,
dans cette doctrine, un jeu de mots étymologique [euhaiiioveiy et
eu — 8ar!{jLwv) qui se rehausse, aux yeux des Pythagoriciens, d'un
sens philosophique profond (Baijxwv = ^^^x^) - on ne peut être
heureux sans posséder une âme vertueuse ou un « bon démon ».
Cette idée reparaît dans divers fragments pythagoriciens, comme
dans ces vers de l'iepoç Aoyo; conservés par les Vers d'or (61) :
Zeû TraTep, t, izoXkCdy xe xaxwv Xua-eiaç cxiravTaç
ei 7Tàc7t.v oei^ctic, oiiô tw oyl^oyi xpwvTat. (^).
On trouve des conceptions analogues dans Xénocrate (Aristote,
., II, G) : euôaîfjLOva eiyai tov tV ^'^'/''''^ Ijo^zcl (jTcou^aiav TauTY^v
yàp èxà(7Tou eha.i tov ôatfjiova, et dans Démocrite (fr. 171, Vors.,
IP, p. 95, 6) : £Ùoai.{JLOV'//i oùx £v (3oa-x'rijjtaa-!.v oly.el ouoe ev ypucrtji*
^^y^^i OW'^TTiplOV oat!{Jiovoç.
c) |Ji7,oé7roTe os -^pejjLerv [Ji rjok tov «Ùtov poov xpaTeCv. Le sujet de
cette phrase, d'allure héraclitique, n'est pas défmi; mais il est
vraisemblable qu'il est question ici de l'homme, comme dans
la phrase précédente.
(*) Études sur la Littérature pythagoricienne, pp. 67 et suiv.
On peut V voir une allusion à la doctrine do, la inoleinpsvcose.
Le sort de l'ànie varie d'une incaination à l'autre, eounne le dit
le Pythagore de Lucien, mut., 5 : xal o-ewjtôv ëva rjoxéo^-zcx
xal à'XXov ôpeôijLcvov iXXov sôvra s'icxca!.. . . vOv p.£v o'jtoç, TocXa'. ok
aXXtfj (TW[ji.aTL xal £v y.Xkiù o'votjLaTt. ècpavxâ^co.
Mais il est [)ossible que l'auteur fasse allusion aux cliange-
nients que subissent le corps et l'àme pendant le cours de la vie.
A ce sujet, on peut rappeler les paroles qu'Ovide place dans la
bouche de Pytliagore, Met., XV, 214 : nostra quoque ipsorum
semper requieqm sine ulla \ corpora vertuntiir ; nec quocl fuimus
sumusve cras erinius. Épicharine a conservé un écho d'une telle
doctrine (fr. 2, Vors., V, p. L18) : wSe vùv 6pr^ \ xai tôç àvGpojTiwç*
0 {JL£V yàp a'j^£8', ô 0£ ya p.àv cpOîvEt., | év [jL£TaXXayà û£ TràvTeç evtl
TtàvTa TOV ^povov XTA.
(/J opxlov T£ ELvat. tÔ ouawv xal O'.à toÙto Aia opxLov XÉyEo-Ga',.
Il faut entendre : ce qui est juste a la valeur du serment;
en d'autres termes, il n'est pas nécessaire de prêter serment
pour être tenu à l'observation d'une promesse. Une idée peu
différente est exposée dans Jamblique, V. P., 47, et Diogène,
Vin, 22 (^) : elle tend à bannir le serment des conventions
et surtout des conversations des hommes.
e) TÔv 5£Ôv < ap[jLov'-!av elvoLi > . Même doctrine dans Lucien,
Vit. auct., 4. Nous ne trouvons dans la littérature pythago-
ricienne aucun texte qui explique cette doctrine.
f) xoL.B' bLpu.oyioLv oruveo-Tava!. Ta ola. Pour les Pythagoriciens
d'AristOte {^Met., A, 5) tov oXov oùpavôv àp[j.ov'iav E^va!, xai âp'.Gjxov,
comme pour Philolaos d'ailleurs (fr. 2 et 6). Nombre de notices
doxographiques rapportent la même doctrine.
g) T'.txà; GcotTs oELv vojjLÎ^cLv xa'l '/lpwa-5. zoLç 1(77.^. — Jambliquc,
V. p., 37 (Timée) et 99 (Aristoxène), ainsi que Diogène,
ci-dessus, 23, distinguent aussi les honneurs qu'on doit réserver
aux dieux de ceux qu'on rend aux héros.
(*) Cf. Diogène, I, 60 : xaXo/,àYa6i'av ôpxou iziazo-ipav ïyz
— 230 —
En consacrant raprès-n)idi au culte des héros, les Pythago-
riciens sont d'accord avec les Orphiques (Abel, Orp/i., p. 154,
fr. 24; cf. ÏEtym. magnum, s. v. Upov riiiao, et le scholiaste de
Y Iliade, 6, 66)
Il) Sur le port de vêtements blancs dans les cérémonies du
culte, cf. Jamblique, F. P., i53. Selon Aristoxène (Jamblique,
V. P., 100), Diodore de Sicile, X, 9, 6, et Diogène, ci-dessus,
19, les Pythagoriciens ne portaient que des vêtements blancs.
ij La définition de la pureté rituelle est destinée à expliquer
le terme àyveûovTaç, qualité requise pour l'accomplissement des
cérémonies. Les moyens préconisés dans ce but diffèrent peu
des règles ordinaires de la religion grecque. Ainsi le deuil et les
accouchements sont des causes de souillure; même croyance
dans Jamblique, V. P., 153 et 256 (Timée) (^). En ce qui
concerne l'usage des bains, les notices varient : d'après nos
auteurs et Aristoxène (Jamblique, F. P., 98), les Pythago-
riciens se baignaient volontiers. D'après Aristote (Jamblique,
F. P., 83, Élien, F. H., IV, il), il leur était interdit ouBk
7r6pt.ppavTTipt.ov ép.pà7rT£!.v oùoï £v [3aXav£((o Xouea-Ba!.; mais il est
question ici des bains publics, qui les auraient exposés au con-
tact des hommes impurs (^).
Les auteurs d'Alexandre ne paraissent pas avoir observé
l'abstinence de toute espèce de viande, mais seulement de la
chair de certains poissons, des animaux ovipares et des animaux
morts ou tués sans effusion de sang, ainsi que des viandes déjà
entamées, accidentellement, par d'autres animaux (ppwxwv xpswv).
L'abstinence des 5vricr£W(.a xpéaxa est confirmée par des notes
d'Aristote (Élien, F. H., IV, 17) et d'Hiéroclès, Inaur. Carm,,
67; les mystes d'Éleusis y étaient aussi astreints, d'après Por-
phyre, De abst., ÏV, 16.
(*) L'heure de midi est celle où les fantômes se manifestent, dans les légendes
grecques : Kohde, Psyché, 1, p. 149, 2.
(') Cf. aussi Théophrâste, De superst., 9, et, pour le culte d'Éleusis, Porphyre,
De abst., IV, 16.
(') Cf. Orphée, Lith., 366 ss., et Hippocrate, De morbo sacro, 2.
(]e passufce (lo Dioj^ène esl, U\ seul léiiioi^iia^'c (|ui nous
autorise à attril)uer aux Pytliagoiiciens l'abstinence des (ïîufs.
On peut en rapprocher, il est vrai, un texte de Plutarque, Qu.
conv.. Il, 3, ^, mais il n'est pas très décisif : eç évuTiviou t'.vôç
aireî.'^ôjjLTiV (ôwv tioXÙv TjÔtj ^pôvov... ÛTrôvotav {i.£VTO'. 7:ap£Tyciv £V£-
^Eo-Oa!. Sôyp.aa-',v dpcpuoCç ti TruGayopt-xoii; xal rô (ôôv, wo-iTEp ëvLOL
xapSîav xal éyxÉcpaXov, àpyV Tiyo'JfjiEvo; yEvéo-ew; icpoo-iouo-Oau On peut
expliquer cette abstinence soit, comme Plutarque, par des
théories biologiques, soit, avec plus de vraisemblance, par
l'usage qu'on faisait des œufs dans les cultes funéraires (^).
La remarque finale d'Alexandre : xal twv aXXwv wv ruapaxe-
XeuovTai xal ol xàç XEXETaç sv to^ç Upo^ç £Tct.T£XoûvT£(;, trouve un
parallèle dans Jamblique, V. P., 138 : 'é<7Ti ok xal twv dizo-
TayfjiâTwv Ta TioXXà £x tsXetwv eta-evrivsyiJLEva. Une notice de Por-
phyre, De abst., lY, 16, sur les abstinences des cultes d'Eleusis,
présente un bon nombre de points de concordance avec les pré-
ceptes pythagoriciens : uapayyiXXsTa', yàp xal 'EXe-jo-^vl oLTzéje^^oL',
xal xaTO!.xLolwv dpvlÔwv xal (.'yBuwv xal xuau-wv pot.àç te xal |i.-riAwv xal
eu' Lo-TiÇ jjLEjjiiavTa!. t6 te Xéjo'jq (1. ÂEyoùç?) a^aa-Oa!. xal to 5vria-£t.0L(t)v.
D'après un autre passage (i7n(/., IV, 2^), une loi sacrée d'Eleusis
défendait de nuire aux animaux. Yoici quelques autres exemples
de concordances entre les prescriptions pythagoriciennes et
celles des cultes :
1. 9'jEt.v ypTi àv'jTrdoYiTov (Aristote dans Jamblique, V. P., 85) :
se retrouve dans les lois sacrées d'Andanie (Michel, n'' 694), de
Lycosura (Dittenberger, IP, p. 803) , de Jalysos (Michel, n° 434) ;
2. port de vêtements blancs : Andanie [ibid.), Lycosura
[ibid.) ;
3. abstinence de fèves et de poissons : règles orphique et
éleusinienne;
4. défense de porter des anneaux (Jamblique, Protr., 21,
Clément, Str., V, 5, 28) : Lycosura [ibid,) ;
(*) M. NiLSSON, DasEi im Totenkult der Alten, dans VArchiv fiir Relig., XI (1908),
p. 530; RoHDE, Psyché, II, p. 126, 1 et p. 407.
— 23-2 -
5. éuL^uywv d-ijzts^oLi : attribué aussi aux Orphiques;
6. emploi de linges blancs pour l'ensevelissement des morts
(Jamblique, V. P., 155) : loi de Julis (Michel, n« 398).
La polémique d'Hippocrate contre les (jLàyot., xaôapTa(, àyupTai
et âAaÇove;, dans le Traité de la maladie sacrée, i, est très in-
structive au point de vue des concordances qui nous intéressent.
Parmi les moyens qu'emploient ces charlatans pour soigner
l'épilepsie, je relève ceux-ci, qui rappellent des pratiques pytha-
goriciennes : xaGapfjLoùç Tïpoa-cpspovTe; xai zizoloiZolc, , XouTpwv Te
dTTÉyeo-Qat. xeXs'JOVTe; xal éoeo-piàTwv ttoXXwv (l'auteur cite la trigle,
l'oblade, le coq, etc.), ... {\kâr:iov ok piXav |jl'>i lyziv (5avaTwo£ç
yàp TÔ fjiéXav) . . . [i-'A^oe Tiôoa ïizl ttoSI eyetv pi-^oe ye^pa £7ïl ^£t.pl (xauxa
yàp TiàvTa xwXùjjiaTa eîvat.) .
*
Dans son Histoire de la Philosophie grecque (^), Ed. Zeller
se refuse à reconnaître dans ces extraits des théories de
l'ancienne école pythagoricienne. Il attribue les 67ïop.vTi|j.aTa
cités par Alexandre au ou au siècle avant J.-C, c'est-à-dire
à une période du développement de la philosophie pythagori-
cienne qu'on est convenu d'appeler néopythagorisme. Diverses
raisons, importantes, on le devine, ont amené le père de
l'histoire philosophique à prononcer une condamnation aussi
grave. D'abord, on ne retrouve pas dans cet exposé plusieurs
des doctrines qu'Aristote et les principaux doxographes nous
ont habitués à considérer comme des caractéristiques de l'ancien
pythagorisme : les théories du uspaç et de V^It^z^^ov, les dix oppo-
sitions et le système astronomique bien connu (antiterre, feu
central, etc.).
On doit avouer qu'une bonne partie des doctrines exposées ici
sortent du cadre des études ordinaires des anciens Pythagoriciens ;
elles se rapportent surtout à l'anthropologie et à la psyciiologie.
En outre, on y chercherait en vain les théories caractéristiques
0) Die Philosophie der Griechen, I, 1^, pp. 360 et suiv., et surtout III, 2^, pp. 103
et suiv. o
— -233 -
du l^vthaj^orismc d'ArisloU'. Mais il laul remarquer ([iic celui-ci
n'a pas épuisé son sujel el (pTil ne cile ^nière cpic les travaux
nîatliéniati([ues et astrononiiipies des Pvlhaf^oriciens, parce que
c'est dans ce domaine (ju'ils se sont spécialisés et (pi'ils ont
inventé des méthodes et des théories ori^inahîs. Lui-même
prend soin de nous en instruire : }lct.. A, p. \){){) a 1(> : -cpl
(XTS o'jokv TTEol Twv a',*a-Or,T(ov OLua', XsvovTe; 'lo'.ov ('ioLOv — indépendant,
original); p. 987 a ^, il ohserve que les Pythagoriciens se
sont ralliés aux opinions de lein's prédécesseurs, en ce qui
concerne la o-wuaT'-xTi àpy /i, définie conune Gowp, uOp xal TO'.aÛTa
o-wuaTa (^). Sur toutes ces questions, ils n'ont rien changé aux
points de vue et aux méthodes des autres philosophes présocra-
tiques, en sorte que leurs théories ne présentaient, aux yeux
d'Aristote. aucun intérêt pour son histoire de la philosophie.
Aussi a-t-il passé sous silence les doctrines qu'ils avaient pro-
fessées dans le domaine de l'histoire naturelle.
Un exemple typique peut ap[)uyer notre argumentation :
la découverte du papyrus de Ménon nous a révélé un ensemble
de doctrines médicales de Philolaos (^) ; or, ces extraits ne
rappellent en rien les autres théories de Philolaos, pas plus
que celles des autres Pythagoriciens.
Il semble donc que les j-ouvTijj-a-a TïjBayop'.xa qui ont fourni
la matière des extraits d'Alexandre étaient des traités de phy-
sique, de physiologie et de psychologie, dans le genre des t.coI
aûo-sw; des Présocratiques. Ces sciences étaient à coup sûr
cultivées dans l'Ecole pythagoricienne : les fragments nouveaux
de Philolaos suffiraient à le prouver. En outie, parmi les
Présocratiques; il est un bon nombre de philosophes que
les doxographes rattachent au Pytiiagorisme, quoique leurs
théories philosophiques et le genre des recherches auxquelles
(*) Cf. 0. Gilbert, Aristnteles Urieile iiber die pijthag. Lekre dans l'Arc/i. f^r
Gesch. der Philos., XXII, 1909, pp. 152 et 153.
(2) Anonymus Lond., 18, 8, p. 31, dans Diels, Vors., p. 308.
— 234 —
ils se sont adonnés s'écartent beaucoup de la tradition pythago-
ricienne à laquelle Aristote a donné une sorte de caractère
officiel. On ne saurait trop insister sur leurs attaches pytha-
goriciennes et sur l'importance de la place qu'ils devraient
tenir dans un exposé de la philosophie de l'École. Tels sont
Alcinéon, Hippase, Ménestor, Xuthos, Hippon, Ecphante,
Lycon, etc., qui se sont occupés surtout de cosmologie, de
physiologie, de médecine, et dont les fragments ne présentent,
peut-on dire, aucune théorie spécifiquement pythagoricienne.
Enfin, notre étude a montré qu'en cherchant bien dans les
maigres fragments qui subsistent des travaux pythagoriciens
sur ce genre de questions, on peut instituer de nombreux
parallèles avec les extraits d'Alexandre. Au contraire, en compa-
rant ceux-ci à divers ouvrages néopythagoriciens, on n'arrive
pas à établir de concordance probante. Les passages parallèles
montrent bien, çà et là, quelque rapport avec des apocryphes
ou des fragments d'apocryphes connus : Ocellus, Archytas,
Philolaos, etc., mais en de si rares occasions, qu'on ne peut
supposer une utilisation de ces sources. D'autre part, il est
tout à fait remarquable que les doctrines platoniciennes n'aient
exercé aucune influence sur les ouvrages consultés par Alexandre
(cf., par exemple, p. 222), tandis qu'elles ont marqué de leur
empreinte les théories néopythagoriciennes.
La seconde objection de Zeller est qu'on peut relever, dans
nos 'j-o|jiv7iu.aTa, des influences stoïciennes : cette objection
vise le fond comme la langue philosophique des extraits. Zeller
signale tout d'abord plusieurs emprunts à la terminologie
scientifique du stoïcisme : tels seraient le mot al-zio^, pour
désigner la cause agissante, et les termes |jL£Ta(3â)0.ef.v xal xpÉTreo--
6at, 0'.' ôXwv, appliqués aux trnnsmutations des éléments (^). On
peut répondre (jue ces observations, si elles étaient justes,
prouveraient seulement que le doxographe emploie une termi-
nologie philosophique influencée par le stoïcisme. Aristote
0) m, 2*, p. 104, notes 1 et 2.
liii-iiK'inc se sci l de son j)i'()pi*t' vocMbiilMirc L(i('liiii(|ii(^ m cxposiuil
les lluM)i'ios (le SCS |H'(Mlrc(Vss(Mii's. (Soumit' Ir dil M. Kohiii ('),
(( s'il y a là une raison sullisanir pour appoi lcr an Icnioif^naj^c,
dans sa foiMnc, la concclion (pTil coin poi lc, il n y en a pcnl cire
pas poni' 1 invalider coniplèlenicnl ». Une bonne pailie des
doelrin(\s des plnl()so|)lies présocralicpies esl Irailée de celLe
façon par lesdoxographes.Tliéophrasle, par exenîj)le (Alexandre,
In Met., A, 3, l)8i/> 8 — V'or.s'., 1*, p. I iO, 7), expose ainsi nne
doctrine de Parniénide : oûo tloiwv Ta; ào/â;, u-jp xal y/jv, -h {jlev
(bç ûXyiv, tô 8s w; a'I'T'.ov xal tiowjv (^). Qn;inl à l'exjjri^ssion |jL£-:a-
pâXXsLv, on me permettra de mettre en doute l'exactitude de la
remarque de Zeller : je m'en réfère, là-dessus, à l'étude de
W. Heidel, Qualitative cliarige in presocratic P/iilosop/iy (^).
Pour le fond, Zeller établit quelques rappi'ochements entre
les doctrines des Pythagoriciens d'Alexandre Polyhistor et cer-
taines théories stoïciennes. Mais aucun de ces parallèles n'est
décisif. On ne trouve, dans notre exposé, aucune des doctrines
fondamentales du stoïcisme, non plus qu'aucun des mots de la
terminologie spéciale créée par les Stoïciens. Là où quelque
analogie est évidente, on peut l'attribuer au foit que le Pytha-
gorisme et le Stoïcisme ont puisé à des sources communes
(conceptions populaires, superstitions religieuses, physique
ionienne, etc.), ou l'expliquer par des emprunts des Stoïciens
au Pythagorisme. De telles influences ont souvent été signalées :
on sait que Zénon avait écrit un livre intitulé HjBayop'.xà
(Diogèiie, VII, 4).
. On peut d'ailleurs reprochpr à Zeller d'avoir employé quel-
quefois des critères arbitraires en essayant de distinguer les doc-
trines de l'ancien Pythagorisme des développemeiUs qu'elles
reçurent dans la suite. Je n'en veux qu'un exemple : un frag-
(») Sur une hypothèse récente relative à Socrate, dans la Revue des Études
grecques, 1916, p. 162.
(2) Voyez dans Wellmânn, toc. cit., p. 227, n. 4, la justification des expressions
atxiov — uXtj, Ttotouv — Tiàa^ov.
(5) Archiv fiir Gesch. der Philos., XIX (1906), pp. 333-379.
— -m —
ment d'un ouvrage [)ei'du d'Aristole assure que riuGayôpav aXAo
(Damascius, De princ, II, I7:2=Fors., F, p. 326, 7). Zeller en
conteste simplement l'authenticité ou refuse de reconnaître
l'antiquité de la doctrine (^), parce que ce texte est en contra-
diction avec sa conception des doctrines de l'ancien Pytha-
gorisme.
Nous n'avons aucune indication précise qui nous permette
de deviner quels sont les 6-o[^.vTi[jLara TïjBayop'.xà dont Alexandre
a tiré ces extraits. Tantôt le verbe des citations est au sin^u-
lier : (30) xaXer, (82) cpY,cr'iv ; on pourrait supposer qu'Alexandre
vise Pythagore, mais on peut croire aussi que cette forme
désigne l'auteur particulier qui est résumé en cet endroit.
Tantôt la citation est au pluriel : (27) xa).oùo-!.v, et paraît se
rapporter aux œuvres de divers Pythagoriciens. En quelques
endroits la langue paraît se ressentir d'influences poétiques :
(27) e'.s Ta pivÔYi ousaGat., (31) Tc>vâÇ£crBa';, (32) ^oov non contracté,
sans qu'on puisse en tirer une conclusion précise.
Diels (^) croit qu'il est possible de considérer ces 67ro[jLv-ri[jLaTa
comme les trois livres : 7ra!,o£L»T(.xôv, 7zo\m/.6v, cpuo-Lxôv, dont il est
question au paragraphe G et dont Diogène cite des extraits aux
paragraphes 1) et 10. Mais on peut objecter, à cette hypothèse,
le pluriel de la citation que nous venons de signaler (^).
(1) I, l•^ p. 366.
(2) Archiv filr Gesch. der Philos., III, p. 471.
(•>) Wei.lman.x {loc. cit., pp. 24"2 et suiv.) ne me paraît pas avoir remarqué cette
difficulté, puisqu'il rappoi te toutes les doctrines à l'ouvrage d'un seul Pythagoricien.
— L'expression Tr'jOayopixà 'jTrofjt.v7^ijLaxa, employée pour désigner ces livres, est
remarquable. Ce terme uTuopT^piaTa s'applique proprement aux Notes ou Souvenirs.
On le retrouve dans Jamblique, V. P., 446 ({>'jTO[ji.vY^{ji.aTa laissés par Pythagore à -a
famille) et 199 (xà Tr'jÔayo'pEta u7io[jt.vrj[jLata) et dans une seconde rédaction de la
Lettre de Lysis à llipparque {Etudes, p. 104j. — On pourrait croire que nous avons
aiïaire ici à ce llecucil de notes secrètes prétendument retrouvé, mais en réalité
compoj^é par un faussaire, et tenu par Alexandre pour un ouvrage authentique.
Mais cette hypothèse rencontre la même objection que celle de Uiels. En tout cas,
nos u7ro;j.v*^[j.aTa seraient tout ditï'érents de ra[)Ocryphe pythagoricien du même
nom dont un faussaire a tiré V'hp6<; Ao'yoç écrit en dialecte dorien : cet opuscule
traitait, en effet, de l'anthmologie (Études, p., 205).
— ^2:n —
L inl('i'("M i\uo iurscnlri'îiiciil ces rxliJiils, si l'on |)()nv;iil les
allrihiKM' avec scciiiilc à I Miicicii Pylliagoi'ismc, (Iccoiilei'aiL
surtout (lu sujol (ju'ils liailcnl. La doxo^^n'apliic ri les rra^iiicnls
pythagoriciens nous apincnnenl en jm'ii de chose sur h's
(loclrinos ('osinoi»()ni(|U('s, |)hvsiologi(|ii('s cl j)sy('hoh>i^i(|U('S
propres à 1 b^coh'.
Une ten(hince rationaliste se l'ail jour nianifeslein<Mil chez l(;s
auteurs consultés par Alexandre : s ils ont consei vé les anciennes
doctrines pythagoriciennes, c'est en les épurant et en cherchant
à leur donner une explication scientifKjue. On aura reniai'(pié,
au cours de l'étude qui précède, mainte concordance avec les
physiciens de l'École pythagoricienne : liippon, Ecphante,
Alcméon etc., ainsi qu'avec des écrivrains dont les attaches
pythagoriciennes sont bien connues : Parménide et Empédocle
surtout. On ne peut y découvrir une influence profonde et
prépondérante de l'un ou l'autre système piésocratique. On
reconnaît des traces d'Iiéraclitisme dans les théories de l'ori-
gine ignée de la vie, du flux des choses humaines, du rôle de
la respiration dans la formation de l'àme. L'Ecole ionienne
proprement dite ( Anaximandre, Anaximène, Anaxagore, Dio-
gène d'ApoUonie) pourrait avoir inspiré à nos auteurs leur sys-
tème cosmogonique. Enfin, les concordances ne sont pas rares
avec quelques œuvres du Corpus hippocratique, ce qui s'expli-
querait aussi bien par des influences de l'École médicale pytha-
goricienne sur l'École de Cos, dont la floraison est d'époque
plus récente.
10. 34-35. — Extrait d'Aristote, provenant probable-
ment du recueil aristotélicien izepi n'jSayopetwv (^). Ces notes.
(1) I.a citation de Dio§:ène âv rip Tispl xwv xuafjLwv (=BP; TzepX xûv xuot[jL(wv F)
paraît provenir d'une méprise. Comme on ne connaît pas d'ouvrage aristotélicien
qui porte ce titre, Roeper a supposé une lacune après sv xi^ : le nom de l'ouvrage
cité serait perdu. Il supprime, en outre, uspi et le second xwv xuàfjLwv, qui provien-
draient d'additions postérieures à la perte du titre de l'ouvrage. On peut admettre
simplement que Diogène, ou l'une de ses sources, a confondu une rubrique, indi-
quant le contenu d'un chapitre ou d'un paragraphe, avec le titre d'un ouvrage.
— 238 —
qu'on peut compléter par l'exposé de Jamblique, V. P., 82-86,
appartiennent au chapitre qui traitait des àx&ij(7|jLaTa ou préceptes
superstitieux. Elles contiennent six formules de ce genre, dont
cinq prohibitives. Aristote présente pour chacune d'elles plu-
sieurs interprétations tirées des livres de propagande pythago-
riciens (cf. Jamblique, F. P., 87) ou des observations qu'il
avait pu faire dans le domaine du folklore et de l'ethnologie.
Pour les tabous alimentaires, xoâiJiwv aueyecrGat., dÀexTpuovoc; ii-r\
aTiTÊO-Qa'. \Buy.où, twv r/Quwv p-Ti ocTiTec-Ba!. ôa-ot. Upoî, je me permets
de renvoyer à mes Ewdes sur la Liuératnre pythagoricienne y
pp. 289 et suivantes,
Tà o£ TZEcrôvTa [jlvi avaipeiaBat. : il s'agit des miettes qui tombent
de la table. Rohde (Psyché, I, p. 2 15) a retrouvé dans cette
pratique une survivance d'une vieille superstition indo-euro-
péenne : les miettes qui tombent à terre sont la part des
âmes des morts (cf. Athénée, X, p. 427 D). La note explicative
d'Aristote : ettI TeXeuTr) Tt.voc; est une bien vague indication. Faut-il
traduire : après, lors de, ou à cause de la mort de qiielqiùni?
Et quel est ce quelqu'un?
La note xal to [i-kv ).£tjxGv zr^c, TayaBoL» cpLiçjswç, to 8e pieXav toO xaxoù-
n'est pas à la place qui lui convient, car elle se rapporte au
mot leuyoù de l'avant-dernier précepte.
à'pTov piYi xaTayvu£!.v : il ne faut pas briser ou émietter le pain.
Selon Boehm (De Symbolis, p. 43), cette défense équivaudrait à
un ordre de couper le pain avec un couteau : le contact du fer
était censé éloigner les mauvais esprits qui auraient pu se fixer au
pain! Mais il est absurde de supposer qu'on eût remplacé un
précepte positif, au sens précis, par une formule négative et
plutôt équivoque. Anaximandre le Jeune présente une autre
formule : a-o o)vOxAT,potJ àpTou ||jiyi eçrG'ie'.v (ou p.Yi àîrooaxve) : il ne
faut pas rompre le pain avec les dents.
Je ne me hasarderai pas à conjecturer la raison d'être de ce
tabou. Aristote était fort embarrassé : 6ti inl ha ol nylai twv
cptXwv £<po{T03v... [jLYi ZicLi^zv^ oç (TuvàyEî. auToûç. La défcusc scrait
donc dérivée d'une ancienne coutume, encore observée chez les
Barbares, selon Aristote : une société d amis se réunissait
autour (l'un pain (sans y toucher sans doute); c'eut été un
fâcheux présage (comme rexplicpie h' texte plus comphît de
Jamblique, V . /*., 86) de rompre ce symbole de l'amitié. Mais
pourquoi établir un ra[)j»ort entre cette coutume antique et
l'usage journalier? On pourrait supposer, il est vrai, (jue le
précepte n'était observé qu'en certaines circonstances, dans des
repas de société, par exemple.
ol 8é, Tîpo; tV £v aBou xpria-',v. Jamblique, /. c, précise :
où c7L»[jLcp£pe'., sans donner, d'ailleurs, une explication sutïisante.
ol ô£, eU 7r6X£p!.ov oeàîav izoïeiv : même observation.
ol Bi, ItteI dnb zoùzou ap^£Tai. to oXov : « parce que l'univers
commence par un pain >). La notice est tellement bizarre que
Hœlk {De Acusmatis, p. 27) veut la rapporter aux fèves, invo-
quant le parallèle d'une doctrine rapportée par Antonius Diogène
(dans Lydus, De mens., IV, 42, et Porphyre, V. P., 44), qui
n'a d'ailleurs aucun rapport avec la phrase qui nous occupe (^).
En réalité, il y a, dans cette simple remarque, une allusion
à quelque théorie cosmogonique qui comparait la formation du
monde à la fabrication du pain. On connaît une doctrine sem-
blable d'Empédccle (Aristote, Météor., IV, 4, 3 = Fors., P,
p. 239).
Aristote rapporte ensuite trois oo;a'. qui n'ont aucune analogie
avec les àxoùcrîjLaTa, à moins qu'on ne veuille les classer dans
la catégorie des formules -zi ï^zi; tL iizi ^^ilirr-za (Jamblique,
V. P., 82), qui comprennent des définitions des idées abstraites
et des perfections (^).
11. §§ 36-38. — Extraits poétiques où Pythagore est
moqué. Tout d'abord, les vers traditionnels de Timon le Sillo-
graphe, où Pythagore est représenté comme un charlatan et un
(*) En effet, ces textes ne disent pas que la fève est à l'origine des choses, mais
bien qu'elle est sortie de la même souche que l'homme.
(2) Études, p. 274.
— -240 —
pi peur d'homnies. Suit un fragment de Xénophane, qui rapporte
une anecdote amusante : P} thagore, passant à côté d'un chien
qu'on battait, s'écria : « Anête! je reconnais la voix d'un de
mes amis ». L'intention est satirique (cf. Diogène, IX, 18 :
àvT'.ooçâcra'. T£ AeyeTat, (Zevocpàv/iç) ©aXrj xal IIuBayopa) ; mais le
récit lui-même provient peut-être de l'entourage de Pythagore.
VAi'temii Passio, 29, rapporte une variante du même thème :
Pythagore reconnaît la voix d'un de ses amis dans le mugis-
sement d'un bœuf qu'on menait au sacrifice (^).
Diogène cite encore d'importants extraits de quelques poètes
de la comédie moyenne : Gratinos (le jeune), Mnésimaque,
Aristophon. On peut en compléter la série par des fragments
conservés par Athénée, IV, p. IGI (Alexis, Antiphane, Aristo-
phon) (^). Les témoignages sont intéressants parce qu'ils
décrivent l'état du Pythagorisme au lY^ siècle. Les Pythago-
riciens qu'ils ont observés ne sacrifient pas d'animaux, ignorent
l'usage de la viande, se distinguent par une extrême sobriété et
une répugnante saleté. On dirait d'un Pythagorisme cynique.
Deux de ces fragments présentent un intérêt spécial. L'un,
emprunté aux Tarentins de Gratinos, décrit un cercle de Pytha-
goriciens avec des traits qui ne conviennent qu'à une école de
rhétorique. Voici les noms des figures de rhétorique au manie-
ment desquelles ils s'exercent : avTt!Ô£Ta, qui désigne les anti-
thèses; TTspaTa, la définition; TuapLTWjjiaTa (variante de Tiapio-waiç),
la correspondance symétrique; âTTOTrXava, qui est une variante,
sans doute, de ràTrouXavricrt,;, moyen de détourner l'attention de la
question; (JisyeBri, l'amplification oratoire. Gette notice doit être
rapprochée de celle qui mentionne un manuel de KoTrtlSeç dans la
littérature pythagoricienne (^^ 8) et de divers autres indices du
rôle important que les Pythagoriciens ont dû jouer dans l'élabo-
ration de la rhétorique.
(1) Cf. Empédocle, fr. 136 et fr. 137 {Vors., P, p. 275),
(2) DiELS, Vors., I', p. 373. Cf. sur la valeur de ces textes, G. Méautis, Recherches
sur le Pylhagnrisme (Neuchâtel, 1922), pp. 10 et suiv.
La compaiaisoii do ce Iraj^iiKMil avec l'iin de ceux (ju'a con-
servés Athénée, IV, |). Kil D, soulève une intéressante question
de critique. (]et auteur attribue, en effet, à Alexis une pièce inti-
tulée les Tarentins, comme celle de Cratinos. En outre, les idées
développées dans ce (ravinent concordent avec celles des vers de
Cratinos : 7r'jOayop!.a-{jLo!. xal \6rot. I AeTtTol O'.eo-ijLOvc'jiJLeva!. T£ cppovxîoe; |
xpecpouo-' sxeîvojç... Aussi Casaubon attribuait-il à Alexis les
Tarcntins cités par Diogène. Mais si l'on s'engage dans cette
voie, on ne peut s'arrêter à mi-chemin. Athénée attribue,
en effet, à Alexis une comédie, r\ MuGayop'.Çojcrr,, dont Diogène fait
une pièce de Cratinos. Les trois coïncidences ne peuvent être
accidentelles. Il est vraisemblable qu'il n'y a jamais eu que deux
pièces dont les fragments, empruntés sans doute à des Antho-
logies, sont rapportés par Diogène à Cratinos, par Athénée à
Alexis. Nous laissons aux spécialistes le soin de décider quelle
est l'exacte attribution.
Le second fragment intéressant est emprunté au ÏIuGayopiarTriç
d'Aristophon. Il rapporte une variante de la Descente aux
Enfers de Pythagore, dont il a été question plus haut (p. 194).
12. 39-40. — Mort de Pythagore et persécution de ses
disciples.
Diogène a recueilli trois versions sur ces événements : l*' une
opinion anonyme qu'il paraît faire sienne et dont l'exposé est
interrompu par deux variantes concernant des questions de
détail : tivs;... et . . . cprio-l Sk Auaiap^oç; l'avis d'Héraclide
Lembos; 3" le récit d'Hermippe.
1. Opinion anonyme. Si l'on fait abstraction de la variante
Ttveç 5' aÔToùq toÙ; KpoTwv!,âTaç tgGto Tipâ^at., T-jpavviôoç èTzi^B'Jiy
euXapoufxévoL»;, qui n'est qu'un résumé de ïimée (Jamblique,
F. P., 234 ss.; Justin, XX, 4), il reste un récit complet, que
termine une citation de Dicéarque. Cette version est formée
d'éléments fort hétérogènes dont il est encore assez aisé, à cause
de la richesse des traditions sur ce sujet, d'établir les origines.
Tome XVII. — Lettres.
16
242 —
Voici les points qui sont empruntés au récit d'Aristoxène
(Jamblique, V. P., 248 ss.) : réunion des Pythagoriciens dans
la maison de Milon ; incendie criminel causé par les menées de&
Cyloniens, dont le chef avait été repoussé, pour cause d'in-
dignité, de la Société; fuite de Lysis et d'Archytas.
Le compilateur a modifié ce récit par l'adjonction d'éléments
pris à Dicéarque (Porphyre, V. P., 56) : la catastrophe est
placée au temps de Pythagore; le nombre de Pythagoriciens
massacrés est fixé à quarante. Le récit de Dicéarque n'apparaît,
indépendant et traité comme une variante, qu'à la fin du
morceau.
Or, nous connaissons l'auteur d'une contamination semblable :
c'est Néanthe, dont le récit a été adopté par Porphyre (F. P.,
54-o6) (M. En cours de route, la tradition a souffert, naturel-
lement : d'abord, ce ne sont plus les Cyloniens, mais leur chef,
dont le nom est d'ailleurs omis, qui allume l'incendie; ensuite,
par une erreur d'origine paléographique, le nom d'Archytas a
remplacé celui d'Archippe. Mais ce ne sont là que petits accrocs.
Diogène (ou son auteur) lui a fait subir une nouvelle conta-
mination avec une légende qui faisait périr Pythagore devant
un champ de fèves :
y£v6[JL£V0Ç TTATipe!. X'jà[JLWV, Tva < p.Yj > ÙlépyOl'ZO, aÙToGt, £(jTr\, eiTUWV
aAwvai < av > iJiàAÂov yi 7raTT|a-at., àva',p£8rjvai. 0£ xpeï-zzov t, XaXria-at..
Le texte présente plusieurs difficultés : d'abord, le discours
passe brusquement de la forme indirecte à la forme directe^
pour reprendre plus loin sa première tournure; ensuite, le sens
des mots : « il est préférable d'être tué que de parler » est
insaisissable. Pour l'expliquer, il faut recourir au texte d'une
légende pieuse racontée par Néanthe (et Hippobotos) dans
Jamblique, V, P., 189-194 (^) : deux Pythagoriciens, Myllias
(*) Cf. Musée belge, 4908, p. 205.
(*) On retrouve le même scénario avec d'autres personnages dans YArtemii
Passio, 29; Olympiodore, In Phaed., p. 5; Ambroise, De virg., I, 4.
— -248 —
et riniyclia, li.Kiiiés par les shires de Deiiys le Tyran, ik; [)ar-
vieiinont [)as à leur éclia|)|)er, parce (pi'ils n'osent traverser un
clianip (le fèves; amenés devant Denys, ils refusent d'indicjuer la
raison de la vénération (pi'ils professent à l'égard de cette
plante.
Or, le biographe [lernii[)pe, nous le verrons bientôt, fait
périr Pythagore devant un champ de fèves qu'il ne veut pas
traverser. L'auteur de Diogène paraît avoir agrémenté une tra-
dition semblable de détails empruntés à l'histoire de Myllias
et l'avoir, ainsi parée, insérée dans le récit de Néanthe. là le
mélange le plus hybride qui soit, et le plus obscur aussi, par
la faute de procédés malhabiles d'abréviation.
La citation de Dicéarque doit être complétée par le texte de
Porphyre, V. P., 56-57. On peut conjecturer que Dicéarque
attribue aux Métapontins des sentiments hostiles à Pythagore,
puisque celui-ci doit chercher refuge dans un temple et qu'il y
meurt de faim après un jeûne de quarante jours. Cette tradition
est contredite par des notices d'autres auteurs qui représentent
Métaponte comme une ville accueillante pour le Pythagorisme
(cf. ci-dessus, p. 183). Le caractère légendaire de ce récit de
Dicéarque est mis suffisamment en relief par la notice sur la
durée du jeune.
2. Récit d'Héraclide Lembos. Héraclide fait coïncider les
troubles de Crotone avec le voyage de Pythagore à Délos,
entrepris pour aller ensevelir son maître Phérécyde : en quoi il
ne faisait que reprendre pour son compte l'opinion d'un Ano-
nyme déjà critiqué par Dicéarque (Porphyre, F. P., 55-56) (^).
A son retour, Pythagore « trouve le banquet de Cylon m.
Cette phrase obscure signifie apparemment que Cylon, lors du
retour de Pythagore, célèbre de grandes réjouissances pour fêter
la fuite et le massacre des Pythagoriciens. Cylon est le chef
des conjurés, désigné plus haut (39) par les mots tlvo; twv ixy\
(1) Cf. Musée belge, 1908, p. 205.
— 244 —
TrapaooyTiÇ àç'.wôsvTwv. Il faut doiic supposer, dans ce résumé mal
fait, une assez grande lacune, où auraient été exposés le rôle
joué par Cylon et le massacre des Pythagoriciens. Diogène
pouvait croire, il est vrai, que la lecture de la tradition précé-
dente suppléerait ce qui manque ici. Héraclide ajoute que
Pythagore se retira à Métaponte, où il voulut mourir de faim.
Ce détail paraît être une nouveauté ajoutée au récit de Dicéarque.
Héraclide n'a pas pris garde que ce genre de mort était en dés-
accord avec l'interdiction pythagoricienne du suicide.
3. Récit d'Hermippe.
Dans une guerre des Syracusains et des Agrigentins, Pytha-
gore, ayant pris le parti de ces derniers, est vaincu. Poursuivi,
il n'ose traverser un champ de lèves, ce qui lui eût permis
d'échapper. Il meurt victime de sa superstition. Ses disciples,
réfugiés à Tai'ente, font de l'opposition au parti régnant. Ils
périssent dans un incendie allumé par leurs ennemis.
Dans la légende de la mort de Pythagore, l'intention sati-
rique est évidente. On peut croire cependant qu'Hermippe n'a
fait que tirer parti d'un récit édifiant semblable à celui dont
Myllias est le héros.
l.es éléments de la seconde partie du récit sont empruntés
aux mêmes sources que l'exposé de Dicéarque, mais ils ont été
bien déformés. Selon Dicéarque, la catastrophe principale s'était
produite à Crotone; les troubles antipythagoriciens s'étaient
ensuite étendus à Caulonia, Locres, Tarente etc.
Jean de Rhodes, dans YArtemii Passio, 29, reprend l'histoire
d'Hermippe, en remplaçant les Syracusains par les ïarentins (^)
et en ajoutant l'histoire de ïhéano, qui aime mieux mourir que
de révéler le secret des fèves.
§41. Tradition d'Hermippe sur la KaTapaT-.;. Voici com-
ment Hermippe, esprit fort et écrivain satirique, explique la
(*) Une confusion s'est produite aussi dans l'esprit du sclioliaste de Platon, selon
qui Pylhag-ore fut tué par les Agrigentins.
— 24r; —
foi'in.'ilion (les lé«;('n(l('s pyllui^oi icicnncs iclalivcs à iiiic (Icscciite
do Pylh;ii;()i'(' ;uix hjiloi's (cf. supni, pp. iri^i cl
Airivr (MI llalic, le jjhilosoplic se crcnsc, à riiisii de Ions,
une (IcmcMii'c soiilci'i'Minc ; s;i inôic, complice de son projcl, lui
coinmimicpic, pcuihiiU son scjoiii' sontcn'niii, des lahlelles iiien-
lioiiiiîMil, avec leui' date, les évéïienienls (pii se j)assenl sur la
terre. Au bout d'un certain temps, Pythai^ore reparaît, émacié,
S(|ueleirKpie. Il entre dans V Assemblée (des disci[)les |)rol)able-
nient) et annonce ([u'il revient de l'iladès. Pour confirmer ses
dires, il raconte ce (jui s'est passé [)endant son absence. Les
disciples croient en sa nature divine et lui confient leurs femmes
pour qu'il leur enseigne ses doctrines.
Selon Tertullien, De an., 28, et le scboliaste de VÊlectre de
Sophocle, V. 6"2 (cf. Suidas, 5. v. T,0'n), It's nouvelles (pu^ Pytha-
gore se fait communiquer concernent surtout la mort de cer-
tains de ses disciples. Lors de sa résurrection, il donne sur ce
sujet des détails qui enlèvent tout doute à ses fidèles. Il leur
apprend en même temps quelles furent ses existences anté-
rieures.
Hermippe, Tertullien et le scboliaste n'admettent pas que
Pytbagore ait présenté sa description des Enfers comme le
résultat d'une vision ou d'un songe, ou encore d'un souvenir
de ses existences antérieures. Pythagore a réellement disparu
(pendant sept ans, selon Tertullien), mais par calcul, grâce à
une supercherie.
On doit rapprocher cette histoire d'une descente aux Enfers
de Zamolxis (Hérodote, IV, 95, et Hellanicus, dans Suidas,
s. V. Z.). Précisément Origène, C. Celse, II, 55, et Eustathe,
Ad Odyss., p. 1701, 61 et p. I9G1, 10 (où le nom de Zaleucus
est cité par erreur), unissent les deux légendes. Ce dieu gète,
héroïsé par les Grecs de l'Hellespont et du Pont et considéré
comme un disciple de Pythagore, justement à cause de sa
doctrine sur l'autre vie, prédit à ses disciples qu'ils ne mour-
ront pas, mais qu'ils iront habiter avec lui un endroit plein de
— 246 —
délices. Il disparaît mystérieusement un jour (dans un souter-
rain) et revient au monde trois ans après (^).
13. 42-43. — Renseignements sur la famille de Pytha-
gore.
On est frappé des divergences, parfois considérables, des
auteurs anciens sur ce sujet. Pour qu'on puisse se rendre
compte de la valeur et de la place de la notice de Diogène dans
l'ensemble de la Tradition, je vais tenter de classer les diffé-
rents textes anciens relatifs à cette question.
Notons d'abord un premier désaccord à propos de la per-
sonne de Théano, dont on fait souvent la femme de Pytha-
gore. Certains auteurs la considèrent simplement comme une
pythagoricienne, originaire de Métaponte ou de Thuries
(Suidas, s. v. Bcavw ou de Grotone [id., s. v. ©savw
fille de Léophron, femme de Carystos ou de Croton ou encore
de Brontinos (Suidas, ibid., 1 et 2, un Anonyme cité ici par
Diogène et Jamblique, V. P., 267). Dicéarque (Porphyre, F.
P., 19) et Didyme (Clément, Strom., I, 16, 80) ne paraissent
rien savoir de son union avec Pythagore. L'auteur de Suidas,
pour se tirer d'embarras dans ces contradictions, distingue
deux homonymes.
Le plus grand nombre d'auteurs font de Théano la femme de
Pythagore, mais il faut distinguer plusieurs groupes dans les
traditions qui rapportent les noms des enfants issus de ce
mariage.
A. Une des notices les plus anciennes, celle de Timée (^), leur
(*) Dans la tradition d'Hérodole, on se demande qael but vise la supercherie de
Zamolxis. Dans le texte d'Hellanicus, au contraire, on peut encore se rendre
compte du sens originel de la légende. Les peuplades gèles croient à un retour des
âine> sur la terre, ou, si l'on veut, à la métempsycose : xal touç aTro.S'avovTaç cb;
ZapioX^tv çpaaiv oty_£jOat, -rjÇctv os auOtç... 3uouat Se /.ai suw^ouvTat, th^ au.S't; -rjçovxoç
Tou àTToOavû'v-oç. La résurrection de Zamolxis est une preuve, par l'exemple, de la
vérité de cette doctrine.
(2) Musée belge, i920, p. 12.
allribiic un lils, Miu''s;ir(|ii(>, (pii ôljiit Ibii, jciirw' ciicoii' <|ii:iii(l
son j)ère inoiirul(J;mil)li([ii(', \ . I * . , llCh)) , i'I une lillc (Tinicc dans
Poi'[)liyr(\ V. /*., 4). l^c nom de celle-ci nVst pns connu par-
ce passage, niais dans le inèiiie exlrail de Tiniée repris par
Janil)rKjii(\ V. P. y 170, nous apprenons (|iie Pylliagore la
maria à Ménon de Croton(\ Or, dans le (Catalogue des Pytiiago-
riciens de Jainblique ^67), Muia, (|ui est citée dans une foule
d'autres textes comme la fille de Pythagore, est dite avoir
épousé Milon. Il y a, dans l'un ou l'autre passage, une simple
confusion ou une erreur paléographique dans le nom du mari (^).
B. Une autre tradition dérive d'une version de la Lettre de
Lysis à Hipparque [Epist. gr., p. 601) ou à Hippase (^), qui,
justement, est citée par Diogène à l'appui de sa notice. C'est
Jamblique qui présente ce tableau généalogique sous sa forme
la plus complète, dans un passage où il s'inspire évidemment
de la Lettre de Lysis (F. P., 146). De Théano, Pythagore eut
une tille, Damo, et un fils, Télaugès, qui était très jeune encore
quand son père mourut et qui épousa plus tard la fille de Damo,
Bitala. La Lettre ne mentionne ni Théano ni Télaugès, et
Diogène, qui suit la même tradition, ne parle pas de Bitala.
C. Un troisième groupe de notices paraît dériver d'une
contamination des deux premières traditions. Théano, fille du
Crétois Pythonax, met au monde : Télaugès, Mnésarque, Muia
et Arignote (Suidas, s. v. Bsavw ~, 'ApLyvwTYi [où (jLaGriTpta
dérive peut-être d'une erreur de transcription de 8'jYàTT,p],
T7iXauy7)<;, Muia). Porphyre, V. P., 4, omet, dans cette série,
Mnésarque; l'Anonyme de Photius, Cod. 249, remplace le
nom d'Arignote par celui de Sara et classe Théano parmi
les enfants de Pythagore. Eusèbe [Praep. ev., X, 14, 14)
et Arsénius {Viol., p. 310) ne citent que Télaugès et Mnésarque.
(1) Gasaubon rétablissait Mi'Xwvi au § 170. Cf. Clément, Strom,, IV, 19, et la
tradition C.
(2) Hippase avait été accusé aussi d'avoir enseigné des doctrines de l'École sans
procéder, au préalable, à une purification morale de ses disciples (Vors., P, p. 37).
— 248 —
Tout à fait isolée est la tradition de Duris (Porphyre,
F. P., 3), qui donne le nom d'Arimneste au fils de Pytha-
gore : ce nom parait être une variante de Mnésarque. La même
remarque s'applique à une note de Plutarque (Numa, 8, 11,
et Paui-Émile, il, 1) et de Festus [s. v. Aemilia), qui appellent
Mamercus l'un des fils de Pytliagore, sans doute parce que
certaines traditions donnent à son père le nom de Marmacus :
encore faut-il supposer une confusion orthographique.
La version la plus ancienne est celle de Timée. La seconde
vaut ce que vaut la seconde recension de la Lettre de Lysis, qui
n'est qu'un faux (^). Cette tradition est liée à la légende des
« livres de famille » secrets de Pythagore, sur lesquels veillent
Damo et Bitala. Le nom de Télaugès a remplacé celui de Mné-
sarque, mais il conserve certains traits de sa personnalité :
comme lui, par exemple, il est très jeune lors de la mort de son
père. Il a usurpé sa place dans les o',aoo'/a{ philosophiques de
date récente (Diogène, I, 15, VIK, 43 [cf. 53]; Suidas, s. v.
TTiXauvr^ç et 'E^meooTuXrjÇ ; Photius, Cod. ^249; Eusèbe, Pr. ev.,
X, 14', 14; Arsénius, Viol., p. 310).
La construction artificielle où Télaugès sert de trait d'union
entre Pythagore et Empédocle est tardive. Hippohotos est cité
par Diogène, non pour confirmer cette tradition, mais parce
qu'il établit au moins (ys tol) certains rapports entre Télaugès
et Empédocle.
Selon Diogène, Télaugès n'aurait pas laissé d'ouvrages; cette
tradition est contredite par Suidas [s. v. T.), qui lui attribue un
Tcepl TeToaxTÙoç en quatre livres. Les écrits de Théano auxquels
notre auteur fait allusion sont cités par Suidas, qui les répartit
entre les deux homonymes. Déjà Didyme d'Alexandrie (Clément,
Strom., I, 16, 80) connaissait des 7^orr,p.aTa de la femme-philo-
sophe.
Théano était l'héroïne de plusieurs anecdotes, tirées peut-être
(*) Études sur la Littérature pythagoricienne, pp. 403 et suiv.
des àTcOçOéyuaTa lui alliibiic Suidas. Dio^riic en conU; deux
qui ont pour {hl'iwc la chaslcir l'éniiniiie. La |)r('uiière est
rapporter |)ar J;nul)li(jU(' ( \ . /*., Tiri) à Pvlliagore, mais d'autres
auteurs conlirment rattiil)ution à Théano. QuanI à la seeondo
historiette, elle ne li^uie (jue dans Diogène, mais l'idée maîtresse
parait inspirée d'Ilérodole, J, H : T:a.Gr,ve'- ajjia to^ç svcut^ao-'. xal r>,v
aiayûvTjV àTïOT'Jjeo-Ga'. = a{JLa oè x',Otov'. £xo'JOfj.£V(}) T'jVcXoûeTa», xa». tV;./
aiûw yjvr,. J.e mot de la lin (TajTa o».' a yuvV, x£xÀY,[Aa'.) l'cpose sur
un jeu d'étyniologie : yuvTi — a'iayûvr,.
14. ^ ii, fin du ^ 45 et ^ 16''. — Notes ehronologiques.
La chronologie de la Vie de Pvthagore a été étudiée par
Jacoby, Àpollodors Clironik {P/iiloL l'nters., XVI (1002),
pp. 215 et suiv.) (^). J'ai réuni ailleurs Ç^) quelques observa-
tions qui permettent de corriger, semble-t-il, la classification
des notices chronologiques qu'il a établie.
Héraclide Lembos, rapporte Diogène, évalue à 80 ans la durée
de la vie de Pvthagore. Cette estimation ne repose pas sur des
données historiques, mais sur des combinaisons théoriques.
Pvthagore partageait en quatre périodes de vingt ans la durée
idéale de la vie humaine (cf. ^ 10) : il a donc dù vivre, dit Héra-
clide, quatre-vingts ans. C'est ainsi, semble-t-il, qu'il faut com-
prendre les mots : xaTà ty,v •o'iav JTroypacpr.v twv r,).'.x'.wv.
Diogène oppose à cette notice l'opinion qu'il appelle courante
et qui évalue la durée de la vie de Pythagore à 90 ans. Or c'est
le seul texte où l'on relève ce chiffre. Un Anonyme dans Syn-
cellus, p. 247 C. fixe la durée de sa vie à 75 ans; les Tliéol.
Arithm., p. 40, à 82 ans; ïimée (Jamblique, V. l\, 265),
suivi par Syncellus, ihid., et Tzetzès, C/iU., XI, 92, à 99 ans;
Photius, Cod. 249, à 104 ans; Galien (t. XIV, p. 567, K) va
jusque 117 ans. Pour accorder le texte de Diogène avec la majo-
(1) Cf. encore Laqueur, Zur griech. Sagenchron., — Hermès, XLII (1907), p. 530.
(2) Musée belge, 1920, pp. 5 et suiv.
— 250 —
rité de ces estimations, Jacoby, après Gasaubon, propose évevri-
xovTa < svvéa > . Mais le texte des Scholies de Platon (Hésychius)
et celui du Papyrus d'Herculanum (Gronert, Studien zur Pa-
Idogr., VI [1906], p. i i7) confirment la leçon des manuscrits de
Diogène.
Jacoby [op. cit., p. 2:20) veut encore corriger l'autre notice
chronologique de Diogène : -nx^iat^e 8e xaià tV s^yixoo-TV 'OXu|jl-
TTtàSa, pour la conformer à l'opinion d'un grand nombre
d'auteurs anciens qui fixent Taxari de Pythagore à la soixante-
deuxième olympiade. Mais un passage de S' Augustin (De civ.
Del, XVIII, 37) présente une tradition analogue à la nôtre :
qui eo tempore quo [udaeoriim est soluta captivitas coepit
excellere atque cognosci {==^ 531). La chronologie adoptée ici
s'écarte quelque peu de celle d'Aristoxène, selon qui Pythagore
avait 40 ans (= àx|jLri) au début de la tyrannie de Polycrate
(Porphyre, V. P., 9). Diels {Rli. Mas., XKXI, p. 26) a cru
retrouver dans la biographie d'Anaximandre (II, 2 : axpiàcyavTà
7z-f\ |jiâÀicr-a xaxà lIoXuxpâTYiv) la notice qui aurait convenu à
Pythagore.
Diogène évalue à neuf ou dix générations la durée de l'École
pythagoricienne; il cite, comme ayant été ses derniers repré-
sentants, Xénophile, Phanton, Dioclès, Polymnaste, etc.,
disciples d'Eurytos et de Philolaos. Ces renseignements sont
empruntés à Aristoxène, qui avait pu approcher (eloe) les philo-
sophes du cercle de Phlionte (Aulu-Gelle, IV, M, et Suidas,
s. V. 'ApiTToçevoç).
Il est évident que le mot yeveà n'est pas employé ici dans
l'acception spéciale que ce mot a prise dès la période alexan-
drine. S'il fallait, en effet, compter dix générations de trente-
trois ans en partant de râx|jiT| de Pythagore (60^ olympiade
— 540-536), on toucherait à la fin du IIP siècle, dépassant
de cent ans l'époque de Xénophile. Le nombre de généra-
tions correspond donc ici, comme dans Jamblique, V. P., 265
(Timée), qui compte sept générations jusqu'à Platon, au nombre
des persomiîi^^'s (|ui se soiil siiccrdé à lu UHi; de l'Kcole; la yevcâ
coiupoi'Le stîiilomiiiU mie hoiim; viii^'laiiK^ d'années (').
g§ 4i^-ir>\ Vu hiMii inili(Mi des noies ehroaoIo^i(iiies du
fonds antérieur, l)iog*ène a inséré les épi^raniines tirées de
nâ|jLm.£r3o;. La mitière en est eniprinitée à la Bioi^raphie. On
remarquera que les épigramuies raillent des doctrines [)ytliago-
riciennes. C'est (jue Diogène, tout en se montrant partout
ailleurs spiritualiste, ne caelie pas son aversion pour les charla-
tans qui exploitent la crédulité des foules, au nombre desquels
il compte Pytlnigore el Empéilocle.
15. §§ — Homonymes.
Ce genre de notes appartient, pour la plus grande part, au
fonds antérieur à Diogène (cf. Introd., p. 5:2). Cette liste est
composée de deux parties : 1*" trois Pythagore à peu près
contemporains du philosophe; 2° d'après une autre source
(ol ô£ xa'!.. .), cinq nouveaux homonymes, d'époque plus récente
sans doute.
Parmi les contemporains de Pythagore, celui de Zacynthe,
qui est un musicien, est connu par d'autres textes. Les deux
autres paraissent être entièrement imaginaires. Le Pythagore
de Crotone, personnage despotique, et celui de Phlionte, maître
de gymnastique, semblent avoir été créés pour concentrer en
leur personne les traits de la vie de Pythagore, qui, d'après
certains auteurs, ne convenaient pas au philosophe. Ainsi Théo-
pompe, Hermippe (Athénée, V, p. 213 F), TertuUien [Apol.,
46, 13) représentent Pythagore comme un ambitieux ou un
tyran : c'est, d'après l'inventeur des Homonymes, qu'ils ont
confondu le philosophe avec im homme politique du même nom.
La création du Pythagore de Phlionte répond à une double
préoccupation : elle vise d'abord à expliquer pourquoi certaines
traditions placent à Phlionte le berceau de la race du philo-
(^) Cf. E. RoHDE, Kieine Sckriften, I, p. 23, n. 1, et mes remarques sur la Chrono-
logie pijlhigjncimfie di Ti nie, dans le Musée belge, 1920, p. 11.
— 25-2 —
sophe ; elle rend compte, en outre, de l'introduction, par un
personnage nommé Pylhagore, du régime carné dans l'alimen-
tation des athlètes (cf. supra, p. 175).
Diogène rapporte au philosophe le « secret de la philo-
sophie » (il eût été plus exact de dire le précepte du secret
philosophique) et la formule aÙTÔç èça. Celle-ci est expliquée par
une foule de textes anciens : les Pythagoriciens, interrogés sur
les raisons d'être de telle ou telle doctrine, se contentent de
répondre : œj-zhc, scpa, « c'est lui (le Maître) qui Ta dit ».
Suidas, s. v. auTÔç l'cpa, comprend : « Dieu l'a dit », soit que le
mot Dieu désigne ici la Divinité en général, soit que l'auteur
entende le Dieu qu'était Pythagore.
Le témoignage le plus ancien est celui de Cicéron, mais la
formule mérite d'être rapprochée d'autres textes pythagoriciens,
dont Timée est en parlie la source. Ils rapportent que les dis-
ciples n'appelaient pas Pylhagore par son nom; de son vivant,
on l'appelait Beiô;, après sa mort, Exelvoc; (Jamhlique, F. P.,
58, 88, 255, etc.)
Les Pythagore de la seconde série nous sont connus par
d'autres textes : on en trouvera l'indication sous l'apparat
critique. L'orateur seul est inconim; mais dans la Vie des
Sophistes de Philostrate (§ 19), on trouve la mention d'un
riE'.Gavôpaç : on peut supposer une confusion.
16. Notes finales. Diogéne a réuni, à la fin de la bio-
graphie, une série de notes disparates, qu'il n'a pas pris la
peine de distribuer dans les diverses sections qui leur eussent
convenu.
g 47^. — La première est la notice chronologique d'Eratos-
lliène, que Diogène tient de Favorinus. Eralosthène confondait
Pythagore le philosophe avec un athlète dont il avait trouvé le
(1) Voyez là-dessus une étude intéressante de Ch. Michel, Note sur un passage de
Jamblique, dans les Mélanges L. Havet, 1909, pp. 279-287.
— —
nom <l;ms l;i lislc des vaiii(|iaMirs olynipMjucs. P\ lliaj^oii^,
(l'api'os ces calculs, était â^c de dix-linil ans vers 588. Celte
tradition a proiliiil une i;ranile perl urhal ion dans la Biographie
de Pytliagore. Tout d'abord au j)oint de vue clnonologique :
la date de la naissance fut reporlée par certains auleui s juscpi'au
VIÏ'' siècle; d'autres allongèrent la durée de sa vie, jiour per-
mettre à la date di^ la uiorL de rejoindre celle que doiniaient
d'autres biographes. En outre, plusieurs auteurs admiient ([ue
Pythagore avait été athlète avant de s'adonnei' à la {)hilosophie
(S' Augustin, Ep., 111, 137, 3; Lucien, Gallus, 8; Syncellus,
Cliron., p. 239 B). Ailleurs encoi'c, le philosophe est appelé le
« Chevelu )> [xo'j.'f\-r\q) comme l'athlète d'Eratosthène, sans que
soit mentionnée sa qualité d'athlète (Jamblique, V. P., 1 1 et 30;
Lucien, Vit, auct., i). iMais selon la source commune a Hésy-
chius, 5. V. £v Sàa(}j xo[jLT|T7](;, Ps.-Plutarque, Prov. Alex., 108,
Diogénien, IV, 58, et d'autres parémiographes, cette épithète
désigne un autre personnage que le philosophe.
§ 48. — Diogène a tiré de Favorinus trois nouveaux eOprifjiaTa
(voyez une autre série aux ^§ 10-14) : l'emploi de la méthode
des définitions en mathématiques; la désignation de l'Univers
par le mot xÔTpio;; la doctrine de la rotondité de la terre. La
variante doxographique tirée de Théophraste ne se rapporte
qu'à cette dernière notice, comme le prouve la comparaison
avec IX, 21.
La note relative à l'hostilité de Cylon, qui eût mieux été à
sa place dans le récit des persécutions, provient d'Aristote,
d'après II, 46.
§§ 49-50. — La lettre de Pythagore à Anaximène est em-
pruntée au Corpus épistolaire que Diogène utilise surtout dans
le premier livre (cf. Introd., p. 61). C'est la réponse aux
lettres citées au livre 11, 5. Ces taux sont d'origine tardive : la
mention d'une intervention de Pythagore dans les luttes des
cités italiques le fait supposer.
Diogène, dans la transition à la biographie d'Empédocle,
trace les grandes lignes du plan qu'il va suivre. La oiaSo^ri
— 254 —
indiquée dans le Prologue, au paragraphe 15 : Pylhagore,
Télaugès, Xénophane, Parménide etc., paraît ici un peu
modifiée. Empédocle, omis dans le Prologue et rattaché à
Télaugès au paragraphe 43, est présenté ici comme un disciple
direct de Pythagore. Xénophane est traité ici d'isolé, comme
Héraclite (ol (TTcopâ8T,v, VUI, 91 et IX, 20), alors qu'il avait une
place dans la ùiacoy-ri du Prologue. Enfin Diogène a réservé
quelques biographies aux Pythagoriciens illustres, ce qui n'était
pas prévu dans l'Introduction.
CORRIGENDA
Page 26,
ligne 32, au lieu de :
46,
lire : 47.
— 27,
note 2,
293,
- 239.
— 425,
ligne 27,
343,
- 243.
— 426,
- 33,
409,
249.
— 427,
- 32,
II,
-- V.
— 428,
- 3,
— aùxîf).
— 428,
— 32,
V,
- IV.
- 440,
— 32,
49,
- 40.
— 460,
- t3,
VIII, 9,
- III, 9.
— 466,
lignes 8 et 42,
Héraclide,
— Héraclite.
- 204,
note 4, ligne 3,
à 223 e
, ajouter :
= 270, D.
TABLE ALPHABÉTIQUE.
A (codex), 92.
Abaris, 14, 155 s., 171.
abstinence de viande, 114-8 ss., 173 ss.
Académie, 21
accordemeiHs de la grossesse, 128 ss.,
216-219.
accouchée, 130-u, 229 ss.
àxfjiTi de P., 141-H, 250.
àxouafxata, 170, 186 s., 189, 210, 238 s.
àSuxa, 105-6, 153.
Aemilia (gens), 148.
Aethalide, 106-7, 107-3 et u, 154.
âges (de la vie humaine), ill-i ss.
agneau, 121-^, 193.
Agrigente, 137-7 s., 141-io, 244.
Agrippa, 49.
akuiQ (définition), 123-6, 197.
air, 126-i ss., 206.
a'iTtov, 234 s.
Alexandre Polyhistor,17, 30,47, 60, 167.
Amasis, 105-3, 151.
âme, 127-6, I28-12, 213 ss., 222 ss.
Anacharsis, 57, 61.
Anaxarque, 52.
Anaximène, 144-ii et u.
Andanie, 231.
Androcyde, 167, 181, 195.
animaux (respect dû aux), 123-5, 196.
anneau (symbole), 117-h, 186, 231.
Annicériens, 31, 53, 60.
Antigonos de Carystos, 21, 28.
Antiloque, 144-6.
Antiochus, 49.
antipodes, 125-4, 205.
Antistliène, biographe, 17.
Apelle, 49.
àcppoôtata, 110-6, 120-6, 190.
ApoUodore, 10, 40, 56.
Apollon, 107-9 ss., 112-6, 115-2, 122-6,
170, 195.
Apollonidès de Nicée, 22, 35, n. 2,.
' 48, 58.
Apollonius de Tyr, 21, 27.
apophtegmes, 43, 58.
Apulée, 19.
Arabie, 153.
Archytas, 136-io. 242.
Areios Didymos, 34.
Argos, 158.
Arignote, 14, 247.
Arimneste, 248.
Aristippe, 53.
'Api'aTtTTTroc; (pamphlet), 43, 57.
Aristocratès, 185.
aristocratie, IO6-5, 153 s.
Ariston, 59.
Aristote, 20 s., 31, 57, 59, 61, 144-5,.
195, 232 ss.
Aristoxène, 142-i, 160, 168, 195, 250.
arithmétique, 113-6, 172.
arilhmologie, 199.
àp[j.ovîa. 128-1 et 4, 130-8 ss., 229; cf.
accordements.
Aston, 108-16..
astres, 126-4, 207.
astrologie, 207, 226 s.
astronomie, 204, 207 s.
Athénée, 33.
— 256 —
athlète, homonyme de Pythagore,
143-G ss., 144-7, 174 s., 252 s. '
Aulu-Gelle, 19, 33.
Aurigalli codex, 91.
autel non sanglant de Délos, 115-i,
122-10, 176 ss., 196.
aÙTÔc; ecpa, 142-9, 252.
B (codex), 63 ss.
bains. 130-15, 229, 232.
Basilide, 54.
bélier-, 121-G, 192.
(3£v6oç, 129-1, 236.
piatoeàvaxoi, 225.
Bitala, 161, 247 s.
blanc, '13, 120-i, 132-g, 190, 229, 231 s.,
288.
bœuf laboureur, 121-6, 192 s.
bœuf de pâle, 174.
boisseau (symbole), 117-9, 119-1.
bouclier d'Eupliorbe, 107-io ss., 141-3,
154,158 s.
Branchides, iOT-o, 154.
bronches (àprript'at), 129-i, 224.
Brontinos, 138-8 s., 165, 246.
Ppwxà xpÉata, 130-15, 229.
C (codex), 92 s.
xaxoxey vÎT) (de P.), 108-5, 159.
Callimaque, 41.
canon (monocorde), 113-6, 172.
Carnéade, 53.
Carystos, 246.
Casas, 171.
KaxâSaaiç sU "AtSou, cf. Descente.
Caucase, 171.
Ceratinos (autel de Délos), 115-2.
cercle, 132-ii.
« cerc'e de nécessité », 115-6, 177 s.
Cercops, 165.
Chalcidique de Tlirace, 142-2.
Chaldéens. 105-2, 152 s.
chaleur, source de vie. 126-5,207 s., 213.
champ fie fèves, 136-6, 137-9, 141-9,
242 ss.
chants, 123-9, 197.
Charondas, 117-^, 154, 185.
Chevelu (P. le), 27, 143-7 ss., 253.
cheveux coupés (symbole), 118-4.
chevreau, 121-4, 192.
chien battu (anecdote), 134-2, 240.
chroniques, 40, 55 s.
chronologie de la vie de P., 140-4 ss.,
141-11, 143-6, 150 s., 249 s., 252 s.
Xpuffa "Eitri, 14, 163.
Chrysippe, 53, 59.
X6dvtoç ('Epfxrjç), 129-8, 228.
citations de Diogène, 10 s., 44.
Cléanthe, 59.
Clément d'Alexandrie, 28, 30 ss., 44, 96.
Cléobule, 61.
Cléonyme, 103-ii.
Clinias, 167.
Clitomaque, 52 s.
cœur (abstinence du), H7-9, 119-5 et 9,
188 s.
xoivà xà cpîXwv, 111-6, 168.
colère, 120-8, 123-8, 190, 197.
KoixTQXTjç (P.), cf. Chevelu.
Comiques (auteurs), 43, 58, 134 s., 240.
communauté des biens, III-7, 123-5,
168 ss., 196.
compilations biographiques, 15.
KoTii'Se;, 43, 109-4, 240.
coq, 121-3, 192, 231 s.
coq blanc, 23, 132-2 s. et 5 s., 238.
Cornutus, 53.
Corrections dans les manuscrits, 93.
Cosas, 171.
cosmogonie, 127-i ss., 209 ss.
KoŒfxoç, 125-3, 144-4, 203 s., 227, 253.
couvertures (symbole), H7-io.
couvertures (couleur des), 120-4, 190.
Créophyle, 104-8, 151.
Crète, i05-s. 153.
Cronos, 104-i. 149 s.
Croton, 246 s.
Kpoxwv, écrit de P., 108-14, 165.
Crotone, IO6-3, 122-4, 136-4, 183, 194,
241, 246.
cuisse d'or (de P.), 112-7, 171.
Cylon, 137-5, 144-6, 243 s., 253.
Cyniques, 176.
cyprès (cercueil de), 112-5, 170.
Cyrénaïques, 31.
— 2ri7 —
D (codex). 76-89.
Dame platonicienne, 8, 35.
Damo, U, 138-10 ss., 161, 247 s.
Danion, U.
dccouverles de P., cf. eûp-rifjLaxa.
dédicace (de l'ouvraij^e de Dioi^cne), 8, 35.
définitions mathématiques, 144-i, 253.
Délo.s 115-2, 137-4, 150, 176, 178, 243.
Delphes, 109-2, 121-8, 158.
Démêler (temple de), 116-io, 183.
Démétrins de Magnésie, 16-19, 29, 41.
48, 52, 57, 163.
Démocrite, 44 s.. 52.
démons, 123-i, 129-13, 227 s.
Denys d'Halicarnasse, 48.
Denys le Tyran, 243.
Descente aux Knfers d'Orphée, 165.
— de Pythagore, 121-9, 135-r>, 137-15 ss.,
155 ss.,i81,19i, 241,245.
deuil, 130-u, 229.
StaSoyai' des Écoles de philosophie, 12,
17's., 21, 29 s., 35, 40, 51 ss., 139-3,
145-8, 248. 250. 253 s.
Dieu-harmonie, 130-9, 229.
Dioclès de Magnésie, 16 s., 27-31, 48.
Dioclès, pythagoricien, 142-3, 250.
Diodore. 96, 160.
Diogène d'Apoilonie, 52.
Diogène le Cynique, 29, 58 s.
Diogène Laërce :
Époque, 7 s. ; méthodes de travail,
40 ss.; noms, 5 s.; œuvres, 7 s.;
personnalité, 34 ss.; Histoire de la
philosopfiie ; commentaires, 98 s.;
composition de l'ouvrage, 9-49; cri-
tique, 43 ss. ; éditions, 97 s. ; éten-
due du sujet, 53 ss.; plan, 50 ss.;
rubriques, 54 ss.; sources, 40 ss.;
46 ss.; tradition manuscrite, 63 ss.
Stoi'x-nai;, 126-9, 209.
Dion, 184.
Dioscoride, 48.
divination, 121-i, 123-8, 130-2, 192.
divinisation de P., 112-6, 116-i, 138-5,
170, 180, 245, 252.
documents historiques, 41.
doxographie, 40, 60 s.
droit naturel des animaux, 175.
droit romaitï, 219,
'KxeTvoç ( =Pythagorc), 252.
èxxÀTidi'a (les Pythagoriciens, 138-î, 245.
Échécrate, 142-2, 250.
écrits de P., 107-111, II6-1, 159-168.
écrits pythagoriciens, cf. Û7ro|AVT^[j.aTa.
éducation des P., 117-2, 185, 191.
Égypte, 104-2, 105-2 et e, 149, 151 .ss.,
178.
£t[JLap[X£VT), 126-8, 209.
éléments, li5-d, 201 s.
Éleusis, 230 s.
Élien, 33.
illioo TTuXat, 128-10, 220 s.
'HXoôaXîiç, écril de P., lOS-u, 164.
embryologie, 216-219.
Empédocle le philoso|)he, 21, 29, 39, 40,
42, 44, 52, 139-i s., 145-io, 248,
253 s.
Id. (son grand père), 174.
encyclopédies, 18, 41.
£vSEla6at, 115-7, 178.
Énésidème, 35, 49.
Enfers, 107-6, 122-i ss., 135-s, 154 ss.,
194, -225 s.
ensevelissement (rites d'), 470, 232.
Épaminondas, IO8-9.
épée (symbole), 117-8, II8-5-7.
Épicharme, 108-ii, 164.
Épicure, 22, 29, 31, 36, 40, 42, 45, 48,
52, 54 s., 57, 60 ss., 145-9, 167.
Épigrammes de Diogène, 7, 25, 37 ss,,
58
Épiménide, 42, 59, 61, 105-s, 153.
Ératoclès (?), 144-9.
Éraloslhcne, 26 s., 40, 56.
Tip£{j.£Tv (de l'âme), 129-5, 224.
Érinyes, 129-12, 225.
eschatologie, 129-6 ss., 225-228.
Eschine le Socratique, 59.
ésotériques, 169 s.
éther, 127-i ss., 129-3, 202, 212, 223.
ethnographie, 186, 238.
Étrusques, 14, 147 s.
études de P., 104-106.
Tome XVII. — Lettres, etc.
17
— 258 —
Eubulide, 49,
euSaijjLovelv, 130-5, 228.
Eudoxe, 10, 54, 59.
Eumélus, 49.
Eunomos, 104-3, 149.
Euphorbe, 107-2 s., 7, u, 141-3, 154-159,
182.
Euphron, 148.
eupT^fjLaTa, dans les biographies, 29, 41.
47, 56.
tupTiixaxa de P., 168 ss., 172, 177 ss.,
253.
Eurymène, 144-4, 174, 177.
Eurytos, 142-4, 250.
Eusèbe, 30, 33.
EùaEpeiaç (Tcepl), écrit deP., 108-13, 164.
Euthyclès, 185.
Euthyphron, 103-n.
examen d'admission dans la Société
pyth., 122-1, 169.
examen de conscience, 122-7, 196.
F (codex), 64 ss.
famille de P., 103 s., 138 s., 149 ss.,
246 ss.
fantômes, 129-6, 225.
fardeau (symbole), 117-io, 187.
Favorinus, 16-21, 33, 35, 46 s., 49, 56.
feu central, 231,239.
fèves (abstinence des), 119-9, 123-io-
124-4, 131-1-6, 141-7, 188 s., 195,
197 s., 211, 231, 239; cf. champ.
folklore, 238.
formes géométriques, 124-io, 200 s.
formules de clôture, 62 s.
fr. (frobeniana editio), 91.
frontières (symbole), 118 -s, 119-4, 186.
G (codex), 76-89.
Galien, 22.
Ps.-Galien, 33.
Gaule, 153.
Y£veoc, 250.
géométrie. 113-3 et s ss., 124-io, 172 s.,
200 s.
gestation, 127-15-128-5, 216-219.
Gètes, 104-4, 149, 246, n. 1.
gloutonnerie, llO-s, 123-7, 197.
Ypacpii de P., II6-1, 155, 180 s.
H (codex), 93.
harmonie, cf. accordement.
harmoniques (lois), 172.
hécatombe, 113-8 ss., 173.
Hélicaon, 185.
Héraclide Lembos, 29 s.
Héraclide Pontique, 43, 52, 56 s.
Héraclite, 61, 254.
Hermès, IO6-7 s., 107-4, 129-7, 154, 225.
Hermippe, 34, 43, 57, 59.
Hermodamas, 104-7, 151.
Hermotime, 107-8-14, 154, 158 s., 182.
héros, 123-1, 129-i5, 130-io, 131-8, 227-
280.
Hésiode, 121-9, 144-5, 194.
Hespéros, 115-9, 178.
Hésychius, 13 s., 17, 19 ss., 24 s., 27,
31, 59, 96.
hiérarchie divine, 123-i, 130,io, 196,
229 s.
Hipparque, 161, 247.
Hippase, ancêtre de P., 103-n, 148.
Hippase, pythagoricien, 138-ii, 161,
247, n. 2.
Hippase, adversaire de P., IO8-15, 166.
Hippobotos, 17, 21, 27-30, 34, 51, 53.
Hippolyte, 31, 33.
hirondelle (symbole), II8-3.
historien, homonyme de P., 143-3.
Homère, 122-i, 143-5, 194.
homonymes (rubrique des biographies),
10, 16, 19 s., 26 s., 29, 41,48, 59.
homonymes de Pythagore, 114-7, 142-5-
143-4, 175 s., 251 s.
Ida (mont), 105-6, 153.
lepov, 186 s.
'hpo; Adyoc; orphique, 165.
— de P., en vers, 108-n, 163 s., 167,
196, 198, 226, 228.
— de P., en prose, 161, 164.
— parodie, 165.
imagerie, 57.
immortalité de l'âme, 127-8, 214 s.
— 2:
\m —
incendie de la Salle des séances des P.,
136-5, 137-11, 241-244.
Inde, 153.
initiations, iOo-i, l31-«, 231 s.
intervalle des réincorporations, 181 s.
ionienne (philosophie), 51, 103-0.
taofjLOtpt'a, 125-r;, *205 s.
îffxoptT) de P., 108-1,159, 166.
Istros, 49.
Italie. 106-Ô, 137-i et i3, 145-s.
italique (philosophie), 52, 103-8.
ivrognerie, 110-3, 120-6, 190.
Jalysos, 231.
jeunesse (définition), 132-12.
joug (symbole), 117-9, 118-8.
Judée, 153.
Julis. 232.
Justiis Tiberiensis, 49.
l (traduction latine), 93 s.
Lacédémone, 153.
laine, 120-i, 190, 193.
légumes, 120-3, 190.
Lemnos, 147.
Léodamas, 151.
Léon, tyran, 109-5, 148, 165.
Léophron, 246.
Lesbos, 103-14.
Lettres citées par Diogène, 61.
Lettres des Vit Sages, 41.
Lettre de P., 144-io ss., 253.
liens de l'âme, 129-5 ss., 223 s.
lin, 120-s, 190.
Linus, 50.
livres pythagoriciens (les trois), 116-6,
183 s.
Locres, 185.
Lucaniens, 116-3, 182.
Lucien, 96, 160. .
lune, 126-6, 208.
Lycon, 52 s., 57, 61 s.
Lycosura, 231.
Lysis, 108-8, 136-n, 138-io, 161, 163,
183, 185, 242, 247 s.
Mages, 105-s, 152 s.
magie de P., 133-9.
main (syinhole), HH-« s.
maison de P., 116-io, 183.
maître de gymnastique, homonyme de
P., 114 7, 142-7. 175, 251.
maladie (délinilion) 133-i.
Mamerctis, 148, 248.
manuels employés par Diogéne, 31,
33, 63.
manuscrits anciens de Diogène. 63 ss.,
70 ss.. 95.
— récents, 67 ss., 75 ss., 100.
— d'Excerpta, 66, 70 ss., 75. 100.
Marmacus, 103-ii s., 148, 248.
marmite (symbole), 117-ii.
matrice des animaux (abstinence de),
12ii-i, 188.
médecine, 113-7, 172 s., 233 ss
médecin, homonyme de P., 143-2.
Mèdes, 145-2.
mémoire (exercice de la), 123-8, 197.
mémoire de P., 106-9-107-ii, 154 ss.
Mèn, 132-2.
Ménélas, 107-3 et lo, 155.
Ménippe, 54.
Ménodote, 49.
Ménon, 247.
Messapiens, 116 182.
|jL£xapocXX£tv, 125-2, 202, 234 s.
Métaponte, 116-io, 137-i et s, 183, 243 s
246.
métempsycose (doctrine de la), 115-6,
116-1,^ 134-2 ss., 177 s., 229, 240,
246, n. 1.
métempsycoses de P., 106 s., 154 ss.,
181.
Métrodore, 164.
miel, 120-1 s., 189 s.
miettes de la table, 131-7 ss., 238.
Milet, 144-15.
Milon, 136-2, 242, 247.
miraculeuse (littérature), 156 ss.
Mnésarque, 14, 103-8, IO8-1, 148, 246 ss.
mœurs (rubrique des biographies), 57.
Moiris, 113-3, 172.
monocorde, cf. canon,
monuments figurés, 41.
mort des philosophes (rubrique des
biographies), 58 s.
— 260 -
mort de P., 136 s., 140-i, Ul-e ss., 241-
2-44.
Mouae"tov, ilô-n, 183.
J\luia, U, 247.
Musée, 50.
Muses (temple des), 137-i, 183.
musicien, homonyme de P., 142 s, 251.
Muaxixèç Ao'yoç, 43, 108-13, 165.
Mycènes, 158.
Myllias, 243 s.
Myron, 16.
Myronianus, 49.
Nausicydès, 12, 52.
Nausiphanès, 52.
nerfs, 221.
Nessos (salut du fleuve), 112-8, 171.
Nicias de Nicée. 23, 27.
Nicomaque, 28, 30.
Ninon, 165.
noir, 132-6. 238.
nombres, 124-6 ss,, 198 ss.
Vo'jJLlf) PoTjÔE'lV, 123-i, 196.
voOç, 128-12 ss., 222.
noviciat, 169.
vuxxsptvT) àxpoaai<;, 116-8, 183.
Numa, 182.
Oblade (pieXàvoupoc;), 119-9, 188 s., 232.
Ocellus, 160, 234.
ôSotuopÎTi, 123-7, 195, 197.
œufs, 131-1,231.
Ot/vOVO{JLtXOt (ol), 160.
ô'Xov (TOI, 164, 239.
"OXo'j (Trepl Toijj, écrit de P., 108-n, 164.
Olympie, 165, 171.
ongles crochus (animaux aux), sym-
'bole, 118-3.
« Oppositions », 205.
"Opxioc; (Zeus), 129-7, 229.
Orphisme, 37, 50. 109-5, 158, 164, 178,
208, 225, 231 s.
ortie de mer (àxaXi^cpTj), 188.
o'jToi;, pour désigner le personnage de
la biographie, 27, 114-8,142-8,143-6,
144-1 et s.
Ovide, 160.
ovipares (animaux), i31-i, 230
P (codex), 64 ss.
TcatÔapTôcv (?), 191.
IlatSEuxty.dv, écrit de P., 108-7, 160 s.,
166 ss.,236.
pain, 120-2, 189 s.
- (émietter le), 132-7, 238 s.
nâ[ji.(jiexpoç de IHogène, cf. Épigrammes.
Pamphila, 18, 31, 49, 56.
Papyrus d'Herculanum, 96.
Trap' TifjLwv (6), 22 s., 35, n. 2, 48.
Parménide, 10, n. 1,52, 144-5, 157, n. 1,
178 s.
paroles (nature des), 129-2, 223.
TreSapxav (?), 191.
Peithagoras, 252.
TrsXapYav. 73, n. 1, 121-i, 191 s.
UétzXoç, écrit orphique, 165.
Périandre, 61.
Pétélie (tablettes de), 178.
Peucétiens, 116-i, 182.
<ï> (Exerpta), 66 ss.
Phanton. 142-2, 250.
Phérécyde,61, l04-iet6.137-4, 150 s., 243.
(ptXt'a taoxTiç, 111-7, 130-10, 168.
Philodème, 49.
Philolaos, 54, 116-5, 142-4, 460, 163,
182 ss., 203 s., 250.
« philosophe » (nom dei, 50 s., 109-6 ss.,
165 s.
Phlionte, 103-12, 109-6, 142-3 et 7, 148,
165 250 s.
Phlionte (P. de), 142-7, 251.
Phosphoros, 115-9, 178.
cppsvEç, 128-15 SS., 222.
<I>UCTtXOl (ol). 160.
<ï>uaixà. écrit orphique, 165.
<ï)uat>cov,écriideP..108-4et7,159ss.,236.
Phytios, 185.
pieds nus, 231,
Pittacus. 61.
plantes (nature des), 127-5, 213.
— (respect dû aux), 123-4, 196.
Platon, 18, 20, 29, 31, 35 ss., 38, 42, 55,
60 s., 160.
TrXàCsaÔat, 129-c, 236.
Plularquo, M, -19.
Plutoii, 13a-s.
poids et inosures, 115-8, 178.
poissons (absliiicnce des), 119-8, l'JO-i
et.-,, 13-2-1, 188 ss., 231, 238.
rioXtxtxoî (ol), IGO.
lloXtxixo'v, écrit do P., 108-;, 160 s., 236.
politique (rubriniuî des biographies), ;)6.
politique des Pythagoriciens, 106-îs,
136-1, 153 s.
TToXufjLaOetTi de P., 108-3, 159, 162, 166.
Polycrate, 105-2, 106-2, 151 ss.
Polymnaste, 142-3, 250.
no(lîr£Ûc: (Hermès), 129-8, 228.
porcelet, 121- 1, 192.
TTo'poi, cf. nerfs.
Porphyre, 19, 30 s., 33, 96.
Potamon, 31, 51, 54.
présages, 129-ii, 228.
prêtres égyptiens, 104-2, 149.
prier (manière de), 110-2.
Trpovoia, 126-7, 208.
Protagoras, 52.
W^jxn^ ('^ep'), écrit de P , IO8-13, 164.
psychologie, 127-5 ss, 128-12, 129-s,
222 ss.
noXaloç (Hermès), 129-8, 228.
pureté (définition de la), 130-i2, 229.
purifications, 130-2 et i3, 228.
Pyrrhon, 52.
Pyrrhos, 107-T3 ss., 154, 182.
Pythagore : passim. Cf. surtout : chro-
logie, divinisation, écrits, études,
eupTQfxaxa, famille, métempsycoses,
mort, politique, régime, sacrifices,
société, voyages, etc.
Pythagore (étymologies du nom), 122-6,
194.
Pythagoriciens, passim; surtout, 142- 1
' ss.\ 145-7, 250, 254.
Qu6ayop£iot (ol), sens spécial, 184.
nuBayopiatai', 135-4 et 6.
Pythonax, 247.
Q (codex), 65, 67.
qualités physiques, 125-6, 205, 212.
quartier de P., 116-n, 183.
Railleries, 120 7, 190.
références dans Diogène, 7, 45.
régime de P., 114-i» ss., 119-121,
135-n, 140-8-16, 175 ss., 188 ss.,
192 s., 240.
régime des athlètes, 114-.-, ss., 140-3 ss,,
174 s., 252.
reproduction des animaux, 127-!) ss.,
215 s.
respiration, 214.
Khégium, 185.
Khégium (P. de, statuaire), 142-ii.
rhéteur, homonyme de P., 143-2, 252.
rhétorique pythagoricienne, 109-i, 130-i,
134- 9, 228, 240 s.
rire (défense de), 123-6, 197.
rognures d'ongles (symbole), 118-*.
Romains, 116-4, 182.
pooç, 130-6, 228, 236.
rouget (£puO"tvo;), 119-8, 130-is, 188 s.
route (grand'), symbole, II8-2, 186.
S (Excerpta de Diogène dans Suidas).
66 s., 72 s.
Sabinus, 49.
sacrifices, 113-8, 115-i, 121-3, 122-io,
135- 2, 192 s., 196.
Sages (les VII), 51, 59, 61.
saisons (formation des), 125-7 ss., 205.
saleté des P , 135-io ss., 240.
Samos, 103-9 et 13, 104-7, IO6-1, 183.
Samos (P. de, statuaire), 143-i.
sang, 129-1, 223.
santé, 130-8, 133-i.
Sara, 247.
satire, 244 s.
Sceptiques, 17, 31, 35, 39, 45, 49 ss.,
53 s., 60.
sceptre de Zeus, 112-3, 170.
Scholies de Platon, 13, n. 1, 14, 17,
26, 96.
secret (précepte du), 116-i3, 138-i2 ss.,
142-8, 160, 180, 184, 251 s.
sectaire (littérature), 40, 42, 57.
Sectes, 40, 51-54.
sel (emploi du), 133-2.
sel (origine du), 133-3.
— 262 —
sensations, 128-6 ss., 219 ss.
serment, 122-n, 196, 229.
Sextus Empiricus, 35, 49.
siège (symbole), H8-i.
silence de cinq ans, 111-8, 169.
Sillographes, 43, 58, 133-7.
Simplicius, 33,
(TtveaÔat, 123-s, 195.
Six (cube de), 181, 217, n. 1.
Six Cents (disciples de P.), 116-7,
182 s.
Société pythagoricienne, 154, 160, 168 ss.
Socrate, 52, 55, 144-2 et e, 205, n. 1.
soleil, 126-4, 127-1, 210.
Selon. 57, 61.
songes, 124-3, 129 i*.
Sosicrate, 27, 30.
solériologie, 158, 170.
Sotion, 22, o8.
souffles de l'âme, 129-2, 223.
sperme, 127-io, 216.
Speusippe, 59.
sphère, 132-h.
(jxâdEiq parmi les P., 200 s.
statuaires (homonymes de P.), 142-!o,
143- 1.
axotyelov, 125-1, 202.
Stoïciens, 19, 31, 36, 42, 48, 53, 57,
144- 4, 175, 235.
Straton, 51, 61.
suicide (de P.)'; 137-6, 244.
Suidas, 13, n. 1, 14, 17, 25, 96.
auaTTifj.a (de P.), 141-12, 250.
Symboles, 97, 117-119, 186 s.
Syracuse, 137-7 et lo, 244.
T (codex), 89 ss.
tabou, 186 s.
Tarente, 108-8, 136-ii, 137-ii, 142-4,
244.
Télaui>ès, 12, 14, 52, 139-3 et 7, 145-9,
161, 247 s., 253 s.
tendons (vsupa), 129-4, 224.
tension et relâchement, 123-7, 197.
terre, 125-3, 144-4, 205, 253.
testaments (des philosophes), 41, 61.
Thaïes, 25, 59, 61, 158, n. 1, 174.
Théano, 138-8, 139-6 et 8, 145-9, 244,
246 ss.
Thèbes, IO8-9.
Théétète, épigrammatiste, 143- 10.
Théétète, pythagoricien, 185.
Thémistoclie, 109-8, 121-8.
Théoclès, 185.
Théodoriens, 31, 53, 60.
Théodose, 49.
Théophrasle, 31, 40, 51, 59, 61 s.
0£lOp7JXtXOt (ol), 160.
Oeou cpwvat, 116-1, 179 s.
6vT)a£toia xpéaxa, 130-is, 229, 231.
eu^dç, 128-15 ss„ 222.
Thuries, 246.
Timarate, 185.
Timarès, 185.
Timée, pythagoricien, 185.
Timon, 43, 58.
Timycha, 243.
torche (symbole), II8-1.
traduction latine de Diogène, cf. /.
transmutation des éléments, 152-2,
201 ss., 212.
trigle, 120-1, 130-i5, 188, 232.
tristesse, 119-5, 123-6.
Troie, l07-io.
Trois Cents (disciples de P.), 106-4, 153 s.
troubles antipythagoriciens, 241-244,
253.
Tyrrhénien, 103-9, 147 ss.
Tyrrhénos, 104-3, 149.
'rTro[JiviQ{j.axa '/ruôayopixà, 30, 12i-6,
133-s, 138-13, 161, 184, 198 ss., 236,
n. 3,
utj^taxoc: (6), 129-10, 225 ss.
uriner (symbole), II8-2 et 4, 186.
Varron, 160.
veines, 129-4. 224.
Vénus, planète, 178 s.
« Vers dorés », cf. Xpuaà "Eut).
vertu, 130-8.
vêtements, 120-4, 130-ii. 190, 231.
vie (origine et essence), 127-4 et s, 213.
vieillesse (définition), 132-i2.
vieillesse (honneurs dus à la), \'i'i~\<i,
m.
vue de Pytliaijore, 112-i, I16-.s,
169, 183, 'm s., m.
vision (théorie de la), l28-o ss,, "219 ss.
« voix de Dieu », cf. Heou cptovat.
voyages de P., 10i-d06, i51 ss
Xénocrate, 59.
Xénophane, 37, 52, 253 s.
Xénophile, 117-i, 142-i, 185, 250.
Xénoplion, 55.
Zacynlhe (P. de), musicien, 142-8, 251
Zaleucus, 117-4, 154, 185.
Zamolxis, 104-*, 149, 245.
Zaras ou Zaratas, cf. Zoroaslre.
Zéuon de Ciltiutn, 57, 59.
Zenon d'Elée, GO.
Zeus, 129-7, 229.
Zeuxis, 49.
Zoïle. 104-1.
Zoroastre, 14, 160 s., 200, n. 1, 211 , n. 2
TABLE DES AUTEURS
CITÉS DANS
L'INTRODUCTION, LE TEXTE DE DIOGÈNE ET LE COMiUENTAlRE (i).
Aëtius, I, 3-8 : 198. — I, 8-2 : 227. —
I, 9-2 : 203. - I, 14-2 : 202. —
I, 15-5 : 202, 204. — I, 25-2 : 209. —
I, 25-.-> : 209. — II, l-i : 203. —
II, 6-2 : 202. — II, 6-0 : 201 s. —
II, 25-14 : 208. — II, 28-0 : 208. -
II, 29-i : 208. - IV, 4-1 : 222. -
IV, 5-10 : 222. - IV, 7-d : 204, 208,
226. — IV, 9-10 : 202, 221. - IV,
13^9 : 210. - V, l-ô : 192. — V,
3-2 : 216. - V, 4-2 : 216. — VI,
14-3 : 221.
Africanus, — Eusèbe, Chron., I, p. 200 :
27, n. 1.
Albinus, Inst. de Plat, doclr., 14 : 221,
n. 1.
Alcméon, fr. 4 : 206. - Vors., 133-54 :
224. - 133-io : 206. — 134 : 216.
Alexandre Polyhislor, sv -zcCiq Tôiv ^Cko-
aocpwv Aiaôo)(^a^(;, Diogène, VIII,
24 ss. : 124-s, 133 -/., 168, 175, 198-
237. — Clément, Strom., I, 69 : 30,
n. 3. — Eusèbe, Chron., I, p. 29 et
p. 35 : 3U. n. 3.
Ambroise, De virg., I, 4 : 242, n. 2.
Ammonius, In Categ. Arist., p. I-12 :
51. n. 1.
Analolius. De décade, pp. 5 s. : 199.
Anaxagore, — Vor.y., 390-4 : 209. — 396-36 :
222. - 397-30 : 223. - 398-i : 216.
Anaximandre, — Vors.,\l-^ et 21-7 : 211.
Anaximandre le jeune, — Suidas, s. v. :
186, 238.
Anaximène, — For^., 24-ii : 207.— 25 7:
208.
Androcyde, — Jamblique, V. P., 145 :
167. - Tfiéol. Ar., p 40 : 157. - Try-
phon (Rhet. gr., III, 193) : 186, 189.
Anthologie Palatine, VII, 95 : 5.
Anticlide, ev ^' Ttepl 'AXs^àvopou, Dio-
gène, VIII, 11 : 113-i, 172.
Antiphon, èv xqj Tispt xwv év àpexf^
Ttpwxôuaàv-wv, Diogène, VIII, 3 :
105-i, 151 s. - Porphyre, V. P.,
7-9 : 149, 151. 183.
Antonius Diogène, — Lydus, De mens,,
IV, 42 :'2I1, 239* - Porphyre,
V. P., 10 : 148. — 11 : 152. - 12 :
161. - 36 : 174. 38 : 199. - 44 :
211, 239.
(1) Cette table ne contient pas les noms des auteurs cités sous l'apparat critique
de l'édition, parce qu elle en eût été surchargée. L'abréviation Vors. désigne la
troisième édition des Fragmente der Vorsokratiker de Diels.
— iLi
h} —
Apollodoiv, - Diogi^iu», VIll, 1^2 : 1 13-7,
173. - Alhônée, X, 418 F : 173. -
Pluiarque, Non passe .siiav. vivi...,
11 : 173. — 8lobée, Ed., I, 24 : 179.
Apollonius de Tyane, — Jainbli(|iii\
V. P., 7 : 194. — 11 : 151 s. - 13 :
176, 193 - 25 : 153, 176. - 68 :
176. - 69 : 175 s , 193. - 71-73 :
169. - 254 : 154. - Porphyre, V. />.,
2 : 151.
Apollonius, Mirab., 6 : 171.
Apostolius, Prov., II, 652 : 71.
Apulée, Apol., 56 : 90. — Flor., II, 15 :
1.^0-153. - De mundo, '11 : 226. —
De Plat., 1, 12 : 2-i6.
Archélaos, - Vors., 411-2 s. : 211, 223.
— 41^2-2:211. — 412-7:222.
Archytas, — Vors., 330-18 : 220. — Jam-
biique, frotr., 4 : 210.
Aristarque, — Clément d'Alexandrie,
Strom., I, 62 : 147.
Aristide Quinlilien, De mus., III, p. 142 :
218.
Arislippe de Cyrène, sv xqj izepl tôîv
<I>uGioXoyicov, Diogène, VIII, 21 :
122-3, 194.
Aristophane, âv xo'tç "Hpwcrc, Diogène,
VIII, 34 : 131-8.
Aristophon, IluôayoptaT'^, Diogène, VIII,
38 : 135-i, 135-11, 156.
Arislote, De an., A, 2, 205 /> 24 : 213,
n. 2. — De cœlo, B, 2, 285 b 22 :
205. - Met., A, 5 : 219. - A, 986 a4 :
202. — A, 987 a 2 : 202, 233. -
A, 989 b 28 : 203. — A, 990 a 16 :
202, n. 2, 233. - Z, 2, 1028 b 16 :
200. - N, 3, 1090 b 5 : 200. — Phys.,
A, 6, 213 b 22 : 204. — Fragments
dans : Aulu Celle, IV, 11 : 188. —
Damascius, De princ, II, 172 : 236.
— Diogène, VIII, 13, sv Aï)X''cov
Tzoladcf : 115-i, 177. - 19 : H9-9,
188. — 34, £v -rq) Tcspt xôov xuâ[Jt.ajv
(chapitre) : 131-5. 133-6, 188, 237, n. 1 .
— Elien, V. H., 11, 26 : 170 s., 188.—
IV, 17 : 170 s., 180, 188, 230. -
Jamblique, V. P., 82 : 180, 210,
238 ss. - 83 : 230. — 85 : 193, 195,
2;H. — Simplicius, (jOtiun. in Ar. de
cœlo, 511-.10 ss. : 210. — ♦ Grande
Morale, W, 15 : 168.
Aristoxèiie, — Athénée, 11, 47 A : 190. —
X, 418 K ; 192. — Aulu-(;elle, IV,
11 : 18H, 192, 195. — Clément
d'Alex., Slrom., 1, 62 : 147. — Dio-
gène, l, 118 : 150.- VIII, 1 : 103-9,
147. - VIII, 8 : 108-17. - VIII, 14 :
115-8. — £v 0£y.âxt|j riaiOEuxtxôJV
No[xcov, VIII, 15 : 116- 15, 160, 185. —
VIII, 16 : 117-1, 185. - VIII, 20 :
121-5, 192. — VIII, 21 : 121-6, 192.
— VIII, 46 : 142-1, 250. — Ilippo-
lyte, Adv. haer., I, 2-i5 : 160. —
Jamblique, V. P., 97 : 189. - 98 :
188, 190, 192 s., 213, 230. - 99 :
227, 229. - 100 : 190, 230. — 101 :
191.-111 s. : 197. - 130 : 185. -
164 : 171. — 172 : 185. — 174 : 209.
— 175 : 185. - 196 : 197. - 197 :
190 s. - 203 : 185. - 231 : 191. —
241 : 182. - 248 s. : 185, n. 2, 242.
— Porphyre, V. P., 9 : 151, 453,
250. — 22 : 182. — Stobée, Flor.,
43-79 : 185. — Theol. Arithm., 40 :
157, 181.
Arsenius, Viol., p. 310 : 52, n. 2, 247 s.
Athénée, 1, 5 E : 174. - IV, 161 : 240 s.
— Vif, 308 C : 189. -VIII, 336 D :
58. — X, 427 D : 238.
Augustin, De civ. Dei, VllI, 8 : 52, n. 1.
— XVIII, 37 : 250. - Ep., III, 137-3 :
174, 253.
Aulu-Gelle, 1, 9 : 160, n. 2. — III, 17 :
184. — IV, 11 : 250. - XIV, 6 : 19.
Bacchylide, X, 119 : 171.
Basile,"^/rom. IV in Hex., 5 : 203.
Gallimaque, - O.ujrh. Pap., VII, 33 : 158.
Censorinus, De die nat., IV, 3 : 210.
Chalcidius, In Tim., 30 : 222, n. 1.
Cicéron, Caton, 21-78 : 208. — De fin.,
V, 2 : 183, n. 2. — De nat. deor.,
I, 11-27 : 204, 208. - III, 88 : 174,
— 266 —
n. 1, 177. — De rep., III, II-19 : 175.
— Sonm. Scip., 4 : 226. — TuscuL,
IV, 10 : 222. - V, 13-38 : 208.
Cléarque, — Aulu-Gelle, IV, 11 : 155.
Clément d'Alexandrie, Strom., I, 63 :
52, n. 3. — I, 131 : 165. — III, 24 :
190. - V, 28 : 231. - VII, 31 :
177 s.
Commentaire de Berne à Lucain, p. 289,
Us. : 182.
Cratinos, sv nuôayoptCouaTfi, Diogène,
VIII, 37 : 134-7, 240 s. — iv Tapav-
xi'voiç : 134-8, 240 s,
Démétrius, — Diogène, VIII, 85 : 163.
Démocrite, fr. 171 : 228. - Vors., IP,
p. 6-io : 209. — 39-11 : 229. — 49-6 :
211. - 55-18 : 224.
Denys, — Diogène, VIII, 47 : 143-4.
ûenys d'Halicarnasse, Ant. Rom., II,
58 : 175.
Dicéarque, — Aulu-Gelle, IV, 11 : 155. —
Diogène, VIII, 40 : 136-u, 242 s. -
Porphyre, V. P., 19 : 175, 213, 246.
— 56 : 150.
Didyme, — Clément d'Alex., Strom.,
i, 80 : 246, 248.
Diodore, X, 3-4 : 150. — X, 5-2 : 190. -
X, 6-4 : 158, n. 1. - X, 9 : 116 s.,
230. — X, 10 : 166, n. 1. — X, 17 :
176.
Diogène d'ApoUonie, fr. 5 : 207. —
Vors., 425-5 et 426-n : 222.
Diogène Laërce, I, 1 ss. : 45. — 3 : 36,
43. — 5 : 12, 36. - 6 ss. : 50. -
11 : 50, 62. — 12 : 51, 165. - 13 :
51.-15 : 248, 253. - 16 : 51, 163.
— 20 : 45, 62. — 23 : 62. — 25 :
158, n. 1, 173. - 30 : 45. — 32 :
45.-33:62. - 38:48.- 39:37.
— 53 : 62. - 54 : 62. — 60 : 229,
n. 1.- 62:42. -63:7, 38, 48.—
81 : 62. - 82 : 45. - 97 : 38. -
103 : 37. — 104 : 42. - 112 : 11,
61. - 114 : 62. — 115 : 49. - 118 :
10. -121 :151. -11,1 :47. —2:
250. — 5 : 253. - 10 : 47. - 11 :
47. -14:56,62.-20:47.-21 : 63.
— 38 : 47. - 39 : 45. - 40 : 41.
— 41 : 49. - 42 : 49. — 44 : 62.
— 46 : 37. - 48 : 56. — 55 : 56,
62. — 57 : 45. - 58 : 37. — 59 : 11,
49, 56. - 65 : 7, 45. - 68 : 45. —
85 s. : 53. — 97:11,53, 60.- 103:
45. — 106 : 47. - 115 : 56. — 134 :
45. - 141 : 56. — III, 4 : 47. — 5 :
48. - 9 : 184. — 17 : 63. — 19 :
47. - 24 : 47. — 36 : 7, 45. - 37 :
46. — 40 : 47. - 41 : 49. — 43 : 62.
— 45 : 37 s. 62. — 47 : 8, 11, 36,
49, 60. - 48 : 47. — 49 : 45. - 63 :
47. - IV, 1 : 11. — 4 : 10, 45, 49. —
5 : 47, 59. - 8 : 49, 56. - 14 : 49,
59. — 20 : 38. — 24 : 45. — 27 :
37 s. - 39 : 56. - 44:61.- 54:
47. — 57 : 38. — 62 : 48. - 63 : 46.
— 65:56. -V, 4:56. -5:47. -
6 : 45. - 10 : 49. — 11 : 14,61 s. -
16 : 62. - 21 : 11, 37, 59, 62. —
28 : 62. — 34 : 63. — 36 : 49. — 37 :
56. - 41 : 47. — 42 : 11, 37, 59.
— 50 : 62. - 51 : 11, 62. — 57 :
62. — 58 : 51. - 64 : 62. — 65 : 51.
— 67 : 56. - 68 : 45. - 69 : 11,
62. — 75 ss. : 56. — 76 : 47. — 77 :
47. - 83 : 62. — 88 : 56. - 89 : 56.
— 91 : 62. - VI, 12 : 48. — 20 :
49. — 25 : 47. — 73 : 47. — 89 : 46.
— 103 : 37, 45, 60. - VII, 4 : 62,
235. - 7 : 56, 61. — 10 : 4i. — 12 :
62. - 31 : 62. - 34 : 62. — 37 : 45.
— 38 : 60. — 47 : 45. — 48 : 48. —
160 : 60, 63. - 175 : 62. - 179 : 48.
— 185 : 56. - 189 : 11, 59, 62. -
VIII, 2 : 10 s., 45. - 3 : 26, 56. —
6 ss. : 45, 48. - 7 : 43, 45. — 8 :
43, 45, 63, 71, 80 s. - 9 : 74, 81. -
10:56.- 11:45.- 12:47, 81.-
15:47.-17:72, 82,97 —19:44,
82. — 21 : 45, 71.-24 ss. : 30, 47.
— 26 : 92.- 28 : 83. - : 83. -
34 : 72. — 34 : H, 23 s., 84. - 35 :
11. —36 : 63. - 38 : 73. - 39 : 11,
24, 44, 45. — 40 : 24, 44, 85. — 41 :
63, 85. - 42 : 161. — 43 : 94. —
44 s. : 86. ~ 46 : 87, 175. - 47 : 26,
47 s. — 48 : 47, - 49 : 7*2,
87, — :)3 : il, «21, 46 s., 174. - :
157, n. 1. - 63 : 47. - 7-i : 4-2, 56.
— 73 : 47. - 74 : 62. - 82 : 57. -
88 : 47. - 84 : 57, 184. — 85 : 184.
— 88 : 57. — 90 : 10, 47, 59. - 91 :
254. - IX, 11 : 63. - 14 : 62. -
18 : 240. - 20 : 47, 254. - 21 : 52,
203, n. 2. - 23 : 10, 27, 57, 178. -
24 : 57. - 26 : 57. - 28 : 37. - 29 :
47. - 34 s. : 45. - 43 : 62. - 45 :
63. - 49 : 62. - 55 : 62. - 59 : 38.
— 60 : 49. - 61 : 48. - 65 : 57. -
69 : 52. — 79 ss. : 35. - 87 ss. :
49. - 89 : 47. — 109 : 22, 35, n. 2,
58.- 110:57. - 111:58. - X, 3 :
45, 49. - 4 : 48. - 9 : 36, 54. -
11 s. : 48. — 13 : 52. - 16 : 62.
— 22 : 62. - 24 : 49. ~ 25 : 54. —
27 s. : 60. - 29 : 36. — 83 : 62.
— 117 : 62. — 121 : 62. — 138 :
36, 60.
Diogénien, Prov., IV, 58 : 253.
Duris, — Porphyre, V. P., 3 : 248.
Ecphante, - Vors., 340-^8 : 203 s. —
341-7 : 208 s.
Empédocle, l'r. 34 : 239. - 45 : 208. -
105:221- 129:157.- 135:175.
— 136 s. : 240. — Vors , 213-i :
211. — 221-10 : 221. — 273-5 : 209.
— Diogèoe, VllI, 43 : 139-5.
Épicharmp, fr. 2 : 229. — 9 et 22 : 227.
— Vors., 127-22 : 210.
Épigène. — Clément d'Alex., Strom.,
i, 131 : 105.
Épiphane, Adv. haer., 1, 1 : 193, 206,
■ 208. - 1, 7 : 204. - III, 2-9 : 199.
Èratosthène, — Diogène, VIII, 47 : 26,
1 lis, 474, 252 s.
Etyinologicum Mai>num,.s. v.lzpov ^[Jiap :
230. — 6. V. nuôayopa? : 194.
Eubulide, - Theol. ar., 40 : 157, 181.
Eudore, — Siinplicius, In l*hys.,
p. 181-10 : 199.
Eiidoxe, — Por()liyre, V. P.,1 : 193.
Euripide, Oreste, 735 : 108. — Phén,,
243 : 168. — 536: 16S, n. 1.
Kiisèbe, Prq). (>v., X, 1 i- ii : 52, u. 2,
217 s.
Eustalhc, In lloiiier., p. 8%-w : 5. —
1701-01 : 245. — 1720-31 : 189. -
1961-10 : 245.
Eiixilliee, — Alliénoe. IV, 157 G : 178,.
224.
Favorinus, èv Tpi'xtp xûiv 'A7to(xvTjpLoveu-
[jLaxwv, Dioirène, VI 11. 12 . 114-i, 174.
— £v oyoô-^ llavTOoa7T?i(; 'laxopi'ac;,
VIII, 12 : 114-0, 25!. - VIII, 47 :
143- :i. — £v riavxoôaTcaïc; Mixoptatc;,
YiU, 15 : 116-11, 183. - VIII, 48 :
144- 1, 203, 253. - VIII, 49 : 144-5,
253.
Festus, s. V. Aemilia : 148, 248.
Galien, Œuvres, éd. Kiihn, f. XIV,
218 : 8, n. 3. - T. XIV, 567 : 249.
Ps.-Galien, Hist. phiL, 2 : 52, n. 3. —
3 : 51, n. 1. — 10 : 203, 209. — 28 :
222. - 30 : 192. - 35 : 199.
Grégoire de iNaziance, Ep., 198 : 174.
Hellanicus, — Suidas, s. v. Zap-oX^tç :
245.
Héraclide Lembos, ev -fi Swxt'wvoç
sTiixopif,, Diogène, VIII, 7 : IO8-10
et 15, 163 ss. — £v XT) xdiv Saxûpou
Biwv iizixoixfi, VIII, 40 : 1.37-5, 150,
243 s. - VIl'l, 44 : 140-4, 164, 249.
— Porphyre, /// Ptolein. harm., I,
3 : 172.
Héraclide Pontique, — Cicéron, Tnsc,
V, 3 : 165. - r)io<;ène 1. 12 : 165. -
VIII, 4 ss. : 106-c - d07-ic, 154 ss.
- Porphyre, De nbsl., I, 26 : 174,
193. — Proclus, In Tini., II, p. 8-9 :
221.
Heraclite, fr. 35 : 166. — 40 : 166. —
129 (= Diogène, VIII, 6) : 107-i8 ss.,
166. — Vors., 68-28 et 69-8 : 209. —
69-28 : 205. - 72-.55 : 209 - 75-ii
214.
Hermippe, — Athénée. V, ^J13 F : 251. —
Diogène, VIIl, I : 103-9. — âv osuxspcu
TTôpl riuOayopoj, VIII, 10 : 103-9. —
— 268 —
VllI, 40 : 137-7. — VIII, 41 : 137-13,
455. — VIII, 85 : 184.
Hérodote, I, 8 : 249. — I, 30 : 166. -
II, 81 : 190. - IV, 95 : 10, 44, 104-5,
140, 245.
Hésychius lexicogr., s. v. h Jlà^x.^)
xo{ji.TQTT)<; : 253.
Hiéroclès, In Aur. Carm., 67 : 230.
Hiéronyme de Rhodes, — Diogène, VIII,
21 : 121-9, 156, 194.
Hippase, — Vors., 38-9 ; 203, n. 1.
Hippobotos, — Diogène, VIII, 43 : 139-4,
248. — Jamblique, V. P., 189 ss. :
242. — Theol. ar., p. 40 : 157, 181.
Hippocrate, Aphor., 3-9 : 206. — De
Carn., 2 : 207. — 3 : 211. — />e
Diaeta, I, 8 : 219. — De gen., 1 :
216. - De morbis, I, 30 : 223. — De
morbo sacro, 1 : 232. — 14 : 224. —
De nut. inf., 12 : 214. — De sept,
par tu, 9 : 219. — De ventis, 14 :
223.
Hipiiolyte, Adv. haer., I, 2-i5 : 161. —
I, i-u : 211. — I, 2-18 : 178. — I,
25-2 : 191 — IV, 51 : 201, n. 1. —
VI, 2-25 : 210. - VI, 2-28 : 210. -
VI, 23 : 161, 199. - VI, 27 : 186,
189.
Hippon, — Vors., 289-3G : 214. — 290 :
^J16.
Ion de Chios, ev zo'.c, Tpt,aY(J(.o"cc;, Dio-
gène, VIII, 8 (fr. 2) : 109-2, 165.
— fr. 4 : 162.
Irénée, Adv. haer., II, 14-o : 199.
Isocrale, Busiris, 28 : 152. — 29 : 169.
Jamblique, In Nie. av., p. 74 : 199. —
Protr., 21 : 84, 189, 231. — Vie de
Pijthagore, 1-9 : 170. — 11 : 27,
n. 2, 253. - 25 : 175, 193. - 27 :
183. — 29 : 183. — 30 : 27, n. 2,
170, 253. - 48 : 194. — 50 : 165,
194. - 54 : 193. - 55 : 249. - 56 :
45. - 59 : 203. — 63 : 80. - 72
et 74 : 160, n. 2. - 84 : 84. - 86 :
8k — 88 : 252. — 91 s. : 170 s. —
93 : 192. - 97 : 82. - 99 : 197. —
106 ss. : 176, 197. - 107 s. : 160,
n. 2. — 108 : 175, 193. — 109 : 188.
— 127 : 147. — 132 : 194. — 134 :
171. — 135 : 170. — 138 : 231. —
140:171.-146:30, n. 2, 161,184,
236, n. 3, 247. — 147 : 192. — 149 :
190, 19i\ 197. - 150 : 82, 160, n. 2,
193. — 153 : 178, 208, n. 2, 224,
230.- 154 : 170, 211.- 155:170,
232. - 157 : 30, n. 2. — 161 : 180.
— 162 : 203. — 163 : 81. — 166 :
164. - 168 : 175. - 170 : 183. -
175 : 197. - 193 : 24, n. 1. - 199 :
160, 184, 236, n. 3. — 217 : 209. —
218 : 194. — 219 : 209. — 223 et
224 : 197. - 240 : 209. — 241 : 164.
— 244 : 81. — 266 : 164, 180. —
267 : 182, 185, 246 s.
Jean de Rhodes (?), Artemii Passio, 29 :
171, 240, 242, n. 2, 244.
Jérôme, Adv. Jovin., II, 14 et 38 : 190.
Julien, Or., 8, p. 306, H. : 187.
Ps-Justin, Coh., 19 : 199.
Lucien, Dial. mort., 20-3 : 170. —
Gallus, 8 : 174, 253. — 15 et 18 :
170. — Philops., 29 : 225. - Vit.
Auct,,<^ : 27, n. 2, "253. — 4 s. : 202 s.,
229.
Lycus, — Porphyre, V. P., 5 : 148.
Lydus, De mens., II, 101 : 209.
Lysis, Lettre à Hippase (ou Hipparque),
" Diogène, VIII, 42 : 138-io, 161, 184,
223, 247.
Macrobe, In Somn. Scip., I, 5-i2 : 201,
n. 1. - I, 6-11 ss. : 218. — I, 6-53 :
201, n. 1. — 1, 6-50 : 203. — I, 6-57 :
210, n. 1.
Martianus Capella, VIII, 882 : 179.
Mnaséas, — Suidas, s. v. Zà[jLoX^i(;, et
Etym. magn., ibid., : 149.
Mnésimaque, 'AXx|j.at'tovt, Diogène, VIU,
37 : 135-1.
Modératus, — Porphyre, V. P., 49 s. :
199.
— m) —
■ Néantlio, — .lainl)li(iii(\ V. /'., 180 ss. :
24*2. - l'oi phyre, V. /'., 1 : l.W s. —
2 : 147, 149. - 54-:i6 : l.'iO, Ui s. -
Thcol. av., p. 40 : 157, 181.
NicoriKUiuo, — .lamblicjue, V. /*., 33 :
154. - 184 01 -252 : 150. - Photiiis,
Cod. 187, p. l'.3 A : 199. - Poi-
pliyrp, V. /'., 21 : 154.
Numénius, — Chalciiiius, in 7'///?., 193:
200.
Ps.-Ocellus, De Univ. imL, 111 : 209 s.
Olympiodore, in i%aed., p. 5 : 242,
n. 2. — 8 : 82. ~ 25 : 187. - 103 :
178.
Onésicrite, — Sirabon, XV, 716 : 193.
Origène, C. Celse, II, 55 : 245.
Orphée, Litfi., 431 : 158, n. 2. — Op. et
dies, fr. 24 : 230. — Fragments 123 :
204, n. 1 . - 222 s. et 226": 178. - 155 :
225. — Vors., IP, p. 170-30 : 214.
Ovide, Met., XV, 214 : 229. - XV. 237 :
202 s.
Pamphila, — Diogène, I, 24 : 174.
Papyrus d'Hereulanum (biographie) :
153, 249.
Parménide, fr. 9 : 205. — 14 et 15 :
208. — Vors., p. 138-12 : 210. —
Diogène, VIII, 14 (fausse citation) :
10, 115-10, 178.
Paul le Jurisconsulte, Sentent., IV, 9-5 :
219.
Pausanias, II, 13-i ss. : 148.
Philolaos, fr. 2 : 219, n. 1. — 6 : 2l9,
n. 1, 229. - 7 : 204. — 12 : 201,
' 204. — 13 : 222. — Vors., p. 306-i7 :
202. - 308 : 233, n. 1. - 308-i6 :
214. - 318-'U9 : 203, n. 1. - 3'i0-i2 :
2:>7.
Philoponus, Comm. in Arist. De an.,
p. 92-2 : 213, n. 2.
Philostrate, Vit. ApoL, 1, 32-2 : 190. —
Vit. Soph., 19 : 252.
Photius, Cod. 249 : 160, n. 2, 247 ss. —
249, p. 438 1{ : 193. — 439 A : 200,
224. - 439 B : 206, 209. — 440 A :
203.
Plaloii, .\p()l , pp. 23 cl. 20 : ICO. -
lianqui't, mab\ 206. I !) 1 : 2 1 5.
— Lois, VI, 757 a : 168, n. 1. -
Li/sis, 207 c : 168. - Hu'flre. 278 r/ :
166 - 279 r : 168. - liép., VIII,
546 /' : 181, 11. 1. — Timéc, 43-45 :
224, n. 1. - 73 : 216, 224. - 91 /> :
216. — * Lettre à] Dion, IMogcne,
Vlll, 15 : 116-(;, 183 s.
Pline, liist. Nat., Il, 37 : 179. - XXIIl,
63 : 175. - XXXV, 46 : 170.
Plutarquc, De an. procr., 2 : 161. —
12 : 218. — 13 : 181 . - De esu carn.,
2-3 : 175. — De f'ac. in orbe Lunae,
28 : 225. - De gen. Socr., 16 : 170.
— Nnma, 8-.; : 171. - 8-io • 193. —
8-M : 148, 248. - 13 : 175. — Paul-
Émile, 2-1 : 148, 248. — Quaest.
conv., II, 3-1 : 188, n. I. - II, 3-2 :
231. - IV, 5-2 : 188, n. 1. - VIII,
2-i : 173. — VIII, 7 : 148. - VIII,
8 : 188, n. 1, 189. — Quaest. PlaL,
VIII, 4-3 : 204. — SijUa, 36-5 : 10.
— * De ed. pueor., 17 : 189. —
* Prov. Alex., 108 : 253. - * Vita
Honi., 122 : 223. - 145 : 199, 218.
Pollux, Ononi., II, 226 : 221
Porphyre, De antro nymph., 31 : 225. —
De abst., II, 28 : 193. — III, 1 et 26 :
175. - IV, 16 : 230, n. 1, 231. -
IV, 22 : 231. — Vie de Pijthagore,
2 : 14. - 4 : 14, 153. - 7 : 26, 30.
— 12 : 14. - 15 : 150, 174. - 17 :
153. - 26 : 80. — 27 : 171. - 28:
14, 170 s. - 34 : 82, 190. - 36 :
192. - 38 s. : 197. — 40 : 196. —
45 : 188. - 55 : 150.
Posidonius, — Galien, De Hipp. et Plat.,
5 : 222. — Sénèque, Ep., 90-6 :
185.
Priscianus Lydus, Met. in Theophr.,
20-16 : 221.
Proclus, in Renip., I, p. 97 : 199. —
II, p. 26 : 219. - II, p. 34 s. : 217.
— II, p. 68 : 181. - II, p. 109 :
161. - II, p. 173 : 182. — in Tim.,
Il, p. 270 : 181, 201, n. 1.
Psellus, De nuineris : 217, n. 1.
— 270 —
Satyrus, — Diogène, III, 9 : 160, 484.
Scholies à Apollonius de Rhodes, I,
645 : 455.
Scholies à Homère, Iliade, f, 1 : 203. —
e, 66 : 230. - T, 119 : 2l9.
Scholies à Lucien, p. 124, R. : 171.
Scholies à Platon, Alcib. I, p. 480 : 460.
Rép., X,600/?: 14, 96, 244, n. 4,249.
Scholies à Sophocle, EL, 62 : 89, n. 2,
155 s., 245.
Scholies à Théocrite, XIV, 5 : 460, n. 2.
Sénèque, Ep., 108-18 : 475.
Servius, In Aen., VI, 724 : 203 s.
Sexlus Empiricus, Adv. matk., IX, 427 :
475, 204, 208. — X, 249-284 : 200. -
Pyrrh., III, 452 ss. : 200.
Sopatros, — Photius, Cod. 464, p. 404
A2:5.
Sosicraie, èv Aiaco^/^a^ç, Diogène, VIII,
8 : 109-5.
Speusippe, — Theol. arithm. , p. 62 : 201 .
Stéphane de Byzance, s. v. Aput'ôat,
'Evcxot, XoXXetoai : 5.
Slobée, Ed., I, 4-io : 218. — I, 48-i C :
204.
Strabon, XIV, 632 : 452.
Suidas, s. v. 'AptyvwTT) : 247. — 'Apiaxô-
^£voç : 250. — aÙTÔç Icpa : 252. —
vvwpifjLot : 483. — 'E[ji.TT£§oxX7](; :
52, n. 2, 248. — Zt^vwv : 466. —
ZwpoàaTpTjç : 464. — /joT) : 89, n. 2,
156, 245. — 0£ava)*et2 ; 153^ i65,
246 ss. Mma : 247. — TreXapyav :
494. — nuôaydpaç : 44, 96, 460,
n. 2, 483. — xâoe ex xou TptTioôoç :
74. — TcTpaXoyta : 5. — T-nXauyrjç :
52, n. % 247 s.
Syncellus, Chron., p. 239 6 : 27, n. 2,
253. - P. -247 c : 249.
Tertullien, De an., 28 : 456, 245. —
Apol., 46-15 : 254.
Théétète, — Diogène, VIII, 48 : 443-io.
Théol. Arilhm., pp. 4 et 7 : 499. —
P. 39 : 247, n. 4. - P. 40 : 452, 249.
- P. 47 : 248.
Théophraste, Char. : Superst., 9 : 230,
n. 2. — Met., 33 : 499. — De Sensu,
3 et 25 : 223. — Alexandre, In Met.,
A, 3, 9SAb3: 235. - Diogène, VIII,
48 : 144-5.
Théopompe, — Athénée, V, 243 F : 251.
— Clément d'Alexandrie, Strom., l,
62 : 447.
Timée, — Diogène, VIII, 40 : 441-6,
468 ss. — ev ôsxàxi}) 'laxoptûiv, VIII,
41 : 443-1, 474. — VIII, 54 : 457,
n. 4. - Jamblique, V. P., 37 : 496,
203, 227, 229. — 40 : 496. - 47 :
496, 229. - 50 : 483. — 53 : 480,
252. - 54 : 496. — 56 : 171. —
163 : 472. — 470 : 247. - 244 :
172. - 254 ss. : 154, 169, n. 2, 183,
m. - 255 : 252. - 256 : 196 s.,
230. — 257 : 165. — 259 : 16.^. - 264 :
173, 183. — 265 : 247, 249 s. -
Justin, XX, 4 : 153 s., 175, n. 1, 183,
241. — Photius, s. V. xotvà : 468. —
Porphyre, V. P., 4 : 483, 247. —
Scholie du Phèdre, p. 279 c : 468.
— Zénobe, Prov., IV, 79 : 468.
Timon, ev xoic, Si'XXoiç, Diogène, VIII,
36 : 433-7, 239.
Tzetzès, Chil., X, 797 : 484. — XI, 92 : 249.
Valère-Maxime, VIII, 7, ext. 2 : 153,
165, 183, n. 2. — VIII, 15-2 : 183.
Varron, De re rust , I, 3 : 209. — Au-
gustin, De civ. Dei, XXII, 28 : 182. —
De ord., II, 20 : 160, n. 2. — Censo-
nnus. De die nat., 9 ss.: 217, n. 1,219.
Vers Dorés : 61 s. : 228. — 70 s. : 226.
Virgile, Énéide, VI, 740 et 435 : 225.
Vitruve, De arch., II, 2, et VIII, 1 : 202 s.
Xénocrate, — Aristote, Top., II, 6 :
228. — Porphyre, In Ptol. harm.,
I, 3 : 172.
Xénophane, èv iltydc^ (fr. 7), Diogène,
VIII, 36 : 113- H, 178, 240. - Dio-
gène, IX, 18 : 240.
Zénon, — Diogène, VIII, 48 : 144-5.
TABLE DKS MATIERES
faces
Avant-propos 3
Introduction 5
I. Nom, époque et œuvres de Diogène Laërce 5
IL L'Histoire philosophique de Diogène 9
1. Problème relatif à la composition de cet ouvrage 9
2. L'état de la question d'après les recherches antérieures. ... 16
3. Étude de la composition de l'ouvrage 34
A. La personnalité de Diogène 34
B. Ses méthodes de travail 40
a) Choix des sources 40
b) Esprit critique 43
c) Sources immédiates de Diogène 46
4. Plan de l'œuvre 50
a) Dans le Pr ologue 50
b) Dans le corps de l'ouvrage 51
c) Étendue chronologique du sujet 53
0. Les rubriques d'une biographie 54
III. La tradition manuscrite 63
ÉDITION CRITIQUE DU TEXTE DE LA Vie de Pythogore (1. VIII) 101
COMMENTAIRb; ET ÉtUDE DES SOURCES 147
Table alphabétique 255
Table des auteurs cités dans l'Introduction, le texte de Diogène et le
Commentaire 264